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morjane
25/01/2008, 16h46
Le coup de froid aux États-Unis viendra-t-il à bout de la surchauffe en Chine ? Loin de paraître s'inquiéter, Pékin laisse entrevoir qu'un ralentissement mesuré chez son grand partenaire n'aurait pas que des inconvénients pour l'activité chinoise.

Le diagnostic n'est pas officiellement posé, mais les termes de l'équation 2008 ont été formulés jeudi à l'annonce d'une croissance de 11,4 % l'an dernier, la plus forte depuis treize ans. «Notre objectif clef est de ralentir l'inflation, a affirmé Xie Fuzhan, patron du Bureau national des statistiques (BNS). Un léger freinage de la croissance répondrait à nos attentes. (…) Un ralentissement américain aurait bien sûr un impact» sur le reste de l'économie mondiale.

Tout est affaire de nuances et la Chine redoute, plus que tout autre exportateur, une récession de l'autre côté du Pacifique. En revanche, un fléchissement maîtrisé de la demande américaine aiderait Pékin à obtenir ce que des tours de vis répétés sur le crédit et un retour au contrôle des prix n'ont pas apporté : une détente sur les coûts, qu'il s'agisse des produits alimentaires (+12,3 % en 2007) ou de l'alourdissement de la facture pétrolière.

Après des années de course aux marchés extérieurs, Pékin nuance du même coup ses priorités au profit de la croissance interne. Le nouveau ministre du Commerce, Chen Deming, signalait récemment que Pékin cherche à doper la demande intérieure. «Les exportateurs chinois subissent le choc du renchérissement de l'énergie, du coût du crédit et d'une main-d'œuvre plus onéreuse», ajoutait-il.

Une modeste éclaircie

Les exportations ont encore augmenté de 25,7 % en 2007, d'après les chiffres chinois. La fin de l'année marque pourtant une légère décrue, due peut-être à un premier fléchissement du marché américain : de 29 % au premier trimestre, le rythme de croissance est tombé à 22 % au dernier. Le mouvement, s'il se confirmait, viendrait tempérer l'excédent commercial et le surplus de liquidités qui entretient l'inflation. Là aussi, le BNS laisse entrevoir une modeste éclaircie. En pente annuelle, la hausse des prix de détail est retombée de 6,9 à 6,5 % en décembre.

Une récession aux États-Unis, avec ses répercussions en Europe et en Asie, placerait la Chine devant un tout autre scénario. À la contraction de ses principaux marchés commerciaux s'ajouterait la persistance de tensions sur les coûts : «Même en l'absence de nouvelles hausses de prix, les hausses enregistrées en 2007 se traduiront par de sérieuses pressions inflationnistes cette année», avertissait jeudi Xie Fuzhan. La Chine, locomotive de l'économie mondiale, n'est pas encore menacée de stagflation. Mais, comme l'Europe, il lui reste à trouver le bon dosage entre croissance et inflation.

Par le figaro

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