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Thirga.ounevdhou
26/05/2007, 14h25
Habituellement associée à la rhinite allergique, ou rhume des foins, la conjonctivite allergique saisonnière revient chaque année au printemps ou en début d’été, avec des symptômes parfois très gênants à cause des pollens aéroportés.


Ca gratte ou ça démange....

Se manifestant par un oeil rouge, parfois gonflé, et des démangeaisons, l’allergie oculaire est désagréable, mais le plus souvent sans danger pour la vue, lorsqu’il s’agit de sa forme la plus fréquente : la conjonctivite saisonnière.

L’allergie en général concernerait entre 15 et 20% de la population dans les pays occidentaux, tandis qu’entre 5 et 10% des consultations d’ophtalmologie «peuvent plus ou moins être liées à une allergie oculaire», selon des chiffres communiqués par le Pr Thanh Hoang-Xuan, chef du service d’ophtalmologie de l’Hôpital Américain de Paris, à l’occasion du 113e congrès de la Société française d’ophtalmologie qui s’est achevé mercredi à Paris.
Les allergènes en cause peuvent aussi être permanents tout au long de l’année : poussière de maison, acariens, moisissures... On parle alors de conjonctivite perranuelle, dont les symptômes sont souvent moins marqués.
Le traitement de fond des conjonctivites allergiques bénignes repose sur l’éviction de l’allergène lorsqu’il est identifié. Par exemple, éviter les sorties à la campagne ou les travaux de jardinage en période de pics de pollens. Les risques allergiques sont consultables sur le site du Réseau national de surveillance aérobiologique (www.pollens.fr (http://www.pollens.fr/)).
Pour identifier l’allergène, une consultation d’allergologie et des tests cutanés peuvent être nécessaires. La désensibilisation «ne marche pas très bien au niveau de l’oeil», prévient néanmoins le Pr Hoang-Xuan, sauf si «un allergène unique» est en cause. Pour soulager les symptômes, «il faut essayer d’être le moins toxique possible du point de vue médicaments, donc rincer souvent les yeux avec du sérum physiologique», explique le Pr Hoang-Xuan, qui conseille l’utilisation de flacons ou d’unidoses sans conservateurs. «La solution de facilité qui consiste à administrer systématiquement des collyres corticoïdes est à proscrire», met en garde le Pr Hoang-Xuan. «Pour des allergies qui ne menacent pas la vue, il faut essayer de ne pas induire de complications liées aux médicaments, en particulier la cortisone», explique-t-il ,tout en déconseillant l’automédication.
Pour le Pr Hoang-Xuan, les collyres à la cortisone sont à réserver pour les cas extrêmes, comme lorsque les paupières sont enflées au point de ne pas pouvoir les ouvrir, et pour une durée de traitement la plus courte possible.
Contre les démangeaisons et les rougeurs du blanc de l’œil, il y a aussi des médicaments de la famille des antihistaminiques, des antidégranulants (qui empêchent la libération de l’histamine) et des anti-inflammatoires non corticoïdes... Reste que si les formes mineures de l’allergie oculaire, sans conséquence sur la vue, sont de loin les plus fréquentes, il existe aussi des formes sévères, bien plus rares mais pouvant se compliquer d’atteintes de la cornée (kératites) et entraîner des cécités.
En cas de douleur, de larmoiement important, d’éblouissement ou de baisse de la vision, souligne le Pr Hoang-Xuan, il faut consulter rapidement pour pouvoir dépister une maladie allergique plus sévère (kérato-conjonctivite printanière de l’enfant ou kérato-conjonctivite atopique de l’adulte) ou toute autre atteinte oculaire qui risque de mettre la vue en danger.

- AFP