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Voir la version complète : À un an des JO, Pékin s'alarme de la flambée des prix et des salaires


Quasard
15/08/2007, 05h57
L'indice des prix s'est envolé de 5,6 % en juillet. Pékin redoute déjà une course "salaires-prix".


À UN AN des Jeux olympiques, Pékin redoute de voir s'amorcer une spirale de hausse entre les prix et les salaires. L'indice des prix à la consommation a augmenté de 5,6 % en juillet en rythme annuel, un record depuis dix ans.


La Banque populaire de Chine a commencé à tirer la sonnette d'alarme la semaine dernière dans son bulletin trimestriel en agitant la menace de « mesures économiques ». Un de ses responsables a dramatisé l'affaire hier dans les colonnes du China Securities Journal en parlant de « zone d'alarme ».


Pour l'heure, le danger semble pourtant limité. La hausse se concentre sur les prix alimentaires qui ont fait un bond de 15,6 %. L'impact est loin d'être négligeable pour une population qui consacre 33 % de son budget aux dépenses de nourriture, contre 15 % en France.


Mais cette flambée semble conjoncturelle. Selon le ministère de l'Agriculture, le prix du porc, base de l'alimentation chinoise, a augmenté d'environ 30 %. Une envolée qui serait imputable au renchérissement du prix de la nourriture porcine et à la diminution du cheptel, frappé par la maladie de l'oreille bleue qui a infecté 45 858 porcs au cours des cinq premiers mois de l'année.


Reste qu'en isolant les produits alimentaires, l'indice des prix aurait en fait reculé de 0,9 % le mois dernier ! Une baisse jugée hautement improbable par les analystes, compte tenu du taux de croissance record de l'économie. Ce qui semble indiquer que le thermomètre des prix est faussé et que les évolutions qu'il mesure sont probablement sous-estimées.


Flambée de l'immobilier


En prime, la flambée des prix des logements contribue à l'érosion du pouvoir d'achat. La valeur moyenne de l'immobilier dans les villes a augmenté de 7,1 % en glissement à fin juillet. Au point que Pékin vient de demander aux promoteurs d'accélérer leurs programmes de construction de logements.


« Pékin craint en fait que les salariés les plus qualifiés, et donc les plus recherchés, aient l'impression de subir une perte de leur pouvoir d'achat et commencent à réclamer des augmentations de salaires », explique Hervé Liévore, analyste chez Axa IM. Jusqu'à présent la compétitivité des exportations chinoises n'a pas été entamée par la hausse des coûts salariaux. Mais dans le contexte d'accélération de la croissance, la Chine commence à manquer de main-d'oeuvre qualifiée. Alors qu'il existe des retards dans les rémunérations, les entreprises vont devoir de plus en plus consentir à des augmentations de salaires pour retenir leurs salariés. Il serait donc mal venu qu'au même moment ils réclament un rattrapage sur les prix.

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