Salut tout le monde!
Je suis étudiant-chercheur en histoire, spécialiste de l'Algérie du XVIe siècle à 1830.
Je souhaite ouvrir un débat sur cette période de notre histoire, une période mal connue et sur laquelle circulent plein d'idées préconçues.
La première de ces idées est de se représenter l'Algérie de l'époque à travers ses corsaires et d'associer le pays à la piraterie, ce qui aurait justifié les expéditions militaires occidentales à son encontre.
Il est temps de reconsidérer l'histoire de l'Algérie telle qu'elle a été écrite jusqu'à présent et de réflechir ensemble pour mieux nous connaître.
A bientôt, je l'espère
Merci d'avoir ouvert un tel Topic.
je suis personnellement une fervue d'histoire particulièrement celle de notre pays.
Alors donne nous des infos ;)
Han, quel aspect pourrait t'intéresser en particulier?
Salut Ismet
Tu pourrais nous parler de sa culture et de son economie. Ou en etait les arts
et les sciences. Tu pourrais aussi aborder les rapports de l'Algerie avec l'exterieur (alliances et conflits)
Ce serait tres interresant merci d'avance.
Oui, c'est tout à fait cela... :)
On pourrait passer des heures sur chacun des thèmes que tu as évoqué Sindbad.
Ce qui serait marrant, c'est de partir du présent.
En Algérie, on fait croire aux gens que parler l'arabe classique, c'est aller dans le sens de la restauration de notre identité, celle que nous possédions avant la colonisation.
C'est vrai et faux en même temps.
L'arabe restait la langue des lettrés, certes. Mais je suis tombé sur de nombreuses lettres et sur des ouvrages d'époque avec beaucoup d'expressions dialectales. Certaines, que nous utilisons encore aujourd'hui.
Eh oui, le dialecte se retrouvait sur le papier avec moins de tabou qu'aujourd'hui.
On écrivait comme on parlait. Les institutions algériennes devraient en prendre de la graine et se rapprocher ainsi du peuple - qu'elles sont censées représenter- et de ses langues.
Oran, comme vous le savez surement a été espagnole, de 1509 à 1708 puis de 1732 à 1792. On y parlait l'espagnol, bien sûr.
A Alger, qui n'est devenue la capitale du pays que sous la présence ottomane, on parlait toutes les langues de la Méditerranée.
Les réfugiés andalous d'Alger ont perpétué l'usage de l'espagnol.
Les corsaires, les esclaves venaient de tous les horizons et il n'était pas curieux pour un Algérois d'entendre de l'italien, de l'espagnol, du flamand et même de l'allemand ou du russe dans les rues.
Certains deys s'exprimaient couramment en italien ou en espagnol.
Salah, le plus célèbre des beys de Constantine, parlait selon les commerçants français eux-mêmes, un très bon français.
La langue la plus fréquemment employée dans les rapports internationaux, à dominante commerciale, restait ce qu'on appelait, la lingua-franca, c'est un mélange assez pauvre (200 à 300 mots) de mots espagnols, turcs, arabes, portugais, etc.. qui s'est forgé avec le temps pour que les Méditerranéens puissent communiquer entre eux.
Un dey s'est par exemple exprimé ainsi en lingua franca à un consul français qui l'avait particulièrement énervé:
"al fine este console va a andar la catena", ce qui veut dire "ce consul va finir par porter la chaine". On faisait porter la chaine au pied à des esclaves qui s'étaient mal comporté (le coup d'éventail à côté reste une broutille).
On parlait bien sûr le berbère, via les Kabyles par exemple, qui, déjà à l'époque, travaillaient à Alger.
Et bien sûr on y parlait cet algérois qui a du beaucoup se perdre depuis.
J'ai retrouvé une chanson de gamins des rues d'Alger, probablement composée pendant les bombardements d'Alger par la France en 1688 qui donne pour les deux premiers vers:
Boumba ya boumba, haddamtili dâri ou sandjak al-fransis m'alak fa-sâri.
Bombe, tu ma détruis ma maison, le drapeau des français est accroché sur le mât.
Le mot "sandjak" est ottoman.
C'est tout à fait passionnant.
Je savais, certe, que les habitants d'Alger ne parler pas l'arabe classique mais j'ignorais qu'il y avait une telle divérsité languistique.
En ce qui concerne Oran, ceci explique pourquoi ma grand mère ( Allah yarhamha) traitait les oranais d'espagnoles , c'était bien sûr dans le sens péjoratif.
aitmakki
19/03/2005, 00h29
salam,
Je suis moi meme specialiste de l'algerie ottomane et coloniale (18-20 ) siecle, arts et sciences, j'ai participe avec IRCICA et Ekemelddin Ihsanoglu, a Istanbul, Paris, LOndres, Sydney, Montreal,....
Je vois ton titre un epu erroné, l'Algerie sous les Ottomans n'était occupée mais regie par La Porte Sublime, a Istana.
salam,
Merci Ismet pour toutes ses precieuses informations.
Peux-tu nous decrire un peu la condition de la femme a cette epoque. Est-il vrai qu`elle restait cloitree chez elles et ne sortait qu`avec l`autorisation d`un male?
Je me souviens avoir lu dans un livre d`histoire qu`un Agha avait ouvert des ecoles pour les femmes dans les regions algeroises?
J`avais compris qu`elles n`etaient pas toutes des analphabetes sans aucune instruction.
Ou etait situe le palais du Dey? pourquoi les francais l`ont detruit?
J`ai hate de te lire.
Salut
Alger etait certes cosmopolite (Il parait qu'il y'avait 600 russes ou familles russes a une epoque !).
Aitmakki
"Je vois ton titre un epu erroné, l'Algerie sous les Ottomans n'était occupée mais regie par La Porte Sublime..."
Mais comment expliquer le fait que parmis les beys ou bacha peu etaient algeriens. Idem pour les capitaines de navires?
Le seul nom qui sort du lot etait Rais Hamidou si l'on considere Betchine italien d'origine dont le vrai nom etait (Betini) ainsi que pour Mourad Rais (flamand), Mami Napolitan, Hassan Portuges, Veneziano, Corso (Le corse) Arnaout (Maltais) etc...
Avant de répondre à tes questions Mene, je voudrais juste dire à Ait Makki, qu'il est vrai, que nominalement, l'Algérie était régie par Istanbul mais en réalité la minorité ottomane qui dirigeait à Alger s'était rendue avec le temps quasi indépendante du Sultan.
Au début du XVIe siècle, ce sont des beylerbeys qui dirigent les territoires conquis, par exemple, les frères Barberousse. Ils sont très fidèles aux directives d'Istanbul, car ils ont besoin de son soutien pour conquérir le pays.
Mais progressivement, l'Algérie ottomane prend de l'importance et Istanbul a peur d'en perdre le contrôle; elle y nomme donc ce qu'on appelera des pachas triennaux, parce qu'ils étaient remplacés par le Sultan tous les trois ans; or, ces derniers, vus qu'ils n'étaient là que pour trois ans ne pensaient qu'à s'enrichir au maximum avant d'emporter leur richesse en Turquie.
Ce qui a provoqué une série de révoltes importantes dans le pays ayant mené à une révolution de palais, en 1659, qui donna le pouvoir à ce qu'on appelle la milice des Janissaires, avec à leur tête l'Agha.
Cette sorte de "république militaire" (1659-1671) ne mit pas fin à la crise, les quatre aghas furent tous assassinés et une nouvelle révolte donna le pouvoir à un Dey (1671).
C'est sous les deys que l'autonomie vis à vis d'Istanbul se fera de plus en plus grandissante.
Un pacha était toujours nommé par Istanbul, il n'avait plus qu'un titre honorifique mais il symbolisait la présence du Sultan en Algérie.
Or, en 1710, le dey Baba Ali Chaouch (1710-1718) prend la décision de chasser le pacha envoyé par le Sultan et de prendre lui-même ce titre.
Un fait accompli accepté par le Sultan. Le dey sera désormais pacha-dey.
L'Algérie connait alors une grande autonomie.
Mene, je répondrai avec grand plaisir à ta question sur les femmes; c'est un sujet qui me tient beaucoup à coeur.
Et d'abord, dire, car peut être que beaucoup ne le savent pas, qu'il exsitait une prostitution quasi institutionnalisée à Alger.
Des prostituées se tenaient dans des maisons closes, régies par un Mezouar, personnage tout à fait officiel, qui payait un impôt à l'Etat sur l'argent qu'il extorquait à ces femmes.
Rappelons qu'à Alger, il y avait un nombre très important de soldats, la plupart célibataires, car s'ils se mariaient, ce qui arrivait à un certain nombre d'entre eux, ils perdaient une partie de leurs privilèges de soldats.
Comprenez, il était important pour l'Etat occupant, que les militaires ottomans se mélangent le moins possible aux populations locales, pour ne pas perdre un pouvoir qui serait récupéré par ces fils d'Ottomans et d'Algériennes qui deviendraient rapidement nombreux et créeraient une dynastie "nationale".
Pour revenir au sujet, ces soldats célibataires expliquent bien entendu, l'organisation d'une telle prostitution, qui touchait probablement les femmes les plus pauvres, orphelines ou autres.
Nous en savons encore peu sur la question.
Mene, concernant cette école, crée par un Agha, je ne peux rien te dire; j'essaierai de me renseigner.
Quand à l'enfermement des femmes, il faut d'ores et déjà dire, qu'il était limité.
Et il faut faire la différence entre les villes et les campagnes.
Prenons l'exemple d'Alger, pour les villes, puisque c'est l'exemple que nous connaissons le mieux.
Les femmes algéroises passaient énormement de temps sur les terrasses de la Casbah. Elles y avaient une vue sur la ville et la mer.
Mene, tu es peut être d'accord qu'on peut alors parler de demi-enfermement?
Mais ce n'est pas tout; comme tu le sais, les terrasses d'Alger communiquent entre elles, et les voisines se rendaient ainsi la visite, dans la journée.
La rue restait un univers masculin.
Cependant c'est oublier, ce qui fait la grande saveur de notre culture, les hammams, les fêtes de mariage, de circoncisions, ou les femmes avaient la liberté de sortir, ce qui dans un système de sociabilité comme le notre devait créer de multiples occasions de se déplacer (à l'intérieur de ces haîks que nos grands mères portaient encore et qui tendent à disparaitre).
J'oubliais, les occasions un moins réjouissantes, que sont les décès; Nos ancètres ressemblaient un peu à nos 'azaîates' actuelles, ces pleureuses d'aujourd'hui.
Mais à l'époque, elles se lacéraient le visage, jusqu'au sang, pendant ces cérémonies.
Ma grand mère me racontait qu'à Oran, avant la guerre d'Indépendance, des femmes se barbouillaient le visage e charbon et se revêtaient d'un habit de bure (un tissu, proche du sac de patate) pendant le deuil de 40 jours.
Il devait être impressionant d'entendre les youyous des femmes sur les terrasses pendant certaines réjouissances publiques; je pense au mouloud mais aussi à des victoires militaires, à l'arrivée d'un bey de province, etc...
Le sujet est vaste Mene.
Mais pour résumer, il est vrai que l'intérieur était l'univers de la femme et l'extérieur celui de l'homme.
Combien d'hommes de l'époque se mariaient à des femmes sans même les connaître et vice-versa? Beaucoup. Peut être la majorité.
Un homme s'adressait parfois à une femme connue pour être marieuse, une sorte d'entremetteuse.
Il l'envoyait, moyennant argent, dans une maison, connue pour son opulence ou pour la beauté de sa ou ses azbât (jeunes filles) et lui demandait ensuite des avis sur cette fille.
L'entremetteuse devait créer bien des malentendus. Imaginons, un homme dévoilant une fille dont il s'était fait une toute autre idée!
Mene, dis moi si ça t'intéresses que je te parles des femmes des campagnes.
Quand au palais du dey: il y en a eu deux.
Le premier existait déjà sous le dernier chef d'Alger avant l'arrivée des Ottomans; il s'appelait Salim el-Thoumi.
Ce bâtiment, dont il nous reste des illustrations et des plans, était assez simple avec des cours intérieures et des étages, comme les maisons mauresques d'Alger.
Il était situé sur l'actuel Place des Martyrs, dans la basse Casbah.
A son entrée se tenaient des chaouch, garde habillée de vert, blanc et rouge, pour y contrôler les entrées et vérifier que les soldats n'étaient pas armés, car le dey Muhammad ben Othman (1766-1791) ayant subi plusieurs tentatives d'assassinats a interdit l'entrée du palais en armes.
En 1817, le dey Ali Khodja, déplace le centre de l'autorité dans la haute Casbah, avec les trésors du gouvernement, et ceci en pleine nuit.
Ce palais existe toujours, c'est la Citadelle, que chacun de nous peut visiter.
Il craignait, comme les deys précédents, la turbulence de la milice des janissaires, toujours prompte à créer des révolutions, lors de mécontentements.
Installé à la citadelle et entourée d'une garde de kouloughlis et d'autochtones, le pouvoir pouvait se nationaliser, vieux rêves des premiers kouloughlis mais c'était trop tard: en 1817, l'Algérie est déjà très affaiblie et l'Europe trop envahissante.
Le palais, qui a été détruit, est donc le premier des deux palais mentionnés, qui a été le siège du pouvoir pendant des siècles.
Il a brûlé en 1844. L'incendie est probablement d'origine criminelle. Imaginez donc des grands colons, promoteurs immobiliers, exploiter la moindre parcelle d'Alger. N'ont-ils pas détruit tout le quartier de la Marine, qui se tenait sur l'actuelle Place des Martyrs? Nous en reparlerons peut être une autre fois.
Question: les Français n'ont-ils pas voulu détruire les symboles du pouvoir qu'il avaient annihilé pour empêcher tout retour de ce pouvoir? Possible.
Voilà, c'est avec grand plaisir que je partage ce patrimoine qui nous est commun.
A bientôt
En fait les espagnoles avait occupe tous le litoral Algerien. d'Oran a bougie et c'est eux qui avaient construi le fameux Penon d'Agler en occupant un petit ilot.
Les Espagnols ont occupé un certain nombre de point sur la côte, mais ils n'y sont pas restés, ayant été chassés par les Algériens.
Par exemple, ils ont occupé Bougie de 1510 à 1555.
Le Pegnon (fort espagnol) à Alger, est bombardé, démoli, le 27 mai 1529.
C'est avec les ruines de ce fort, que Khaireddine Barberousse fait construire la jetée entre la côte et les îles sur une desquelles a été bâti le pegnon, créant ainsi le port d'Alger.
Oran et Mers el Kebir restent donc des exceptions.
La vie des garnisons espagnoles y était d'ailleurs très pénible, ils étaient souvent l'objet des attaques des tribus de la région.
Salut
"Question: les Français n'ont-ils pas voulu détruire les symboles du pouvoir qu'il avaient annihilé pour empêcher tout retour de ce pouvoir? Possible"
La casbah symbole de la puissance d'Alger fut diffiguree en la faisant traversee par un chemin la coupant en deux ce qui a donne naissance a la Haute Casbah et la Basse Casbah.
Les Francais avait detruit une mosquee connue sous le nom de Djamaa Lalla (Mosquee de La Dame) dont l'histoire symolique raconte la bravoure et la generosite des Algeriens, malgrais tous qu'on puisse raconte a leur sujet durant cette periode.
L'histoire commence avec la capture d'un navire Italien. A son bord la fille d'un haut dignitaire fut parmis les personnes capturees. La coutume voulait que les femmes faite prisonnieres etaient mise entre les mains de femmes algeriennes qui se devaient de les initiees au mode vie local et d'essayer de les convertir a l'Islam.
Les italiens avaient requis la liberation immediate de la prisonniere, les Algeriens de leur cote avaient exige le payement d'une rancon. Les italiens avaient refuse de payer. La prisonnier avait decider que chretienne elle etait chretienne elle resterait qu'elle qu'en soit le prix.
Des annees ont passe et chacun continuait a camper sur ses positions, entre temps des liens d'amities etaient nes entre la prisonniere et les algeriennes qui l'entourerent (elle etait constament traite avec respect et delicatesse) si bien qu'un jour le pouvoir local decida de la libere sans demande de rancon aucune. Elle refusa, elle tenait a ce que la rancon soit payee et que l'argent soit utilise pour la construction d'une mosquee.
La mosquee fut construite et fut baptisee Djamaa Lalla elle fut detruite par les francais lors de leur arrivee...
...
La mosquee a bel est bien existe pourrait avoir plus de precision sur le recit
date et noms ? merci
a+
Ce me ramene
En occupant Oran les espagnoles s'etaient limite au port et ces environs. Il s'etaient essaye a s'enfoncer dans le territoire mais sans succes. Il leur etait plus facil de s'accrocher a leur prise Oranaise vu la proximite de l'Espagne qui permetait repli et reapprovisionnement facil.
Rappelons que c'est l'attaque espqgnole contre Oran (sans provoctation aucune de la part des algeriens et qui avait fait pas moins de 4000 morts et 8000 blesses qui a etait l'act qui a conduit les algeriens developper une force naval et qui etait devenue par la suite instrument de la course...
Parles nous de l'etat des sciences et des arts et pourquoi malgre la proximite de l'Europe et le role de l'Afrique du Nord dans l'introduction des arts et des sciences en Europe l'Afrique du nord ait rate la revolution industrielle.
Aurais tu une analyse la dessus ?
Sindbad, je ne sais si l'histoire de cette Italienne relève de la vérité historique ou de la légende mais cette mosquée a bel et bien existé et n'a pas été la seule à avoir été détruite par les Français.
Le dey y faisait ses prières; elle était sur l'emplacement de l'actuelle place des martyrs (façade nord), à côté de la "Jenina" (Palais du Dey).
Figures toi qu'il en reste quelque chose, ce sont quelques colonnes qui la soutenaient et qui ont été intégrées au Djamaa el Kbir à quelques dizaines de mètres plus loin. Les colonnes, de type byzantinan, avec grappes de raisin et feuilles en acanthe, que tu trouves à l'entrée du Djamaa el-Kbir, eh bien ce sont celles-là.
Concernant les Espagnols à Oran, il faut savoir que dans les conditions de l'époque, le ravitaillement n'arrivait pas aussi facilement qu'on peut le penser.
D'abord, il fallait une traversée de plusieurs jours par bateau, jalonée de risques, puisque la marine algérienne faisait des croisières sur la côte.
L'Espagnol était l'ennemi numéro un!
Les conditions de vie des soldats d'Oran étaient particulièrement pénibles.
On y retrouvait beaucoup de fugitifs, anciens criminels reconvertis, etc...
Leur vie était tellement difficile qu'ils quittaient la ville au risque d'être faits esclaves.
A la fin du XVIIIe siècle, plus d'une centaine de Français, ayant rejoint l'armée espagnole et s'étant retrouvés à Oran, ont fui la ville, ont été faits esclaves et envoyés à Alger.
Leur situation ne s'était pas améliorée, beaucoup désiraient la conversion, mais l'Etat ne voulait pas perdre des rançons.
Ils ont alors désigné un responsable de leur malheur: les Européens libres d'Alger, c'est à dire, le personnel consulaire, les prêtres, etc...
Un de ses esclaves a attenté à la vie du vicaire apostolique en le frappant de plusieurs coups de poignard. Ce dernier a survécu, mais l'événement a décidé la France à les racheter; ce qu'elle ne voulait pas faire, puisqu'ils ont rejoint l'armée d'un pays étranger (l'Espagne) et étaient donc considérés un peu comme étrangers.
Tu as eu raison en disant que si la flotte maghrébine s'est d'abord développé, c'est contre les Espagnols (catholiques).
Mais l'origine se trouve à l'expulsion des musulmans d'Espagne en 1492.
Ces derniers ont cultivé un esprit de revanche vis à vis des rois catholiques et ont commencé à attaquer les bateaux espagnols en mer, mais aussi à envoyer des bateaux sur la côte d'Espagne pour permettre aux musulmans (et juifs) qui y étaient de pouvoir partir.
Concernant l'accès des pays, dits du Sud, à la Révolution Industrielle, la question est extrêmement complexe.
Cet accès ne s'est pas fait en un jour, pour l'Occident lui-même; ça a été un long processus, à multiples causes: militaires, démographiques, techniques (agricoles, bancaires, etc...), institutionnelles (les révolutions modernes anglaises et françaises) etc...
Le débat est trop important et nécessiterait une discussion à part.
Ce que j'aimerais d'ores et déjà dire, c'est que le capitalisme va rapidement connaître ses limites et que c'est à la recherche d'alternatives et donc d'autres voies possibles, que nous devrions nous pencher.
De plus, le capitalisme occidental s'est imposé à nos pays (du Sud), dans la violence parfois, nous ne l'avons pas choisi.
D'où la réhabilitation de nos propres Histoires pour entrer avec une conscience pleine et assurée dans les débats sur l'avenir d'un monde qui s'uniformise d'une part, selon un modèle particulier, mais qui doit lutter pour préserver sa diversité, non dans un esprit d'enfermement mais d'échange réciproque, alors qu'il est actuellement et depuis deux siècles d'ailleurs, inégal.
Par rapport aux arts et techniques, il est indéniable que le Maghreb a connu un véritable engourdissement dans ces domaines, à partir des XII-XIIIe siècles.
Mais les villes maghrébines ont connu un certain renouveau avec l'arrivée des Andalous, qui étaient de fameux artisans et de bons batisseurs.
Exemple particulièrement notable, celui de Usta (maître) Murad.
Cet Andalous qui a bâti un aqueduc allant de Ben Aknoun à la ville pour approvisionner Alger en eau, avec un système de fontaines, où les gens allaient y remplir leurs récipients.
Ce que je peux te dire, c'est que jusqu'au début du XIXe siècle, l'écart entre l'Europe et les autres, de ce point de vue là, n'est pas important. De plus, il y avait des transferts de technique, qui restent à étudier.
Ce n'est qu'avec le machinisme que cet écart va se creuser et va provoquer une prise de conscience des dirigeants face à ce retard.
On peut si tu veux affiner la discussion autour des techniques et des sciences pour arriver à la fin à une synthèse.
Dis moi, par quel aspect, tu veux commencer.
Salut Ismet
Impeccable et tres instructif.
On decouvre beaucoup de choses dans tes postes. J'ignorait que des vestiges de jamaa Lalla existaient toujours c'est au moins la preuve qu'il y'a une part de vrai dans cette histoire.
Il reste en effet a comprendre les raisons qui ont fait que l'Afrique Nord n'est pris le train en marche de la revolution industrielle naissante en Europe. Il n'y a aucun doute que les pouvoirs successifs d'Alger etaient au fait de celle ci, ne serait ce que par le fait que la flotte comportait des navires captures en mer (exemple: fameuse prise de Hamidou) qui montrait une superiorite allant en croissant. Il y'a aussi le fait qu'Alger achetait une partie de sa poudre et de ces canons de l'etranger en raison justement de leur superiorite.
Penses un peu a l'Empereur Meiji du Japon (19em Siecle) ! Des qu'il compris que ce qui faisait la force des Hollandais etait leur superiorite technologique.Il decida que le salut du japon serait d'investir argent et efforts dans la maitrise de la technologie. Il fit installe (par les Europeens) une ligne de chemin de fer entre deux villes puis il designa des gens (Japonais) pour demonter la loco et de comprendre son fonctionnement !
J'avais lu dans le livre de Belhamissi (Histoire de la Marine Algerienne) qu'un Dey avait approche par un consiller qui avait attire son attention sur la question mais sans resultat.
Questions arts et Sciences l'ideal serait de trouver une source qui reunirait les noms des personnages (date et realisations ) une sorte d'index. On connait plus sur les autres que sur les notres...
Bonne chance pour tes recherches Ismet et j'espere bientot voir tes publications sur le marche !
a+
Merci a Ismet et a Sindbad pour ces informations.
J`aurais voulu apprendre l`histoire de mon pays a l`ecole. Mais, nos responsables en ont voulu autrement.
Pour ce qui est de la prostitution a cette epoque, j`ai deja lu ca quelque part. Et j`avoue que cela m`a beaucoup choquee. Je pensais vraiment que la prostitution etait interdite, vu que les lois etaient etablies sur la base du coran et de la sunna.
Quant a femme de la campagne, je crois qu`elle etait plus active, etant donne qu`elle travaillait dans les champs. Mais, je pense que Ismet pourra nous donner plus informations sur ce sujet.
J`aimerais connaitre aussi la situation des minorites religieuses telle que les juifs. J`ai lu dans un livre d`histoire qu`il y`avait des familles juives tres riches qui avaient une grande influence sur les deys, comme la famille Bouchnaq. J`ai lu aussi que les membres de cette famille ont encourage les francais, des le 18eme siecle, a attaquer Alger. Et je me demande vraiment la raison de cette trahison ( si, bien sur les faits s`avereraient vrais )?
Encore une chose,Est-ce que Alger etait appelee la blanche, a cette epoque?
Merci d`avance.
:1:
salut Ismet :)
juste une petite information :44:
je te dit que le "Sandjak" d'apres mes enciens (grand-parents, et mes parents )etait bien le "saint jacques" car au temps des croissades des Chretiens avec les Musulmans, ils portaient les Chretiens et non les Musulmans les drapeux avec la croix rouge du saint sur une banniere blanche.
je reprend la petite chanson de l'epoque qui disais :
Boumba ya boumba, haddamtili dari ou sandjak alFrancis m'alek fa sari.
.................................................. le drapeau des francais ............
les habitant de l'epoque savaient tres bien que le drapeau de l'enemis de l'epoque etais toujours une croix saint jacques.
Avec le temps les habitants de la Casbah et d'Alger donnais a l'appelation du drapeau le mot Sandjak qui venait bien sur du turc sans savoir d'ou vennais l'origine du mot.
comme disais l'hadj m'hamed l'Anka... Sandjak y'rafraff...
a tres bientot ...
Le Fennec Algerois
;)
Merci d'avoir ouvert ce sujet, Ismet, c'est très intéressant !
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