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Voir la version complète : Le fret maritime, révélateur de tendance


l'imprevisible
20/12/2007, 21h44
Pétrole, céréales ou minerai : toutes ces matières sont de plus en plus chères à transporter. Les oscillations du fret maritime reflétant, à chaque fois, les turbulences en perspective dans les échanges mondiaux de matières premières.

Le marché du fret pétrolier a été le dernier à se réveiller. Après une année morose, il a connu une brusque hausse, la semaine dernière. Le cours moyen a bondi de 30 % pour atteindre son plus haut niveau depuis deux ans. La journée de voyage entre les côtes du Moyen-Orient et celles du Japon coûte 160 000 dollars, en ce moment, pour un tanker chargé de 300 000 tonnes de brut contre 40 000 dollars, seulement il y a un mois. Ces prix élevés pourraient très vite retomber : si la crainte du froid a précipité les commandes pendant la courte accalmie du marché du brut, la peur d’une récession pourrait éteindre ce foyer de hausse.

Le marché du vrac sec, qui a culminé à un sommet historique en octobre dernier, s’effrite depuis le début du mois, mais les dernières informations entretiennent la pression. Sur le marché des céréales, l’explosion des importations de l’Union européenne en provenance du Brésil, mais aussi les achats soutenus de l’Arabie Saoudite, font cruellement ressentir le manque de bateaux disponibles. Une dizaine de Panamax, des cargos pouvant franchir le canal de Panama, devraient être mis à flot en 2008.

Sur le marché spot du fret du fer, c'est-à-dire pour un départ immédiat, le prix a bondi suite à l’immobilisation, le 14 décembre dernier, du trafic entre le Brésil et la Chine. La compagnie CVRD ou Vale, puisque c’est le nouveau nom que s’est choisi le premier exportateur au monde de fer, a dû interrompre ses livraisons à cause d'un incident au mouillage. 2 millions de tonnes de fer sont en attente de chargement. Pour soulager ce marché agité, des supertankers pétroliers sont en cours de conversion en supervraquiers. Mais, on s'interroge sur la destination finale de ces bateaux. On murmure qu’ils pourraient rester à quai en Chine pour conserver le fer, qu'importe le dragon de l'Asie.

par Dominique Baillard

Radio France Internationale.
Le 20 Déc 2007.

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