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Voir la version complète : 100 questions à un Algérien*.


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sacov
01/11/2003, 06h24
1. D’où viens- tu ? quelle est ton origine?

Cette question, à la lumière du soubassement culturel propre à une région d’Algérie, des derniers évènements, appelle une réponse prudente. De but en blanc, je ne peux me définir comme kabyle dans la mesure ou pour moi être Kabyle, c’est habiter la Kabylie qui est une région géographique en dehors de toute considération ethnique. Je ne prétends pas l’inexistence de spécificités culturelles propre à cette région et qui renvoie à une lecture historique plus générale ayant tait à tout le pays.
Pour revenir à l’essence de la question, vous me permettrez de faire appel à ma mémoire d’enfant qui, au début de la fréquentation de l’école française au milieu des années cinquante, modelée par l’idéologie coloniale, me rappelle que mes ancêtres sont des gauloiss.
Je veux bien, à l’instar de milliers d’algériens tout à fait conscients et à la fleur de l’age comme à la fleur d’une carrière professionnelle respectable, revendiquent à voix haute leur nationalité française. Seulement il y a un hic, c’est que moi, comme des milliers de petits colonisés, je n’ai fait que subir un effacement injuste de ma personnalité par le pays des droits de l’homme. Sans comprendre ce qui m’arrivait, le message idéologique de l’école aidant, l’idée d’être français, ne m’effleura jamais l’esprit, tant la contre offensive culturelle des milieux familial et social dans lequel je me mouvais était forte et veillait à la « propreté » de cette parcelle de nous-mêmes qu’il était impossible à la colonisation de fait, d’entamer.
Un élément marquant ne manquait pas à travers les textes qu’on lisait à l’école, de nous assigner la vraie place qui était la notre dans le système colonial : l’ambiance voulait bien de nous comme français en nous signifiant exclusivement nos devoirs vis à vis de « notre »patrie. Il était clairement montré à travers aussi bien des textes scolaires et leurs illustrations, que la vie de tous les jours que menaient les autochtones que la place qui nous était assignée était celle de citoyens de seconde zone.
Il faut souligner que tout était fait au sein des familles algériennes pour contrecarrer ce forcing de dépersonnalisation à travers la sauvegarde des traditions ancestrales exprimée par la religion et par la coutume. C’est en ce sens et en d’autres que la religion à joué un rôle de sauvegarde de notre personnalité.
Tout enfant que j’étais et à l’instar de tous les autres, par des gestes simples, sans en connaître la signification, il m’était possible de me démarquer de mon petit camarades français à l’école et ailleurs. Il est utile de citer quelques exemples révélateurs de la façon dont la culture populaire se servait pour étayer certains principes qu’elle inculquait aux enfants.
Les petits enfants français avaient un teint rose?, c’est celui des cochons qu’ils mangeaient.
La position centrale de l’islam dans la vie quotidienne, proscrivant la consommation du porc, donnant de sa chair un aspect dégoûtant à faire vomir, l’enfant que j’étais, transposait le dégoût que m’inspirait le porc sur celui de la couleur rose des joues de mes petits camarades qui fatalement à mes yeux se transformaient en porcelets.
Le porc selon la légende transmettait des maladies, tous ceux qui en consommaient était des contaminateurs potentiels qu’il fallait éviter à tout prix.
Le petit enfant que j’étais ne se posait même pas la question que vous me posez aujourd’hui. Il savait qu’il ne pouvait être français, cela était sa certitude. Il savait que ses horizons n’étaient pas très lointaines, qu’il devait faire ce que décidait l’autre. La conception n’était pas dans ses attributions. Lui, était destiné à servir celui qui a toujours raison et quelle image plus explicite que celle de ses parents qu’il voie obtempérer à la moindre injonction de l’autre. Tout le monde sait que le modèle idéalisé par un enfant passe automatiquement par l’image du père, or quelle image, étant enfant, j’avais de mon père et de tous les pères algériens? Celle de grandes personnes qui, auréolées de l’autorité paternelle reconnue et consacrée par tous, se voyaient rouées de coups sinon engueulées comme du poisson pourri par un homme rouge de colère et de vin (interdit par l’islam). Quelle signification a cette situation ambivalente aux yeux de l’enfant qui apprenait dans la pratique de sa petite vie qu’après dieu il y avait les parents et que le plus fort de ces parents donnait l ‘image servile d’un esclave à la disposition sans retenue de ces gens qui ne mangent , ni ne boivent , ni ne s’habillent comme nous.
Le temps et les conditions de vie des algériens, aidés en cela par toute l’idéologie qui cultivait la supériorité du français, « enturbannaient » de plus en plus le petit autochtone que j’étais et lui faisait croire qu’il était destiné à être éternellement gentil. Une gentillesse enveloppée dans un carcan matériel caractérisé par un besoin perpétuel de se nourrir frugalement, de se vêtir en haillons et de se contenter d’un gourbi éclairé à la bougie ou à la lampe à pétrole. En face de cela , je trouvais tout à fait normal que mon petit camarade français était toujours pomponné, bien habillé, bien nourri et donc en meilleure santé physique que moi.
Il ne me venait pas à l’idée de remettre en question cette situation normale, mieux que cela il était beaucoup plus choquant pour moi que mon père par exemple se fasse engueuler par un arabe que de se faire rouer de coups par un français. L’arabe était mon égal dans la misère, il n’avait pas le droit d’élever le ton, ce n’était pas dans ses prérogatives de se comporter comme le roumi qui sait tout, qui nous donne du travail, qui appelle ma mère « fatma » alors qu’elle s’appelle autrement. Gare à mon semblable qui ose se comporter comme nos maîtres. D’ailleurs ces derniers ne le tolèreraient pas. Il le permettaient par exemple à quelques uns qui avaient adopté leur mode de vie. Tout en gardant cette espèce de soumission visible, ils devenaient très arrogants avec leurs coreligionnaires qui les craignaient plus que les européens car ils étaient plus féroces et mettaient beaucoup de hargne à exécuter leur tâche de supplétifs. Leurs enfants tout en ayant le même teint que moi, parlaient comme les autres et se tenaient tout le temps avec eux, j’en été jaloux.
Dans tout cela où est mon origine ?
J’ai appris par mes parents que je n’étais pas juif, car il paraît qu’ils puaient, je ne m’en suis pas approché, donc je ne l’ai pas vérifié. La rumeur populaire laissait entendre par des histoires, des contes et autres subterfuges qu’il ne fallait jamais faire confiance à un juif. Le juif était l’arnaqueur par excellence et qu’il fallait s’en méfier. La religion nous permettaient par contre d’accepter la nourriture du juif mais jamais sa couche.
Je ne suis pas non plus Kabyle, ces montagnard sans aucun raffinement (comme si nous, nous baignions dans le luxe) leur façon de parler, en baragouinant des sons incompréhensibles. Décidément ce n’était pas fait pour moi.
Je n’étais pas non plus un gitan, ça non. Ces gens étaient très sales, ils utilisaient la sorcellerie pour nous voler le peu que nous avions.
Le français tapait sur moi, il fallait que bien que je trouve quelqu’un sur qui taper. Là j’étais bien servi. Les conditions faisaient que , ne pouvant prétendre égaler le roumi, il fallait que je trouve un moyen pour me valoriser. Pour ce faire j’ai trouvé le juif qui m’est préféré par le colonisateur, le gitan sur lequel je me venge en ayant l’impression de taper sur le français de par sa chrétienté, le kabyle de par son caractère dit rustre, inculte et qui ne savait même pas parler comme moi. Voilà, la culture qu’on m’a faite ingurgiter , si par certains de ses aspects, elle m’a permis de résister à l’assimilation à mes dépends, m’a également permis de me forger une personnalité inaltérable d’arabe, vaillant, bénéficiant de repères géographiques dont je n’avais pas besoin au détriment de repères historiques qui m’étaient plus que nécessaires
Jusqu’à mon adolescence j’ai toujours cru dur comme fer que j’étais un pur-sang arabe . Je considérais cela non pas comme une simple appartenance raciale , plus que cela je revendiquais en quelque sorte la supériorité. Il m’arrivait même de plaindre ceux qui ne sont pas arabes et je compatissais surtout avec les esquimaux, les indiens d’Amazonie, les aborigènes d’Australie qui ne peuvent se délecter de cette culture qui est la mienne. Je compatissais avec eux et non pas avec les français pour des raisons historiques, je les trouvais moins arrogants, moins prétentieux. Je trouvais une certaine sympathie dans la similitude de nos conditions.
Ayant atterri au tout début des années soixante-dix à l’université d’Alger, je me devais de par mon imprégnation Jfln de reconnaître les bienfaits que me prodiguait cette institution fruit de la lutte ancestrale qu’a mené mon peuple au nom de l’arabo-islamisme. Je m’en délectais et je m’en ouvrais dans tous les débats qui se présentaient dans le cadre des tâches d’édification nationale.
Mon origine?… Cela ne suffit-il pas que je vous dise, que je me complais dans cette situation confortable du cocon de l’unification de l’union et de l’unicité unie autour de mot d’ordres unifiant les algériens dans une Algérie unique?…
Vous savez monsieur le questionneur, il y a toujours eu des gens auréolés d’une multitude de légitimités pour me montrer mon chemin dans les dédales des origines de ma culture que j’ai toujours perçue comme la meilleure au monde et de tous les temps. Il n’en était donc que plus légitime de promouvoir le vecteur essentiel à cette culture dans sa propagation et c’est la langue arabe.
Le Tamazight?…Le berbère?….Le Tifinagh?…Ça se mange?…AH..Les dialectes, le folklore, les couleurs vives, l’huile d’olive ,le karmous, les gravures rupestres. Mais cela n’est que l’expression de la vitalité du génie culturel et diversifié de notre grand peuple uni comme les doigts de la main et qui fait front à tous les complots tramés par l’impérialisme mondial et surtout, mais il ne faut pas le crier très fort, le résultat d’une politique de division coloniale pour perpétuer son règne.
Alors, je vois que vous n’êtes pas satisfais. Mais monsieur le questionneur, C’est ce que j’ai appris à travers ma famille, mon école, le journal, la télévision, la radio (même la chaîne II). Je ne peux donc pas m’inventer une autre origine que celle arabo-islamique qui est la mienne. Ben Khadda a dit, Ben Bella a dit, Boumediene et Bouteflika ont dit, Chadli a dit, Boudiaf a dit, le HCE a dit, Zéroual a dit, Bouteflika a redit, l’APN a dit, le CN a dit, nahda, hamas, le fis ont tous dit. Tout ce beau monde en répétant nos glorieux Ouléma ont dit que j’étais, que je suis et que je serai arabo-musulman. Ça a même été décrété, plus que cela inséré dans la constitution. Pensez-vous qu’au lieu de m’occuper de la technologie et du développement de mon pays je vais m’attarder à remuer la m….
Tout ce qui se passe maintenant, c’est une machination de ces kabyles manipulés qu’ils sont par Hizb-frança, ils sont tellement butés qu’ils sacrifient leurs enfants pour nous imposer à nous les arabes leurs « Ulac Smah, Ulac ». Ils veulent détruire notre appartenance à cette grande nation qui tout au long de l’histoire de l’humanité a fourni des mathématiciens, des astronomes, des conquérants etc..etc.. Cette nation qui a fourni des lumières politiques telles que Djamel abdennasser, qui nous a beaucoup aidés à nous réapproprier notre belle langue, Hassan II le grand commandeur des croyants qui a légué à notre grande nation arabe, en la majesté de la personne de son fils un théoricien hors pair de la cause commune, Kadhafi qui peut se targuer de ne pouvoir être égalé dans l’approfondissement de la pensée unificatrice des legs de notre civilisation. Qui en Europe, en Amérique ou ailleurs peut se vanter de la stabilité dans son pays et son développement au profit des masses, comme pourraient le faire nos rois auréolés chacun à sa façon d’un pan de descendance du prophète Mohamed.
Maintenant, à l’aube du troisième millénaire, vous voulez que j’aille chercher mes origines ailleurs dans l’antique Cirta, ou l’historique Numidie, ce qui m’obligera certainement à flirter avec des évènements historiques dormants qui risquent de remettre en cause tout cet édifice institutionnel pour lequel le peuple algérien a consenti des millions de vies humaines. La roue de l’histoire ne s’arrêtera pas là, j’ai en ma possession des références historiques indéniable qui font que mon origine ne souffre d’aucun marchandage, cela m’arrange. Je bouffe bien, j’ai un bon poste que m’a offert mon valeureux peuple, j’œuvre pour le développement de mon pays à travers des programmes de grandes envergures et aux retombées (in challah) bénéfiques sur toute la nation algérienne. Pour ce qui est de mon origine, les ZET (zones d’expansion touristiques), vont s’en charger, car mon pays va bientôt investir dans le tourisme en partenariat avec les grands de ce monde, ce qui permettra le développement des fouilles archéologiques et mettre certainement à nu toutes ces fausses allégations.

*Un algérien se promenant dans les rues d’une contrée lointaine se laisse poser des questions pour le moins ridicules. Il essaie tant bien que mal d’y répondre avec le peu de crédulité qu’il lui reste.

sacov :wink:

sheyla
01/11/2003, 07h30
À certains moments, le plus grand service que nous puissions rendre à notre esprit est de laisser se reposer et lui donner la chance de prendre conscience.Avoir la paix de l’esprit, c’est le plus grand des biens...
L’âme humaine est le seul oiseau qui peut déplacer sa cage dans le jardin de son choix.bravo sacov j'ai bien aimée ce que tu as écris 8)

Anonymous
01/11/2003, 10h33
C'est beau la francophonie arabophone.

Lisebeth
01/11/2003, 18h50
Azul à Sacov
. Il était clairement montré à travers aussi bien des textes scolaires et leurs illustrations, que la vie de tous les jours que menaient les autochtones que la place qui nous était assignée était celle de citoyens de seconde zone

Le général Bugeaud disait:" que si on mettait dans la marmitte, l'Européen et l'Algérien, les deux bouillons se séparaient. les Français doivent garder la direction des choses politiques dans le pays". Au sujet de l'instruction, ce même général a dit:" qu'il ne faut pas donner aux Algériens un genre d'instruction qui ne réponde pas ni à leurs besoins, ni à leur mentalité. Telles idées, qui pour nous sont inoffensives se changent pour eux en poison mortel"
Je comprends parfaitement ta colère et celle des autres Algériens qui ont connus l'école coloniale.
Dans les bouquins de la période coloniale, certains auteurs n'hésitaient pas à narrer des âneries tel que: "la femme Arabe, femme de plaisir chez le riche, bête de somme chez le pauvre, ne jouit pas de la même considération que la femme Kabyle".

-Scientifiquement, les génticiens sont d'accord pour attribuer à l'ensemble des humains actuels, une origine commune

Cordialement :zen:

Anonymous
01/11/2003, 20h02
Qui nous oblige à perpétuer, même en 2003, la langue française entres pseudo Kabyles ?

Qui ?

La mentalité du colonisé pleurnichard est devenue une seconde nature pour les francophiles.

nassim
02/11/2003, 01h29
Bonsoir et saha f'tourkoum;

Tout ce qui se passe maintenant, c’est une machination de ces kabyles manipulés qu’ils sont par Hizb-frança, ils sont tellement butés qu’ils sacrifient leurs enfants pour nous imposer à nous les arabes leurs « Ulac Smah, Ulac ». Ils veulent détruire notre appartenance à cette grande nation ...

Cet algérien là semble s'être posé de tas de questions, ce qui est excellent, mais ne semble avoir été armé d'assez de logique et d'impartialité dans ses tentatives de trouver les réponses aux questions.

Je suis moi même algérien, musulman mais pas du tout arabe. Je suis né en Kabylie de parents kabyles, ma langue maternelle est le kabyle, donc je ne peux être que kabyle et non arabe comme l'ont voulu nous assimiler les différents régimes algériens depuis 62.
Au primaire comme durant tout mon cycle scolaire en Algérie, l'arabe était pour moi une langue quasi étrangère dès lors que je devais l'apprendre, contrairement au kabyle, ma langue maternelle. Je dis "quasi", car même "étrangère", elle reste la langue de ma religion et celle de mes compatriotes arabophones.

En Algérie, on a crée le complexe du régionalisme qui consiste à traiter de régionaliste toute personne s'identifiant à telle ou telle région. Je trouve ça complètement ridicule dans la mesure que chaque algérien est en droit d'être fier de son village, de sa ville et de sa région, et pourquoi pas, se servir de cette fierté pour promouvoir sa région ce qui ne peut être que bénéfique pour l'ensemble, pour toute l'Algérie.

Sinon, autant il y a des kabyles qui utilisent un langage ordurier pour désigner les arabophones, autant il y a des arabes qui ne se gênent pas pour cracher sur les kabyles et la kabylie. Autant l'Algérie n'est plus un département français, autant elle n'a pas à être assimilée à une succursale des baathistes et autres intégristes. L'Algérie n'est ni la France ni le Yémen ou l'Arabie. En parlant de Kadhafi, il a récemment déclaré que le monde arabe est fini et connaissant son combat pour l'unité arabe, on devine assez bien le poids des mots qu'il a utilisé.

Pour ce qui est du "Ulac Smah, Ulac", il est le symbole du combat des kabyles, qui au delà de ses aspirations légitimes pour la reconnaissance pleine et sans condition de sa culture et de sa langue, est aussi un combat pour la démocratie et la justice en Algérie. Les martyres du printemps noir sont des héros, contrairement aux assassins et au mafieux du pouvoir qui se nourrissent encore à la veille de 2004, du sang des algériens. Les kabyles ont su dire NON aux intégristes qui voulaient faire de l'Algérie un Afghanistan bis, et continuent à dire NON au pouvoir que tout les algériens honnêtes, savent corrompu et assassin.

:zen:

sentenza
02/11/2003, 01h36
Tes propos sont plein de bon sens Anakin. Malheureusment un grand nombre ne l'ont pas encore compris.
Ceux là s'efforcent de faire passer le combat kabyle comme un combat contre le pays, contre la religion, alors que c'est un combat pour la démocratie.
Oui le combat pour la culture et la langue kabyle est légitime ! Tout comme le combat pour la liberté dans notre pays !
A ceux qui ont versé leur sang pour ce combat, je vous dois le plus profond respect.

Luna
02/11/2003, 02h06
Salam tlm, saha ftourkoum!

Personnellement, je ne me sens pas arabe. Je me sens Algérienne (d'Histoire et Géographie, si je puis m'exprimer ainsi), bérbère et Chaoui (de race). L'Islam est une toute autre dimension que je ne me permetterais pas de politiser.

Je défends la cause Algérienne dans toutes ses dimensions : historique, culturelle, économique, légale, etc...

Je suis Algérienne d'origine Berbère francophone profondément méditerranéenne appartenant au monde arabe. Je revendique ma richesse!

Anonymous
02/11/2003, 02h25
Depuis quand les "pseudo-arabophones" ont défendu "Tamurth" ?

Introduction

Le 23 octobre 1505, Mers el Kebir tombe aux mains des Espagnols commandés par Diego Fernandez de Cordova. L'Armada espagnole se lance à la conquête d'Oran. Il ne faut pas moins de quatre ans à l'armée de Pedro Navarro pour en venir à bout. Le 17 mai 1509, les villes d'Oran, Bougie, Ténès, Mostaganem, Alger, Cherchell, Dellys tombent aux mains des Espagnols vaincus à leur tour au Penon en 1530.

Toutefois les Espagnols resteront solidement implantés à Oran pendant plus de deux cent cinquante ans. En 1541, Charles Quint prend la tête de trente mille soldats allemands, espagnols et italiens. Le duc d'Albe et Fernand Cortez font partie de l'expédition. Le 19 octobre 1541, une tempête détruit la plus grande partie de la flotte : c'est un échec. La ville d'Alger n'a cessé d'être contre-attaquée par les Anglais, les Français, l'amiral hollandais De Ruyter et les Espagnols. Les navires marchands anglo-hollandais se groupent en convois protégés contre la piraterie barbaresque. Depuis le XVIe siècle, la France a le monopole du commerce sur une partie de la côte grâce à des comptoirs fortifiés.

Dès 1561, les Marseillais Thomas Lenche et Carlin Didier fondent un comptoir commercial entre Bône et La Calle : le Bastion de France. Alger est dans la zone d'influence française. En 1690, Louis XIV renouvelle le monopole de la pêche du corail à la Compagnie d'Afrique. Cette dernière est remplacée lors de la Révolution par l'agence d'Afrique. A l'époque déjà des projets de conquête prennent forme. Ainsi, l'ancien consul M. de Kercy a étudié de très près les possibilités de débarquement...

Napoléon a envoyé le commandant Boutin explorer le pays et en relever la carte. Le mémoire du commandant, indiquant la baie de Sidi Ferruch comme point le plus favorable, s'avèrera très utile en 1830. Les défaites de 1814-1815 privent la France de nombreuses possessions européennes. Charles X décide de prendre Alger afin de détourner le mécontentement intérieur et de donner un nouvel éclat à sa politique.

Un incident diplomatique "bidon" va lui donner le bon prétexte de la conquête d'Alger... L'Algérie en tant qu'"état" n'était même pas encore née... Les Kabyle avaient leur propre territoire ("bled el qbayel" en arabe) dans les massifs montagneux (Tamurth ou Kabylie) à l'est d'Alger qui était la capitale de personne vu que l'adminstration n'existait pas et les registres d'états civils non plus...
Juste régnait la loi de la jungle ou du plus fort pour les 2,5 millions d'habitants composés pour l'essentiel de "bled el Kbayel" de Kabylie et de "Kbayel" des Aurès. Les arabophones qui n'étaient en fait rien d'autres que des "Kbayel" arabo-islamisés par les mosquées et les zaouias depuis des siècles. Ils vivaient sous la tente pour respecter la tradition des nomades et dans les villes arabo-islamisés par les "berbères".
La France comptait à cette époque là environ 36 millions d'habitants en 1830. L'expression "bled el Kbayel" (TAMURTH) désignait en réalité tout le territoire de l'ex-Numida romaine qui était habitée par les "Numidiens" et autres "n' Medden"...




Vous êtes "algérien" depuis seulement cette époque !


En 1602 , Conestraggio Jéromine a publié à Venise : Relationne dell'apperecchioper sorprendire Algeri. Cette brochure de seize pages a été traduite en français en 1882 par Henri de Grammont, président de la Société historique africaine.

Dans les traductions latines de la Description de l'Afrique, par Léon l'Africain, on trouve les mots : Algira, Algiram (1632). Plus tard, en 1754, on trouve encore : Algéri (1754 : Istorid degli stati di Algéri, Tunisi, Tripoli et Maracco).

Mais tous ces termes : Algéri, Algara, Algiram désignent la ville ou la résidence d'Alger et non ce que l'on a appelé "Algérie".

On voit le mot Algérie en France qu'à partir de 1832, dans un ouvrage du général Dubourg : Sur les colonies militaires de l'Algérie.


Conclusion :

Sans le colonialisme français vous parleriez la langue des : Turcs

Anonymous
02/11/2003, 03h11
L'armée française a réussi à imposer son armé aux Kabyles uniquement à partir de 1857 c'est à dire près de 30 ans après être débarqué dans la baie de Sidi Ferruch au sud de Mezghena (Alger) le 14 juin 1830...
Dans certains endroits en Kabylie, sous les ordres d'aristocrates déchus depuis la révolution de 1789 en France, l'armée coloniale française a mis près de 20 ans pour avancer à peine 2 kilomètres... Jamais le mythologique et le fantasmagorique monde arabe n'a levé le moindre petit doigt pour nous aider ou soutenir leurs prétendus "arabo-islamisés" par la religion. Chacun pour soi et Dieu pour tous. Dès lors, < Chacun prie pour sa tête ! > selon le célèbre proverbe kabyle.

C'est ainsi que le 1er novembre 1954 en Algérie, aucun arabophone du monde entier n'a levé le moindre petit doigt pour soutenir la révolution née par le Vent des Aurès et en Kabylie grâce à l'aide en France des 10000 Kabyles syndiqués au sein de la C.G.T française...
Mais toutefois :
< Au nom de tous les miens assassinés par la dictature qui nous étouffe depuis 1962 par son arabo-islamisation outrancière qui a fait naître la scelérate Loi n° 91-05 du 16 janvier 1991 portant généralisation et obligation de l'utilisation exclusive de la langue arabe en Algérie. Par la grâce des monarchistes du clan de Oujda, cette loi satanique et diabolique a aussitôt provoqué la monté en puissance des islamistes du F.I.S. et du terrorisme fascisant qui a provoqué la mort prématurée de 200000 algériens dans la force de l'âge.>
Désormais, chacun peut ensuite servilement prétendre ou se vanter de façon péremptoire d'être "anglais, français, turcs, arabe" lorsqu'il n'a en réalité d'autres choix que : "marches ou crèves en... exil !".


Le pleuple kabyle (LEKVAYEL) a toujours été libre, indépendant, et démocrate !


LEKVAYEL, LEKBAYEL , LEQBAYEL = autochtones
C'est pour cette raison que certains s'acharnent comme des taupes aveugles à rebaptiser systématiquement les Kabyles du nom de : "Sidi Berbère ulid Barbare" ou "mmis n'u bahbah" (aphone)
Ai-je besoin de rappeler que le mot "KABYLE" est uniquement et seulement l'astucieux anagramme du mot "KBAYEL" qui est lui-même la transcription préalable avec l'alphabet arabo-araméen du nom "...........".
Là, je n'ose même plus écrire le mot "magique" de peur d'être reconnu dans ce forum. En cela, il est devenu véritablement pire que mon propre nom de famille ! Non, walaaaaaaar c'est pas moi !

:D :shadow-one:

sacov
02/11/2003, 05h50
Monsieur Anakin,

J’ose croire que l’encadré cité par tes soins n’a pas été opéré pour dénaturer le sens de mes propos. Prise en dehors de son contexte dans le texte, la citation risque d’induire le lecteur en erreur. Te sachant plus perspicace, je demeure persuadé que tu as parfaitement compris ou je voulais en venir..

:wink:

ben
02/11/2003, 06h16
:P
Premier fragment: Dans l’Algérie de 2003, il y a tout ce qui faisait l’Algérie de 1930, par exemple. Tout, sauf qu’à l’époque, elle n’avait pas encore ce prénom, et qu’aujourd’hui il manque le colon français et sa vigne. Pour les détails, on a la même administration pesante et décisive pour le partage du blé, la même violence douce pour s’approprier les terres, la même férocité légalisée d’une classe de notables hiérarchisés du Douar à l’Assemblé des élus indigènes, le même crédit accordé à l’honnêteté des élections, les mêmes moyens de campagne pour disqualifier les fervents de l’émir Khaled pour ceux de l’émir Caïd. On a les mêmes promesses faites au pays profond et les mêmes férocités pour convaincre les récalcitrants.

Les décennies qui séparent l’indigène d’aujourd’hui et celui d’il y a quatre-vingts ans sont seulement un effet d’optique et de cirque: même les zaouïas nous sont revenues avec le même pouvoir de lier et de délier. Pour le reste, on a des «mesquines», selon la terminologie de la presse coloniale d’époque, qui crèvent de faim, on a des bandits d’honneur, mais cette fois-ci pas dans les maquis, on a la peste, la tuberculose, la conjonctivite et les inondations. Et si l’on cherche plus loin, l’on trouvera encore plus: à l’époque, l’on fêtait le centenaire, aujourd’hui un autre premier novembre. Sauf qu’à l’époque, les enseignants indigènes gagnaient peut-être un peu plus et avaient même leur journal, »La voix des humbles». Chose qu’ils ont perdue aujourd’hui. Avec le reste. Le pays semble parfois, aux heures fascinantes, remonter le temps. Voyager vers des racines. Et du coup, s’enfoncer dans les sols comme un bon cadavre aimanté par sa propre fin.

Deuxième fragment: Comme pour la fin d’un film, c’est dans la mort que M’hamed Yazid a une chance de rejoindre le pays. Le pays ayant depuis longtemps préféré mourir plutôt que de crever tout le temps.

De l’autre côté du vitrail souverain, il a une chance de revoir ses gens, de ne pas avoir de frontières et de ne pas être un effet spécial de la mémoire et un invité gêné dans le présent qui tente de placer un mot dans l’avenir. Il va enfin coïncider avec une époque.

Mais aujourd’hui, ce n’est pas novembre qui importe. Le mois et sa balle ont les leurs. Et lorsqu’on cessera de pérorer sur novembre et solder son deuil après M’hamed Yazid, il faut bien se souvenir du crime collectif qui nous unit: l’indifférence de tous face à la grève des enseignants. Le crime se fait en douce et dans le dos de l’époque. On laisse aux soins d’un Benbouzid, dont la preuve tangible du manque d’idée est sa durée de vie à travers les gouvernements, le soin d’achever les chevaux. Le massacre est pourtant horrible: il s’agit de nos enfants, de leur avenir, de leur chance d’opter pour l’alphabet plutôt que pour la hache. L’étrange de cette euthanasie clandestine, c’est le silence de tous. Les parlementaires ne s’en souviennent qu’un mois après. Le reste de la classe politique va le faire dans un an. Les clercs ne s’en émeuvent que dans le détail. Et le reste des indigènes est toujours fasciné par les colonnes de fourmis et leurs dunes miniatures sous leurs propres crânes.

Le plus maladif dans ce peuple, c’est son don de la disproportion: lorsqu’il s’agit de vocations identitaires, réformes des programmes, impact de la religion et autres verbiages fantasmatiques, tout le monde lève le bras; mais là où il faut seulement parler de l’école, soutenir un gréviste et provoquer un débat même dans la violence, il y a pancarte d’absence suspendue aux lèvres maigres. Et c’est là que nous sommes tous coupables d’infanticide.


Par Kamel Daoud
In 'Le Quotidient d'Oran'

sacov
02/11/2003, 06h28
2.La colonisation?

L’Algérie, considérée comme la négation de l’état nation par plus d’un, avant la colonisation française pose problème. Le concept de l’état nation renvoi automatiquement à sa définition traditionnelle par l’existence d’un état centralisé reposant sur des symboles tel que le drapeau, un hymne national et une constitution, loi fondamentale régissant la gestion saine du pays. Or, à l’arrivée des français, force est de croire que ce pouvoir centralisé reflétant la souveraineté n’existait pas. D’immenses territoires étaient gérés partiellement par une multitude de royaumes microscopiques sur la base d’un système féodal.
Les références auxquelles on a généralement recours pour étayer la thèse de l’existence d’un état structuré avant l’arrivée des français, sont tellement éparses et incommodes historiquement qu’elles ne permettent pas de tenir un discours défendable. Ce même discours répond obligatoirement à la rigueur de concepts contemporains qui n’avaient pas cours à l’époque.
Personne ne trouvait à redire de la nécessité de la colonisation lors de son avènement dans la mesure où elle était présentée à ceux qui devaient en souffrir comme une mission civilisatrice universelle, par ceux qui l’avaient planifiée et qui devaient en tirer profit. La structure sociale des contrées devant subir ces missions dites civilisatrices, faisait en sorte que leurs résistances ne pouvaient dépasser la sauvegarde vaille que vaille, des intérêts immédiats de telles tribus au détriment de telles autres.
Pour les besoins de la démystification, les causes primaires de la colonisation, quelque soit l’endroit où elle a eu lieu ne répondait en rien à cette magnanimité présumée d’âmes charitables qui voulaient sauver leurs semblables de la misère et autres errements des âmes. La colonisation répondait à un besoin d’accaparement de richesses nécessaires au développement des perspectives industrielles naissantes et partant, à celui de la prospérité des économies métropolitaines. Pour ce faire, il était nécessaire à l’occupant d’avoir recours à une idéologie astreignant le vis à vis à se soumettre à la négation pure et simple de son identité car décriée par toute une littérature rabaissant son existence à un état primitif, donc animal.
Les missionnaires avaient pour « mission » d’élever les indigènes à l’état d’humains après un diagnostic basé sur des clichés superficiels résultants d’observations très souvent subjectives. Les verdicts des missionnaires ou des premiers colons même sincèrement arrêtés, ajoutaient de l’eau au moulin des officiels pour justifier des actions très souvent répréhensibles par la morale, quelque soit son origine.
Justifier, comme il est aisé de le faire aujourd’hui, les atrocités de la colonisation par un développement matériel qui, l’histoire de L’Algérie l’a prouvé, n’a profité qu’à l’occupant et en tirer satisfaction au vu de ce qui s’y passe actuellement, c’est faire preuve d’une cécité facilement explicable par le dépit de se sentir spolié de quelque chose qui, en réalité, ne nous a jamais appartenue. Ce sentiment de frustration intense est autant pardonnable du point de vue humain qu’il est condamnable historiquement.
Rien ne peut justifier le fait de s’accaparer le bien d’autrui, quelle qu’en soient les raisons dussent elles se baser sur un altruisme, toujours suspect dans ce cas de figure.
Que l’on nous rabâche que nous étions des tributs éparses et incultes subsistant grâce à la rapine, nous accommodant de la gale et autres gâteries de la misère, que l’on taxe notre révolution de m… Que l’on nous fasse remarquer que la présence française en Algérie a réduit sensiblement le taux de mortalité, qu’elle a transformé des marécages putrides en jardins luxuriants, qu’elle nous ait « francophonisé » (ce qui n’a rien à voir avec le niveau d’instruction), je n’en disconviens pas dans la mesure où toutes ces actions, louables lorsque désintéressées, ne faisaient que répondre aux exigences du cahier des charges de la colonisation. Personnellement, je me sens quelquefois enclin à reconnaître tous ces bienfaits. Je les reconnaîtrai volontiers et sans complexe aucun si les chantres des bienfaits de la colonisation pouvaient au moins me reconnaître mon droit à cette liberté qui au vu de l’histoire de la France ne pouvait se conjuguer qu’aux intérêts bassement matériels de sa classe dominante.

:wink:

Tchiko
02/11/2003, 06h40
Salut vs voulez bien ecrire de la façon que puisse comprendre un peu de koi ça retourne ........... FORUM ALGERIE ça doit etre adressé pas specialement au Algeriens mais kan meme ya des Algeriens comme moi qui admire ce que ce faites ici mais franchement des fois je cprends rien a ce que vs ecrivez ............... une faveure que je vs demande.si vs faites cas j'en serai ravis :) merci a tous PS: kelkun a dit ;-) sage et celui ki koné les autres, se connaitre soi meme c la sagesse supreme bonne journée tlm

ben
02/11/2003, 07h05
:D

Celui qui ne sait pas et ne sait pas qu'il ne sait pas, fuis-le.
Celui qui ne sait pas mais qui sait qu'il ne sait pas, éduque-le.
Celui qui sait mais ne sait pas qu'il sait, éveille-le.
Enfin celui qui sait et qui sait qu'il sait, suis-le.

:P

ben
02/11/2003, 07h10
Ya Sacov...Boubou est plus éduqué que Chadli... :lol:

Entre l’Algérie et la France, c’est désormais le beau fixe. La multiplication des visites – officielles ou de travail – des deux chefs d’Etat des deux côtés de la Méditerranée en est l’éloquente illustration. La page a été vraiment tournée.
En finir avec les idées reçues


Venu à Paris pour une visite éclair de quelques heures, c’est par une chaleureuse accolade que le président Abdelaziz Bouteflika a été accueilli par son hôte français Jacques Chirac à l’entrée de l’Institut du monde arabe (IMA), sur les bords de la Seine, où les deux hommes devaient inaugurer deux expositions majeures : “L’Algérie en héritage” – trois cents pièces issues exclusivement des collections nationales algériennes et retraçant l’histoire de l’art dans ce pays depuis la préhistoire jusqu’à 1830, date de la conquête coloniale par la France – et “Delacroix, Renoir, l’Algérie des peintres” – soit plus d’une centaine de tableaux allant du premier voyage de Delacroix en Algérie en 1832, jusqu’au deuxième séjour de Renoir en 1882. Il s’agit de deux évènements culturels majeurs parmi les deux mille six cents manifestations organisées dans trois cent cinquante villes de France à l’occasion de Djazaïr, l’année de l’Algérie, pour tenter de rapprocher les sociétés française et algérienne, à travers un riche patrimoine partiellement partagé.

Jacques Chirac s’est d’ailleurs félicité du “succès exceptionnel” de cette “Année de l’Algérie en France”, dont, dit-on dans son entourage, il a suivi attentivement le déroulement. “Il n’y a pas eu de manifestation culturelle bilatérale qui ait connu cette ampleur et ce succès”, a-t-il confié, ravi, à son hôte algérien avant de l’accompagner dans son parcours à travers les deux expositions. Leur présentation simultanée dans ce lieu prestigieux de Paris avait aux yeux des organisateurs un clair objectif : combattre les idées reçues à la fois sur le lointain passé des Algériens et sur l’orientalisme des deux peintres français. La méconnaissance de l’histoire de l’Algérie en France – en dehors de la vulgate coloniale – reste en effet stupéfiante. Elle est le fruit d’un long endoctrinement, qui s’est appuyé sur l’idéologie du “fardeau de l’homme blanc” portée à bout de bras par les Britanniques et partagée plus tard par le “parti colonial” en France. Les armées qui s’étaient répandues sur la planète s’étaient donné en toute conscience de “civiliser des populations arriérées”. En fonction d’une frise historique qui manquait singulièrement de profondeur. Avant les Romains, il n’y avait donc rien ? Le passé numide de l’Afrique du Nord a été occulté. Pourtant, il y a suffisamment de pièces archéologiques pour attester d’une présence humaine remontant bien plus avant dans l’histoire : une paroi gravée de deux bovins et d’une autruche, l’affrontement de deux chevaux, des rudiments d’écriture, dont on trouve encore trace chez les Touaregs.

Une stèle montrant un cavalier dalmate lancé au galop, datant du Ier siècle après Jésus-Christ, porte cette inscription précise : “Dazas, fils de Scenus, de la tribu des Maezii, appartenait à la 6e cohorte des Dalmates dans laquelle il a servi pendant dix ans. Il est mort à l’âge de 27 ans.” Le Maghreb a été de tout temps et reste largement une terre de “métissage” avant la lettre. Avant l’arrivée des Arabes, qui lui donneront sa configuration actuelle, autour d’une langue et d’une brillante civilisation, la population originelle, les Berbères – du grec barbaros – s’est mélangée pendant des siècles à bien d’autres peuples venus en agresseur ou en ami. De ce mélange est né un peuple à l’identité singulière qui ne veut rien renier de son lointain passé. C’est le sens de “L’Algérie en héritage”.
Deux étages plus haut, la seconde exposition, “De Delacroix à Renoir”, a le même souci : combattre les préjugés d’une peinture qui n’était pas faite seulement de stéréotypes. Eugène Delacroix découvre l’Algérie au moment où il accomplit sa rupture avec le classicisme pour lancer l’école romantique. Il y réalise son rêve – ou son fantasme – de pénétrer dans l’intimité d’un harem. De cette intrusion est née une œuvre maîtresse : Femmes d’Alger dans leur intérieur. Mais Théodore Chassériau ou Auguste Raffet, qui s’engouffrent dans la brèche ouverte, sont fascinés par “l’Autre”, qui leur reste inaccessible. Cet “orientalisme de salon” – aucun des deux continuateurs de Delacroix n’a jamais mis les pieds en Algérie – s’inscrira alors dans un mouvement de propagande inspiré par l’iconographie militaire du temps de la conquête. Raffet représente plutôt les Algériens en “ennemis de la France”, Barbares brandissant des têtes coupées. Cette représentation de l’Algérien s’imposera longtemps dans la conscience collective en France. Il faut attendre Eugène Fromentin et son superbe Lisière d’oasis pour comprendre, comme il le disait, qu’il y avait “une distance à respecter et même des sujets à ne pas représenter, car les traiter sans les comprendre, c’est violer leur identité”. En Algérie, Auguste Renoir, un des fondateurs de l’école impressionniste, auteur célèbre du Moulin de la Galette et de nombreux portraits d’enfants et de femmes plantureuses, restera le peintre des jeux de lumière et des couleurs vaporeuses. Il a été ébloui par la lumière d’Algérie.
La découverte terminée, avant de quitter l’IMA, Jacques Chirac et Abdelaziz Bouteflika ont reçu en cadeau sept volumes de l’écrivain algérien Rachid Koraïchi, écrit chacun avec un écrivain occidental. L’œuvre est dédiée à la mémoire des sept moines trappistes du monastère de Tibéhirine, près de Médéa, enlevés en mars 1996 et assassinés par le Groupe islamique armé (GIA). Cette évocation tragique servira de transition pour marquer le retour aux réalités terrestres des deux chefs d’Etat, avant le déjeuner à l’Elysée, où ils devaient être rejoints par leurs ministres des Affaires étrangères, Dominique de Villepin et Abdelaziz Belkhadem, pour un tour d’horizon de la situation internationale et une revue de l’état des relations bilatérales sept mois après la première visite d’Etat d’un président français en Algérie depuis l’indépendance, et ses deux escales triomphales à Alger et à Oran. Quarante et un ans après la fin de la guerre d’Algérie, les deux chefs d’Etat s’étaient alors engagés à établir un “partenariat d’exception” en signant une Déclaration d’Alger renforçant leur coopération politique, économique, culturelle et scientifique, avec l’ambition de préfigurer un traité d’amitié, à l’image de celui de la réconciliation franco-allemande. Abdelaziz Bouteflika, lors de la visite d’Etat effectuée en France en juin 2000 – première du genre, elle aussi, d’un chef d’Etat algérien en France – avait lui-même lancé l’idée d’une “re-fondation” des relations entre les deux pays.

Depuis, les multiples visites ministérielles des deux côtés de la Méditerranée et les échanges entre chefs d’entreprises confirment tous les jours que l’affaire est définitivement sur les rails. Le pragmatisme a en effet fini par prévaloir entre les deux capitales, dont les relations, désormais dépassionnées, ont été plus que tumultueuses pendant plus de trente ans, depuis l’indépendance de l’Algérie en 1962. Brisant un tabou qu’aucun de ses prédécesseurs n’avait osé affronter, Abdelaziz Bouteflika a participé deux fois de suite à un sommet France-Afrique et s’est rapproché de l’organisation des pays francophones, considérés naguère, l’un et l’autre, comme des instruments du néocolonialisme français. En face, la France a répondu par un soutien régulièrement réitéré : “Notre engagement est clair. Nous sommes à vos côtés pour soutenir la politique de réforme que vous souhaitez entreprendre. Il s’agit de construire une relation sereine par-delà les humeurs du moment”, a répété le Premier ministre Jean-Pierre Raffarin à l’adresse de ses différents hôtes algériens.
Cette “nouvelle dynamique” s’est manifestée dans le domaine économique et celui des échanges commerciaux : l’Algérie reste au premier rang des clients de la France et son deuxième client après l’Italie, grâce notamment au gaz et au pétrole. Pour les PME françaises, l’Algérie est un marché en expansion : “Le climat est là, l’environnement commercial est là, le terrorisme a été vaincu, les conditions sont favorables, il faut aller vite.” C’est le discours pressant que les dirigeants industriels français entendent de plus en plus fréquemment de la part de leurs collègues algériens. On n’est plus dans les restrictions, mais dans l’ouverture la plus large des uns aux autres. “Nous avons aujourd’hui beaucoup de choses en commun pour regarder l’avenir. Pour les sujets sensibles du passé, nous sommes d’accord pour les considérer avec cet esprit de respect mutuel. Notre passé doit être un socle pour nous permettre de construire dans ce nouveau siècle une nouvelle relation d’amitié et de confiance”, répondent, unanimes, les responsables français. Fait significatif : la confiance retrouvée a été étendue aux rapports entre les deux armées. En visite en juin à Alger, le général Henry Bentegeat, chef d’état-major des armées françaises, faisait remarquer, le plus simplement du monde, que les relations entre les deux armées étaient “normales” et “naturelles” et que sa visite en Algérie était un signe supplémentaire que la page était tournée entre les deux armées, qui s’étaient combattues près de huit ans avant que l’Algérie n’accède à l’indépendance.

Depuis leur rencontre en mars dernier en Algérie, Jacques Chirac et Abdelaziz Bouteflika s’étaient revus dans le cadre du Nepad, l’initiative pour le développement de l’Afrique, en marge du sommet du G-8 à Evian, et fin septembre, à New York, à l’occasion de l’Assemblée générale des Nations unies. Le chef de l’Etat français, qui s’était opposé à l’intervention américaine en Irak et avait fait tout ce qu’il pouvait pour empêcher George Bush d’agir sans l’aval des Nations unies, y est venu plaider une nouvelle fois contre l’unilatéralisme américain, en faveur d’un monde multipolaire, et a réclamé de Washington un retour rapide à la légalité internationale sous l’égide de l’Onu. L’Algérie, qui s’est prononcée dans le même sens, ne pouvait qu’approuver ce discours. Elle est convaincue, comme la France, que l’Onu reste le meilleur cadre pour la résolution des problèmes internationaux. ...
....

PAR KHEMAIS EL-GHARBI
In afrique-asie de novembre


:P Ton chum du Lac-St-Jean :P

Anonymous
03/11/2003, 08h08
< Que l’on nous rabâche que nous étions des tributs éparses et incultes subsistant grâce à la rapine. >

C'est généralement l'argument préféré des illéttrés et des ignards qu'a engendre le colonialisme et la dictature de l'écrit sur la parole. N'importe quel crhrétin fervent du colonialisme et de "l'Algérie Française" peut écrire n'importe quelles crétineries officielles sans être inquiété le moindre du monde et cela depuis 1790... Aujourd'hui, les encyclopédies électroniques ont pris la relève dans la perpétuation des inepties qui sautent aux yeux de ceux qui parlent trente six langues comme la majorité des Kabyles en 2003. Bref...

Père de la théorie socio-économique des communistes, même le grand et très célèbre Kal Marx en visite en kabylie en 1840 était totalement stupéfait de l'organisation sociale des Kabyles dont il s'est souvent inspiré fait remarquer Rosa Rosenberg dans ses écrits. Je rappel à tous les amnésiques de la galaxie que les assemblées de village du nom de "tajmaïts" étaient déjà copiées même par les romains qui l'on baptisé du nom de... forum. Le droit kabyle ou "kanun" était strictement établi avec même des amendes en cas de délit. J'ai même une copie éléctronique sur le "hard disk" concernant des différents "Kanun Lekvayel" en vigueur en Kabylie avant le colonialisme des Espagnols vers 1530. De fortes amendes sanctionnaient les délits, les récidives doublaient ou triplaient la mise de départ et même les injures et les blasphèmes étaient payées cash.

J'en connaît un qui aurait été ruiné en moins d'une iournée c'est pour cela que le cochon le sachant en profitait tel un sanglier (haluf) mal élévé et désobligeant à l'égards des menteurs. (Coluche)

Si l'expression dans une assemblée de paysans ou de propriétaires terriens n'est pas le principe même de la démocratie alors dites-moi donc d'où sortent les bases des institutions administratives occidentales qu'ils ont à peine améliorées mais bien rebaptisées et revendiqué tels des plagiaires ?

Ils se sont inspirés de celles trouvées peut être sur ou dans la... lune !!!

Au secours Taferka (afrique)

:wink:

Lisebeth
03/11/2003, 08h21
Azul à Sacov,

Personne ne trouvait à redire de la nécessité de la colonisation lors de son avènement dans la mesure où elle était présentée à ceux qui devaient en souffrir comme une mission civilisatrice universelle, par ceux qui l’avaient planifiée et qui devaient en tirer profit. La structure sociale des contrées devant subir ces missions dites civilisatrices, faisait en sorte que leurs résistances ne pouvaient dépasser la sauvegarde vaille que vaille, des intérêts immédiats de telles tribus au détriment de telles autres.

- Les politiciens ont usé de l’anthropologie pour justifier l’impérialisme colonial. Ferry a été jusqu’à même évoquer le devoir "des races supérieures" de civiliser les « races inférieures »
-Il n’existe pas de « race » supérieure » à l’autre comme, le prétendaient un grand nombre d’anthropologue de naturaliste , de politicien autrefois, comme il est absurde de classer les populations en fonction de la « race ». Les seuls à avoir utiliser les notions de « race » était celle de la ségrégation raciale aux EU(on était « noir », si on avait un grand parent « noir »), la France coloniale, dont certains militaires mesuraient et classaient « les indigènes"» etc..

-Cordialement :zen:

Anonymous
03/11/2003, 08h55
Ben,

Ton texte est une "*******" collosale car il ne cite pas une seule fois la Kabylie et les Kabyles. Mais il tartine comme il se doit en toile de fond l'arabisation. C'est bien le complot arabo-francophone tant décrié et cet évenement qui est un véritable marche pied pour la promotion de l'INSTITUT DU MONDE... KABYLE financé par les largesses de l'Algérie sur le dos des contribuables algériens !

Les clowns ont peur de rien et après on s'étonne que ce pays sombre de jours en jours dans la ***** des incompétants mais toujours de grands flatuleurs de la culture qu'ils sont incapables de produire par eux-mêmes en raison de la limitation de vitesse dans leurs cerveaux pollués par les infectes "prêchi-prêcha" qui sclérosent le fonctionnement du cortex et interdisent par ailleurs la créativité artistique aux Kabyles en Kabylie pour ensuite s'en aller fièrement comme des paons l'applaudir et s'en extasier la bouche bée tels des hamster chez les Occidentaux ! Un millions de morts pour des prunes, il est vrai que la majorité était des kabyles des Aurès et de Kabylie.

Dégagez, écartez-vous vite en ce 1er Novembre 1954, j'ai toujours une réelle envie de dégueuler d'un coup toutes leurs cultures faisandées d'hypocrites puants !

:roll:

Lisebeth
03/11/2003, 09h02
Azul à Tuvirets

-La deuxième contribution que tu as postée sur ce fil s'adresse à quel forumeur??
On peut lire des tas d'âneries même de la part d'anthopologue, de scientifique du XIX ième siècle par exemple
Le docteur Lacassagne estimait qu'il est utile de rapprocher l'attitude et la mentalité des criminels avec les "hommes sauvages"
Pour Abel Hovelacque, le vol était "un acte moral"chez certains peuple comme l'assassinat.
-Je sais que tu maîtrises parfaitement notre langue, j'aimerai que tu postes de temps en temps des poèmes Kabyles au forum "petites perles"

Cordialement :zen: