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Voir la version complète : Gamal Al Banna (Ecrivain et penseur égyptien)


BARDO
06/10/2007, 11h54
Cet intellectuel au fait de la religion a toujours eu un discours decale et courageux par rapport aux institutions islamiques. A decouvrire aussi car ca nous change un peu d'un certain discoure religieux.

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« Nos intellectuels ont laissé le terrain de la religion au seul Azhar »
Du haut de ces 88 ans, Gamal Al Banna, frère cadet du fondateur des Frères musulmans, Hassan Al Banna, continue inlassablement de publier livres et chroniques de presse pour faire entendre « une voix humaniste musulmane ».


On s’adresse généralement à vous comme à une « voix éclairée » de l’Islam, mais bien avant de vous intéresser à l’écriture sur la religion, vous étiez considéré comme un spécialiste des mouvements syndicaux en Egypte, comment passe-t-on du syndicat à la religion ?

Depuis tout petit, dans mes lectures, je me suis toujours intéressé aux groupes marginalisés, comme les femmes, les travailleurs, mais aussi aux systèmes politiques, etc. Pour moi, le mouvement syndical est parmi les plus importants mouvements qui ont influencé les sociétés modernes. C’est pourquoi je m’y suis intéressé non seulement pour l’étudier, mais en plus, je me suis spécialement fait syndiquer comme travailleur dans une usine de textile dans les années 1950 pour vivre vraiment l’expérience de l’intérieur. J’avais demandé à un ami de me recruter comme employé dans son usine et je me souviens encore de la surprise des autres travailleurs à mon arrivée, j’étais un petit jeune intellectuel maigrelet aux grosses lunettes, mais j’ai fini par faire mon chemin et j’ai été élu à plusieurs reprises délégué syndical. Après cette expérience, j’ai beaucoup écrit sur le mouvement syndical égyptien, j’ai aussi traduit de nombreux livres de l’anglais qui n’étaient pas encore disponibles en arabe, je voulais que les travailleurs égyptiens puissent lire les expériences syndicales en Angleterre, aux Etats-Unis, en Union soviétique.

On entend souvent dire au Caire qu’avant d’être devenu un « musulman réformiste », vous étiez d’abord un militant de gauche, est-ce vrai ?

Non jamais, j’ai d’ailleurs quitté le syndicat du textile à cause des heurts que j’avais avec les militants communistes. Ils étaient nombreux à ne voir dans le syndicat qu’un moyen de renforcer leurs visées partisanes. Et puis, je reproche aux socialistes leur dogmatisme et l’absence de liberté. D’un autre côté, les militants islamistes détestent les syndicats, pour eux, ce sont des « excroissances de Satan ! » Je me suis opposé à eux en cela, pour moi, le syndicat est au cœur de l’Islam et c’est pourquoi j’ai écrit un livre qui m’est très cher et qui s’intitule Le mouvement syndical, un mouvement humaniste.

Vous n’avez jamais donc été, comme fréquemment rapporté par les médias, ni militant de gauche ni militant islamiste ?

Les gens de gauche ressemblent à des « étrangers » au sens camusien dans leur société, je ne leur reproche pas de ne pas être croyants ou musulmans. On peut contribuer à changer nos sociétés sans être musulman, mais eux, souvent, ils ne prennent pas en considération la dimension religieuse dans nos sociétés qui est une donnée incontournable, fondamentale. D’un autre côté, les islamistes, eux, prennent leur société à contre-courant. Ce que je leur reproche, c’est qu’ils ne reviennent pas au Coran et au Prophète, mais seulement à leurs chouyoukh, leurs imams, les fuqaha qui ont posé les fondements du droit musulman, du hadith et du tafsir entre les IVe et VIe siècles de l’Hégire, il y a de cela plus de mille ans, c’est une aberration. Mais ce ne sont pas seulement les militants politiques islamistes qui font cela, c’est toute la région arabo-musulmane qui aujourd’hui macère dans une pensée salafie et se comporte comme telle. Si aujourd’hui quelqu’un disait qu’on devrait créer une cinquième école de pensée musulmane et non pas s’en tenir aux quatre madahib existant, ou que la classification des hadiths par Ibn Hanbal par exemple n’est pas bonne, c’est un tollé qui se lève !

Pourtant n’est-ce pas votre propre père qui a accompli un travail de toute une vie à rendre « lisible » le recueil de hadiths d’Ibn Hanbal ?

Oui oui, les voici d’ailleurs, ce sont tous ces volumes que vous voyez là, et c’est un paradoxe dans la famille, mon père a passé 35 ans à travailler sur le recueil (musnad) d’Ibn Hanbal, ordonné selon les noms des transmetteurs au IIIe siècle de l’Hégire et laissé en friche depuis. Mon père les a classés selon les thèmes et les catégories du fiqh, en a écrit le commentaire, extrait les statuts légaux, etc.

Mais vous-mêmes dites souvent préférer ne pas vous référer aux hadiths…

Oui, parce que de très nombreux hadiths ont été fabriqués de toutes pièces, c’est une vérité historique, ils ont commencé à être écrits en 150 Hégire, à savoir près de 100 ans après la mort du Prophète, transmis oralement, ce qui est à l’évidence un vrai problème. Ce qui nous ramène à la manière avec laquelle l’Islam est pensé aujourd’hui, il est tout de même incroyable que l’on façonne aujourd’hui sa pensée sur celle de gens morts il y a plus de 1000 ans. C’est de la pure arriération ! C’est une pensée fossilisée. D’autant que la raison est négligée alors que l’on devrait tout bâtir sur la raison. Moi je dis haut et fort que nous ne devons pas nous sentir liés, noués par les dires de tous ces imams. Revenons au Coran sans nous sentir chevillés aux tafassir.

Mais qu’est-ce qui, selon vous, explique cette « fossilisation de la pensée religieuse dans les pays arabes » ?

Ceux qui nous parlent de l’Islam, ce sont les Azharis, les ouléma d’Al Azhar, l’église musulmane ! Il n’y a qu’à voir que maintenant ils exigent que leur apparat leur soit spécifique et que personne d’autre qu’eux n’ait le droit de porter « l’habit azhari ». Eh bien, ça y est ! ça veut dire qu’ils sont devenus des prêtres, des évêques... Ceux qui ont étudié à Al Azhar y sont tombés depuis leur enfance, c’est comme cela qu’ils ont appris l’Islam et c’est comme cela qu’ils l’enseignent, ils n’ont jamais rien appris d’autre ni lu d’autres livres que ceux des fuqaha. Ils n’ont pas cherché à étudier pour savoir comment cette humanité avance, eux n’ont lu que des livres de théologie et l’enseignent. Alors quand ils montent dans une voiture ou dans un avion, ils disent la prière du voyageur : « Sobhane alladhi sakhara lana hada » (Loué soit Dieu qui a mis cela à notre disposition, ndlr) (rires)…

Mais Al Azhar a plus de mille ans d’histoire, et n’a pas toujours été ce fossile que vous évoquez…

Si, si, Al Azhar a toujours été comme ça, et puis mille ans c’est justement un problème, c’est beaucoup ! Surtout parce que c’est un symbole millénaire du conservatisme et non pas une institution où s’opère le renouvellement. Al Azhar a pu avoir quelques prises de position intéressantes au courant de l’histoire, mais cela a été sur des événements historiques. Pour ce qui est de la production de pensée, il est totalement pétrifié. Il faut dire aussi que d’un autre côté, notre intelligentsia s’est condamnée par son identification à la culture européenne, son ignorance de notre culture musulmane. Moi, je leur dis : venez lire sur l’Islam, il y a des tonnes de livres disponibles, mais il y a un problème, c’est que s’ils le faisaient, ça voudrait dire qu’ils entrent en conflit ouvert avec Al Azhar qui est puissant et allié du pouvoir. Nos intellectuels préfèrent donc éviter cette bataille et parler seulement de « créativité » comme ils disent et de « modernité ». Et puis, eux aussi ont fini par être alliés du pouvoir, il leur a confiés les organes des médias, etc., et ils sont devenus au service du pouvoir. Du coup, seul Al Azhar parle d’Islam. Ils en ont fait un monopole. Ce sont là les raisons de la crise, de l’enfermement, de la fossilisation de la pensée musulmane, notre intelligentsia a refusé de pénétrer le débat et laissé le terrain au seul Al Azhar qui est un allié du pouvoir.

Il est aussi arrivé que des intellectuels ou universitaires égyptiens ont été férocement attaqués par Al Azhar…

Oui, c’est vrai, ils ont attaqué tous ceux qui ont présenté des idées quelque peu rebelles. Mais malheureusement beaucoup de ces intellectuels ont fini eux-mêmes par rentrer dans les rangs au bout d’un moment.

Mais Al Azhar peut-il être la même source de problèmes dans des pays autres que l’Egypte ?

Oui, parce qu’il représente aujourd’hui une autorité dans le monde musulman. Et à sa périphérie, il y a les islamistes qui eux ne bâtissent par sur l’homme, mais ont construit toute leur pensée sur « foulan a dit et foulan a dit ». Alors que l’homme doit être l’objectif, le but. Les religions ne sont que des moyens, et pour moi, l’humanisme est inséparable de l’esprit de l’Islam. L’un de mes premiers livres, en 1946, s’intitule Nouvelle démocratie, un livre politique dans lequel j’interpelle les Frères musulmans en ces termes : « N’ayez pas foi en la croyance religieuse, mais ayez foi en l’homme. » C’est ce que je disais en 1946, et je continue à le dire aujourd’hui.

Quelle a été votre relation avec la confrérie des Frères musulmans avant la mort de votre frère ? Et qu’en est-elle aujourd’hui ?

Aujourd’hui, je n’ai absolument aucun lien avec les Frères musulmans, la seule relation que j’ai eue avec eux date du temps de Hassan Al Banna, pendant les années 1940, et ceux que j’ai connus à cette époque-là sont tous morts. Mais je n’ai jamais été membre, parce que j’ai toujours été très indépendant, et parce que j’avais aussi des réserves sur la pensée des Frères musulmans en dépit du fait que j’étais très proche de l’oustad El Banna, que Dieu ait son âme.

Daïkha Dridi.
In El Watan 06.10.07

seiya
07/10/2007, 13h11
C'est l'un des penseurs le plus courageux de l'islam aujourd'hui. Malheureusement ces idées restent marginales chez les musulmans qui préfèrent vivre dans la peur et les contradictions.
C’est trop tôt pour eux.

mkh
07/10/2007, 14h00
Un petit rigolo dont l'Etat égyptien a profité de la renommé de son père et de son frère pour en faire un contre exemple crédible et un légitimateur de la politique de Mubarak. "Regardez le propre frère de Hasan al Banna fondateur des frères musulmans et enfant d'un grand muhaddith dit que les ahadith c'est de la connerie..." Un peu dans le genre de suhayb bencheikh et tout ce petit monde de petites pointures inféodées aux tyrans arabes.

ma_oz
07/10/2007, 15h18
mkh

"Regardez le propre frère de Hasan al Banna fondateur des frères musulmans et enfant d'un grand muhaddith dit que les ahadith c'est de la connerie..." Un peu dans le genre de suhayb bencheikh et tout ce petit monde de petites pointures inféodées aux tyrans arabes

tu ne pense pas que si il y a autant de monde qui polemiquent au sujet des hadiths, c'est qu'il faut etre attentif a ce qu'ils disent?

Aouioucha
07/10/2007, 15h47
Mais vous-mêmes dites souvent préférer ne pas vous référer aux hadiths…

Oui, parce que de très nombreux hadiths ont été fabriqués de toutes pièces, c’est une vérité historique, ils ont commencé à être écrits en 150 Hégire, à savoir près de 100 ans après la mort du Prophète, transmis oralement, ce qui est à l’évidence un vrai problème. Ce qui nous ramène à la manière avec laquelle l’Islam est pensé aujourd’hui, il est tout de même incroyable que l’on façonne aujourd’hui sa pensée sur celle de gens morts il y a plus de 1000 ans. C’est de la pure arriération ! C’est une pensée fossilisée. D’autant que la raison est négligée alors que l’on devrait tout bâtir sur la raison. Moi je dis haut et fort que nous ne devons pas nous sentir liés, noués par les dires de tous ces imams. Revenons au Coran sans nous sentir chevillés aux tafassir.

ENFIN quelqu'un de sensé ! qu'on on voit les dérives issues de sois-disant hadiths....

seiya
07/10/2007, 18h24
Un petit rigolo dont l'Etat égyptien a profité de la renommé de son père et de son frère pour en faire un contre exemple crédible et un légitimateur de la politique de Mubarak. "Regardez le propre frère de Hasan al Banna fondateur des frères musulmans et enfant d'un grand muhaddith dit que les ahadith c'est de la connerie..." Un peu dans le genre de suhayb bencheikh et tout ce petit monde de petites pointures inféodées aux tyrans arabes.

Un petit rigolo? Tu dis ca pour avoir l'air intelligent? Une personne qui utilise son cerveau et ses connaissances est un rigolo? connaissances que d'ailleurs tu n'aurais pas meme en passant ta vie a etudier.
Tes histoires avec l'etat egyptien prouve bien qu'on est pret a inventer n'importe quoi pour ne pas reflechir. Pour ne pas voir les vrais origines des problemes.
Du calme l'ami tu ne sais pas de qui tu parles.

zwina
07/10/2007, 18h36
Exact, Gamal Al Banna est un grand savant qui n'a pas peur de dire des vérités qui fachent aux perils de sa vie car ses positions contre les fanatiques qui demontent tous leurs arguments, inventés pour terroriser et controler le monde musulman, lui ont valu bien des ennemis.

karimbarbu
22/10/2007, 21h41
waw , quel grand homme est ce Gamal Al-Banna pour qu'un topic lui est consacré !!

enfait, pour les amoureux de ce pseudo-Moufti
il a toléré aux fumeurs de claquer trois ou quatre clope durant les journées du RAMADAN ... il a clairement dit que la Cigarette ne casse pas le jeune ..
c'est HARRACHI qui va etre content de cette Fatwa :mrgreen:

en plus du Hijab, j'ai entendu dire (sans confirmation) qu'il a abolie les 5 prières de l'Islam
qui peut me confirmer cela ?

absente
22/10/2007, 21h43
Bonsoir,


juste une question, son fils n'est pas Tariq Ramadan ?

zwina
22/10/2007, 21h44
Non pas du tout, il est le frère du grand père de Tarik Ramadan ;)

zwina
22/10/2007, 21h45
Tu peux nous poster où et quand il aurait dit cela ?






et bon retour ;)

absente
22/10/2007, 21h46
Merci Zwina il me semblait bien qu'il était parenté avc lui ;)

karimbarbu
22/10/2007, 21h47
Ibtissem13

Saha Aidek :)

Tarik Ramadan est le petit fils de Hassan al-Banna, (fondateur du mouvement Al Ikhwan en Egypte)

Donc, ce Gamel Al banna est l'Oncle de la mère de Tarik Ramadan,

c'est étrange qu'une lignée peut contenir un si grand personnage que fut Hassan Al banna, et un remarquable cerveau qui est Tarik Ramadan, et au même temps un Rigolo comme Gamal Al banna !!!

zwina
22/10/2007, 21h48
C'est là où tu devrais te dire que tes propos ne sont peut être pas justifiés car Gamal al Banna est loin d'être un rigolo....

absente
22/10/2007, 21h51
Karimbarbu

Saha aidek à toi aussi.;)
Merci de m'avoir informé.

karimbarbu
22/10/2007, 21h51
Salam ou Alyki et Azul Zwina

Tu peux nous poster où et quand il aurait dit cela ?

j'ai lu ça en détail (avec les arguments détaillé que Gamal a avancé) dans un journal arabophone Algerien,
et puisque la question a soulevé quelque réactions il est facile dy trouver trace sur le net,
je vais chercher et je posterai ça incha Alah

Ps: j'ai dis "quelques reactions" parc que la question n'a pas fait un grand bruit, ...Gamal Al banna n'est pas habilité à la Fatwa pour la totalité des savnts musulmans, alors ses Fatwa ne sont pas reconnues officiellement

karimbarbu
22/10/2007, 21h56
Zwina,

je dis Rigolo parce que il considere que la façon de pratiquer l'Islam de nos jour est "créée" il y a mille ans par un certain Ibn Taymiya !!
ce qui est catoriquement Faut

je dis Rigolo parce qu'il n'est pas habilité (selon les norme de la science du Fikh) à prononcer des Fatwa mais il en fait quand même ... je rappelle qu'il existe des normes et des lois a respecter pour être un Moufti

je dis Rigolo parce que il me prend pour un Con, etant un Croyant qui tire ses croyance du Claire du Coran et du Sunne, et il pretend qu'il a compris ce que les Touuuuuuuuuut les savants musulmans n'ont pas pu comprendre ..

c'est un rigolo quoi ....

Voila mes argument

maintenant apporte les tienne pour confirmer qu'il est si grand

zwina
22/10/2007, 21h56
Faux car par sa lignée et son éducation, il est bel et bien un savant exegète du Coran même si cela déplait aux intégristes et pseudo savants qui ne peuvent prétendre à un tel enseignement car il a exactement le même parcours que son frère Hassan sauf que l'un a penché pour ibn Tamya et l'autre pas.

zwina
22/10/2007, 21h59
Pour ibn Tamya il a bel et bien raison et cela a déjà été démontré.

Pourrais tu nous enumérer les normes et lois à respecter pour être Mufti ?


ps : tu sembles oublier que nous avons déjà débattu de ce savant mais tu étais plus respectueux car nul ne peut garantir que tu as raison et pour l'instant les arguments que tu avances sont totalement erronés.

karimbarbu
22/10/2007, 22h01
enfin, ..Hassan Al banna lui, il n'a jamais etait un Moufti
il a éditer des livre sur la téologie en suivant la même idée de ses precesseurs savants sunites
il a fait des reformes Politiques
mais pas de Fatwa ...

Gamal Lui, ce n'est pas les fatwa biaisée qui manquent chez lui,
il approte des argument tirées par les cheveux,
reseigne toi sur la Fatwa de la Cigarette au ramadan et analyse ses arguments , je te le jure que ça existe ;)

zwina
22/10/2007, 22h14
Puisque tu te flattes d'être un frère musulman alors voici l'interview de Gamal al Banna à ce sujet, lui est toujours un frère musulman mais un vrai pas un falsifié :

La dernière polémique sur les caricatures du prophète est l'illustration de cette incompréhension ?
Pas seulement. La polémique illustre aussi l'ignorance et l'aveuglement qui frappent d'un côté comme de l'autre. Le contexte et l'arrière-plan politiques ont joué un rôle important dans cette affaire, et on l'oublie trop souvent. D'un côté, il y a l'actualité du terrorisme et le besoin impérieux (pour les victimes et les cibles) de désigner les coupables et de mettre hâtivement des étiquettes. Pour notre part, on oublie que le journal qui a diffusé les caricatures en question est connu pour être proche de la droite danoise qui affectionne tant les étiquettes justement. Il est dramatique de croire que c'est une nouvelle guerre de l'Orient contre l'Occident (terrorisme), ou vice-versa (caricatures du prophète).

Au passage, la polémique repose la question de la représentation du prophète. Au moment où tout est représenté, même Dieu, le prophète pourra-t-il raisonnablement continuer de faire l'exception ?
La vraie question est de régir les équilibres personnels, et collectifs, entre libertés et restrictions. Ce n'est pas si simple. En ce qui nous concerne, nous sommes pour la liberté d'abord. Mais comment faire en sorte que cette liberté ne conduise pas au dérapage, à la provocation mal intentionnée, à l'insulte pure et simple ? Les lois organiques peuvent résoudre en partie le problème. Sinon, dans l'absolu, chacun doit rester libre de déclarer sa foi, ou de la renier.

Renier sa foi, en terre d'islam, est un acte illégal. Que devient la liberté ?
La liberté se gagne aussi. C'est une question d'ijtihad personnel. Je vous rappelle que dans les années 1930-40, des chercheurs ont critiqué et remis en cause un certain nombre de dogmes. Quelqu'un comme Ismaïl Adham est allé jusqu'à publier un ouvrage de qualité : Pourquoi je suis athée (limada ana moulhid).

Votre discours cadre mal avec l'image des Frères musulmans, en Egypte comme au Maroc…
Je ne représente pas la confrérie. Et puis laissez-moi vous dire que, du temps des Frères musulmans et de leur développement, c'est-à-dire dans la première moitié du 20ème siècle, l'Egypte vivait une véritable explosion culturelle, artistique, etc.

L'Egypte des arts ne maîtrisait pas son destin puisqu'elle était sous occupation “occidentale”. La libéralisation n'était-elle pas le fait de l'occupant britannique ?
Elle était surtout le fait de la rue. Et la rue subissait l'influence grandissante des Frères musulmans. C'est le nassérisme, qui allait plus tard s'emparer de l'Egypte, qui a tout cassé, par une vague de répression et une campagne de diabolisation des Frères musulmans. C'est de là qu'est parti le malentendu qui assimile l'expression frère musulman à un terme péjoratif, forcément rétrograde.

Revendiquez-vous l'héritage de Hassan Al-Banna ?
L'œuvre d'Al-Banna a été en adéquation avec son époque. Le problème, c'est qu'elle a été diabolisée par la suite. Et c'est le double résultat de la répression politique qui s'est abattu sur les Frères musulmans, mais aussi du fait que Hassan Al-Banna n'a pas laissé beaucoup d'écrits. On ne refait pas le monde, mais l'enseignement originel d'Al-Banna, l'approfondissement de la connaissance de l'islam, sa philosophie de vie, sa véritable raison d'être, ses limites aussi, tout cela continue d'être défendu, même minoritairement, y compris chez les Frères musulmans.

L'influence des Frères musulmans n'a-t-elle pas enfanté, partout dans le monde arabo-musulman, l'idée de gouverner par l'islam ?
C'est une aberration. Hassan Al-Banna (ndlr frère aîné de Gamal Al-Banna) était un homme de contre-pouvoir, pas de pouvoir. Son action avait une portée sociale, pédagogique ; il était presque soufi. L'exercice du pouvoir ne l'a jamais intéressé. Mais il a été assassiné trop tôt, et beaucoup de malentendus ont diabolisé, depuis, le concept fondateur de sa philosophie. C'est le fanatisme politique et la répression, qui ont radicalisé, en face, la réaction des Frères musulmans et de ceux qui s'en réclament. C'est une conséquence aujourd'hui palpable, au-delà de l'Egypte, en Arabie Saoudite et d'autres pays musulmans.
Et la séparation des pouvoirs religieux et politique, dans le monde musulman ?
C'est une nécessité absolue. Elle est compliquée à obtenir étant donné la collusion avérée entre les régimes et les élites religieuses conservatrices. Le pouvoir corrompt, c'est une vérité universelle, même quand il est exercé par une autorité religieuse. C'est comme un feu qui brûle tous ceux qui s'en emparent. Le pouvoir, la notion d'Etat et de gouvernance ont toujours été liés à une forme d'impérialisme. Quand on examine l'histoire du monde arabo-musulman, on se rend compte que les foqaha ou savants religieux ont toujours composé avec l'Etat, et c'est l'Etat qui a progressivement pris le dessus en instrumentalisant à son tour la religion et les religieux. C'est cela qui explique, comme je l'ai déjà dit, la régression, au fil des siècles, des libertés en terre d'islam.

Les idées d'un islam différent que vous prônez ne sont pas très répandues. Pourquoi ?
Parce que les officiels politiques et religieux verrouillent l'espace dévolu à l'expression. Aujourd'hui, quand je me déplace, je suis rarement sollicité par les télévisions arabes. Forcément cela réduit l'impact de nos idées. Mais nous continuons d'exister à travers nos moyens et nos réseaux propres. Nous avons par exemple notre propre maison d'édition et nous organisons des cycles de conférence. Nous luttons ainsi depuis plus de 40 ans, Al-Azhar (ndlr référence religieuse en Egypte) commence à lâcher du lest, mais c'est toujours le conservatisme figé qui l'emporte.

Aurais tu la pretention de connaitre Hassan al Banna mieux que son propre frère ?

karimbarbu
28/10/2007, 19h33
Salam et Azul Zwina

ça aurait pu être plus sensé de poster le site duquel tu as tiré ce Copie/collé !! mais bon

Parlons de Hassan Al banna, si cette interview est vraiment authentique, il aurait pu mentionner le fait que Hassan Al banna a été le disciple, dont il a tirer ses principes reformatrices politico-religieuse, d'un grand personnage réformateur égyptien ce fut le Cheikh Mohammad Rachid Redha l'éditeur du magazine AL-MANAR, et que fut a son tour le disciple de l'éminent Cheikh Mohammad Abdou et la chaine continue...

aussi, cette interview ne rapporte rien de précis sur le fait que les idées de Hassan Al banna furent "modifiés" par X ou Y après son assassinat , Or que ses disciples et ses hommes de mains ont survécu aux supplices qui leurs ont été infligés par le pouvoir de Abd Annaser ..
Donc, on ne peut pas prétendre que les idées et les principes qui ont poussé Hassan Al banna à agir ont été pervertit ou modifié par l'état !!!

si non, Gammal a banna a beau d'avancer des arguments infondés comme quoi c'est le pouvoir politique et religieux qui l'étouffent...mais la vérité est à la porté de tout le monde, et les idées de ce bouffon sont tout à fait à coté de la plaque du sens initial que l'Islam a rapporté ..

je me demande aussi que pense Tarik Ramadan sur cette interniew .!!!

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