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Voir la version complète : l'Algérie sous occupation ottomane


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fennec
03/07/2005, 00h59
:)
Salut Momo d'Alger

Pourquoi le drapeau des Pirates etais Noir !?
Les meilleurs Pirates du temps c'etais dans le bassin de la Mediterranee ca etais dit dans les recis des Historiens Occidentaux toujours avec le pavillon Noir et le Blanc en signe d'amitie. Il faut pas oublier que la Piraterie ou la Course etais faite par les Chretiens aussi (francais, anglais, espagnole, italiens, hollandais, maltais meme russe) de la rive nord et sans oublier notre rive par les Algeriens, le terrain etais le bassin de la Mediterranee. La force principale de toute la marine ottomane reposait sur les corsaires Algeriens.
Les "chebecs" d'Alger (MON AVATAR) avaient des Bannieres noir car c'etais le drapeau des musulmans car c'etais aussi le drapeau du prophete "E'raya souda" (le drapeau Noir) c'etais la meme "raya" des croises , aussi y avait des Corsaires Algerois meme des "Rais" etaient appelles par les chretiens des renegats (Chretiens convertis vers l'islam). Alger etais une mixture de langues, de peuples et de religions on peut dire que c'etais les Etats Unies d'Amerique de maintenant.
@+

;)

fennec
03/07/2005, 06h14
:)

salut tout le monde

voici un link de e-books (livres eletroniques) a telecharger Gratuitement sur l'histoire de l'Algerie il y a certe du vrai comme du faux, il faut lire entre les lignes

http://www.algerie-ancienne.com/livres/livres.htm

;)
@+

fennec
03/07/2005, 08h00
952
Bologuine Ibn Ziri Ibn Manad fortifie et agrandit le site occupé par les Beni Mezghana et lui donne le nom d'El-Djazair futur Alger par référence aux quatre îlots qui font face au rivage

1236
Le Maghreb est divisé en Trois nouveaux royaumes avec Tlemcen comme capitale du Maghreb central Tunis et Fez pour les deux autres

1375
Par altération ElDjezaïre donne Alguère en Catalan avant de devenir Alger.

1450
La Cie marseillaise des Concessions d'Afrique s'installe sur la cote Barbaresque entre Bône et Tunis et installe le Bastion de France à la Calle Les Français y pêchent le corail et font le commerce du cuir de la laine de la cire etc.

1492
2 Janvier :En Espagne les rois Catholiques entre dans Grenade la dernière ville occupée par les Musulmans
Les Juifs et les Musulmans sont persécutés et ils doivent soit se convertir au Christianisme soit s'exiler au Maghreb

1493
Les pirates et corsaires maghrébins attaquent les cotes d'Espagne

1505
15 Septembre :Une flotte Espagnole prend Mers El-kébir

1509
19 Mai :Une armada espagnole s'empare d'Oran.

1510
La ville de Bougie est prise par les Espagnols puis ils mettent le siège devant Alger qui sans combattre livre les îlots rocheux El-Djezair sur lesquels les Espagnols construisent une Redoute

1514
Aroudj Barberousse et ses frères dont l'intervention était sollicitée par le Cheik d'Alger Salim El Toumi s'emparent de Djidjelli Alger Cherchell Ténès et Tlemcen

1516
Aroudj un des quatre frères Barberousse des pirates Gréco-turcs crée l'État d'Alger après avoir étranglé Salim elToumi, le Cheik d'Alger qui lui avait demandé son aide face aux Espagnols.
Échec d'une expédition espagnole conduite par Francisco de Vero.

1518
Aroudj Barberousse est tué par les Espagnols qui tiennent le fortin construit sur les îlots devant Alger Son frère Khair-Eddine plus connu sous le nom de Barberousse devant la menace des Espagnols et de ses voisins Arabes se met sous la protection du Sultan Ottoman d'Istanbul qui le nome Pacha de la Régence d'Alger.

1529
Barberousse réussi à s'emparer de la redoute Espagnole devant Alger la détruit et relie l'îlot à la terre ferme avec les débris, créant ainsi le port d'Alger El-Djezaïr signifie les îles en Arabe qui n'était qu'un abri. Les territoires d'Alger Constantine et Oran deviennent des Beyliks. Les ports servant de refuges aux pirates Barbaresques qui écument la Méditerranée et les cotes Espagnoles Françaises et Italiennes
La Régence Turc, impose fortement les comptoirs français installés autour de La Calle (El Kala) dans le Constantinois

1533
Khair-eddine est nommé Amiral en chef de Soliman.

1541
23 Octobre : Les troupes de Charles Quint, Empereur d'Espagne débarquent à l'embouchure de l'Harrach prés de la future Maison Carré installent leur camps sur les hauteurs d'Alger, à l'emplacement qui deviendra le Fort-l'Empereur et assiègent Alger
26 Octobre : Une tempête détruit une grande partie de la Flotte de Charles Quint
27 Octobre :Au cours du siège d'Alger, un Français le Sir Pons de Balaguer Chevalier de Malte plante sa dague dans la porte Bab-Azoun en prononçant prophétique :Nous reviendrons
1 Novembre :Les troupes de Charles Quint rembarquent au cap Matifou à l'Est d'Alger

1543
15 Août :Une armada Barbaresque de prés de 200 navires aidée de 20 galères françaises la France est l'allié des Barbaresques arrive dans la baie des Anges et met le siège devant Nice qui ne deviendra française qu'en 1860 sous Napoléon III Catherine Segurane s'y distingue en s'emparant d'un étendard Turc et en haranguant les défenseurs Niçois

1546
Mort de Khair-eddine

1571
Miguel de Cervantès l'auteur de Don Quichotte de la Manche est retenu prisonnier à Alger par les pirates qui l'ont capturé au cours de la bataille de Lépante Il y passera 5 ans à Alger une grotte porte son nom avant d'être racheté six cents ducats par des religieux

1572
Début de l'épidémie de peste qui jusqu'en 1574 tuera le tiers de la population d'Alger

1580
Une famine décime la population d'Alger

1587
Création de la Régence d'Alger par les Turcs

1622
Bombardement d'Alger par les Anglais

1672
Bombardement d'Alger par les Anglais en représailles à la piraterie pratiquée par la Régence

1681
18 Octobre :La Régence d'Alger déclare la guerre à la France
15 Décembre :Les Barbaresques capturent un bâtiment de la marine royale française son commandant le Chevalier de Beaujeu et l'équipage sont vendus comme esclaves à Alger

1682
30 Août :Sur ordre de Louis XIV la marine française bombarde Alger avec des bombes incendiaires

1683
30 Juin :La marine française bombarde à nouveau Alger
29 Juillet :Le Consul français le père Jean Le Vacher accusé de communiquer par signaux avec la marine française présente devant Alger d'espionnage est attaché à la bouche d'un canon et exécuté, avec 16 autres chrétiens

1684
Paix signée entre le roi de France et la Régence d'Alger

1686
Rupture de la paix la Régence reprend sa course contre les navires français

1688
Bombardement d'Alger par d'Estrées

1692
La France obtient le droit exclusif d'exploiter les bancs de corail sur les concessions de côtes, qu'elle possède près de Bône

1696
Construction de la Mosquée Sidi Abderrahmane

1714
La France obtient le renouvellement de ses concessions à La Calle Bône et Collo pour la pêche du corail

1732
Prise d'Oran par les Espagnols

1764
Traité entre la France et Alger

1770
Expédition du Danemark contre Alger

1785
Paix entre l'Espagne et Alger

1787
Famine à Alger qui fait 17.000 victimes

1792
Par convention l'Espagne cède Oran à Alger

1794
Construction de la Mosquée Ketchawa

1797
Le Directoire Français commande du blé par l'intermédiaire de deux juifs d'Alger Bacri et Bushnac qui détenant un monopole de vente le vendent au triple du prix avec des intérêts usuraires pour 24 millions de Francs La livraison reste impayée C'est la créance de cette commande qui déclenchera 30 ans plus tard l'incident qui va aboutir à la prise d'Alger

1805
Blocus du port d'Alger par les Américains

1807
La Régence supprime les Concessions Françaises de La Calle et offre ces concessions aux Anglais

1808
24 mai :Un officier Français du Génie le colonel Vincent Boutin, arrive secrètement en Berbérie future Algérie pour y faire des relevés en vue d'un débarquement projeté par Napoléon Bonaparte il y restera jusqu'au 17 juillet 1808
Le premier Consul Napoléon Bonaparte écrit au Dey Mustapha :Je débarquerais 80.000 hommes sur vos cotes et je détruirais votre Régence

1815
Giuseppe Vantini natif de l'Île d'Elbe Française à l'époque âgé de 6 ans est capturé par des pirates barbaresques au cours d'une traversée. Il est vendu au Bey de Tunis. En 1830 il s'évadera sur un navire Français et rejoindra l'Armée Française en Berbèrie Algérie où il deviendra un célèbre colonel de Spahis sous le nom de Yusuf
7 Avril 1815 :Khaznadj Mohamed le Dey d'Alger est étranglé

1816
Le Dey Omar refuse de renouveler les concessions de La Calle aux Anglais et les proposent aux Français moyennant une redevance annuelle élevée
27 Août : Alger est bombardée par l'escadre Anglo-hollandaise de l'Amiral Lord Exmouth
8 Septembre :Le contre amiral Jurien de la Gravière et le commodore Freemantie mandatés par la France et l'Angleterre demandent au Dey Hussein de renoncer à la course piraterie ce qu'il refuse

1817
8 Septembre 1817 :Omar qui à succédé à Khaznadj Mohamed est étranglé à Alger Ali Kodja lui succède et s'installe dans un palais au milieu de Casbah
30 Septembre :Le Dey Ali réduit la redevance des concession de La Calle au tiers de ce qu'elle était
31 Décembre 1817 :En quelques mois Ali à fait périr dans les supplices 1.800 Janissaires

1818
Famine et épidémie de peste à Alger
28 Février 1818 :Ali Kodja meurt de l'épidémie de peste qui sévit dans Hussein ibn El Hussein est élu nouveau Dey d'Alger
Le Dey demande le triplement de la redevance des concessions de La Calle et comme la France refuse les annexes

1819
28 Octobre : Hussein le Dey d'Alger créancier de Bacri et Busnach transige avec la France sur la dette du blé qui est réduite à 7 millions il en recevra 4 en 1820

1820
24 Juillet : Le Dey d'Alger accepte de rendre les concessions de La Calle moyennant une redevance légèrement inférieure à ce qu'il exigeait avant de les annexer

1825
15 Juin :Le Dey fait perquisitionner la maison du Consul de France à Bône sous prétexte qu'il fourni des armes et des munitions aux Kabyles toujours insoumis dans leurs montagnes

1827
1 Janvier :La Berbérie qui est composée de trois Beyliks du Sultanat d'Alger ainsi que d'une multitudes de tribus querelleuses a une populations qui s'élève à environ 1.500.000 personnes. Alger est surtout un repaire de pirates barbaresques qui écument la méditerranée et les cotes méditerranéennes chrétiennes
30 Avril :A Alger le Dey Hussein se plaint au Consul de France Deval que le roi de France Charles X n'a pas répondu à son courrier concernant les 3 millions de francs restants de la dette du blé Le Consul lui répond : Mon maître n'est pas fait pour répondre à un homme tel que vous. Devant cette insolence le Dey Hussein le soufflette avec son éventail et déclare à propos de La Calle je refuse qu'il y ait un seul canon de roumi sur le sol de l'État d'Alger
La France déclare la guerre à la Régence d 'Alger et met le port d'Alger en état de blocus
16 Juin :Blocus des ports algériens par la marine française

1829
Devant les énormes dépenses que la guerre avec la régence d'Alger engendre, le Ministère de la guerre français recherche la paix et envoie des émissaires à Alger
3 Août : La Provence le Navire de l'amiral de La Bretonnière arborant le pavillon des parlementaires est pris sous le feu des batteries côtières algéroises

momo d'alger
04/07/2005, 01h05
Salut fennec,
Je reviens juste de voyage et je repars aussitôt. En prenant le temps de consulter le forum, j'ai été surpris de trouver certains liens très utiles. Merci pour ta contribution. J'espère qu'il y aura des historiens professionnels qui y puiseront quelque chose pour nous.

anténea
20/07/2005, 12h01
Salut

Votre topic est trés interessant :25: , j'ai pas eu le temps de tout lire , mais j'ai changer de regard sur pas mal de choses .
Ce qui me tien le plus à ceour de savoir , c les petites histoires ou encore les légendes qui on pu ce passer à cette période dans les rues d'Alger , alors si vous avez la moindre information , je suis là. :)

absent
20/07/2005, 14h50
Des histoires et des des histoires vraies en plus, il n'y a quasiment que ça dans les rues d'Alger ottoman.
Connaissais-tu l'existence de Lala 'Aryana, qui marchait nue dans les rues d'Alger mais que les gens respectaient et ne touchaient pas parce qu'ils pensaient qu'elle était sainte, une sorte de maraboute si tu veux.

tostao
20/07/2005, 17h02
ce sujet est tres interressant et instructif
pouvez vous m'eclaire sur les relation qu'avait le pouvoir central d'alger avec l'arriere pays notament la kabylie sur tout les plans economique politique et culturel
merci d'avance

absent
20/07/2005, 17h27
Tostao, j'en ai des tartines là dessus. Mais je peux pas tout livrer sur internet. Il faut qu'il en reste pour mes articles: lol
Je te conseillerais des bouquins là dessus la prochaine fois

anténea
20/07/2005, 17h31
Salut

Dis le moi tout de suite , puisque on est là :rolleyes:

absent
20/07/2005, 17h36
Il y a un livre édité chez Bouchène et qu'on trouve en Algérie sur les rapports entre les Turcs et la Kabylie du Djurdjura. L'auteur est Joseph Nil Robin mais je n'ai pas le titre exact sur moi...Donc pour la prochaine fois.
Mais vous pouvez facilement le retrouver sur le net.

anténea
20/07/2005, 17h39
C noté , je vais chercher :D
merci ;)

tostao
20/07/2005, 19h59
merci de tout tes effort et bon courage pour la suite de tes traveaux

AANIS
21/07/2005, 17h14
Salut tout le monde, ce topic est vraiment passionant, je suis emerveillé par la culture de tout les partcipants surtout Ismet. J'ai quelques interrogations: on nous dit à l'école que l'Algérie etait une grande puissance à cettte époque, alors comment se fait-il qu'Alger ait été bombardé tant de fois par les européens et les americains?
Et je voudrais aussi signalé que c'est la quatrième croisade et non pas la troisième qui aété déclenché par le doge Don Dolo.
Et j'ai entendu dire que les Turques etaient racistes vis-à-vis des Autochtones es-ce vrai?

fennec
23/07/2005, 05h42
Abou AI-Abbas Ahmed Ibn AI-Qadi aussi dit BELKADI.
mourut assassiné par l'un de ses hommes en 1529 dans la plaine de Thénia, prés de l'actuel Boumerdés. Alors qu'îl se préparait à livrer une nouvelle bataille à KHAIREDDINE Barberousse.
Forcé d'abandonner Alger aux turcs, ABOU Al-Abbas Ahmed BELKADI s'était replié sur Koukou et Annaba, son autre ville de résidence lorsqu'il gouvernait la partie Est de l'Algérie, à l'époque de AROUDJ, roi autoproclamé d'Alger. L'ouest du pays revenant à un certain Mohamed Ali, dont l'histoire n'a pas gardé la trace.
Ce partage du pays en trois régions essentielles, démontre l'existence d'une entité nationale algérienne en ce début de XVI° siècle.
DIX NEUF ANS DE LUTTE
Abou AI-Abbas Ahmed BELKADI aura lutté pendant 19 ans.
D’abord contre les espagnols aux cotés des frères Barberousse, de Bougie à Tlemcen et d'Alger à Djidjell, après avoir rallié à lui les confédérations berbères des deux Kabylies.
Il lutta côte à côte à Tlemcen contre l'armada espagnole avec AROUDJ, l'ainé des Barberousse. Qui y laissera la vie.
La rumeur turque disait avec insistance, que Abou AI-Abbas Ahmed BELKADI aurait abandonné Aroudj aux troupes espagnoles, en ne le secourant pas, lors du siège du Méchouar de TLEMCEN par les soldats espagnols.
Pour venger l'assassinat de son parent, le roi d'Alger SALIM AI-TOUMI par Aroudj l'aîné des frères Barberousse, lors de son entrée à Alger.
Les turcs qui cherchaient à s'installer en Algérie procédaient à l’élimination systématique des notables des principales villes algériennes.
L’occasion qui se présenta à Tlemcen de voir éliminer l’aîné des Barberousse par les espagnols, fut exploitée par
Abou Al-Abbas Ahmed BELKADI.
Après l’élimination de Aroudj , Ahmed BELKADI chassa KHAIR-EDDINE Barberousse et ses troupes d’Alger. Ces derniers trouveront refuge à Djidjell, un temps, avant de s'installer durant quelques années dans l'île tunisienne de Djerba où se distinguent encore de vastes fortifications.

HEY ISMET !!!

J'AIMERAIS BIEN AVOIR D'AUTRE INFO SUR LALA ARYANA !?
CONNAIS-TU DJAMAA SABBAT EL HOUT? :-)
JE CONAIS LES MARABOUTS D'ALGER Y AVAIS BEAUCOUPS DE ZAOUIATES ET DE MOSQUEES.
SIDI DJAMI- SIDI YAKOUB - SIDI KETTANI - SIDI SAADI
SIDI ABDERRAHMAN - SIDI TALBI - SIDI AMAR - SIDI SALEM - SIDI FELIH
SIDI EL DJOUDI - YOUB - CHORFA - SIDI EL GHOBRINI - TCHEKTOUM
SIDI MANSOUR - SIDI ERRAHBI - BEN OKBA - SIDI HELLEL - SIDI OUALI DADA
CHEIKH EL BLED - SIDI RAMDAM - SIDI ABD EL AZIZ BOU NAHLA -
SIDI ABD EL MOULA - SIDI BEN ALI - SIDI HEDDI - SIDI REMMAN -
SIDI BETKA - SIDI ABD EL AZIZ - SIDI ABD EL HAK - SIDI AÏSSA -
SIDI ALI EZ ZAOUAOUI - SIDI ABD EL KADER EL DJINANI - SIDI EMBAREK EL BAHRI

@+

Dortoise
23/07/2005, 17h02
L’Algérie turque Au début du XVIe siècle, tandis que la Reconquista chrétienne amenait sur la côte algérienne des flots de réfugiés moriques et que des armadas s’emparaient de Mers el-Kébir, d’Oran et de Bougie, les gens d’Alger appelèrent à leur secours des corsaires turcs. Devenus maîtres d’Alger et de Tlemcen, ceux-ci se déclarèrent vassaux du sultan ottoman et reçurent de lui des renforts. Les Turcs réussirent ainsi à étendre leur domination à la majeure partie du territoire algérien. Cet état d’Alger était soumis à une milice turque, l’odjaq, que commandait, au nom du sultan, un beylerbey d’Afrique; celui-ci avait également autorité sur les pachalik de Tunisie et de Tripolitaine. Après 1587, l’Algérie fut réduite au rang de régence, administrée par un simple pacha nommé pour trois ans. A partir de 1671, les maîtres d’Alger furent élus par l’odjaq. D’abord choisis parmi les patrons de la corporation des corsaires, ils le furent de plus en plus parmi les militaires. Le sultan se contenta désormais d’investir les dey, ainsi désignés, comme chefs de la Régence d’Alger. Mais, sur les vingt-huit qui se succédèrent de 1671 à 1830, quatorze furent imposés par l’émeute, après l’assassinat de leurs prédécesseurs. Malgré le relâchement des liens avec Constantinople, les Turcs d’Alger reconnurent toujours la souveraineté des sultans. La Régence d’Alger comprenait une administration centrale formée du diwan (conseil d’officiers et de hauts fonctionnaires), des principaux auxiliaires du dey et de leurs secrétaires, et une administration provinciale qui avait pour fonction essentielle de faire rentrer l’argent nécessaire à la paie des janissaires. La province d’Alger, qui relevait directement du dey, était administrée par un agha et quatre qaïd turcs. Le reste du pays était confié à trois bey, responsables des beylik du Couchant (capitales: Mazouna, puis Mascara et Oran), du Titteri (capitale: Médéa) et de Constantine. Les bey désignaient les qaïd, lesquels investissaient les cheikh des tribus soumises. De nombreuses régions montagneuses restaient cependant insoumises et les Turcs, très peu nombreux (15000 hommes environ au début du XIXe siècle), n’administrèrent jamais l’Algérie tout entière. Ils la contrôlaient toutefois grâce au soutien de tribus privilégiées (deira ou makhzen) et à l’alliance de grandes familles, mais surtout aux rivalités qu’ils suscitaient entre les clans (çoff) et les forces religieuses locales. Pendant les trois siècles de la domination turque, le pays fut islamisé en profondeur par des sociétés mystiques que les Occidentaux ont appelées confréries (en arabe tariqa: voie) et par des personnages religieux, marabouts et chorfa. Ces santons isolés, ces cheikh de confréries ou de confédérations religieuses furent longtemps, avec les grands seigneurs ralliés, les instruments les plus efficaces de la caste militaire turque. La domination ottomane dut cependant faire face à de nombreuses révoltes. Grâce aux profits considérables de la course et de la vente des captifs, l’état d’Alger était prospère au XVIIe siècle. Les patrons corsaires, les raïs, dominaient de leur richesse la ville d’Alger, qui abrita jusqu’à 35000 captifs. Ces ressources diminuèrent ensuite constamment, mais la piraterie algéroise subsistait au début du XIXe siècle. Rien n’avait pu l’arrêter, ni les représentations diplomatiques, ni les bombardements anglais ou français, ni les tentatives de débarquement de l’Espagne. Sept états européens versaient encore, après 1815, des tributs annuels au dey pour se mettre à l’abri des corsaires algériens. Dès la fin du XVIIIe siècle, le commerce extérieur de la Régence passa entièrement entre les mains de juifs livournais, dont certains furent de véritables «rois d’Alger». Leur suprématie et les difficultés économiques et financières des dey accrurent encore l’impopularité du régime turc. De graves insurrections tribales et confrériques secouèrent le pays de 1804 à 1827. Les Turcs n’avaient pas encore rétabli leur autorité, lorsque éclata le conflit avec la France.
Auteur : A. PRENANT

absent
23/07/2005, 18h11
Fennec, mon préféré dans ceux que t'as cité est Sidi Ouali Dada, dont je suis allé visiter le tombeau à Bab el Oued.
Dans l'imaginaire algérois de l'époque ottomane, Sidi Ouali Dada est un des saints qui a miraculeusement sauvé Alger de l'attaque de Charles Quint en 1541. C'est en donnant trois coups dans l'eau de la baie, dit une des variantes de la tradition, qu'il a soulévé la fameuse tempête qui a englouti la plus grosse partie de la marine chrétienne.
Eh oui, Charles Quint, le maître d'un empire sur lequel on disait que le soleil ne s'y couchait jamais est venu en personne à Alger, accompagné d'une infanterie considérable et de plusieurs centaines de bateaux, commandés par le plus grand amiral de la chrétienté, le Génois Andréa Doria et ce fut la plus grande défaite chrétienne en Afrique du Nord, avec l'appui des éléments.
Sur Lala 'Aryana, je ne sais rien d'autre à part le fait qu'elle a existé. Nos ancètres avaient une sorte de vénération pour les fous, qu'ils auréolaient de sainteté. Léon l'Africain, qui a écrit au début du XVIe siècle, parle assez abondamment de la grande liberté de comportement de personnes considérées comme saintes et ce sur la place publique...

fennec
24/07/2005, 03h30
salut asmet,

j'ai connu l'histoire par ma grand mere du marabout SIDI OUALI DADA qui frappa la mer trois fois avec son baton "ouekaz" et dechaina la tempete qui detruisit la flotte espagnole de Charles-Quint, connu comme le sauveur d'Alger. J'ai cru que c'etais une legende ou une histoire de grand-mere ou un conte. L'histoire dans le temps enciens ca s'apprenait de bouche a oreille et les "karamat" des oualis restaient graves dans les memoires a jamais. ya beaucoups d'histoires sur les oualis salhine d'Alger, toutes ces histoires me facine c'est pour ca que j'aime beaucoups l'histoire de la casbah et d'Alger
peut etre aussi par nostalgie
:)
fennec

fennec
24/07/2005, 04h13
Le 27 septembre 1538 a la Preveza Andrea Doria a la tete de la flotte chretienne a rompu le combat devant Kheyr ed-Din Barberousse dont les forces etaient pourtant deux fois moindre que les siennes. Des lors la Mediterranee se trouve placee sous la coupe des ottomans de Soliman et des barbaresques de Barberousse.

En 1539 et 1540 Charles Quint negocie separement avec Barberousse, dans l’espoir de neutraliser la menace qu’Alger et ses "RAIS" font peser sur le commerce maritime de Mediterranee occidentale, il offre de lui donner Bone, Tunis, La Goulette. Mais les francais informent le Sultan des negociations en cours et celles-ci sont interrompues.

Fort de son succes acquis a Tunis en 1535, Charles Quint decide d’attaquer Alger et d’en finir avec la base opérationnelle de Barberousse. Il faut pour cela rassembler troupes et navires. Comme a l’accoutumee les tractations entre les partenaires et les problemes logistiques retardent la constitution du corps expeditionnaire. Septembre passe, Andrea Doria essaye de dissuader l’Empereur d’entreprendre l’operation à une date aussi tardive. En effet la regle veut qu’aucune operation navale d’envergure ne doit etre entreprise entre septembre et mars. Charles Quint poursuit son projet. Hormis la France, toute la Mediterranee occidentale sera de la partie. La preparation des forces en Espagne est confiee a Hernan Cortes, le conquerant du Mexique. Fernand de Gonzague, vice-roi de Sicile et Pedro de Tolede, vice-roi de Naples se voient confier les memes taches en Italie. Deux cents navires embarquent a Porto Venere les 6000 allemands places sous les ordres de Georges Frontispero et les 5000 italiens du Prince Colonna. Cent cinquante navires embarquent les espagnols a Naples et en Sicile ; deux cents autres apportent d’Espagne, artillerie, munitions et un millier d’hommes : fantassins et cavaliers. Les galeres de Genes, de Sicile, de Naples, de Monaco se joignent a la flotte ainsi que quatre de l’ordre de Malte sous les ordres de Georg Shilling, Grand Prieur d’Allemagne, portant leur nombre à 65 au total.
L’armee forte de 22 000 hommes est commandee par le Duc d’Albes, la flotte comportant 450 navires et 65 galeres manœuvres par 11000 marins sous les ordres de Andrea Doria, Charles assume le commandement supreme.
Regroupee a Majorque, puis retardee par le mauvais temps, ce n’est que le 20 octobre que « l’Armada » se presente devant Alger. En l’absence de Barberouse qui s’est rendu a Constantinople, la ville est sous le commandement de Hasan Agha son lieutenant. Au lever du jour, du haut de la Casbah, ce dernier decouvre la baie couverte de navires. Bien que surpris par l’importance de la flotte ennemie, il reste confiant et croit en la victoire, en attendant l’arrivee de ses ennemis n’a-t-il pas eu le temps de faire renforcer les fortifications de la ville. Le temps est calme, les navires approchent de la cote et mouillent a l’est d’Alger entre les embouchures des oueds El Khemiry et El Harrach sur la plage du HAMMA. Le 23 octobre, les premieres troupes legeres embarquees sur les galeres de Genes et de Malte sont mises a terre sous la protection de l’artillerie des nefs. Des que la plage est tenue, c’est au tour de l’infanterie lourde d’y prendre pied : infanterie espagnole, lansquenets allemands, regiments italiens debarquent suivis des premiers elements de cavalerie et de six pieces d’artillerie de campagne.
le lendemain le corps expeditionnaire se met en marche vers l’ouest. Le plan initial des imperiaux est d’envelopper la ville par le sud, d’appuyer cet encerclement terrestre par un bombardement naval contre le port et les fortifications puis de donner l’assaut aux trois portes: BAB AZOUN, BAB EL-DJEDID, BAB EL-OUED. On s’assure du promontoire pres du MARABOUT de SIDI YACOUB de "Koudyat-es-Saboun" (la colline du Savon) qui domine Alger d’ou Charles Quint observera et dirigera la manœuvre, cette hauteur est connue depuis lors sous le nom de « Fort l’Empereur » dit aussi "Bordj Sultan KALASSI ou Bordj TAOS" a BAB EL-DJEDID . En fin d’apres midi les troupes campent sous les remparts, mais le temps se met a l’orage et a la pluie ; cette derniere tombera sans discontinuer pendant toute la nuit, si bien que le 25 octobre au lever du jour les troupes sont trempees, transies et fatiguees par le harcelement auquel elles ont ete soumises de la part des arabes. La garnison d’Alger se trouve sous les ordres du Cheikh Sidi Said Cherif. El-Hadj Mami qui a reçu pour mission de defendre la porte de Bab Azoun profite du piteux etat des troupes imperiales pour faire une furieuse sortie. La pluie a neutralise les arquebuses car les meches et la poudre etant mouillees, elles sont desormais inutiles faces aux arbaletes des Algeriens. Le choc est terrible mais les chevaliers de Malte en premiere ligne, epaules par les italiens, resistent si bien que les Algeriens finissent par se replier dans la ville. Poursuivis, ils ferment la porte de BAB AZOUN et accablent les assaillant sous une pluie de projectiles d’artillerie, d’arquebuses et d’arbaletes. Les chevaliers de Malte conduisent l’assaut, parmi eux Nicolas Durand, chevalier de Villegagnon futur heros de la France australe paye de sa personne, mais l’artillerie de siege n’a pas ete debarquee, et l’artillerie de campagne n’a aucun effet sur les fortifications. On dit que Ponce de Balaguer dit Savignac, porte etendard du Bailli Georges Schilling, plante alors sa dague dans la porte en criant « nous reviendrons… », avant qu’une nouvelle sortie des assieges ne bouscule les troupes italiennes du prince Colonna, trois compagnies sont mises a mal. Les chevaliers tentent de proteger la retraite : Villegagnon est blesse par deux fois, Ponce de Balaguer tue, et seule l’intervention des lansquenets avec l’Empereur a leur tete evite la deroute. Mais la journee est perdue, les pertes italiennes sensibles et il faut se replier.
La pluie n’a toujours pas cesse, elle tombera pendant pres de 60 heures et un terrible vent de nord-est souffle maintenant en tempete. Pendant que les troupes combattent a terre, la situation en mer est devenue dramatique. Mouilles devant une cote ouverte, les navires sont sans protection contre les vents furieux et la mer qui rapidement se creuse et devient enorme. Les galeres les plus proches de terre ne tiennent pas sur leurs grappins et 15 d’entre elles sont jetees a la cote, les naufrages sont aussitot attaques sur la plage par les troupes Maures d'Alger. Plus au large les vaisseaux et les navires de transport chassent eux aussi sur leurs ancres, nombre d’entre eux sont egalement drosses sur la plage, d’autres encore abordent ceux dont les ancres ont mieux tenu et coulent au milieu de la tourmente. L’estimation la plus basse des pertes s’elevent a 86 batiments dont 40 a 50 grands vaisseaux.
Andrea Doria pour sauver l’essentiel de l’Armada donne l’ordre d’appareillage, le 26 octobre ce qui reste de la flotte va mouiller sous l’abri précaire du Cap Matifou, les galeres encore valides remorquant les nefs.
Pour les soldats a terre, prives de ravitaillement et de secours, trempes, affames, epuises par le manque de sommeil, souvent blesses, le moral est au plus bas ; l’heure de la retraite a sonne et Charles Quint en donne le signal le 27 octobre. Mais pour se reembarquer sur les vaisseaux et les transports maintenant mouilles sous le cap Matifou il faut longer la cote en butte au harcelement permanent des troupes adverses et franchir les oueds transformes par les pluies en torrents impetueux. Hassan Agha choisi de rester avec la garnison turque a l’abri des murs d’Alger, il laisse aux troupes suppletives la charge d’attaquer l’armee imperiale en retraite. Celle-ci abandonne une grande partie de ses bagages et de son artillerie de campagne sur place. La retraite sera longue et difficile, elle durera trois jours. Deux obstacles majeurs se trouvent sur leur chemin, le premier est l’oued El Harrach dont le cours gonfle par les pluies est devenu infranchissable a gue. Pendant que les debris des navires jetes à la cote sont recuperes pour construire un pont, il faut resister aux attaques incessantes. Les chevaliers de Malte sont en premiere ligne, soixante quinze d’entre eux y laisserons la vie. Le lieu de la bataille, pres du pont des Fours, est une gorge etroite qui fut nommee le "Tombeau des Chevaliers". La pluie ayant cesse les troupes finissent par franchir l’obstacle, mais avant d’atteindre Matifou il faut aussi franchir l’oued El Hamiz qui est sorti de son lit et dont les berges sont marecageuses. Les cavaliers et les fantassins s’y embourbent, mais la flotte mouillee a peu de distance vient apporter son aide. Toutefois entre Tafoura et Matifou, deux mille cadavres jonchent le sol.
Charles-Quint decide de rembarquer. Mais la flotte a perdu de nombreux navires de transport. On laissera a terre tous les chevaux, mais cela ne suffit pas il faut aussi laisser sur les plages plus de huit mille hommes qui seront pris et finiront comme esclaves. Pour finir Charles Quint ne ramena en Espagne que la moitie de ses troupes, le depart se fait le 1er novembre. La tempete reprend et la flotte doit faire relache a BOUGIE. La, les soldats sont accueillis par les KABYLES, allies des ESPAGNOLS. CHARLES QUINT ne regagne CARTHAGENE qu'a la fin du mois de novembre.
La defaite de Charles Quint, possesseur d'un Empire " sur lequel le soleil ne se couchait jamais " impressionne tellement le monde chretien qu'Alger gagne la reputation d'une ville imprenable du nom ALGER LA BIEN GARDER "EL DJAZAIR EL MAHROUSSA" et les corsaires d'Alger une force accrue.
A Alger dans l’allegresse generale, la victoire est reçue comme un don de Dieu, et l’horrible tempete qui a eu raison des infideles comme le resultat des prieres des habitants et des devotions des marabouts d'Alger et la KARAMAT de SIDI OUALI DADA. L’imaginaire populaire en restera a jamais marque.
:)
fennec

momo d'alger
24/07/2005, 19h08
Bonjour tout le monde,
Je vois que le forum intéresse de plus en plus de monde,eh bien tant mieux puisqu'on finira par apprendre au jour le jour beaucoup de choses intéressantes.
Pour ma part je confirme ce qu'a dit Aanis à propos de la quatrième croisade.Ecrivant à une heure tardive, je n'ai pu empêchr la coquille de se glisser dans le texte.Suite au rappel de AAnis, j'ai apporté la correction en éclairant aussi le lecteur non averti sur le sort du Doge mortellement blessé durant l'été de 1204. Merci donc pour ton apport AAnis.

fennec
10/08/2005, 04h19
salut tout le monde
une petite contribution dans la LINGUA FRANCA
les propos de Mac Carthy et Varnier (1852): ‘elle est véritablement la langue de tout le bassin de la Méditerranée
c'est le mélange de tous les idiomes: de l’arabe et du français, de l’italien et de l’anglais, de l’espagnol et du sabir
1637 Pierre Dan , Histoire de la Barbarie:’le Franc dont on use communément pour se faire entendre; ce qui est un barraguin facile..’
1852 Mc Carthy-Varnier :‘en Orient on l’appelle langue franque…en Algérie on la désigne par un de ses verbes: sabir’

exemples: des mots du Dictionnaire de la Langue Franque
le mot Baylik : qui veut dire Etat , "taa l'baylik " <celui de l'Etat ou qui appartient a l'Etat>.
Pertuseri : charpentiers de bord dit aussi "Calafats" ce mot aussi est utilise jusqu'a nos jours, mais dans un autre context :) "yakhi cloufi" on dit aussi "chouf dak l'calafat". La seul similitude est que le Calafat du bateau courit dans tout les sens dans le bateau pour le reparer :)
à l’époque de baba aroudj, il y avait environ 12.500 Algériens autochtones ou "Baldi" d'ou vient le mot "balda" "wlid lebled" est utilise jusqu'a nos jours.
le mot Bezef mentionné par Schuchardt et connu en Vendée, France utilise jusqu'a nos jours qui veut dire beaucoups.
Le mot mercanti ou mercanti'ya qui veut dire Marchand ou marchands utilise jusqu'a nos jours.
Le mot cajeta , boite d'Argent , les pecheurs de bab-dzira utilise ce mot pour les boites de poissons ou de la sardines, "cajita taa e'sardine" <une caisse de sardines>.
le mot carroza, carrozo, carossa , c'est le carosse du Roi ou du Dey, on utilise ce mot jusqu'a nos jours pour la voiture on dit "arkeb fel carossa" <monte dans la voiture>.
le mot cusina , cuisine
le mot dozina ou Tozina , une douzaine
le Mot drahem, l'Argent.
le mot esbagniol, espagniol , les espagnols.
le mot escala : échelle. ca vous dit quelque chose non !!! :). Le quartier escala.
le mot falta : une faute, une erreure. On dit "rak m'falti"<tu es dans l'erreure Ou tu t'es mal conduit>.
le mot falso : c'est quelque chose de faux exp: d'hab falso < plaque Or >.
le mot fattura : facture
le mot farina : c'est de la farine
le mot figura : c'est la figure d'une personne. " figura s'hiha t'kabel biha" <tu n'as pas froid aux yeux>.
le mot forno : c'est le fourneau
le mot fortuna : c'est la fortune. "ndirou fiha fortuna"<on va faire une fortune>.
le mot forza , forsa : c'est l'effort
le mot gusto : c'est le gout de nos jours on parle du temperament d'une personne on dit l'gusto
wakilla ma3andekch l'gusto l'youm ?< peut etre tu n'es pas dans ton assiette aujoud'hui?>
koul wa chreb wa3mel gustok ? < mange et boit et met ton plaisir.>
ida a3ndek l'gusto as'mah'alhoum <si tu es de bon temperament alors pardonne les>
le mot labrizou : c'est la prison
le mot lampa : c'est une lamp.
le mot mabul , mahbul : c'est un fou.
le mot madama : c'est une dame.
le mot meschin, meskine : c'est un pauvre.
le mot miseria : c'est la misere.
le mot mizura , mizourat :c'est la mesure. "khod l'mizura taa e'taka"< prend la mesure de la fenetre>.
le mot patrono grande : le titre du dey d'Alger.
le mot pintura : c'est la peiture.
le mot pipa : c'est la pipe.
le mot pistola , bachtoula : c'est le pistolet
le mot posta : c'est la poste , le courier.
le mot qualche uno : quelqu'un de nos jour en dit "chouf kach wahed " <il faut voir quelqu'un> .
le mot roba : c'est une robe.
le mot roda : c'est une roue.
le mot sala : c'est le haul ou la grand salle.
le mot sbendut : c'est le voleur, de nos jour en utilise se mot sbentut qui veut dire celibataire ou une personne seul ou quelqu'un qui fait cavalier seul.
le mot sfanja, sponja : c'est l'eponge
le mot suma : c'est la somme. de nos jours en utilise se mot surtout pour le prix.
le mot tabla : c'est la table.
le mot tafia : c'est le cendrillier.
le mot tassa : c'est le bolle en argent "tassa taa l'hammam" <le bolle du Hammam (bain turque)>.
le mot ventana , bentana :c'est la fenetre.
borsa, brossa, captan, carta, caserna, corsan, guerra , marabut ,... ect.
tout ces mots qui viennent de la lingua franca sont utilisent jusqu'a maintenant.
Le peu de sources restantes indique quand même une évolution de ce patois (lingua franca), ainsi le docteur Frank, qui avait exercé à Tunis entre 1806 et 1815 raconte d’un mendiant qui implorait Donar mi meschino la carità d’ouna carrouba per l’amor della Santissima Trinità e dello gran Bonaparte. Filippo Pananti, capturé par les corsaires Algériens au large de la Sardaigne, fit de cette mésaventure un récit très populaire, imprimé en Suisse et Angleterre, ainsi qu’à Paris sous le titre Relation d’un Séjour à Alger (1820). Peu après la prise d’Alger (1834) Schimper [cité par Schuchardt] pour signifier l’ignorance d’un medecin local écrit qu’il ne comprenait pas un mot d’italien, d’espagnol, ni même de Lingua Franca, parlée par la couche la plus humble de la population. Ainsi en 1852 le journal L’Algérien indiquait la marée montante des façons Françaises dans ce langage avec les examples Moi meskine, toi donnar sordi et Toi biber lagoua.
CHRONOLOGIE DES PASSAGES EN PETIT MAURESQUE ALGERIE.
1612 Diego de Haedo:"ni saber como curar, a Fe de Dio abrusar vivo, no parlar que estar malato"
1644 Josè Tamayo :"Ti estar teatino, donar para mi mucho aspero; tu sabes ganar para mi?.."
1760 Pirates at Penzance : " Inglaterra! Inglaterra! Bona Inglaterra!" (Noall)
1788 Venture de Paradis, Lettres d’ Alger: " Bonjorno Effendi, Capitano Prove ..Bandiera arriva…Caravana...Contador…Pertuseri..."
1798 Johann von Rehbinder: " non star usansa..Salute! Come star? Va bono?..Guarda per ti.."
1817 Filippo Pananti: "Buona presa, prigionieri, schiavi.. Vamos a trabajo cornutos!"
1830 Renaudot : "Per Dios ty parlar jouste..Estar Uzansa..per facia de mi"
1882 Em. Jellinek, correspondant de Schuchardt depuis Oran : "bacha no tener più forza per mandar.."
Pour les suivants exemples on va voir que l'evolution de la langue franque va suivre une evolution vers le francais car c'est le debut de la colonisation francaise de l'Algerie;
1884 Victor Waille, la Bible Comique: " ti a rien di tout gnia pas di franci gnia pas di jouifs.." (Constantine)
1887 Bernard, L’Algérie qui s’en va: "Dounar kawa, dounar sordi!"
1887 Dictionnaire Beaussier, Alger :fantaziya <spectacle> on dit aussi "fantazi"<fier de l'etre>, papas <pretre>
1887 Valéry Mayet : "lepha morto, arbi mesqine" <le serpent a tué le pauvre arabe>.
Le jargon "Dardja" que nous parlons aujourd'hui est un resultat ou une sorte de culture que nous avons aqui de la "lingua franca" <langue franque> du temps des freres Aroudj, ya des ecrivains et historiens qui disent que cette langue est morte mais de mon point de vue elle n'est pas, elle existe toujours juste qu'ils veulent pas lui donner de l'importance exemple Alger et ces environs c'est une langue qui est mixee entre l'arabe, le turque, le francais dans l'Oranais nous trouvons beaucoups de mots Espagnols, dans la region de l'Est ya aussi des mots Italiens Cette Mixture elle existe toujours, alors Messieurs Les Historiens SVP BASTA !!!, Je peux aussi dire que cette "DARDJA ou LINGUA FRANCA" existe car un arabe de l'orient s'il entend deux Algeriens qui discutent entres eux il va rien piger et il va dire c'est quoi cette langue que vous parlez idem pour un francais est je peux le confirmer car ca m'est arrive a moi meme est a plusieures reprises et je pense aussi que beaucoups d'Algeriens et d'Algeriennes ont eu la meme experience que moi .
;)
fennec

momo d'alger
19/08/2005, 17h56
salut fennec,
Tu a fais des efforts louables,continue sur cette voie. Si j'ai un peu de temps je me ferais un plaisir de répondre à certaines interrogations concernant l'Algérie ottomane telles que le statut de puissance conféré à l'Algérie d'alors ainsi que le statut des femmes d'Alger dont certaines étaient millionaires en dollars !!!

yatomath
20/08/2005, 15h30
bonjour,

un moment clé de la prise d'alger en 1830 a été la destruction du "fort de l'empereur". j'arrive pas à situer cet édifice, il parait que c'est du coté des tagarins, avait il une autre appelation? peux tu m'en dire plus. Merci d'avance

schrodinger
20/08/2005, 16h18
ismet

j je te remrcie beaucoup pour ce topic

Harrachi78
20/08/2005, 19h36
Bonjour,

Fort-l'Empereur c'est la citadelle qui fait toujours office de caserne juste au dessus de l'hotel Aurassi, quand tu menet vers la Scala. C'est en Face du MDN mais un peu vers le haut. ;)

fennec
22/08/2005, 01h17
salut MOMO j'espere rak Bono,
Ya MOMO j'aimerai bien que tu trouves du temps "bach t'nawarna" :) meme chose pour toi ASMAT je voudrai d'autres informations historiques sur la casbah "dzair kdima" donnez nous un peu de votre temps les gars. Hey ASMAT faut voir dans tes enciens archives bien sur !!! ;) car tu as une Grande Chance de voir tous ces archives si precieux.... Une question pour toi ASMAT dans le temps des Freres Aroudj les bateaux avaient des Passports de passage qui s'ecrivaient en Langue francs peux tu voir dans tes archives et nous rapporter un ecrit ? :)
Avec Un Grand Merci d'avance
;)
fennec

hajira10
23/12/2006, 11h44
bonjour,
j'ai lu et vu sur un forum intitulé " les pouvoirs du bey de constantine"( ou à près celà- daté de l'année 2004 ou 2005) une pétition signée par les caids et chekhs du constantionis- serait-il possible d'avoir une photo complète des signatures avec les sceaux? ( Entreprise peut-être difficile ?)- merci
j'attends toujours cette pécieuse réponse

BARDO
24/12/2006, 08h18
Merci a tous pour ce topic,

Je voudrai simplement savoir si nos specialistes en la matiere peuvent nous eclairer concernant le fait de trouver les memes noms de familles dans 2 ou 3 viles differentes, je pense en particulier a Constantine et Tlemcen.

Autre question: on trouve le nom suivant sous differentes formes: Ben osman, Benothmane, Benotmane. Y-a t-il des informations a ce sujet? et peut etre d'autre noms a consonation turque.

Bravo d'avance pour tous vos efforts.

Tolkien
24/12/2006, 10h13
souvent ils ont rien à voir ensemble s'ils sont trés distants, par exemple un benothman a alger et un benothman à oran n'ont pas de liens de famille, car les noms ont été modifies par l'occupant français vers 1840. ils ont recensés la population et par des jurisconsultes ils ont redonné un nom à chaque famille de dechra, donc les noms en algerie sont artificiels le plus souvent, le vrais noms des algeriens sont ceux des tribus (arch) de chaque region, departements (wiyalates ottomanes ). il y a eu des mariage algero-turc mais ils etaient surtout pratiquées dans les grandes villes, l'arrière pays est resté entierement entre les mains des algeriens et par consequent ne pût y avoir mariage, ou exceptionellement. faut chercher plutôt dans les grandes familles d'alger, constantine, oran...

augustin
29/12/2006, 18h51
Ismet,

j'ai une question à te poser sur Salah bey de constatine.

a t il été tué par une armée du bey d'alger comme le raconte la chanson populaire? et pour quelles raisons?

rico
30/12/2006, 14h40
Depuis que j'ai découvert ce topic... C'est un passage obligé pour moi.
En remontant jusqu' à 880 AV Jesus Christ: Mon dieu que l'histoire de l'Algérie est riche, je suis entrain de faire des "recherches trés modestes" pour comprendre seulement, pendant mes temps de repos.
Sur la période ottomane, Ce topic est un filon d'or pour apprendre et rechercher... Merci les gars.

@Fennec
Dans ta Simple Chronologie d'ElDjazair, il me semble qu'il manque une date 1827 "La bataille de Navarin".
Je doute depuis un moment de l'exactitude de celle-ci, car j'ai deux version:
Le 20 octobre 1827, dans la rade du port grec de Navarin, la flotte turco-égyptienne est attaquée sans préavis et détruite par une escadre anglo-franco-russe sous le commandement de l'amiral de Rigny
Et celle ci plutot nous concernant:
la France qui a eu gain de cause dans l'occupation de l'Algérie après avoir détruit la flotte algérienne au cours de la bataille de Navarin en 1827
Une fois c'est la flotte Algérienne et une autre c'est la f otte turco-égyptienne.
Et les deux évenements se passent dans le même lieu et la même date.
Si quelqu'un à une info, il sera le bienvenue...
Et joyeuses Fêtes