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Voir la version complète : Les patrons algériens font passer l'intérêt de l'Algérie avant les leurs


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l'imprevisible
04/10/2007, 11h30
Yasmina Taya, présidente de SEVE
"Il n'existe pas de problèmes de leadership au niveau du patronat"

Prenant le contre-pied les déclarations de ses collègues des organisations patronales, Yasmina Taya considère que les patrons algériens font passer l'intérêt du pays avant les leurs. Pour notre interlocutrice, le nombre de confédérations est une résultante logique des libertés acquises, mais la décantation se fera tôt ou tard. Par ailleurs, la chef de file de SEVE avoue qu'il n'existe aucune possibilité de connaître avec exactitude le nombre de femmes chefs d'entreprises.

Le Point Economique : Qu'est-ce qui a motivé la création de SEVE (Savoir et vouloir entreprendre) association de femmes chefs d'entreprises ?

Yasmina Taya : SEVE est née le 12 Juin 1993 à l'initiative d'un groupe de femmes qui voulaient " visibiliser " l'action de l'algérienne dans l'entreprise, ceci s'est passé à un moment très difficile de l'histoire de notre pays et, c'était là, un véritable acte de courage.

Combien de femmes sont chefs d'entreprises et sur ce chiffre combien sont affiliées à une organisation patronale ?

Il n'y a pas d'étude ou de recensement qui nous permettent de définir avec exactitude le nombre d'entreprises crées et gérées par les femmes, mais je peux affirmer que les femmes se lancent de plus en plus dans la création d'entreprises et ceci traduit, quoi que l'on dise, une mutation au sein de la société en faveur des femmes qui investissent aujourd'hui tous les secteurs d'activités. A SEVE, nous avons, à ce propos, un programme d'action en faveur de l'incitation à la création d'entreprises féminines à travers tout le territoire national.

Pensez-vous qu'il existe des contraintes spécifiques aux femmes chefs d'entreprises ?

Contrairement à certains pays (et j'en connais quelques uns) en Algérie nous n'avons aucune loi limitant ou interdisant l'action des femmes dans la sphère économique, par contre il existe un code social (que j'ai subi au cours des années 70) qui heureusement s'estompe peu à peu sous l'effet de la mutation qu'a connue la société.

Quelle est l'appréciation de SEVE sur la situation socio-économique du pays ?

Je reviens à ce que nous avons dit à toutes les rencontres, l'Algérie se porte très bien au niveau macro-économique, pourtant les difficultés sont là, les entreprises se plaignent, l'informel dévore des pans de notre économie et le chômage persiste, les réformes ne vont pas à la cadence voulue. Pourtant le programme économique du président de la République, qui a recueillis l'adhésion de tout le patronat, est parfait .

Certaines organisations patronales estiment que la mise à niveau telle qu'initiée est un échec. Quel est votre avis sur la question ?

Le besoin de mise à niveau s'exprime au niveau de l'entreprise par rapport à un programme et à des exigences du marché, un marché qui est maintenant mondial, il ne faut pas l'oublier.

Que pensez-vous de la relation actuelle entre les établissements bancaires et les entreprises en matière de crédits ? Quelles sont les principales contraintes ?

A mon avis, le problème est beaucoup plus complexe. Les entreprises ont certes beaucoup de difficultés à survivre, surtout les entreprises de production… les banques fonctionnent toujours quant à elles, selon un certain schéma. Il faut libéraliser et mettre en place tous les mécanismes et outils nécessaires…

La stratégie industrielle proposée par les pouvoirs publics est-elle bénéfique pour les entreprises algériennes ?

Plus que jamais notre pays doit avoir sa stratégie face à une économie mondiale en pleine effervescence, l'Etat qui ne doit pas s'éloigner de son rôle de régulateur agira par l'incitation et la fiscalité pour permettre à notre pays de se placer, à la place qui lui revient dans cette arène qu'est le " marché mondial ".

Quelles sont, selon vous, les répercussions du démantèlement tarifaire sur les entreprises ?

Les entreprises algériennes ont vécu des périodes particulières auxquelles elles ont su survivre, ils faut maintenant continuer de leur donner un environnement adéquat et beaucoup prouveront leur efficacité. Il faut avouer cependant, qu'aujourd'hui, la situation de certaines entreprises est alarmante.

Existe-t-il à votre avis un problème de leadership au niveau des organisations patronales ?

Cela serait faire insulte à mes collègues du patronat algérien qui sont tous des hommes nationalistes avant tout, je ne connais pas un parmi eux, qui ferait passer son intérêt personnel avant ceux de la nation, mes propos vont peut être surprendre, mais c'est là, mon avis.

Nous sommes tous différents les uns des autres, mais nous sommes restés dans notre pays et, malgré toutes les difficultés, nous poursuivons le débat, nous poursuivons le combat pour une économie algérienne forte. Le nombre de confédérations est une résultante logique des libertés acquises, la décantation se fera.

Quelle est, enfin, l'avis de SEVE sur la politique de privatisation ?

La privatisation est une suite logique pour une économie qui a choisi de s'ouvrir. Nous avons des adhérentes qui ont acquis des petites unités, l'une d'elles a même reçu un des prix que la SEVE remet chaque année.


03-10-2007
Propos recueillis par Célia Gacem pour le point Economique .

l'imprevisible
04/10/2007, 11h38
l'Algérie se porte très bien au niveau macro-économique,
selon un certain schéma. Il faut libéraliser et mettre en place tous les mécanismes et outils nécessaires…
Les entreprises algériennes ont vécu des périodes particulières auxquelles elles ont su survivre
mais nous sommes restés dans notre pays et, malgré toutes les difficultés, nous poursuivons le débat, nous poursuivons le combat pour une économie algérienne forte.
La privatisation est une suite logique pour une économie qui a choisi de s'ouvrir

J'ai envie de rire devant tant d'hypocrisie, j'avoue que c'est déconcertant de lire de telles bêtises , j'espère sérieusement qu'elle se prends pas au sérieux car ça serai réellement grave !

L'interview est vide de sens, elle n'a absolument rien dit, on dirait qu'elle parle de la gestion d'un jardin public ou d'un potager !!

Patronat de pacotilles , j'ai une sainte horreur de ce genre de démonstration creuses et vides de sens le journaliste aurait pu économisé sont temps !! C'est la Khalida Toumi du patronat algérien

Heureusement l'occasion m'a été donnée de rencontré dans ma vie des femmes d'affaires chefs d'entreprises plus lucides .

mehdoche
04/10/2007, 12h33
C'est exactement le meme sentiment que j'ai eu l'imprevisible.
Des réponses de 2 lignes et sans pertinance. Mon neveu aurait fait mieux.

zmigri
04/10/2007, 13h32
:rolleyes: citation: Combien de femmes sont chefs d'entreprises et sur ce chiffre combien sont affiliées à une organisation patronale ?

<<Il n'y a pas d'étude ou de recensement qui nous permettent de définir avec exactitude le nombre d'entreprises crées et gérées par les femmes, mais je peux affirmer que les femmes se lancent de plus en plus dans la création d'entreprises... >>.
Pour une femme présidente d'un "patronat féminin" il est difficile de ne pas connaître le nombre de femmes chef d'entreprise, d'autant qu'il existe une structure, la chambre de commerce et de mêtier, qui possède un fichier de tous les noms de d'entrepreneurs qu'ils soient hommes ou femmes et il n'ya pas lieu de faire une étude si longue. C'Est bizarre comme réponse pour la patronne des patronnes.

citoyen
04/10/2007, 13h32
Rien que le titre entrainerai la mort de rire d'un troupeau de boeufs et de ramouls .

Ah ya L'imprevisible, un peu de respects :44: ces guignols(e) sont des mocassins de salon, ils/elles gravitent autour des clubs de affairistes de l'algérois..
Les gens qui bossent en général ne perdent pas leur temps à faire de la philo...

l'imprevisible
04/10/2007, 13h51
Citoyen : ravie de te lire .

Que veux tu je suis dans l'incapacité de contenir ma répulsion devant tant de simplicité d'esprit , comme le signal mehdoche (au passage, bel avatar) même un enfant aurait mieux fait.

C'est révoltant de savoir que notre économie est entre les mains de telles personnes .

@zmigri : vas doucement sur la Dame tu lui parle de structure et de système , crois tu sérieusement qu'elle soit en mesure de comprendre le sens de ces mots, penses tu qu'une personnes capable de répondre ça
selon un certain schéma. Il faut libéraliser et mettre en place tous les mécanismes et outils nécessaires…
Quand on lui parle du système bancaire soit en mesure d'entendre quelque chose à la structuration !!

J'ai postée l'interview dans le but de mettre la lumière sur la matière grise du patronat algérien, qui ont l'audace de prétendre faire passé l'intérêt du pays avant le leurs, c'est une aberration et une insulte .

shadok
04/10/2007, 14h08
mes collègues du patronat algérien qui sont tous des hommes nationalistes avant tout, je ne connais pas un parmi eux, qui ferait passer son intérêt personnel avant ceux de la nation

On mélange encore nationalisme et ouverture économique. On n’arrive pas encore à se détacher des reflexes socialistes des années 70. L’Algérie a plus besoin d’hommes capables de manager des entreprises. Qu’est ce qu’on à faire d’hommes nationalistes incompétents ? Ils courent le pays à la dérive par leur ignorance.

Le nationalisme a lui seul ne fait pas développer l’économie du pays. L'Algérie souffre d'un féficit de compétences managériales.

Harrachi78
04/10/2007, 14h33
Le premier souci d'un patron devrait etre de gagner du fric, par des voies legales, en prenant la plus grande part de marche qu'il lui est possible. Le jour ou les patrons algeriens -comme tous les autres algeriens- pourront comprendre une telle chose la nous aurons une "economie", ou du moins quelque chose qui lui ressemble !

l'imprevisible
04/10/2007, 14h39
Elle ne sait pas encore ce que veut dire Nationaliste, c'est un mot pour faire genre.

Doucement laissez là reprendre ses esprits. la "pauvre" patronne nationaliste .

citoyen
04/10/2007, 14h48
Il serait intéressant de citer tout de même des patrons performants perso cela ne m'intersse plus de commenter les déclarations de ces guignols ainsi que les déclarations des huiles ellei chadines les ministères..

Avez vous le nom d'un seul patron qui a réussi une performance, on exclu Rebrab car il a déjà reçu un trophée dans le segment de l'agro, mais je le blamerai volontiers pour ses projets pharaoniques...?

Harrachi78
04/10/2007, 14h54
Pour moi la reussite ou la qualite personelle de tel ou tel patron ne regle en rien la mediocrite qui semble regner au sein d ela corporation, comme au sein de l'elite dirigente du pays et comme au sein de la population algerienne dans son ensemble.

Parmi tout ce beau monde il existe forcement des gens efficaces, mais le fait est que la vue d'ensemble ne permet pas un sentiment trop optimiste car c'est la mediocrite qui apparait de regle et non le contraire.

L'autre jour a la radio j'ai ecoute un reporetage sur uen foire de production locale ou je ne sais quoi ; tous les entrepreneurs qui ont etes interwives -une dizaine- ont eu pour tout discours : achetez local, c'est plus digne si on aime son pays !

DZmes Bond
04/10/2007, 15h14
c'est la mediocrite qui apparait de regle et non le contraire
Tout à fait vrai ! Les gens compétents sont de suite écartés car ils "gènent" ! :confused:

Tiliwine
04/10/2007, 15h15
les patrons algériens font passer l'intérêt du pays avant les leurs."


je ne suis pas sur

s'ils existent alors ils sont minoritaires
c la langue de bois algerienne qui passe en premier, comme d'habitude

shadok
04/10/2007, 15h44
L'autre jour a la radio j'ai ecoute un reporetage sur uen foire de production locale ou je ne sais quoi ; tous les entrepreneurs qui ont etes interwives -une dizaine- ont eu pour tout discours : achetez local, c'est plus digne si on aime son pays !

Il y a même un label pour la production nationale: "Made in Bladi" :) qu'on accroche sur des banderoles à chaque foire nationale. Au lieu d'axer sur la qualité, la performance et viser l’exportation, nos patrons agitent des labels marketing nationalistes pour vendre leurs produits !!

redouan
04/10/2007, 15h54
achetez local, c'est plus digne si on aime son pays !


Énemie numero un pour une économie


Mais pendant ce temps les gens l'ont compris et achetent ailleur. :mrgreen:

Harrachi78
04/10/2007, 16h28
"les patrons algériens font passer l'intérêt du pays avant les leurs" ... je ne suis pas sur ; s'ils existent alors ils sont minoritaires ...

Justement, si vraiment ils existaient des patrons comme cela je serait tres decu ! Je ne trouve pas normal qu'un chef d'entreprise fasse dans la demagogie que ca soit dans son discours ou dans son action ; ca c'est un job de politicards. Si il aime son pays il lui suffit de payer ses impots convenablement, faire travailler les algeriens de son coin et donc gagner un maximum d'argent pour lui, pour eux et donc pour le pays.

En un mot l'interet meme d'un patron qu'il reussisse dans son entreprise, pas qu'il fasse passer le pays avant quelque chose car l'interet meme du pays reside dans sa reussite a lui. Parler de "nationalisme" ou meme de patriotisme dans un tel contexte me paraitdu domaine de l'absurde !

absent
04/10/2007, 16h34
Rien qu'en lisant le titre, je suis mort de rire. Un patron, ça pense à son porte-feuille avant tout, et c'est tant mieux.

zmigri
04/10/2007, 16h51
AANIS,
tu peux ajouter à ta signature: y a t-il une mosquée au vatican?

citoyen
04/10/2007, 17h09
Le nationalisme ne peut être considéré comme modèle économique efficace. S'agissant du nationalisme de pacotille de ces byssrias déguisés en patrons d'entreprises, citez moi un seul patron qui investit massivement sur la formations de ses employés, je peux les compter sur les doigst d'une seule main.

Par ailleurs, cette histoire de made in bladi, moi aussi j'y ai cru, mais en me rendant dans une superette mon opinion a changé : j'ai vu les reines de ménage se ruer sur les produits made in menhih, notamment les produits d'hygiéne pourtant deux fois plus chère que leur homologues algériens, rien n'y fait les femmes sont incorrigibles, elles se ruent vers el merka...donc ce made in bladi ne fonctionne pas.

Toutefois, il existe un catalogue de produits fabriqués localement qui n'ont rien à envier à leur concurrents étrangers, mais tout ceci n'a rien à voir avec le nationalisme c'est simplement ce qu'on appelle concurrence...

L'autre jour a la radio j'ai ecoute un reporetage sur uen foire de production locale ou je ne sais quoi ; tous les entrepreneurs qui ont etes interwives -une dizaine- ont eu pour tout discours : achetez local, c'est plus digne si on aime son pays !

Il serait intéressant de se vérifier les marques d'habits de ces patrons, alors ils s'habillent comment ? LOIS et BOSS ou bien SONITEX et SONIPEC..(enfin ce qu'il en reste)...

Tschiko
04/10/2007, 21h01
les patrons algériens font passer l'intérêt du pays avant les leurs

Ont-ils le choix ? :D

thorstein
04/10/2007, 21h10
"On mélange encore nationalisme et ouverture économique. On n’arrive pas encore à se détacher des reflexes socialistes des années 70. L’Algérie a plus besoin d’hommes capables de manager des entreprises. Qu’est ce qu’on à faire d’hommes nationalistes incompétents ? Ils courent le pays à la dérive par leur ignorance.

Le nationalisme a lui seul ne fait pas développer l’économie du pays. L'Algérie souffre d'un féficit de compétences managériales."

mais le nationalisme et l'ouverture économique ne sont pas incompatibles, voir l'exemple du pays qui progresse le plus au monde c'est à dire la chine, ou de son voisin japonais (essayez de vendre un produit non japonais chez les nippons vous verrez)

l'imprevisible
04/10/2007, 21h19
L'Algérie souffre d'un déficit de compétences managériales."
Cette Dame en est l'exemple parfait !!

Je cherche depuis ce matin des articles sur d'autres chefs d'entreprises "femmes" , rien j'en trouve pas à croire que les journalistes ne s'intéressent qu'aux Blondes des affaires en Algérie :confused:

DZmes Bond
04/10/2007, 21h25
Je cherche depuis ce matin des articles sur d'autres chefs d'entreprises "femmes"
J'avais lu un article dans un magazine mais ça remonte à quelques temps et je ne me rappelle plus du titre. C'était un autre niveau... ;)

l'imprevisible
04/10/2007, 21h34
ECONOMIE-ALGERIE :
Plus de tabou, les femmes s'engagent dans le commerce
Kaci Racelma

ALGER, 26 mai (IPS) - Les temps où le tissage, la fabrication des ustensiles en terre cuite et la production des gâteaux traditionnels étaient l'apanage exclusif des femmes algériennes, ont changé face aux réalités socioéconomiques et grâce à une législation plus pragmatique.

Ainsi, la femme algérienne se fraie doucement, mais sûrement, un chemin au sein des activités jadis accaparées et longtemps dominées exclusivement par les hommes, notamment le commerce dans sa diversité.

Ni la législation, ni les règles de conduite dans la société algérienne en pleine mutation et encore moins les croyances et les pratiques populaires ne semblent constituer un obstacle devant la ferme résolution des femmes à exercer aujourd'hui des activités commerciales. L'Algérie est un grand pays musulman d'Afrique du nord où les us et coutumes ont longtemps confiné la femme dans un rôle de ménagère et de gardienne du foyer conjugal.

Créneau généralement rentable, le commerce attire de plus en plus les femmes qui réussissent souvent dans cette profession à laquelle elles consacrent leur vie. Selon les statistiques du Centre national du registre de commerce (CNRC) de la fin de 2005, le nombre de femmes commerçantes actives a atteint les 93.328 en Algérie.

Selon le CNRC, le nombre de femmes commerçantes a augmenté de 5,9 pour cent cette année par rapport à l'année 2004, soit 5.282 nouvelles venues dans cette activité. Mais le CNRC reconnaît que toutes les nouvelles commerçantes ne sont pas encore enregistrées car elles arrivent ''en masse'' dans cette activité.

"Le nombre de femmes engagées dans le commerce tend toujours à s'accroître eu égard à la conjoncture socioéconomique marquée par le chômage", a déclaré à IPS, Larbi Ould Ahmed, un cadre du Département du commerce en Kabylie, une région du centre de l'Algérie.

Elles sont plus nombreuses dans les grandes villes, selon le CNRC qui a recensé à Alger, la capitale, 7.813 femmes commerçantes, 5.309 à Oran (ouest du pays) et 3.441 à Constantine, dans l'est. Pour le CNRC, ces chiffres montrent que le commerce est florissant dans les grandes cités.

"Si l'on remonte dans le temps, dix ou vingt ans en arrière, l'on remarquera que la femme algérienne préférait une activité facile de nature à lui permettre de s'occuper en parallèle de ses enfants... La conjoncture économique n'obligeait point la femme à travailler", explique Ould Ahmed.

''Aujourd'hui'', ajoute-t-il, ''la législation en vigueur dans toutes ses facettes n'empêche en aucune façon la femme d'exercer une activité commerciale correspondant à son profil''.

Cet avis est partagé par Fatiha Illoul, 36 ans, une avocate de formation et entrepreneur dans le bâtiment en Kabylie : "Il n'y a aucune contrainte de quelque nature que soit qui nous empêche d'exercer des activités commerciales", dit-elle à IPS, ajoutant que "notre société a évolué dans ce sens..." Elle évalue à quelque 150.000 dollars le chiffre d'affaires annuel de son entreprise qui construit et vend des logements.

Salima Bensalem, 38 ans, une commerçante qui travaille dans les vêtements au centre de la capitale, fait la même lecture de la nouvelle société algérienne : "Dieu merci, je ne rencontre aucune difficulté dans l'exercice de mon activité que j'ai moi-même choisie. Le gouvernement encourage au contraire l'engagement des femmes dans les activités rentables, ce qui est louable à plus d'un titre".

En revanche, chez les défenseurs des principes islamiques, c'est un autre son de cloche. Les femmes exerçant dans le commerce sont loin d'être en odeur de sainteté dans les milieux religieux.

"La femme doit se consacrer exclusivement aux tâches ménagères et à l'éducation des enfants", a déclaré à IPS, Abdenour Larabi, 40 ans, commerçant de fruits et légumes dans le centre d'Alger, s'opposant ouvertement au travail de la femme. "Même lorsqu'elle sort pour un besoin urgent, la femme doit être accompagnée par son tuteur ou mari".

Cet avis n'est, toutefois, pas partagé par Said Bouyzri, docteur en charia (loi islamique) et cadre du Département des affaires religieuses en Kabylie. "Il est permis à la femme d'exercer une activité commerciale, mais ce n'est pas obligatoire parce que c'est l'homme qui est censé subvenir aux besoins de la famille", explique-t-il, se referant aux préceptes de l'islam.

Pour leur part, les groupes féministes s'accrochent à ces droits acquis par la femme et ils entendent les défendre sans relâche.

"La femme jouit de toutes les libertés d'exercer l'activité qui lui sied.. Elle est membre à part entière de la société, ce qui est très encourageant", note Amina Derradji, présidente de l'Association des femmes victimes du terrorisme, qui s'occupe également des droits des femmes travailleuses.

Au cours des années 1990, l'Algérie a été le théâtre de violences terroristes perpétrées par des groupes islamistes pendant une décennie, dont les femmes ont été l'une des principales victimes.

Aicha Djerrar, une femme qui est professeur d'urbanisme à l'Université de Constantine, estime, elle aussi, que c'est "encourageant de voir les femmes s'engager au même titre que les hommes dans les entreprises et les affaires sans contrainte".

Pour le sociologue Brahim Touhami, 52 ans, professeur dans la même université, "la conjoncture socioéconomique du pays pousse davantage les femmes à trouver des solutions dans le sens de subvenir aux besoins de leurs familles. Ceci leur ouvre la voie des activités commerciales où elles s'expriment aisément".

"Le chômage et le manque de postes répondant à leurs profils orientent leurs choix préférentiels dans le commerce qui reste très lucratif", ajoute Touhami.

Le taux de chômage en Algérie est estimé à 17 pour cent dont 52 pour cent sont des femmes, selon l'Office national des statistiques.

Dans l'entreprise, les femmes représentent 9,1 pour cent sur un total d'environ un million de commerçants en Algérie, selon les statistiques du CNRC.

Même si les femmes sont engagées dans plusieurs branches, certaines activités demeurent encore exclusivement masculines, comme la sidérurgie et l'industrie lourde. "Ce sont des activités non conformes à la constitution physique des femmes", explique l'avocate Illoul.

Les femmes exerçant dans le commerce de détail avoisinent les 59 pour cent alors que dans le gros, elles sont estimées à 3,6 pour cent, selon le CNRC.

Parmi les activités de sociétés dirigées par des femmes, 36 pour cent concernent les services; 26,5 pour cent touchent la production industrielle; et 17,4 pour cent sont liés à l'importation. Et 17 pour cent des femmes exercent dans l'import-export, selon le CNRC.

Le Centre de recherche en économie appliquée et développement, basé à Alger, souligne que les femmes s'intéressent beaucoup moins aux transports, aux industries des lièges et des mines, et à l'agriculture.

Pour le financement des projets des femmes, les banques algériennes ne marquent aucune différence. "Les banques ne sont régies par aucune loi de nature à traiter différemment les cas de femmes par rapport aux hommes'', indique à IPS, Lahcene Aziz, un cadre à la Banque de développement local en Kabylie. ''En tant que personnes physiques, elles jouissent des mêmes droits que les hommes dans le financement de leurs projets". (FIN/2006)

shadok
04/10/2007, 21h34
le nationalisme et l'ouverture économique ne sont pas incompatibles

Je suis d’accord avec toi que les pays industrialisés font quelques fois du protectionnisme pour protéger leur production. On ne peut pas se comparer avec le Japon ou la Chine qui eux ont des entreprises performantes et essayent de les protégées.

Moi, je dénonce cette attitude de certains de nos patrons incompétents qui se cachent derrière le nationalisme et le patriotisme. Comme ceux qui s’opposent, soit disant par nationalisme, aux accords d’associations avec l’EU. La vérité est qu’ils ont peur du libre échange alors qu’ils devraient se préparer en mettant à niveau leurs entreprises comme le font nos voisins.

thorstein
04/10/2007, 21h53
je suis d'accord avec toi shadok, apres pour les accord d'association, faut voir si c'est benefique ou pas, la tunisie c'est bien fait avoir avec ça, d'ailleurs c'est les européens qui proposent tu crois qu'ils le font par bonté ?
les accord d'association faut les faire que si l'algérie y gagne, et faut pas oublier qu'un pays qui se developpe protege ses entrerprises (sauf les japonais car ils sont patriotes et n'achetent que des produits made in japan, ce qui n'est malheureusement pas le cas des algériens).

shadok
04/10/2007, 22h18
Les accords de libre échange avec l’UE sont irréversibles. Au tant se préparer et profiter des programmes et aides pour mettre à niveau nos entreprises.

thorstein
04/10/2007, 23h01
"Les accords de libre échange avec l’UE sont irréversibles. Au tant se préparer et profiter des programmes et aides pour mettre à niveau nos entreprises."

non je prefere qu'on fasse un accord que si c'est benefique pour nous, je veux pas qu'on fasse comme la tunisie qui s'est précipité et qui ne gagne rien dans cette histoire.
sinon un accord de libre échange c'est pas un programme d'aide, les européens sont là pour vendre leurs produits pas pour faire de l'humanitaire, il n'y aura pas de programmes d'aides,faut pas croire au pere noel.

shadok
04/10/2007, 23h35
non je prefere qu'on fasse un accord que si c'est benefique pour nous

Nous n'avons pas le choix. L'accord d'association avec l'UE a été signé et il est entré en vigueur. Il comporte plusieurs volets : mise en place d’une zone de libre-échange, investissement direct étranger (IDE), partenariat avec les PME / PMI, coopération industrielle, coopération universitaire/scientifique/technique et d’autres aspects politiques et sociaux.

Certes avec la situation actuelle de nos entreprises défiantes, nous sommes désavantagés avec le libre échange. Mais il y a beaucoup d’avantages dont nous pouvons en tirer profit comme l'aide à la mise à niveau des PME/PMI.

thorstein
04/10/2007, 23h47
"Certes avec la situation actuelle de nos entreprises défiantes, nous sommes désavantagés avec le libre échange. Mais il y a beaucoup d’avantages dont nous pouvons en tirer profit comme l'aide à la mise à niveau des PME/PMI."

le libre echange aurait été interessant à condition de deux choses
la 1ere que certains secteurs ne soient pas concernés (agriculture par exemple)
la 2è que l'algérie doit tout faire pour permettre l'installation d'entreprises chez elles et pas les décourager comme elle fait.
sinon pour la mise à niveau des pme c'est de l'hypocrisie et ne veut rien dire, on peut le faire sans libre echange, la mise a niveau signifie des contrats qu'on va payer.
donc en resumé, ce qui me dérange le plus, c'est qu'il faut proteger certains secteurs clés comme l'agriculture, sinon on est d'accord dans les faits, mais il faut aussi que l'algérien soit plus patriote, c'est à dire que quand il a le choix, il doit prendre le produit algérien et ça on en est bien loin.

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