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Voir la version complète : La stratégie industrielle en Algérie est irréaliste selon Abderahmane Mebtoul


nassim
19/12/2007, 01h06
“Le document du Gouvernement portant stratégie industrielle en Algérie est incohérent, irréaliste, non opératoire, sans aucune quantification précise et datée et son application qui est une pure expérimentation théorique après deux essais négatifs de restructuration en 2000 et 2004 par le même responsable ne peut que conduire le pays à l’impasse faute de vision stratégique tenant compte tant des mutations internes que mondiales”. Voila ce que pense M. abderahmane mebtoul, économiste et expert inernational et président de l’association pour les dé veloppement de l’économie de marché (Adem). Ici une reproduction de larges extraits de son intervention au cours d’un débat diffusé par la Chaîne 3 de la radio Algérienne.

Peut-on parler de stratégie industrielle en Algérie ?
En cette ère de mondialisation, il me semble erroné de parler de stratégie industrielle, ce qui supposerait une autonomie totale de la décision économique surtout pour un micro- Etat comme l’Algérie, alors que la tendance est aux grands ensembles d’où l’importance d’espaces économiques fiables maghrébin, euro- méditerranéen et arabo-africain, espace naturel de l’Algérie. On le constate quotidiennement à travers les fluctuations boursières au niveau du marché mondial, l’Algérie étant une économie totalement extravertie (les réserves de devises étant fonction du cours du brent et du cours du dollar pour les exportations à plus de 95% et plus de 60% de l’euro pour les importations) , des produits finis , matières premières , des équipements. C’est que l’on assiste à l’évolution d’ une accumulation passée se fondant sur une vision purement matérielle caractérisée par des organisations hiérarchiques rigides à une un nouveau mode d’accumulation fondé sur la maîtrise des connaissances et les nouvelles technologiques et des organisations souples en réseaux comme une toile d’araignée à travers le monde avec la domination des transnationales avec comme support l’élément financier et comme arbitrage le consommateur mondial et à un désengagement progressif de l’Etat de la sphère économique et de certains segments des services collectifs, existant des pays d’exception comme Cuba ou la Corée communiste du Nord avec l’urgence à la fois de l’Etat régulateur au niveau local et d’une régulation d’ensemble au niveau mondial. Nous avons des chaînes mondiales segmentées de production où l’investissement, en avantages comparatifs, se réalise au sein de sous-segments de ces chaînes.

Dès lors, n’est-il pas plus juste d’imaginer des stratégies d’entreprises comme moyen d’adaptation à ce monde en perpétuel changement, turbulent et dont l’environnement devient de plus en plus incertain d’où l’importance des prévisions et du management stratégique, donc de la maîtrise de l’information qui devient non plus le quatrième pouvoir mais le pouvoir lui-même. Car l’assainissement des entreprises publiques a coûté au Trésor public plus 36 milliards de dollars 1991/2005, 40 milliards de dollars US entre 1991/2007 et l’on y consacre encore 4 milliards de dollars dans la loi de finances 2008. Et l’on revient à la case de départ, les banques publiques étant malades de leurs clients les entreprises publiques, ce qui explique également, couplé avec l’inefficacité des dépenses publiques, l’importance de la dette publique intérieure estimée fin 2006 à plus de 1800 milliards de dinars, bien que l’on en ait épongé récemment 600 milliards la ramenant fin 2007 à 1200 milliards, ce qui démontre enfin que ce n’est pas une question de finances mais renvoie à l’urgence d’un réajustement de la politique économique et sociale algérienne.

source : Liberté

l'imprevisible
19/12/2007, 06h10
Mebtoul est un économiste de renom.

Je ne vois vraiment pas ce qu'attendent les incapables d'El Mouradia pour le recruter, au lieu de lire ses analyses on ferait mieux d'user de ses conseils et recommandations.


Décidément les étoiles du ciel illuminent la terre en se consument.

citoyen
19/12/2007, 09h48
>>>Je ne vois vraiment pas ce qu'attendent les incapables d'El Mouradia pour le recruter

Je ne suis pas sûr qu'il adhère à leur combines. Sur cet article, il emet une critique macro, une fois dans les arènes, il va subir un anévrisme voire une rupture.
Aujourd'hui il existe plusieurs centaines d'entreprises nationales assurant plus de la moitié du PIB, soumises théoriquement à la concurrence locale et étrangère, implique la mise en place des verrous et des perfusion pour maintenir l'activité. Or dans le même volet on pénalise les entreprises privées qui se retrouvent sans tuteur ni protecteur, voire dans beaucoup de cas, l'état se transforme en videur de boîte de nuit, assurant ainsi l'éjection des brebis galeuses du secteur privé. Celles qui ne respectent pas certaines "lois".
La corruption est entrain de tuer l'économie du pays, et elle va siffoner les réserves éphémères des dollars engrangés ces dernières années.
L'absence de stratégie a une raison, elle ne convient pas au modèle de gouvernance retenu par la nomenclatura, et si stratégie il y a, elle ne sera jamais conforme à une stratégie saine dans un pays sain doté d'institutions saines.

l'imprevisible
19/12/2007, 10h00
Je ne suis pas sûr qu'il adhère à leur combines.

C'est clair, je dis ça dans l'espoir de voir un jour les personnes qu'il faut là où il faut, exemple un économiste digne de ce nom à la place qui lui reviens.

J'apprécie les analyses de Mabtoul, mais il ne pousse pas sans audace jusqu'à bout.

Je reste très déçue par l'ouvrage qu'il a diriger "Enjeux et défis du second mandat du président Bouteflika" chez les éditions Casbah, Alger 2005.

Il n'est pas interdit d'espérer mieux que ce qu'on nous sert.

citoyen
19/12/2007, 11h39
Tout d'abord aidek Mabrouk à toi et à toutes les âmes charitables de ce site, avec un remerciement au passage à toute l'équipe de FA qui s'affaire à nos offrir ce libre espace de discussion.

Il est évident que le radar de Mabtoul ne pourra détecter rien d'autre que ce qu'il est capable de détecter dans son champ. Plusieurs élments lui passeront sous le nez ou seront hors de son champ magnétique.

Mais il faut espérer que les autres ceux qui détiennent les leviers, se réveillent et commencent à vivre au 21 siècle. Les stratèges algériens sont comparables à des banques qui avaient regardé les gens acheter des minicoffres forts pour y mettre leurs économies initialement planquées sous les matelas, au lieu de leur offrir des comptes bancaires dignes de ce nom assurant sécurité, confidentialité, liberté d'acces, avec par la suite, des DAB (la queue fait partie des US quotidiennes), assurances, et bien d'autres services à forte VA.
Enfin ce n'est qu'un exemple qui reflète la situation et la stratégie de nos décideurs.

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