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Distro
08/06/2007, 18h40
Un ancien général de l'armée royale laotienne a été arrêté en Californie au terme d'une enquête de six mois. Selon les autorités américaines, Vang Pao, de l'ethnie Hmong, fomentait un coup d'Etat dans son pays natal et aurait même bénéficié du soutien d'un ex-sénateur américain.

Les enquêteurs américains considèrent désormais qu'un ancien sénateur de l'Etat du Wisconsin et un membre du Congrès auraient été impliqués dans un complot visant à renverser par les armes le gouvernement laotien. Pourtant, le général Vang Pao, figure de proue de l'ethnie Hmong [et instigateur présumé du complot], continue de nier qu'un tel projet ait jamais existé.

"Le général Vang Pao a consacré toute son énergie au développement de solutions pacifiques afin de résoudre les problèmes du Laos et rejette le recours à la violence", a expliqué son avocat John Balazs aux journalistes à la sortie du tribunal.

Dans le Laos moderne, les Hmongs font encore l'objet d'arrestations et de violations des droits de l'homme. Nombre de nouveaux immigrants aux Etats-Unis portent encore les stigmates de la guerre et de décennies de persécutions. Or, à leur arrivée, ils découvrent qu'ils ne peuvent espérer ni le droit d'asile, ni une carte de séjour, conformément aux clauses du Patriot Act, précise Sharon Stanley, directrice de l'association œcuménique d'aide aux réfugiés de Fresno (Californie).

D'après l'Associated Press, le membre du Congrès dont l'identité est restée secrète ainsi que la police autoroutière de Californie se sont retrouvés impliqués malgré eux par les conspirateurs hmongs, qui espéraient se servir d'eux pour mettre en œuvre leur projet. C'est ce qui ressort des minutes du tribunal et d'entretiens avec les enquêteurs chargés du dossier.

Un agent sous couverture a certifié sous serment que, selon "des indices probants", l'ancien sénateur du Wisconsin Gary George était impliqué dans le complot. George n'a été ni arrêté ni inculpé. Agé de 53 ans, il vient de purger une peine de quatre ans de prison pour avoir touché des pots-de-vin de la part d'une agence de services sociaux de Milwaukee.

Selon les enquêteurs, la liste des inculpés pourrait bien s'allonger au fil de leurs investigations. Pour l'heure, ils épluchent des documents saisis dans toute la Californie. Parmi les personnes interpellées se trouve donc Vang Pao, 77 ans, ancien général de l'armée royale laotienne qui a pris la tête de la contre-insurrection hmong avant de fuir aux Etats-Unis avec des milliers d'autres réfugiés hmongs à l'issue de la guerre du Vietnam. Huit autres membres de la communauté hmong de Californie et un ancien officier de la Garde nationale californienne, Harrison Jack, ont également été inculpés.

Les dix hommes sont accusés d'avoir violé la loi fédérale sur la neutralité en prévoyant de renverser par les armes le gouvernement communiste du Laos. Ils sont soupçonnés d'avoir collecté des fonds pour recruter des mercenaires et acheter des armes automatiques, des grenades, des roquettes et des missiles portables pour un montant de 9,8 millions de dollars. Le complot aurait été éventé parce que le trafiquant d'armes censé fournir les équipements et les mercenaires était en réalité un agent fédéral agissant sous couverture. Les conspirateurs sont par ailleurs accusés d'avoir tenté d'obtenir le soutien d'un membre du Congrès.

Après avoir mené une guerre de guérilla au Laos avec l'appui de Washington, la minorité ethnique des Hmongs a été pratiquement abandonnée quand le pays est tombé aux mains des forces communistes en 1975. Plus de 300 000 réfugiés laotiens, hmongs pour la plupart, ont fui en Thaïlande. Environ 145 000 membres de diverses ethnies laotiennes se sont ensuite installés aux Etats-Unis, où elles ont constitué d'importantes communautés à Minneapolis, Fresno et dans des villes du Wisconsin.


Courrier international.

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