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Voir la version complète : Marasme des importateurs de la pièce détachée usagée automobile en Algérie


morjane
05/11/2007, 13h34
Les importateurs et commerçants en pièce détachée usagée automobile en Algérie comptent entamer une action commune contre les mesures qui restreignent leurs activités depuis quelque temps.

En effet, les mesures restrictives prises par l’administration des Douanes, visant à interdire l’importation des pièces détachées usagées automobiles comme les suspensions, les directions, les carrosseries et les moteurs ont fini par étouffer la profession.

Une telle situation ne manquera pas d’avoir des répercussions graves qui profiteront à certains lobbys de la pièce détachée, estime-t-on dans les milieux de la profession.

A Oran, dans le quartier de Bastille où prolifèrent les boutiques spécialisées dans la pièce détachée, plusieurs magasins ont déjà baissé rideau et le risque de complication quant à la rareté de la pièce détachée et l’augmentation des prix pratiqués sur le marché n’est plus à écarter.
Cela est d’autant plus réel que le parc automobile a connu une forte évolution.

A qui profite une telle situation ?

Dans une correspondance adressée au président de la République, quelque 200 commerçants de cette activité importante énoncent les multiples contraintes. «Il existe des velléités certaines de mettre un terme à notre activité d’importation et de vente de la pièce détachée usagée», note un représentant de la profession qui compte s’organiser en association afin de mieux défendre ses intérêts. C’est au niveau du port d’Oran que les commerçants sont les plus vulnérables et supportent le plus de désagréments et de contraintes de la part des agents de l’administration douanière, surtout avec les récentes obligations de déclarer sur l’honneur sur une attestation dûment signée par le commerçant de ne rien importer et de déclarer toutes marchandises en sa possession. Cela alors que les mesures coercitives vont jusqu’à la saisie du véhicule et de la marchandise avec le paiement d’une amende équivalant à la valeur de la marchandise saisie sans compter les peines d’emprisonnement de deux à six mois qui pourraient être retenues contre eux.

Des mesures qui criminalisent la profession de commerce et d’importation de la pièce détachée usagée automobile qui s’acquitte de ses taxes et impôts et de toute la batterie fiscale. «Nous ne sommes pas des trabendistes pour nous imposer ces mesures. Nous importons la pièce détachée d’origine, même si elle est usagée. Or, le marché grouille de pièces détachées taïwanes. Pourquoi ne pas y mettre un terme ? Pourquoi ne les bouscule-t-on pas ? Sont-ils si puissants que ça à telle enseigne qu’ils veulent nous bloquer. Nous savons que la pièce détachée d’origine est très chère. Mais, nous, on importe la pièce d’origine. Même si elle usagée, elle fonctionne mieux que celle taïwane», notent les commerçants de la place de la Bastille.

Ces derniers estiment qu’il existe dans le pays des villages entiers dédiés à la pièce détachée usagée, comme c’est le cas dans l’Algérois ou encore dans l’Est (Tadjenet). «Va-t-on les supprimer et mettre au chômage des centaines de familles ?» s’interroge-t-on.

En attendant que les autorités douanières daignent bien les recevoir à Oran, les commerçants de la pièce détachée usagée automobile espèrent décrocher une audience auprès du président de la République.

Par La Tribune

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