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Voir la version complète : Powerlifting : Fateh Tobal, champion d'Algérie de rang international


morjane
04/06/2007, 12h40
Malgré des difficultés multiples (manque de suivi, de sponsoring, de moyens...), Fateh Tobal, 24 ans à peine, ne cesse de nourrir et développer ses muscles dans son sport de prédilection, le powerlifting en l’occurrence, une discipline de l’esthétique corporelle et musculaire, à force de la pratiquer, depuis un bon lustre, dans son école à Tadmaït (daïra de Draâ Ben Khedda) où il forme également une douzaine de jeunes athlètes.

Le Powerlifting, qui nécessite de la puissance musculaire, a tendance à s’élargir en Kabylie, malgré l’absence d’une ligue de wilaya que les adeptes de ce sport appellent de tous leurs vœux tant il y a de muscles à développer en mesure de rivaliser et défendre leur statut et leur chance dans des compétitions internationales. Fateh Tobal, un jeune champion d’Algérie qui ne déroge pas à cette règle, premier ou deuxième à chaque fois dans sa catégorie en compétitions nationales des moins de 82 kg depuis des années, est de ceux-là. Cependant, pour manque de sponsoring, il a même raté, sa participation à la Coupe du monde qui a eu lieu en Irlande en novembre 2006.

Fateh Tobal, exerce son sport préféré le Powerlifting, tout en formant une équipe d’athlètes dans sa propre salle à Tadmaït, sous la responsabilité de la Ligue de… Tipasa, à laquelle il est affilié, "car c’est la ligue la plus proche de chez moi, Tadmait", puisque à Tizi-Ouzou, il n’y a pas de ligue pour cette discipline, nous dira notre interlocuteur.

Le rejet par les autorités à le prendre en charge et le manque de sponsoring pour ce sport ont contraint notre champion à ne pas partir en Irlande où il aurait pu décrocher une distinction de très honorable pour son pays, tant il était sûr de ses compétences. On sait que Fateh Tobbal a été un des brillants élèves du champion du monde des années 2000/2001 en Italie, en l’occurrence Mansor Boukedjar d’Oran.

"Les responsables sportifs de notre Etat ne nous écoutent pas ; nous nous retrouvons de fait seuls, sans interlocuteurs. C’est décourageant !" déplore notre athlète, indiquant que sur la dizaine de compétitions nationales auxquelles il avait pris part, il a toujours été classé premier ou deuxième dans sa catégorie des moins de 82,5 kg. "Avec de tels résultats, il vous prend l’envie de percer, de décrocher des titres honorifiques pour votre pays, pour votre région, pour vous-même… C’est beau, non !", s’est exclamé le jeune champion, selon lequel, ce sport est basé uniquement sur la force physique réelle de l’athlète, où il ne peut y avoir de fardage, ou, encore moins, de dopage "pratique inconnue dans notre discipline", affirme Fateh qui a remporté dernièrement une deuxième place internationale et la première place nationale dans cette catégorie à Alger.

Pour rappel, en 2006, Fateh a été également champion d’Algérie à deux reprises dans des compétitions nationales, en juin à Batna et en juillet à Bou Ismaïl et Alger. Auparavant (en mai plus précisément), dans une compétition régionale de ce sport, à Aghrib (daïra d’Azefoun), Fateh Tobal a décroché sans surprise la première place.

La compétition, qui a été une première pour cette commune (l’une des plus pauvres à l’échelle nationale), avait rassemblé, rappelons-le, près d’une centaine d’athlètes de diverses écoles dans la wilaya. Elle a été rehaussée par la présence du champion du monde, Mansor Boukedjar, ainsi que par des responsables de la Ligue et de la Fédération d’haltérophilie et de culturisme de Tipasa. Fateh Tobal appelle de tous ses vœux les autorités à sponsoriser et à aider ces sportifs, lesquels non seulement ne nécessitent pas de grands moyens, comme les autres disciplines, tel que le football par exemple qui revient très cher à l’Etat et parfois sans contrepartie, malheureusement, mais celui-ci (le power lifting) en revanche, gratifie souvent ses pratiquants par des titres honorifiques qui font la fierté de l’Algérie. En plus des médailles et des honneurs, ce sport cultive, de surcroît, sainement les corps de ses adeptes pour dépenses des insignifiantes .

Pour peu qu’un minimum d’intérêt soit accordé à cette discipline, question de volonté et de résolution chez les sportifs de cette discipline, si pure, saine et esthétique, il n’y a que ça, assurément. C’est d’ailleurs leur facon de combattre l’oisiveté.

Par La Dépêche de Kabylie

Fateh Tobal

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