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19/04/2007, 22h18
Tite-Live rend compte de ce fait (liv. XXXV, ch. 14), et rap-porte un entretien qu’aurait eu Hannibal avec son vainqueur, P. Sci-pion l’Africain, qui faisait partie de l’ambassade. Cf. Cornélius Ne-pos, Vie d’Hannibal, ch. VII-VIII.
Machiavel fait allusion (Art de la guerre, liv. VI) aux deux derniers exemples de ce chapitre, en les généralisant comme des préceptes souvent applicables.
Qui est coupé de monts, de hauteurs (Littré)
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19/04/2007, 22h20
1 Le consul A. Manlius, ayant appris que les soldats avaient conspiré dans leurs quartiers d’hiver, en Campanie, pour égor-ger leurs hôtes et s’emparer de leurs richesses, répandit le bruit qu’ils auraient encore les mêmes quartiers l’hiver suivant. Il sauva la Campanie en déjouant ainsi le complot, et saisit toutes les occasions de sévir contre ceux qui l’avaient tramé.
2 Une sédition dangereuse s’étant élevée parmi des légions romaines, la prudence de Sylla sut en calmer la fureur. Annon-çant tout à coup l’approche de l’ennemi, il fit crier aux armes, et donner le signal. Marcher contre l’ennemi fut la pensée de tous les soldats, et l’émeute fut apaisée.
3 Le sénat de Milan ayant été massacré par des soldats, Cn. Pompée, qui craignait de donner lieu à une rébellion en n’appelant que les coupables, les fît venir indistinctement avec ceux qui n’avaient pris aucune part à cette action . N’étant point séparés des autres, par conséquent ne se croyant pas ap-pelés à cause de leur crime, les coupables comparurent avec moins de méfiance ; et ceux qui n’avaient rien à se reprocher, veillèrent à la garde des coupables, de peur d’être taxés de com-plicité s’ils les laissaient fuir.
4 Des légions de l’armée de C. César s’étant révoltées, au point de manifester l’intention d’attenter à la vie de leur chef, il dissimula sa crainte, s’avança vers les soldats, et, comme ils demandaient leur congé, il le leur donna sur-le-champ, d’un air menaçant. À peine l’eurent-ils obtenu, que le repentir les força de faire leur soumission à leur général, auquel ils furent dès lors plus dévoués qu’auparavant.
Machiavel (Art de la guerre, liv. VI) s’est encore emparé de ce récit pour en faire un précepte : « Un point bien important pour un général, dit-il, c’est de savoir habilement étouffer un tumulte ou une sédition qui se serait élevée parmi ses troupes. Il faut, pour cet effet, châtier les chefs des coupables, mais avec une telle prompti-tude, que le châtiment soit tombé sur leur tête avant qu’ils aient eu le temps de s’en douter. S’ils sont éloignés de vous, vous manderez en votre présence non seulement les coupables, mais le corps entier, afin que, n’ayant pas lieu de croire que ce soit dans l’intention de les châtier, ils ne cherchent pas à s’échapper, et viennent, au contraire, d’eux-mêmes se présenter à la peine. »
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19/04/2007, 22h21
X. Comment on refuse le combat aux soldats, quand ils le demandent intempestivement.
1 Q. Sertorius, sachant par expérience qu’il ne pouvait ré-sister aux forces réunies des Romains, et voulant le prouver aux barbares ses alliés, qui demandaient témérairement le combat, fit amener en leur présence deux chevaux, l’un plein de vigueur, l’autre extrêmement faible, auprès desquels il plaça deux jeunes gens qui offraient le même contraste, l’un robuste, l’autre ché-tif ; et il ordonna au premier d’arracher d’un seul coup la queue entière du cheval faible, au second de tirer un à un les crins du cheval vigoureux. Le jeune homme chétif s’étant acquitté de sa tâche, tandis que l’autre s’épuisait à force de tirer la queue du cheval faible : « Soldats, s’écrie Sertorius, je vous ai montré par cet exemple ce que sont les légions romaines ; invincibles quand on les prend en masse, elles seront bientôt affaiblies et taillées en pièces, si elles sont attaquées séparément. »
2 Ce même chef, à qui les soldats demandaient inconsidé-rément le combat, craignant qu’ils n’enfreignissent ses ordres, s’il refusait plus longtemps, permit, à un détachement de cava-lerie d’aller attaquer l’ennemi ; et, quand il vit cette troupe plier, il en envoya successivement d’autres pour la soutenir, puis il les fit rentrer toutes dans le camp. Alors il montra à l’armée entière, sans avoir essuyé de perte, quel pouvait être le résultat de la ba-taille qu’elle avait demandée. Elle eut désormais pour lui la plus grande soumission.
3 Agésilas, roi de Lacédémone, dont le camp était placé sur le bord d’une rivière, en face de celui des Thébains, s’étant aper-çu que l’armée ennemie était beaucoup plus nombreuse que la sienne, et voulant ôter à ses soldats le désir de livrer bataille, leur annonça que les réponses des dieux lui ordonnaient de combattre sur les hauteurs. Alors il laissa une faible troupe vers le fleuve, et gagna la colline. Les Thébains, prenant cette man-œuvre pour un effet de la crainte, traversent la rivière, mettent facilement en fuite ceux qui en défendaient le passage ; mais, s’étant élancés avec trop d’ardeur vers le reste de l’armée, ils ont le désavantage du terrain, et sont défaits par des troupes infé-rieures en nombre.
4 Scorylon, général des Daces, sachant bien qu’une guerre civile divisait les Romains, mais ne jugeant pas à propos de les attaquer, parce qu’une guerre étrangère pouvait rétablir la concorde entre les citoyens, mit aux prises deux chiens en pré-sence de ses compatriotes ; et, tandis que ces animaux se bat-taient avec le plus d’acharnement, il leur montra un loup, sur lequel ils se jetèrent aussitôt, déposant leur animosité récipro-que. Par cet apologue, il dissuada les barbares d’opérer une at-taque qui aurait tourné au profit des Romains.
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19/04/2007, 22h22
1 Pendant la guerre contre les Étrusques, l’armée des consuls M. Fabius et Cn. Manlius s’étant mutinée, et se refusant à combattre, ces chefs affectèrent eux-mêmes de temporiser, jusqu’à ce que les soldats, irrités des insultes de l’ennemi, eu-rent demandé le combat, et juré d’en revenir victorieux.
2 Fulvius Nobilior, étant dans la nécessité de livrer bataille, avec peu de monde, à une armée de Samnites, nombreuse et fière de ses succès, feignit d’avoir gagné une des légions enne-mies ; et, pour en convaincre ses troupes, il prescrivit aux tri-buns, aux premiers officiers et aux centurions, de lui apporter tout ce qu’ils avaient d’argent comptant, ou d’objets d’or et d’ar-gent, pour payer les transfuges, promettant d’ajouter, après la victoire, d’amples récompenses au remboursement des sommes prêtées. Les Romains le crurent, engagèrent sur-le-champ le combat avec autant d’ardeur que de confiance, et remportèrent une éclatante victoire.
3 C. César, étant sur le point de combattre les Germains commandés par Arioviste, et voyant le courage de ses troupes abattu, les rassembla et leur dit que dans cette circonstance la dixième légion seule marcherait à l’ennemi. Par là, il stimula cette légion, en lui rendant le témoignage qu’elle était la plus brave, et fit craindre aux autres de lui laisser à elle seule cette glorieuse renommée.
4 Q. Fabius, convaincu que les Romains avaient trop de fierté pour ne pas s’irriter d’un affront, et n’attendant rien de juste ni de modéré de la part de Carthage, envoya des députés dans cette ville pour proposer la paix. Ils en rapportèrent des conditions pleines d’injustice et d’insolence ; et dès lors l’armée romaine ne respira plus que le combat.
5 Agésilas, ayant établi son camp près d’Orchomène, ville alliée de Lacédémone, et apprenant que la plupart de ses soldats allaient déposer dans cette place ce qu’ils avaient de plus pré-cieux, défendit aux habitants de rien recevoir de ce qui apparte-nait à son armée : il pensait que le soldat combattrait avec plus d’ardeur, quand il se verrait dans la nécessité de défendre tout ce qu’il possédait.
6 Épaminondas, général des Thébains, étant sur le point de livrer bataille aux Lacédémoniens, et voulant tirer parti, non seulement de la vigueur, mais encore de toutes les affections de ses soldats, leur annonça en pleine assemblée que les Lacédé-moniens avaient résolu, s’ils étaient vainqueurs, de massacrer les hommes à Thèbes, d’emmener comme esclaves les femmes et les enfants, et de raser la ville. Cette nouvelle exaspéra les Thébains, qui, au premier choc, mirent les Lacédémoniens en déroute.
7 Leutychidas, général lacédémonien, étant sur le point de combattre, le jour même que ses alliés gagnaient une bataille navale, déclara à ses soldats, pour leur inspirer plus d’ardeur, et bien qu’il l’ignorât encore, qu’on venait de lui annoncer la vic-toire des alliés.
8 Dans un combat contre les Latins, A. Postumius, voyant apparaître deux jeunes hommes à cheval, releva le cou-rage des siens en disant que c’étaient Castor et Pollux qui ve-naient à leur secours, et rétablit ainsi le combat.
9 Archidamus, de Lacédémone, étant en guerre avec les Ar-cadiens, plaça au milieu de son camp des armes autour desquel-les il fit secrètement marcher des chevaux, pendant la nuit. Le lendemain il montra les pas à ses soldats, et leur persuada que Castor et Pollux étaient venus à cheval dans ce lieu pour les sou-tenir pendant le combat.
10 Périclès, général athénien, aperçut, au moment de livrer bataille, un bois d’où l’on pouvait être en vue des deux armées, bois très épais, vaste et consacré à Pluton. Il y aposta un homme d’une grande taille, augmentée encore par de très hauts cothur-nes, et dont le manteau de pourpre et la chevelure inspiraient de la vénération. Debout sur un char attelé de chevaux blancs, cet homme devait, au signal du combat, s’avancer, appeler Périclès par son nom, l’encourager, et lui annoncer que les dieux étaient du côté des Athéniens. À la vue de ce prodige, les ennemis pri-rent la fuite avant même qu’on lançât le javelot.
11 L. Sylla, voulant inspirer du courage à ses troupes, leur fit croire que les dieux lui révélaient l’avenir. En présence même de toute l’armée, et au moment de sortir du camp pour combat-tre, il adressait des prières à une petite statue, qu’il avait enlevée à Delphes, et la suppliait de hâter la victoire qu’elle lui avait promise.
12 C. Marius avait auprès de lui une prophétesse de Sy-rie, dont il feignait de recevoir les prédictions sur l’issue des combats.
13 Q. Sertorius, qui avait une armée de barbares, sans rai-son et sans discipline, menait à sa suite, dans la Lusitanie, une biche blanche d’une beauté remarquable ; et, afin que ses ordres fussent observés comme s’ils émanaient du ciel, il assurait que cette biche l’avertissait de ce qu’il devait, faire et de ce qu’il de-vait éviter.
Les ruses de ce genre ne peuvent être employées que lors-qu’on connaît l’ignorance et la superstition des hommes aux-quels on s’adresse ; mais il est bien préférable d’en imaginer qui soient de nature à pouvoir être prises réellement pour des mani-festations divines.
14 Alexandre le Grand, au moment d’offrir un sacrifice, se servit d’une teinture pour tracer dans la main que l’aruspice al-lait porter sur les entrailles des victimes, certaines lettres qui signifiaient qu’il serait vainqueur. Le foie, encore chaud, ayant reçu promptement ces caractères, Alexandre les fit voir aux sol-dats, et accrut par là leur courage, comme si un dieu lui eût promis la victoire.
15 L’aruspice Sudinès en fit autant, lorsqu’Eumène était sur le point de livrer bataille aux Gaulois.
16 Épaminondas, général thébain, persuadé que ses trou-pes marcheraient avec plus de confiance contre les Lacédémo-niens, si un motif religieux les animait, enleva pendant la nuit les armes suspendues en trophées dans les temples, et fit enten-dre aux soldats que les dieux les suivaient pour les secourir dans le combat.
17 Agésilas, roi de Lacédémone, ayant fait quelques prison-niers aux Perses, dont l’aspect est effrayant quand ils ont leur costume de guerre, les mit à nu, et montra leurs corps blancs et délicats à ses troupes, afin qu’elles n’eussent que du mépris pour de pareils soldats.
18 Gélon, tyran de Syracuse, ayant fait dans une guerre contre les Carthaginois, un grand nombre de prisonniers, choi-sit les plus faibles, surtout parmi les auxiliaires, qui étaient très noirs, et les fit paraître nus en présence de ses soldats, pour ex-citer leur mépris.
19 Cyrus, roi de Perse, voulant donner du courage à ses su-jets, les fatigua toute une journée à couper une forêt ; puis, le lendemain, il leur fit préparer un festin somptueux, et leur de-manda laquelle de ces deux journées ils préféraient. Tous s’étant prononcés pour le plaisir présent : « Eh bien, dit-il, c’est par la première des deux conditions que vous parviendrez à celle-ci ; car vous ne pouvez être libres et heureux qu’après avoir vaincu les Mèdes. » Ce fut ainsi qu’il leur inspira le désir de combattre.
20 L. Sylla, devant livrer bataille, près du Pirée, à Arche-laùs, général de Mithridate, et voyant que ses troupes man-quaient d’ardeur, les contraignit, en les fatiguant par des tra-vaux, à demander elles-mêmes le signal du combat.
21 Fabius Maximus, qui craignait que ses soldats ne com-battissent pas avec assez d’ardeur, dans l’espoir de trouver un refuge sur leurs vaisseaux, y fît mettre le feu avant d’engager l’action.
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19/04/2007, 22h24
Ce n’est pas Fabius qui envoya l’ambassade, mais il en fit partie, et montra au milieu des sénateurs carthaginois toute l’éner-gie d’un Romain. Voyez Tite-Live, liv. XXI, Ch. l8 ; Polybe, liv. III, Ch. 2.
Quelques éditions portent Xerxem. J’ai suivi la leçon d’Oudendorp et de Schwebel, qui ont reculé devant l’accord des ma-nuscrits, en imputant à Frontin l’erreur historique qui frappe ici dans le texte. Leutychidas était sur mer, et ce fut lui qui remporta, à Mycale, la victoire attribuée par Frontin aux alliés. De leur côte, ceux-ci, sous le commandement de Pausanias, gagnèrent la bataille de Platée. Voyez Hérodote, liv. IX, ch. 58 et suiv. ; Justin, liv. II, ch. i4 ; Cornelius Nepos, Vie de Pausanias, ch. I, et Vie d’Aristide, ch. II.
Il s’agit du combat que se livrèrent Postumius et Mallius, ou Mamilius, près du lac Régille. Tite Live, qui donne le récit du com-bat (liv. II, ch. 19 et 20), ne parle point de cette apparition merveil-leuse.
On trouve dans Plutarque (Vie de Marius, ch. XVII) des dé-tails sur cette prophétesse, nommée Martha, et plusieurs faits qui donnent à conclure qu’il y avait chez Marius moins de crédulité que d’adresse à profiter des idées superstitieuses de ses troupes.
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19/04/2007, 22h26
1 Scipion, arrivant d’Italie en Afrique avec son armée, tom-ba au sortir de son vaisseau, et, voyant ses soldats effrayés de cet événement, sut, par son courage et sa présence d’esprit, trouver dans cette circonstance un motif d’exhortation : « Sol-dats, s’écria-t-il, réjouissez-vous : je tiens sous moi l’Afrique ! »
2 C. César, étant tombé au moment où il montait sur son navire, s’écria : « Ô terre, ma mère, je te tiens ! » voulant faire entendre par là qu’il reviendrait dans ce pays dont il s’éloignait.
3 Le consul T. Sempronius Gracchus s’avançait en ba-taille contre les Picentins, lorsqu’un tremblement terre jeta tout à coup l’épouvante dans les deux armées. Il exhorta les siens, les rassura ; et, les ayant déterminés à fondre sur l’ennemi, que la superstition tenait abattu, il donna l’attaque, et fut vainqueur.
4 Dans l’armée de Sertorius, les boucliers de la cavalerie, par un prodige soudain, parurent ensanglantés à l’extérieur, ainsi que le poitrail des chevaux. Ce général déclara que c’était un présage de victoire, parce que ces objets se couvrent ordinai-rement du sang de l’ennemi.
5 Épaminondas, voyant ses troupes effrayées de ce qu’une banderole, qui était suspendue à sa lance comme ornement, avait été enlevée par le vent et jetée sur le tombeau d’un Lacé-démonien, leur dit : « Soldats, cessez de craindre ; voilà qui an-nonce la mort des Lacédémoniens : nous parons les tombeaux pour leurs funérailles. »
6 Un météore enflammé, tombé du ciel pendant la nuit, ef-frayait les soldats qui l’avaient aperçu : « C’est, leur dit Épami-nondas, une lumière que la bonté des dieux nous envoie. »
7 Le même général était au moment d’en venir aux mains avec les Lacédémoniens, lorsque le siège sur lequel il était assis se brisa, ce qui fut, pour le commun des soldats, un événement de sinistre présage : « Allons, s’écria-t-il, nous ne pouvons plus rester assis. »
8 C. Sulpicius Gallus, craignant qu’une éclipse, qui était prochaine, ne fût considérée par les soldats comme un mauvais présage, la leur prédit , et leur expliqua les causes et les lois de ce phénomène.
9 Pendant qu’Agathocle, de Syracuse, faisait la guerre aux Carthaginois, il y eut une semblable éclipse de lune , dont les soldats furent effrayés comme d’un prodige, il leur expliqua cet événement, et leur apprit à le considérer, quel qu’il fût, comme un phénomène naturel, qui n’avait aucun rapport avec leurs desseins.
10 La foudre était tombée dans le camp de Périclès et avait effrayé ses soldats. Il convoqua l’assemblée, puis, en présence de tous, il choqua des pierres l’une contre l’autre, en fit jaillir du feu, et mit fin à l’épouvante, en montrant que la foudre s’élance de la même manière du sein des nuages en conflit.
11 Timothée, général athénien, était sur le point d’engager un combat naval avec les Corcyréens , et déjà sa flotte se met-tait en mouvement, lorsque son pilote donna le signal de la re-traite, pour avoir entendu un des rameurs éternuer : « Tu es étonné, lui dit Timothée, que parmi tant de milliers d’hommes, il y en ait un qui soit enrhumé ? »
12 Un autre Athénien, Chabrias, vit, au moment de com-battre sur mer, la foudre tomber devant son navire, ce qui fut un prodige effrayant aux yeux de ses soldats : « Profitons de cet instant, leur dit-il, pour commencer le combat : car Jupiter, le plus grand des dieux, nous montre que sa puissance vient au secours de notre flotte. »
« Teneo te, terra mater. » Suétone raconte ainsi le fait (Vie de J. César, ch. LIX) : « Prolapsus etiam in egressu navis, verso in melius omine, Teneo te, inquit, Africa. » Des commentateurs ont pensé que Frontin avait confondu ces paroles de César avec celles qu’il attribue à Scipion dans le paragraphe précédent. Il est certain, dans tous les cas, que les mots teneo te ne sont pas dans un rapport bien direct avec l’intention attribuée ici par Frontin à César, de re-venir dans le pays d’où il partait. J’ai dû, quant à moi, traduire conformément au texte.
Il y a ici une erreur de nom : ce n’est pas T. Sempronius Gracchus, mais P. Sempronius Sophus, qui battit les Picentins, après avoir rassuré ses troupes sur un tremblement de terre. Voyez FLORUS, liv. I, ch. 19.
D’après Tite-Live (liv. XLIV, ch. 37), Sulpicius annonça cette éclipse pendant le jour, pour la nuit suivante, en précisant l’heure à laquelle devait commencer le phénomène, et l’instant où il finirait. L’événement ayant été conforme à cette prédiction, les soldats re-gardèrent la science de Sulpicius comme une inspiration divine.
Ce fait s’accomplissait l’an 68 avant notre ère, et, selon Pline (Hist. Nat, liv. 11, ch. 9), Sulpicius Gallus fut le premier Romain qui expliqua la raison des éclipses de soleil et de lune. À une époque beaucoup plus reculée (583 ans avant J.-C.), Thalès de Milet avait prédit l’éclipse de soleil qui eut lieu sous le règne d’Alyatte.
Selon Justin (liv. XXII, ch. 6), ce fut une éclipse de soleil ; et Diodore de Sicile, qui affirme la même chose (liv. XX, ch. 5), ajoute que l’obscurité fut assez complète pour que l’on pût, au milieu de la journée, apercevoir les étoiles.
Erreur historique. Timothée fut envoyé par les Athéniens, non contre les Corcyréens, mais bien à leur secours, contre les Lacé-démoniens, comme le rapporte Diodore de Sicile, liv. XV, ch. 47. Cf. Polyen, liv. VI, ch. 10, § 2.
« Les anciens généraux, dit Machiavel (Art de la guerre, liv. VI) avaient à vaincre une difficulté qui n’existe pas pour les généraux modernes, c’était d’interpréter à leur avantage des présages sinis-tres. »
reeeeeverblu
19/04/2007, 22h28
Ceci etait le livre premier, le livre second viendra par la suite,
merci de votre patience,
et bonne lecture.
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