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Voir la version complète : Les Kabyles (Zouaoua) viennent-t'ils du Rif (Tar'zouth) ?


Amazigh_Narif
30/11/2003, 15h47
Les deux fractions de Tar'zouth sont constamment en guerre entre elles. Cette haine, entre gens issus d'une même origine, provient des meutres fréquents dont les hommes de deux fractions se rendent tour à tour coupables. Très susceptible, très sauvage, le Tar'zoutien, s'irrite pour un mot et frappe mortellement quiconque l'injurie ou même me contredit. Berbère de race et de langue, il a les trait réguliers, la taille moyenne. Ses moeurs sont dissolues. le voisinage des Djebala (Berbères du Rif arabisés au 17e siècle), la grande Sodome du Maroc, lui a donné des passions contre nature.

Le Tamazight, dialecte berbère parlé par les Tar'zouthiens, est un peu différent des autres idiomes du Rif. Il se rapproche beaucoup du Zouaoua de la Grande Kabylie.

Une légende, rapportée de là-bas par le derviche, prétend que les Zouaouas algériens sont originaires de Tar'zouth même, et qu'ils ont émigré vers le Djurdjura à une époque lointaine.

D'ailleurs, de nos jours encore, le Tar'zouthien et le Zouaoua se livrent aux mêmes travaux, aux mêmes métiers.
Tous deux fabriquent des armes, tous deux sont colporteurs.

Si beaucoup de Zouaouas commencent à parler l'arabe, en revanche les gens de Tar'zouth ne savent pas un mot de cette langue. On trouve chez eux, paraît-il, des ouvrages rédigés en berbère, entre autres une traduction de Sidi-Khelil et du H'adith. Leur littérature nationale se compose uniquement de contes populaires et de poésies.

Presque tous les Tar'zouthiens sont armuriers. Ils fabriquent en grande quantité de ces longs couteaux analogues aux poignards kabyles. Quelques charpentiers et menuisiers savent faire de beaux coffres, de grands-plats de bois (gaçà), des charpentes, etc...

De même que leurs frères du Djurdjura, les gens de Tar'zouth colportent dans les autres tribus des noix, de l'écorce de noyer pour blachir les dents, des amandes, des fuseaux, de la poudre et des balles.

Les Tar'zouthiens préfèrent mourir de misère sur leur minerai d'or que de compromettre leur chère liberté.


Auguste Mouliéras.

Extrait de l'ouvrage "Le Maroc inconnu" : 22 ans d'explorations dans cette contrée mystèrieuse, de 1872 à 1893.

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