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Voir la version complète : Qui est juif ? Qui est Chretien ?


Tamedit n-was
01/05/2007, 13h23
Et en quoi cette question concerne-t-elle les musulmans ?
Si cette question se pose à nous musulmans aussi, c'est par rapport au fait que nous considérons licite pour nous (halal) la viande de l'animal (en soi déjà licite) qui a été abattu par un de nos coreligionnaires, ou un juif, ou un chrétien , et aussi que nous considérons autorisé en soi le mariage d'un musulman avec une juive ou une chrétienne
donc je trouve que c'est important de connaitre sur les autres confessions , et que nous avons donc besoin de savoir qui est chrétien désigné comme tel par le Coran, et qui est juif désigné comme tel par le Coran.


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Qui est Juif ?


Les textes de l'islam, distinguent "fils d'Israël" et "juif". Pour l'islam :
1) "juif" fait référence à la religion : le juif est celui qui croit en Dieu et en le message qu'Il a délivré à Moïse, et qui se réfère (i'tissâm) à ce message comme source spirituelle et morale (du moins qui a la croyance qu'il devrait suivre les enseignements de ce message, même si au niveau de ses actes personnels il a des faiblesses – comme cela se passe dans les autres religions –) ;
2) "fils d'Israël" fait référence au peuple : le fils d'Israël est celui qui descend d'Israël (Jacob fils de Isaac fils de Abraham), qu'il soit juif, chrétien, musulman, athée, ou autre…

Nous musulmans ne disons donc pas "juif athée" mais "fils d'Israël athée". Dans notre utilisation, "juif" désigne une identité religieuse, une identité liée à une religion certes fortement imbriquée avec l'histoire et la culture d'un peuple précis, les fils d'Israël, mais une religion quand même, donc l'adhésion à une croyance.

La preuve du point 1 est un verset coranique et son commentaire : "Ceux qui ont cru, les juifs, les chrétiens, les sabéens : ceux qui auront cru en Dieu et au jour dernier et auront fait le bien, ceux-là auront leur récompense auprès de leur Seigneur, et il n'y aura crainte sur eux ni ils ne seront attristés" (Coran 2/62 ; en Coran 5/69 on lit quelque chose de très voisin). Le verset parle de ceux qui, de ces quatre catégories, auront apporté foi en Dieu et suivi le Messager de Dieu de l'époque où ils auront vécu. Le verset promet le salut dans l'au-delà notamment pour les juifs : ce sont, disent Ibn Taymiyya et Ibn Kathîr, les hommes qui auront adhéré au message de Moïse. Et ce verset promet le salut de l'au-delà à ceux des juifs qui auront vécu avant la venue du Messie Jésus et du Dernier des prophètes, Muhammad (sur lui et sur eux la paix), ou n'auront pas eu connaissance de leur venue (cf. Al-Jawâb us-sahîh 2/52-53 ; Tafsîr Ibn Kathîr 1/94). De même, le verset promet le salut de l'au-delà pour les chrétiens : ce sont les hommes qui auront adhéré à la foi authentique enseignée par Jésus. Et le verset promet le salut de l'au-delà à ceux de ces chrétiens qui auront vécu avant la venue de Muhammad ou n'auront pas eu connaissance de sa venue (Ibid.). Voyez : le juif est celui qui aura adhéré au message de Moïse. De plus, le verset dit en réalité : "alladhîna hâdû", ces termes arabes englobant aussi bien "ceux qui sont juifs de naissance" que, comme l'a dit Abû 'Ubayda, "ceux qui se sont convertis au judaïsme" (Fat'h ul-bârî 7/344), c'est-à-dire qui ont adopté le judaïsme sans être biologiquement des descendants d'Israël.

La preuve du point 2 est le verset coranique qui parle d'"un témoin parmi les fils d'Israël" ayant apporté foi en l'islam au temps du Prophète (Coran 46/10) : on dit donc de ce témoin qu'il est fils d'Israël et musulman.

Le mot "juif" est venu sur la scène à un moment donné, mais pour désigner une réalité qui, elle, existait déjà avant ce moment (l'exil de Babylonie) : le terme désigne, dans l'usage coranique, "celui qui adhère à la Loi apportée par Moïse" (sur lui la paix). C'est un peu comme pour le mot "chrétien" : celui-ci a été forgé a posteriori, mais pour désigner une réalité qui existait déjà : le terme désigne "celui qui adhère au message apporté par Jésus" (sur lui la paix).

Dès lors, le musulman ne peut appliquer les deux règles de licité de l'animal abattu et du mariage s'il s'agit d'un(e) fils(fille) d'Israël qui est devenu(e) athée ou qui a renié Dieu. Pour le musulman, si un tel homme et une telle femme font toujours partie des fils d'Israël, ils ont en revanche abandonné la religion juive et ne sont plus juifs.

Un point supplémentaire est que le musulman peut appliquer ces deux règles par rapport aussi bien aux Juifs qu'à ceux que ces derniers nomment "Samaritains" (Fat'h ul-qadîr, Ibn ul-Humâm ; Al-Mughnî, Ibn Qudâma : cf. Awjaz ul-massâlik 10/492, 495 ; 6/188) :
– soit on considère que lorsque le terme "juif" est venu sur la scène, il l'a été pour désigner une réalité déjà existante : "celui qui adhère à la Loi de Moïse" ; dès lors, les Samaritains sont aussi des juifs, puisque "adhérant à la Loi de Moïse", même si d'autres juifs ne les reconnaissent pas comme "juifs" (c'est diffèrent mais quelque peu comparable au fait que certains musulmans aujourd'hui ne reconnaissent pas de nombreux autres comme musulmans) ; la règle que le musulman peut vivre concernant "les juifs", il peut donc la vivre par rapport aux Samaritains aussi, par "shumûl ul-ism" ("englobement par le nom"). Ceci semble être la voie suivie par les ulémas hanafites : Ibn ul-Humâm écrit : "Was-sâmiriyya min al-yahûd" ("Les Samaritains font partie des Juifs") ; al-Haskafî : "Yad'khulu fi-l-yahûd : as-sâmira" ("Sont inclus dans le (nom) de Juifs : les Samaritains") ;
– soit on ne considère pas le terme "juif" mais la formule que le Coran, lorsqu'il parle de la licité pour le musulman de l'animal abattu ainsi que du mariage, emploie : "ceux à qui l'Ecriture a été donnée" ; cette formule signifiant : "ceux qui se réfèrent à la Torah et à l'Evangile" (Awjaz ul-massâlîk 10/492, 494), on cherche, par tahqîq ul-manât, à savoir à qui elle s'applique : et là on conclut facilement qu'il s'agit d'un côté des Chrétiens, qui se réfèrent à l'Evangile, de l'autre à la fois des Juifs et des Samaritains, puisque ces derniers aussi se réfèrent à la Torah ; en fait les deux groupes professent une même religion fondamentale, malgré des différences ;
– soit on ne considère pas la formulation que le Coran a employée ("ceux à qui l'Ecriture a été donnée") mais on dit que les deux règles suscitées concernent les Juifs et les Chrétiens, et on considère l'usage : le terme "juif" n'englobe pas, stricto sensu, les Samaritains ; cependant, c'est par analogie – tanqîh ul-manât – qu'on considère la règle liée aux Juifs comme étant applicable aux Samaritains aussi, parce que leur cas ne diffère pas, sur le point précis de la référence au Livre, de celui des Juifs.

En tout état de cause, dans la vision musulmane, être juif consiste en l'acceptation d'une foi et d'une loi, alors que dans la conception rabbinique l'accent est davantage mis sur l'appartenance à un peuple, à son histoire, à sa culture. Selon cette dernière conception, une mission a été confiée au peuple issu de Jacob, et cette mission englobe également ceux de ce peuple qui sont athées. Selon cette conception, être juif, c'est donc essentiellement aujourd'hui une identité, pas forcément religieuse : c'est appartenir à une culture particulière, celle du peuple juif. On demeure juif par filiation même si on ne partage plus les croyances qui, à l'origine, ont constitué les fondements de ce peuple et de cette culture. Par contre, si on n'est pas affilié biologiquement (par sa mère) à ce peuple, on ne peut y être admis que si on prouve que l'on partage pleinement ces croyances et le rituel qui y correspond.
Se pose alors la question de l'affaire Rufeisen, juif d'origine polonaise qui s'était converti au catholicisme et qui, immigré dans l'Etat d'Israël et ayant demandé à avoir, sur son état-civil, la mention "juif" comme "ethnie" mais "catholique" comme "religion", avait vu sa demande rejetée par les autorités israéliennes, qui avaient statué qu'il ne pouvait pas être juif car converti à une autre religion.

Nous musulmans n'avons bien évidemment pas vocation à nous immiscer dans les considérations rabbiniques (même en terre musulmane, le droit musulman classique reconnaît le droit pour les non-musulmans d'avoir leurs propres tribunaux pour les affaires religieuses), il s'agissait juste de relever la différence, et ce par rapport aux deux questions de la licité de l'animal abattu et du mariage.



suite ,,,

Tamedit n-was
01/05/2007, 13h27
Qui est Chretien ?

il questionne d'une part à propos de la signification du terme coranique "nassârâ", et d'autre part à propos de celle du mot français "chrétien".


A) Pour ce qui est du terme français "chrétien" :

Il est vrai que ce terme peut désigner des choses différentes, selon celui qui l'emploie (mais c'est la même chose pour le terme "nassârâ", comme nous le verrons plus bas).
Pour certains, "chrétien" désigne "celui qui a comme croyance qu'il a été racheté par le sacrifice du Christ". Cependant, je ne l'utilise pas dans ce sens mais dans le sens de "celui qui adhère – ou affirme adhérer – aux enseignements de Jésus", quelle que soit la façon par laquelle il y adhère : le terme désigne de la sorte aussi bien ceux qui suivaient Jésus aux premiers temps qui ont suivi son départ que ceux qui adoptèrent les apports de Paul, de même que ceux qui, plus tard, firent leurs les résolutions des conciles de Nicée et de Chalcédoine. C'est bien pourquoi, en français, on n'emploie pas le terme "chrétiens" seulement au sujet de ces derniers mais aussi des premiers et des seconds : les premiers sont des "judéo-chrétiens" et les seconds des "chrétiens pré-chalcédoniens"

Je rappelle ici que j'utilise le terme "Christ" dans son sens premier : il est dérivé de khriein, qui signifie "frotter, enduire, oindre d'huile", exactement comme le terme hébreu qui a donné "messie" signifie "oint".


B) Pour ce qui est maintenant du terme coranique "nassârâ" :

Vous avez dit que ceux que le Coran désigne par le terme "nassârâ" ont disparu et n'existent plus aujourd'hui. Or ce n'est pas exact : le Coran dit : "Wa min-alladhîna qâlû innâ nassârâ akhadhnâ mîthâqahum fa nassû hadhdhan mimmâ dhukkirû bih. Fa aghraynâ baynahum-ul-'adâwata wa-l-baghdhâ'a ilâ yawm il-qiyâma" (Coran 5/14).

Vous avez également tenu le raisonnement suivant :
1) "Chrétien" se dit en arabe : "massîhî" ;
2) Or le texte coranique ne contient pas le terme "massîhî" ;
Déduction) Donc le texte coranique ne parle pas de "chrétiens". Le texte coranique renferme seulement le mot "nasrânî" dans sa forme plurielle : "nassârâ" ; ils sont donc autres que les chrétiens ; apparemment il s'agissait de ceux qu'on appelle "les judéo-chrétiens".

Si je puis me permettre, je dirai que ce n'est pas parce que "chrétien" se dit "massîhî" qu'il ne peut pas se dire également "nasrânî". (De plus je crois savoir – mais n'en suis pas certain – que c'est seulement depuis un passé relativement proche que, avec la naissance de l'arabe moderne, le terme "massîhî" (pluriel : "massîhiyyûn") a été formé pour dire "chrétien" : sur le modèle du terme français "chrétien" ou anglais "christian" – adjectif formé à partir du nom "Christ" –, on ajouta le suffixe que constitue le "yâ' un-nisba" au nom "Massîh" (arabe de "messiah"), ce qui donna : "massîhî". En tout état de cause, l'existence d'un terme pour désigner quelque chose n'implique pas qu'un autre terme ne puisse pas exister qui désigne la même chose ; au contraire, ce genre de termes différents mais signifiant la même chose existent : ce sont les synonymes.)

Et ce qu'il faut souligner c'est que, différemment de ce vous affirmez, le Coran n'emploie pas ce terme "nassârâ" à propos uniquement des "judéo-chrétiens", à l'exclusion des chrétiens pauliniens et / ou post-nicéens ; il l'emploie à propos de tous ceux qui se réclament de l'enseignement de Jésus, aussi bien ceux qui furent judéo-chrétiens, que ceux qui considérèrent la Loi abrogée par le sacrifice mais demeurèrent dans le pur monothéisme, que ceux, encore, qui adoptèrent la croyance en la divinité de Jésus. Tous ceux-là, le Coran les a désignés par le terme "nassârâ".

La preuve par deux versets...

Le premier dit : "Les musulmans, les juifs, les "nassârâ", les sabéens : ceux qui auront cru en Dieu et au jour dernier et auront fait le bien, ceux-là auront leur récompense auprès de leur Seigneur, et il n'y aura crainte sur eux ni ils ne seront attristés" (Coran 2/62 ; en Coran 5/69 on lit quelque chose de très voisin). Ce verset parle des "nassârâ" qui restèrent attachés au pur monothéisme enseigné par Jésus et vécurent avant la venue du dernier Messager : ceux-là furent "nassârâ" et "mu'min" :
ils furent bel et bien "nassâra" : Ibn Taymiyya écrit à propos du verset que nous venons de voir : "Fa tanâwalat hâdhihi-l-âyatu man kâna min ahl il-milal-il-arba'a mutamassikan bihâ qabla-n-naskh bi ghayri tabdîl" (Al-Jawâb us-sahîh 1/238) ; "Wa innamâ ma'na-l-âyati anna-l-mu'minîna bi muhammadin sallâhu 'alayhi wa sallama, wa-lladhîna hâdû, alladhîna-t-taba'û mûssâ 'alayhis-salâm, wa humu-lladhîna kânû 'alâ shar'ihî qab'la-n-naskh wa-tabdîl, wa-n-nassârâ, alladhîna-t-taba'û 'îssâ 'alayhis-salâm, wa humu-lladhîna kânû 'alâ sharî'atihî qab'la-n-naskh wa-t-tabdîl, was-sâbi'ûna, wa humu-s-sâbi'ûn al-hunafâ', kalladhîna kânû – min al-arabi wa ghayrihim – 'alâ dîni ibrâhîm wa ismâ'îl wa ish'âq qab'la-n-naskh wa-tabdîl (…) fa hâ'ulâ'i (…) humu-lladhîna madaha-humu-llâhu ta'âlâ" (2/52-53) ; Ibn Kathîr écrit pour sa part : "Fa lammâ bu'itha 'îssâ, wajaba 'alâ banî isrâ'îla-t-tibâ'uhû wal-inqiyâdu lah. Fa as'hâbuhû wa ahlu dînihî hum un-nassârâ" (Tafsîr Ibn Kathîr 1/94) ;
et ils furent des "mu'min", comme le dit par exemple le verset "Fa âmanat tâ'ifatun min banî isrâ'ïla" (61/14). (Il faut noter que le caractère de "mu'min", à propos des "nassârâ" restés sur les enseignements originaux de Jésus, demeure jusqu'à la venue du Dernier Messager ; après, c'est le "naskh", et donc le "kufr akbar" pour celui qui prend connaissance du message mais choisit en son âme et conscience de ne pas y apporter foi (cf. Coran 4/150-151, 3/32 (3/20), 48/13) ; Ibn Taymiyya écrit : "Fa 'ulima annahâ lam tamdah wâhidan minhumâ ba'da-n-naskh wa-t-tabdîl" (Al-Jawâb us-sahîh 2/52-53). Ibn Kathîr écrit : "Fa lammâ ba'atha-llâhu muhammadan sallallâhu 'alayhi wa sallama khâtaman lin-nabiyyîna wa rassûlan ilâ banî âdama 'ala-l-itlaq, wajaba 'alayhim tasdîquhû fi mâ akhbara, wa tâ'atuhû fî mâ amara, wal-inkifâfu ammâ 'anhu zajara" (Tafsîr Ibn Kathîr 1/94).)

Le second verset se lit quant à lui ainsi : "Et les "nassârâ" ont dit : "Le Messie est le Fils de Dieu" (Coran 9/30). Or la démarcation du Coran par rapport à la filiation d'un être à Dieu signifie sa démarcation par rapport à la divinisation de cet être (cliquez ici pour lire notre article sur le sujet). Ces gens qui dirent "Jésus est le fils de Dieu" furent donc :
"nassârâ" comme le dit le verset que nous venons de voir ;
et "kâfir" comme le dit cet autre verset : "Laqad kafara-lladhîna qâlû inna-llâha huwa-l-massîh-ubnu maryam" (Coran 5/17, 72) (ceux-là firent acte de kufr à cause de la "tabdîl", et ce même avant la "naskh" par la venue du dernier messager ; cependant la rétribution prévue pour le "kufr akbar" pourrait ne pas être applicable à ceux d'entre eux qui n'avaient pas les moyens de savoir : cliquez ici pour en savoir plus).

Ce qui nous intéresse par rapport à votre question c'est que si le premier verset coranique emploie bien le terme "nassârâ" à propos d'hommes qui n'avaient pas divinisé Jésus, le second verset emploie bel et bien ce terme à propos d'hommes qui l'avaient divinisé.

Je pense donc qu'il n'est pas faux de traduire le terme coranique "nassârâ" par "chrétiens".


Deux objections et leur réponse :

Ici deux objections sont parfois faites :
"Vous dites que les "nassârâ" dont les versets 2/62 et 5/69 parlent furent bien des "mu'min" ; pourtant ces versets font une distinction entre "an-nassârâ" et "alladhîna âmanû" !
Et vous dites que certains "nassârâ" sont "kâfir" bien qu'étant aussi "Gens du Livre" ; pourtant le verset 4/51 fait une distinction entre "alladhîna ûtû nassîban min al-kitâb" et "alladhîna kafarû" !"

Ces deux objections sont pertinentes. Mais la réponse en est très simple...

Pour ce qui est de la première :

"Alladhîna âmanû" désigne, dans ces versets 2/62 et 5/69 particulièrement : "ceux qui ont connu l'époque de Muhammad et apporté foi en son caractère de Messager de Dieu", chose que ne sont bien évidemment pas les "nassârâ" ; mais cela n'empêche pas que les "nassârâ" évoqués dans ces versets furent aussi des "mu'minûn". En fait il faut ici appliquer le principe bien connu : "Takhtalifu dalâlatu-l-lafz bi hasbi if'râdihî aw-iqtirânihî bi alfâzin ukhrâ".

Pourquoi, pourrait-on demander alors, est-ce pour désigner la communauté de Muhammad particulièrement que, dans les versets 2/62 et 5/69, le terme "alladhîna âmanû" a été employé, alors que les "nassârâ" dont ces versets parlent étaient eux aussi des "mu'min" ?
Ibn Kathîr répond : "Wa summiyat ummatu muhammadin sallâhu 'alayhi wa sallama mu'minîna (...) li annahum yu'minûna bi jamî' il-anbiyâ' il-madhiya (...)" (Tafsîr Ibn Kathîr 1/94).

Concernant la seconde objection :

Pareillement, "alladhîna kafarû" désigne, dans le verset 4/51 précisément : "al-mushrikûn", chose que les "ahl ul-kitâb" ne sont pas ; mais cela n'empêche pas que les "ahl ul-kitâb" dont ce verset parle furent aussi des "kâfir". Ici aussi il s'agit d'appliquer le principe : "Takhtalifu dalâlatu-l-lafz bi hasbi if'râdihî aw-iqtirânihî bi alfâzin ukhrâ".

Ici encore, on pourrait demander pourquoi est-ce pour désigner les idolâtres particulièrement que, dans le verset 4/51, le terme "alladhîna kafarû" a été employé, alors que les "ahl ul-kitâb" dont le verset parle étaient eux aussi "kâfir" ?
Ibn Taymiyya répond : "Inna asla dînihim huwa-l-îmân, wa lâkin hum kafarû mubtadi'îna-l-kufr" (Majmû' ul-fatâwâ 32/180-181).



Source : www.maison-**********

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