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Voir la version complète : Poutine prend l'Europe de vitesse sur le gaz turkmène


zek
22/12/2007, 01h28
On pourrait dire que faire ces classes dans les services secrets en Russie est une bonne ecole, je dirais meme que l'ENA ou Science Po en comparaison, c'est du vent.
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Moscou a signé hier avec le Turkménistan un accord pour la construction d'un gazoduc reliant les deux pays.

Coup de maître pour le locataire du Kremlin. Vladimir Poutine a signé hier avec le directeur de l'Agence pour les hydrocarbures turkmène et le président Kazakh, Nursultan Nazerbayev, un accord stratégique pour la construction d'un nouveau gazoduc entre la Russie et le Turkménistan. Le tracé de cette nouvelle canalisation n'a pas été rendu public mais il doit permettre au gaz turkmène de contourner la mer Caspienne via le Kazakhstan pour aboutir au réseau du géant russe Gazprom d'où il pourra être réexporté vers l'Europe.

Le premier tuyau pourrait être posé dès l'année prochaine. Le « siphonnage » du gaz turkmène par Gazprom pourra alors commencer.

C'est une revanche pour Moscou, qui n'a pu concrétiser son ambition affichée de construire une « Opep du gaz » avec l'Iran et l'Algérie. Le géant public russe Gazprom, numéro un mondial avec 20 % de la production de gaz, cherche ainsi à couper l'herbe sous le pied de l'Union européenne qui est en quête d'alternatives au gaz russe afin d'assurer son indépendance énergétique. Or la Russie, qui n'a toujours pas ratifié la charte de l'énergie au grand dam de Bruxelles, est déjà le premier fournisseur de gaz de l'Europe qui dépend de Moscou pour 30 % de ses approvisionnements.

Cette dépendance ne peut que s'aggraver avec l'épuisement progressif du gaz de la mer du Nord.

L'accord avec le Turkménistan était à ce point stratégique pour la Russie que Gazprom a consenti de payer son fournisseur de 30 à 50 % plus cher. Le géant russe paye actuellement 100 dollars au Turkménistan les 1 000 mètres cubes et le revend plus du double à l'Europe.
La mer Caspienne contournée
C'est un revers pour l'Europe qui espérait trouver dans les gigantesques réserves du Turkménistan une alternative à l'hégémonie du gaz russe. L'accord signé hier compromet les efforts menés par Bruxelles et Washington de construire un gazoduc concurrent : le Transcaspien.

Cette canalisation serait posée sur le fond de la mer, permettant ainsi de transporter le gaz turkmène, mais aussi celui du Kazakhstan, jusqu'à Bakou en Azerbaïdjan sur la rive occidentale de la Caspienne avant d'être livré en Europe via la Géorgie et la Turquie. Pour favoriser ce projet, l'Union européenne a décidé l'été dernier de débloquer une aide de 750 millions d'euros échelonnée sur six ans en faveur de l'Asie centrale.

Reste que cette ambition est ralentie par les querelles des pays riverains sur la propriété du sous-sol de la mer Caspienne. Le projet russe, en contournant la mer Caspienne, évite donc les conflits d'intérêts. Moscou peut donc démarrer très vite.

Ces dernières années, Gazprom a multiplié les accords avec des européens pour contrôler la distribution du gaz en Europe. Pas plus tard qu'il y a trois semaines le géant russe et l'italien Eni ont signé un accord pour la construction d'un gazoduc sous la mer Noire reliant la Russie et le sud de l'Europe.

source Le Figaro

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