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Voir la version complète : Cham el-Nassim rassemble musulmans et chrétiens


morjane
11/04/2007, 15h38
Remontant à l'époque pharaonique, la fête de Cham el-Nassim célèbre l'arrivée du printemps à travers sa petite brise qui commence à souffler sur les berges du Nil aux environs de la première semaine du mois d'avril. Sa date déterminée d'après le calendrier copte est fixée au premier lundi qui suit la fête chrétienne de Pâques.

Cette année, Cham el-Nassim a donc logiquement été fixée au 9 avril. Jour férié, cette fête est célébrée par toutes les communautés, musulmanes et chrétiennes. Dans tout le pays, les familles se rassemblent dans les parcs et jardins publics autour d'immenses pique-niques. Au menu, oeufs naturels ou en chocolat pour les enfants et «fassikh» pour les plus grands. Très apprécié des Egyptiens, ce plat traditionnel aurait de quoi faire dissuader tout bon Algérien d'y goûter. Poisson rance et salé, ce mets à l'odeur dissuasive remonte à une époque où réfrigérateur et moyens de conservation modernes ne devaient pas exister, et pour cause. Le «fassikh» constitue l'un des plus anciens plats consommés dans le pays. Si ce «fassikh» connaît un succès certain parmi les familles, il est loin d'en être de même pour les estomacs. Chaque année, la journée du Cham el-Nassim se solde par des centaines d'intoxications souvent mortelles.

Malgré les mises en garde des autorités sanitaires du pays, les habitudes ont la vie dure. Au-delà des conséquences sanitaires malheureuses, un enjeu autrement plus décisif réside dans cette journée de fête. En effet, Cham el-Nassim représente la seule célébration commune aux musulmans et aux chrétiens. Soucieuses de l'unité nationale, surtout devant une montée palpable des phénomènes de sectarisme chez les deux communautés, les autorités accordent une importance toute particulière à ce jour. Après les événements tragiques qui ont secoué l'année dernière la ville d'Alexandrie où un chrétien et un musulman ont été tués dans des affrontements inter-confessionnels, Cham el-Nassim a été placé sous le signe de la réconciliation. Pour l'occasion, les plus hautes autorités musulmanes et chrétiennes se sont échangé des voeux.

Le plus surprenant derrière la fête de Cham el-Nassim restera certainement le fait que beaucoup de cheikhs qui déconseillent de fêter le Mawled ennabaoui n'auront fait nul commentaire sur cette fête qui n'appartient pas pourtant au calendrier musulman. Comme quoi, les compromis ne respectent pas toujours l'orthodoxie religieuse.

Par Le Quotidien d'Oran

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