nassim
08/01/2008, 00h30
Sony est sur le point de briser sa malédiction. Après les échecs du Betamax face à la VHS, du MiniDisc et de l’ATRAC face aux baladeurs MP3, le groupe japonais d’électronique est bien placé pour imposer le Blu-ray face au HD DVD et prendre, seul, la succession du DVD. L’assaut est venu vendredi soir du studio Warner Bros, l'un des plus important éditeur de vidéos dans le monde, qui a annoncé son ralliement exclusif au format de Sony. Jusqu’alors, la Warner avait ménagé les deux formats, et s'était même fait remarquer en se lançant dans un projet de disque multi-formats, abandonné despuis, lisible à la fois sur les platines DVD, HD DVD et Blu-ray.
Avec le ralliement de la Warner, Sony est sûr que les trois quarts des films sortiront au format Blu-ray. Parmi les grands noms du cinéma, le HD DVD ne peut plus compter que sur Universal et Paramount, débauché à grands frais en août, dont l’exclusivité court jusqu’à la fin 2008. Or, c’est bien les films qui décident de l’avenir d’un format. « Attendez-vous à une mort rapide du HD-DVD », pronostique déjà Richard Greenfield, analyste chez Pali Research. « Les jeux sont faits », renchérit Rob Enderle, analyste du cabinet Enderle Group. Décontenancé, Toshiba, initiateur du HD DVD, a annulé la conférence de presse et les rencontres avec les analystes qu’il devait tenir lors du CES, le grand salon d’électronique de Las Vegas qui s'est ouvert dimanche soir.
Est-il déjà trop tard ?
Toshiba ne s’avoue pas vaincu pour autant, et communique sur les 100.000 lecteurs HD DVD vendus aux Etats-Unis en 2007. Plus abordables que leurs équivalents Blu-ray, avec des premiers prix à 100 dollars, ils pèsent cependant bien peu de chose face au million de PlayStation 3 compatibles Blu-ray écoulées à Noël. La console de Sony, dont la sortie a été retardée pour y inclure un lecteur Blu-ray, au risque de laisser la Xbox 360 et la Wii en profiter, constitue un argument de poids pour les studios. Après des investissements de plusieurs centaines de millions de dollars, et des recrutements de studios monnayés au prix fort (Paramount avait reçu une proposition de 150 millions de dollars), Sony entend maintenant en tirer profit, grâce aux « royalties » perçues sur chaque vente.
Il pourrait cependant être déjà trop tard, estiment certains analystes. « La fenêtre d'opportunité pour les DVD haute définition pourrait se refermer si la confusion continuait de régner sur les format », reconnaît d'ailleurs le PDG de Warner Bros, Barry Meyer. Cette fois, l’adversaire n’est pas un énième disque doté d’un stockage plus important, mais plus simplement de la vidéo à la demande. Pendant que Sony et Toshiba s’épuisent, Microsoft ajoute les contenus de Disney et de ABC à son service de vidéo en ligne sur Xbox. La semaine prochaine, Apple pourrait faire de même pour iTunes. Au-delà, le successeur du DVD devra aussi rivaliser avec le piratage des films et des séries sur internet, qui profiteront dans les prochaines années de l’augmentation des débits avec la fibre optique. Pour cela, ces nouveaux DVD n'auront plus qu'à miser sur la haute définition, une qualité d'image accrue, une débauche de bonus et une interactivité avancée.
source : l'Expansion
Avec le ralliement de la Warner, Sony est sûr que les trois quarts des films sortiront au format Blu-ray. Parmi les grands noms du cinéma, le HD DVD ne peut plus compter que sur Universal et Paramount, débauché à grands frais en août, dont l’exclusivité court jusqu’à la fin 2008. Or, c’est bien les films qui décident de l’avenir d’un format. « Attendez-vous à une mort rapide du HD-DVD », pronostique déjà Richard Greenfield, analyste chez Pali Research. « Les jeux sont faits », renchérit Rob Enderle, analyste du cabinet Enderle Group. Décontenancé, Toshiba, initiateur du HD DVD, a annulé la conférence de presse et les rencontres avec les analystes qu’il devait tenir lors du CES, le grand salon d’électronique de Las Vegas qui s'est ouvert dimanche soir.
Est-il déjà trop tard ?
Toshiba ne s’avoue pas vaincu pour autant, et communique sur les 100.000 lecteurs HD DVD vendus aux Etats-Unis en 2007. Plus abordables que leurs équivalents Blu-ray, avec des premiers prix à 100 dollars, ils pèsent cependant bien peu de chose face au million de PlayStation 3 compatibles Blu-ray écoulées à Noël. La console de Sony, dont la sortie a été retardée pour y inclure un lecteur Blu-ray, au risque de laisser la Xbox 360 et la Wii en profiter, constitue un argument de poids pour les studios. Après des investissements de plusieurs centaines de millions de dollars, et des recrutements de studios monnayés au prix fort (Paramount avait reçu une proposition de 150 millions de dollars), Sony entend maintenant en tirer profit, grâce aux « royalties » perçues sur chaque vente.
Il pourrait cependant être déjà trop tard, estiment certains analystes. « La fenêtre d'opportunité pour les DVD haute définition pourrait se refermer si la confusion continuait de régner sur les format », reconnaît d'ailleurs le PDG de Warner Bros, Barry Meyer. Cette fois, l’adversaire n’est pas un énième disque doté d’un stockage plus important, mais plus simplement de la vidéo à la demande. Pendant que Sony et Toshiba s’épuisent, Microsoft ajoute les contenus de Disney et de ABC à son service de vidéo en ligne sur Xbox. La semaine prochaine, Apple pourrait faire de même pour iTunes. Au-delà, le successeur du DVD devra aussi rivaliser avec le piratage des films et des séries sur internet, qui profiteront dans les prochaines années de l’augmentation des débits avec la fibre optique. Pour cela, ces nouveaux DVD n'auront plus qu'à miser sur la haute définition, une qualité d'image accrue, une débauche de bonus et une interactivité avancée.
source : l'Expansion