Thirga.ounevdhou
10/01/2008, 19h08
Une banque de cellules souches humaines pourrait bientôt voir le jour au Japon. Tel est le souhait de Shinya Yamanaka, responsable à l'université de Kyoto de l'équipe qui, la première, a transformé des cellules prélevées sur un organisme humain, en l'occurrence la peau, en cellules présentant les caractéristiques des cellules souches embryonnaires.
Mercredi 9 janvier, au Club des correspondants de la presse étrangère à Tokyo, le scientifique a évoqué la création d'un établissement qui conserverait des cellules iPS (induced pluripotent stem cell), les cellules souches obtenues par sa méthode et capables de se développer en n'importe quelle cellule tissulaire, nerveuse, musculaire voire cardiaque. Les cellules à transformer en iPS proviendraient de donneurs volontaires.
Une telle initiative permettrait d'avoir un stock de cellules souches utilisable en cas d'urgence. "Une personne victime d'un accident à la moelle épinière doit subir une intervention dans les dix jours, précise Shinya Yamanaka. Or produire les cellules ad hoc nécessite trois mois." Le coût du traitement serait également réduit.
En attendant, le Centre de bioressources de l'Institut Riken va créer une banque de cellules iPS de souris. Le centre, qui dispose déjà d'une riche offre de cellules, répond ainsi à une sollicitation de l'université de Kyoto. Mis en culture cette semaine, les premiers lots devraient être disponibles en mars, au prix de 75 euros le million de cellules.
Ces développements reflètent les enjeux, économiques notamment, de la découverte du Pr Yamanaka. La publication de ses travaux le 20 novembre 2007 coïncidait avec celle, similaire, de l'équipe de l'Américain James A.
Thomson (Genome Center of Wisconsin, Madison). Elle confirmait la transposition à l'homme d'une technique mise en oeuvre sur la souris quelques mois auparavant.
Depuis, Japonais et Américains, libérés des contraintes éthiques qui pèsent sur les recherches réalisées à partir des cellules souches embryonnaires, s'efforcent d'acquérir un leadership dans ce domaine.
"LA TECHNOLOGIE EST SIMPLE"
Au Japon, le MEXT, le ministère en charge des sciences, a annoncé, le 19 décembre 2007, la création, avant avril, d'un centre de recherche sur les cellules iPS et l'établissement d'un réseau national de scientifiques. Des experts en droit de la propriété intellectuelle vont travailler pour accélérer le dépôt des brevets. Il aurait également prévu d'allouer 44 millions d'euros à la production en masse de cellules iPS, à des expérimentations sur des primates dans le domaine de la médecine régénérative et à la création de la banque.
Aux Etats-Unis, où une cinquantaine d'instituts travaillent sur les cellules, le président George Bush a promis le soutien de l'Etat et la Californie va investir 1,8 milliard d'euros dans ces recherches sur dix ans. Ces développements incitent le Pr Yamanaka à mettre en garde contre d'éventuelles dérives. "La technologie est simple", rappelle-t-il. Dans un avenir proche, il sera possible de créer des ovaires et des spermatozoïdes, de quoi produire des clones. Le chercheur souligne donc le besoin d'encadrer ces travaux.
- Le monde
Mercredi 9 janvier, au Club des correspondants de la presse étrangère à Tokyo, le scientifique a évoqué la création d'un établissement qui conserverait des cellules iPS (induced pluripotent stem cell), les cellules souches obtenues par sa méthode et capables de se développer en n'importe quelle cellule tissulaire, nerveuse, musculaire voire cardiaque. Les cellules à transformer en iPS proviendraient de donneurs volontaires.
Une telle initiative permettrait d'avoir un stock de cellules souches utilisable en cas d'urgence. "Une personne victime d'un accident à la moelle épinière doit subir une intervention dans les dix jours, précise Shinya Yamanaka. Or produire les cellules ad hoc nécessite trois mois." Le coût du traitement serait également réduit.
En attendant, le Centre de bioressources de l'Institut Riken va créer une banque de cellules iPS de souris. Le centre, qui dispose déjà d'une riche offre de cellules, répond ainsi à une sollicitation de l'université de Kyoto. Mis en culture cette semaine, les premiers lots devraient être disponibles en mars, au prix de 75 euros le million de cellules.
Ces développements reflètent les enjeux, économiques notamment, de la découverte du Pr Yamanaka. La publication de ses travaux le 20 novembre 2007 coïncidait avec celle, similaire, de l'équipe de l'Américain James A.
Thomson (Genome Center of Wisconsin, Madison). Elle confirmait la transposition à l'homme d'une technique mise en oeuvre sur la souris quelques mois auparavant.
Depuis, Japonais et Américains, libérés des contraintes éthiques qui pèsent sur les recherches réalisées à partir des cellules souches embryonnaires, s'efforcent d'acquérir un leadership dans ce domaine.
"LA TECHNOLOGIE EST SIMPLE"
Au Japon, le MEXT, le ministère en charge des sciences, a annoncé, le 19 décembre 2007, la création, avant avril, d'un centre de recherche sur les cellules iPS et l'établissement d'un réseau national de scientifiques. Des experts en droit de la propriété intellectuelle vont travailler pour accélérer le dépôt des brevets. Il aurait également prévu d'allouer 44 millions d'euros à la production en masse de cellules iPS, à des expérimentations sur des primates dans le domaine de la médecine régénérative et à la création de la banque.
Aux Etats-Unis, où une cinquantaine d'instituts travaillent sur les cellules, le président George Bush a promis le soutien de l'Etat et la Californie va investir 1,8 milliard d'euros dans ces recherches sur dix ans. Ces développements incitent le Pr Yamanaka à mettre en garde contre d'éventuelles dérives. "La technologie est simple", rappelle-t-il. Dans un avenir proche, il sera possible de créer des ovaires et des spermatozoïdes, de quoi produire des clones. Le chercheur souligne donc le besoin d'encadrer ces travaux.
- Le monde