PDA

Voir la version complète : Cevital veut se positionner en régulateur du marché


sami9313
12/09/2007, 09h24
Le groupe Cevital a décidé d’investir de plain-pied le secteur de l’agriculture en créant deux centrales logistiques, pour le stockage et la distribution des produits agricoles, notamment ceux à large consommation, comme la pomme de terre. Une réponse efficace à la crise qu’a connue ce produit et d’autres ces derniers temps. “Nous voulons servir de régulateur au marché des produits maraîchers”, lancera Issad Rebrab, P-DG du groupe privé la semaine dernière, lors d’une conférence de presse, à l’occasion de l’annonce de la désormais traditionnelle baisse des prix des produits de la marque.

De grands projets agricoles
Le groupe privé, aux dires de son patron, compte construire des usines de transformation de pomme de terre, en purée et en frites surgelées, pour répondre aux besoins du marché local. Il envisage aussi de reprendre quelques-unes des 175 fermes pilotes, laissées en jachère depuis des années. D’autres projets sont déjà en cours de réalisation toujours dans le secteur de l’agriculture, tels que celui de plantations d’agrumes dans la région El-Goléa. “Malheureusement, nous n’avons pas une politique agricole”, déplore-t-il.
Par ailleurs, M. Rebrab indiquera que Cevital, qu’il considère comme “un patrimoine national”, compte s’inscrire dans la mondialisation, en mettant en place une double stratégie de développement, interne et externe. Il a longuement détaillé ces deux axes lors de cette rencontre. Le développement local de Cevital repose sur de très ambitieux projets dans divers secteurs.

Une mégapole industrielle à Cap-Djinet
L’homme d’affaires présentera de nouveau à cette occasion son grand projet de construire une mégapole industrielle à l’horizon 2015, baptisé “Cap 2015”, avec la création d’un hub portuaire à Cap-Djinet (Boumerdès). Ce grand site industriel, (d’une superficie finale de 5 000 ha dont 30% sur mer), verra s’implanter autour de lui, plusieurs autres projets structurants : cinq à six projets pétrochimiques, un complexe sidérurgique (avec une capacité de production de 10 millions de tonnes d’acier), un grand chantier naval (fabrication de navires à gros tonnage), une usine de fabrication de conteneurs. Il est également prévu un complexe de fabrication automobile (et non de montage) avec une capacité de production de 250 000 véhicules/an, et dans le sillage duquel un million de PME spécialisées dans la sous-traitance verront le jour. Sans oublier le complexe d’aluminium d’une capacité de 1,2 million t/an à terme. Pour alimenter le tout en énergie, il sera construit une unité de dessalement d’eau de mer et 2 à 3 centrales électriques. Ce “pôle d’excellence”, qui sera développé avec des grands partenaires de renommée mondiale, devra à terme coûter 20 milliards USD, et sera financé par Cevital et de grandes banques internationales. Cevital sera une fois ses objectifs atteints, le second exportateur algérien après Sonatrach et le premier hors hydrocarbures. En termes d’emploi, ce sont 100 000 postes directs et 1 million indirects qui seront créés.
D’autre part, Cevital ambitionne avec ce mégaprojet d’exporter 15 milliards USD hors hydrocarbures, à l’horizon 2015, et 30 milliards vers 2030, selon son patron. Sur le plan externe, le groupe compte entamer, à l’instar des groupes et firmes internationales, son internationalisation “à la recherche de nouveaux territoires”, et afin “d’accompagner ses produits exportés”.
Ainsi, le groupe Cevital investira le continent européen avec ses produits de verre plat, dont l’exportation vers cette région sera portée à 70% à fin 2007. Le complexe de verre de Larbâa sera doté au fur et à mesure d’ici 2015, de 5 lignes de production. “Nous comptons également développer la coopération Sud-Sud dans le cadre du Nepad”, soulignera M. Rebrab. Il veut également investir dans les pays arabes. Pour la réussite de tous ces grands projets, Rebrab compte sur “une politique de support, d’encouragement et d’entraide de la part des pouvoirs publics”.
D’autre part, Cevital annonce une baisse des prix de produits durant le prochain Ramadhan. Ainsi, la bouteille d’huile de table 5 litres sera cédé en sortie d’usine à 440 DA ttc, soit 5 DA en moins. Le kilo de sucre perdra lui un dinar, soit 48 DA au lieu de 49, etc. Une baisse qui coûterait à l’entreprise 17 milliards de centimes de manque à gagner.
D’autre part, Issad Rebrab en économiste avisé, se prononcera contre une réévaluation du dinar. Pour lui, “c’est un couteau à double tranchant”, car une telle mesure, selon lui, tendrait à favoriser une “augmentation artificielle du pouvoir d’achat”. Cela ne va pas aussi préserver les réserves de changes du pays et n’encouragera pas les exportations”. Rebrab est plutôt pour la suppression de la TVA , mais se dit contre celle sur les droits de douanes.

Liberté

Cookies