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07/05/2007, 18h25
GB: Blair annonce son départ cette semaine, épilogue de 10 années au pouvoir
(7/5/2007)

Après dix ans au pouvoir, le Premier ministre Tony Blair va annoncer cette semaine son départ, tournant la page d'une époque jugée durement par les Britanniques en dépit d'une réelle transformation de leur pays.

M. Blair, qui fêtait dimanche ses 54 ans, n'a pas précisé sous quelle forme, ni quel jour il annoncerait ce départ qui deviendra effectif fin juin ou début juillet. Il devrait voir son ministre de l'Economie et des Finances Gordon Brown lui succéder automatiquement à Downing Street, sans élections anticipées.

Mais il est probable qu'il interviendra mercredi ou jeudi, quelques jours après des élections locales où les travaillistes ont subi de sérieux revers. Entre-temps, M. Blair, qui part à la moitié de son troisième mandat, aura assisté mardi à Belfast à la remise en route d'un gouvernement associant protestants et catholiques, l'un de ses succès majeurs.

Plus aucun doute ne semble en tout cas subsister sur sa succession, même si l'austère Gordon Brown, 56 ans, ne fait pas l'unanimité au sein du parti travailliste, et encore moins auprès des électeurs.

Après des semaines de spéculations et de tensions au sein du Labour, M. Blair lui a apporté dimanche son clair soutien.

L'espoir des "blairites", le ministre de l'Environnement David Miliband, 41 ans, a en effet récemment rejeté l'idée de se présenter, et samedi, l'une des dernières incertitudes a été levée, avec l'annonce par l'ancien ministre de l'Intérieur Charles Clarke qu'il ne briguerait pas non plus la direction du parti contre Gordon Brown.

M. Clarke a expliqué qu'il avait préféré y renoncer, au regard des "risques de sévères divisions" au sein d'un parti qui, depuis 2005, est devancé dans tous les sondages par les conservateurs de David Cameron.

Tony Blair s'est prononcé pour Gordon Brown, dans une tribune publiée dimanche par l'hebdomadaire populaire News of the World, le plus vendu du pays.

"Il a fait de notre économie (...) l'une des meilleures au monde. Il ne l'a pas fait en choisissant la facilité, il l'a fait avec un jugement sain, en gardant ses nerfs, et en pensant d'abord aux intérêts à long terme de la Grande-Bretagne", écrit M. Blair qui croit à une nouvelle victoire aux élections de 2009.

Mais les Britanniques seront durs à convaincre. Dix ans au pouvoir ont usé les travaillistes.

Et, selon plusieurs récentes enquêtes d'opinion, les Britanniques tirent un bilan sans indulgence des années Blair, marquées par une croissance ininterrompue qui a largement enrichi le pays, de vastes réformes des services publics (santé, éducation), mais aussi une guerre en Irak jamais pardonnée.

Pour une majorité, les choses ont empiré (48%) ou sont restées les mêmes (19%), seulement 26% voyant une amélioration.

Tony Blair, qui a offert trois victoires successives au Labour, du jamais vu, est également jugé durement pour une politique étrangère marquée par un alignement sans faille sur les Etats-Unis.

Tous les sondages montrent que les Britanniques préfèrent désormais David Cameron, 40 ans, à Gordon Brown, dans la perspective des législatives de 2009.

D'ici là, l'infatigable Tony Blair aura probablement entamé une nouvelle carrière.

Il n'a rien dit de son avenir, mais la presse britannique affirme qu'il pourrait se consacrer à une Fondation Blair, devenir ambassadeur itinérant en Afrique, voire au Proche-Orient pour George W. Bush, ou encore président de l'Union européenne dans deux ans.

La vente de ses mémoires pourrait aussi lui rapporter jusqu'à 8 millions de livres (12 millions d'euros) selon la presse populaire, et cet excellent orateur est également assuré de gagner une fortune s'il se lance dans le circuit international des discours et conférences, à l'égal d'un Bill Clinton ou d'un Colin Powell.


AFP

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