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Voir la version complète : La Religion


Avucic
25/12/2003, 00h45
Avec tous les respects que je dois à tous et de quelque confession que vous soyez, de grâce n'interprétez pas ce qui suivra.

Je constate que plusieurs parlent de religion, font des commentaires, critiquent, ou condamnent. Dans presque tous les articles, le message semble traduire une attaque/défense de la religion qui me laisse perplexe. Pourtant la majorité réclame la démocratie et peut être même la laïcité. Alors pourquoi s'attaquer ou défendre une religion si au départ on la voudrait du domaine du privé. Qu’elle soit donc du domaine privé et que la relation entre Dieu et son être reste sacrée et du domaine du secret. Qu'on ne s'y mêle pas.
Par contre je ne vois pas d'inconvénient de discuter les idées, par exemple la Religion a-t-elle sa place en politique ou en économie ou que sais-je? D'ailleurs je refuse d'aborder le sujet Religion car je concède que je ne trouverai jamais d'argument pour convaincre quelqu’un déjà gagné à sa foi.
Des exemples:
Essayer de convaincre un musulman que manger du porc ou de la viande non halal -même s'il boit de l'alcool - pourquoi, je ne cherche même pas à comprendre.
Idem pour un catholique: il ne comprendra pas pourquoi d'autres essaieraient de le convaincre que Jésus était un homme s'il accepte la notion de Trinité.

Je me trompe peut-être mais au niveau des religions, discuter ou mieux échanger des idées pour éclairer l'autre est souhaitable, mais critiquer ou condamner à cause de la religion ou la religion elle-même ne peut mener à mon avis qu'à des débats stériles.

Or, ce qu'il nous ce sont des échanges, des débats intéressants et enrichissants.

sheyla
26/01/2004, 00h26
Azul Avucic tu as parfaitement raison il ne faut jamais perdre confiance dans le bien et la paix.
Donc meme s'il existe qu'un seul Dieu,différentes religions et différents peuples peuvent coexister pacifiquement et se respecter mutuellement.
a chacun sa route et son cheminement personnel.
Amicalement sheyla 8)

alamut
26/01/2004, 01h54
"Vous, hommes de religion, vous n'avez pas de pacte de stabilité ni d'emplois à défendre. Vous êtes plus libres que les responsables politiques, et pourtant on peine à vous entendre. Vous parlez du haut de vos montagnes. Or le monde souffre d'avoir trop de gestionnaires, pas assez de prophètes" : provocateur, le philosophe Régis Debray ne craint pas d'interpeller à la tribune Meïr Lau, rescapé des camps et ancien grand rabbin d'Israël, le métropolite Kyrill de Smolensk, hiérarque de la puissante Eglise orthodoxe de Russie et probable successeur du patriarche Alexis II, de hauts dirigeants de l'Eglise évangélique d'Allemagne, une armée de cardinaux de l'Eglise romaine, un ministre musulman de Turquie.

Le fondamentalisme, voilà l'ennemi. Mais le fondamentaliste, c'est toujours l'autre. Point de vue musulman : c'est l'effet de notre humiliation, d'un "conflit d'intérêt mondial maquillé en conflit religieux" (Mohamed Talbi, théologien tunisien). Point de vue catholique : "C'est le fruit du grand vide spirituel dans un monde sorti de Dieu" (Andrea Riccardi). Point de vue agnostique : "C'est l'insurrection des identités dans un monde qui cherche à les effacer" (Régis Debray).

L'opposition à la guerre en Irak - venue d'Al-Azhar, haut lieu de l'islam sunnite, ou du pape - a eu le mérite de démentir la vulgate de l'affrontement entre l'islam et le christianisme. Selon des religieux venus du Maghreb et d'Egypte, les masses musulmanes ont enfin compris que le christianisme n'était pas un tout et qu'il renâclait à ce qui peut être perçu comme des appels à la "croisade" d'un George Bush.

La marche du monde désespère les religions, mais elles n'en oublient pas leurs intérêts d'appareil. Qu'avons-nous appris de l'histoire ? demande le grand rabbin Meïr Lau. Cinquante ans après la Shoah, les juifs en sont toujours à réclamer une terre aux frontières stables et garanties. Cinquante ans après Hiroshima, le débat sur les armes non conventionnelles n'est toujours pas clos. L'ex-grand rabbin d'Israël se plaît à rappeler l'attitude de la Jordanie et de l'Egypte ("Si tu parles avec moi, tu ne tires plus sur moi"). Mais il n'a pas un mot de compassion pour les victimes palestiniennes, de condamnation pour la répression dans les territoires menée par un gouvernement dont il fut le haut fonctionnaire appliqué. Au point de s'attirer la réplique du cardinal français Roger Etchegaray, qui n'est pas suspect d'hostilité aux juifs ou à Israël : "Les déchirures dans la Ville sainte de Jérusalem sont plus insupportables qu'ailleurs. La Terre sainte n'a pas été faite pour qu'on y élève des murs, mais pour y faire régner la justice et le pardon."

Henri Tincq

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