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Voir la version complète : Le secteur IT se mobilise pour rendre les ordinateurs plus écologiques


Thirga.ounevdhou
17/06/2007, 09h18
Une quarantaine d’acteurs du secteur IT, dont HP, IBM, Dell ou Intel, vont travailler ensemble pour lutter contre la déperdition d’énergie dans leurs produits. L’intérêt est double : moins de CO2 dans l’air et des factures d’électricité allégées.

La protection de l’environnement devient l’une des préoccupations des géants de l’informatique et du secteur IT. Dell, Hewlett-Packard, IBM, Lenovo, Google, Intel et d’autres acteurs ont mis sur pied la Climate Savers Computing Initiative (CSCI), pour lutter contre le gaspillage d’énergie des ordinateurs.

Ils travailleront sur ces questions avec le fonds mondial pour la nature WWF (World Wildlife Fund). Les constructeurs participants s’engagent à créer des produits respectant les seuils qu’ils fixeront chaque année tous ensemble. Les éditeurs de logiciels, quant à eux, pourront fournir des outils de gestion de l’énergie et faire des recommandations à ce sujet.

PC : 50% de l’énergie gaspillée Dans les PC et serveurs, l’objectif est d’opter pour des alimentations et régulateurs de tension électrique plus efficaces. Ces composants sont reliés directement aux prises secteur. Or près de 50% de l’électricité transmise à un PC lambda n’est pas utilisée, selon Urs Hölzle, vice-président de Google.

Elle se dissipe dans l’air sous forme de chaleur ou est perdue pendant la conversion entre courant alternatif (AC) et courant continu (DC). Dans le cas des serveurs, le pourcentage d’énergie perdue flirte avec les 30 %. Et la déperdition se poursuit lorsque les machines sont en veille.

Avec des composants de PC et serveurs plus efficaces, les industriels s’engagent sur une consommation de 90 % au minimum de l’électricité transmise. Déjà, Google affirme que ses propres serveurs présentent un taux d’efficacité compris entre 90 et 93%.

«Ce n’est pas un problème sur le plan de la technologie. Nous disposons d’alimentations électriques efficaces à 90 %», assure Urs Hölzle. Lutter contre le surcoût des PC «plus écologiques» Les difficultés se situent avant tout du côté des coûts, explique Pat Gelsinger, vice-président du Digital Enterprise Group chez Intel.

Rendre des PC économes en énergie ajoute environ 20 dollars à leur prix de vente au détail, 30 dollars dans le cas d’un serveur. L’objectif de la CSCI est donc d’éliminer ces surcoûts. Aux Etats-Unis, où le marché de l’électricité et du gaz est ouvert à la concurrence depuis longtemps, certains fournisseurs tels que la Pacific Gas and Electric de Californie proposent des remises sur factures à leurs clients pour tout achat de PC plus économes.

La production en volume peut aussi être une piste à terme, ajoute le dirigeant d’Intel. Autre point d’intervention prévu par les membres de la CSCI : diminuer la consommation d’énergie en réduisant les temps de veille des PC, pendant lesquels ils sont sous tension mais inutilisés.

Actuellement, une machine non optimisée consomme environ 30 dollars par an en électricité, un chiffre qui pourrait chuter à 10 dollars, estime Pat Gelsinger. Objectif : 54 millions de tonnes de CO2 en moins en 2010 Une feuille de route a déjà été déterminée : d’ici à 2010, les industriels membres souhaitent que PC et serveurs génériques aient une alimentation électrique efficace à 90 % au moins.

Une progression qui se traduirait par une économie de 71,6 milliards de kilowatts d’électricité rien qu’en 2010. Sur le plan environnemental, cela représenterait 54 millions de tonnes de dioxyde de carbone en moins dans l’atmosphère.

Actuellement, certains constructeurs proposent déjà aux entreprises des machines plus écologiques, mais un peu plus chères. Dell commercialise ainsi un serveur qui coûte 100 dollars de plus qu’un modèle équivalent classique, mais permet de réduire la facture d’électricité de son propriétaire.

En une année, la majoration est amortie, assure Jon Weisblatt, responsable des questions énergétiques chez Dell. La consommation d’électricité est, par ailleurs, optimisée par défaut sur les PC Dell livrés avec Windows Vista, ajoute-t-il.

Une politique qui ne fait pas encore l’unanimité sur le marché, déplore-t-il. Selon la CSCI, le décollage des PC écologiques, plus chers, devrait d’abord se produite au Japon, en Europe et en Amérique du Nord, puis dans des pays tels que la Chine, où les prix sont pour l’heure un critère décisif pour les consommateurs.

- Le Jeune Independant

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