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nacer-eddine06
07/02/2020, 11h02
Estelle Nguyen, publié le 07/02/2020

Discrimination à l'embauche : le gouvernement épingle 7 entreprises 8
L'exécutif a rendu public la liste des entreprises pointées du doigt pour leurs pratiques de recrutement, à l'issue de la plus vaste étude jamais réalisée en France sur les discriminations à l'embauche.


(Boursier.com) — Air France, Accor, Altran, Arkéma, Renault, Rexel et Sopra Steria... Voici les noms des entreprises soupçonnées de discrimination à l'embauche dévoilés par le gouvernement, alors qu'une vaste campagne de testing a été menée au sein de 40 groupes du SBF 120 entre octobre 2018 et janvier 2019.

Les résultats de cette étude, dirigée par une équipe de chercheurs de l'université Paris-Est-Créteil à la demande du ministère de la Ville et du Logement, ont mis en évidence "une discrimination significative et robuste selon le critère de l'origine, à l'encontre du candidat français présumé d'origine maghrébine, dans tous les territoires de test".


"Sur l'ensemble des entreprises testées, il est estimé que le taux de succès du candidat dont le nom a une consonance maghrébine est de 9,3%, contre 12,5% pour le candidat avec un nom à consonance européenne", précise le rapport. Un autre critère a été testé : le lieu de résidence des candidats, dont "le différentiel entre candidats" est toutefois "moins significatif".

"Name and shame"
Début janvier, 'France Inter' avait révélé une première version de cette étude, qui avait été réalisée sur un plus grand échantillon (103 entreprises) et menée entre novembre 2018 et janvier 2019, sans qu'un seul nom d'entreprise ne soit dévoilé.

Mais cette fois-ci, le gouvernement a décidé de pratiquer le "name and shame", connu pour être une pratique anglo-saxonne signifiant littéralement "nommer et faire honte". L'exécutif prévient cependant qu'"aucun enseignement par entreprise ne peut être définitivement tiré, car les résultats mettant en évidence l'existence d'une discrimination ne sont pas transposables à l'ensemble des canaux et processus de recrutement des entreprises concernées".

"Limites méthodologiques"
L'étude comporterait en effet des "limites méthodologiques", que les chercheurs ont, eux même, mises en avant en publiant en préambule de l'étude une page d'avertissement. Pour parvenir a ces résultats, les chercheurs ont combiné des candidatures et des demandes d'information, à la fois en réponse à des offres d'emploi ou de façon spontanée. Ils ont réalisé plus de 5.300 tests au total.

Ainsi, la grande majorité des tests a reposé sur l'envoi de demandes spontanées directement aux managers avec des faibles taux de réponse ou des demandes d'informations. "Les échanges avec les entreprises ont montré que la plupart ont désormais recours à des bases centralisées par les directions RH et à des ATS (applicant tracking system), c'est-à-dire une application ou une solution web qui assiste les RH dans les étapes du recrutement", indique le rapport.

Résultats contestés par les entreprises
La plupart des entreprises contestent ces résultats. Dans un communiqué commun, six d'entre elles (exception faite de Renault) ont "unanimement" fait part de "leur profond désaccord et leur indignation face aux faiblesses manifestes de la méthodologie utilisée qui aboutit à des conclusions erronées".

Malgré ces critiques, toutes les entreprises étaient présentes mardi au ministère du Travail pour une réunion sur le sujet, comme le révèle 'Les Echos'. Par ailleurs, l'étude a également déterminer les bons élèves. En tête, on retrouve Sanofi et Schneider Electric qui n'ont présenté aucune différence de traitement entre les candidatures.

©2020, Boursier.com

rago
07/02/2020, 11h09
Cette discrimination immonde rappelle l'apartheid sud-africain!:22:

Il en est de même pour louer un appartement en France: mieux vaut ne pas être maghrébin.

zek
07/02/2020, 17h47
Et surtout, il ne faut pas oublier l'Oréal, car elle le vaut bien. :mrgreen:

Après cinq années de procédure, SOS Racisme a obtenu la condamnation du leader français de l'intérim, de sa filiale Ajilon et du fabricant de cosmétiques, Garnier (groupe l'Oréal), pour discrimination raciale. Ces entreprises utilisaient le code BBR pour "Bleu Blanc Rouge" pour sélectionner des intérimaires. Cette décision de la cour d'appel de Paris promet de faire jurisprudence.


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