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Voir la version complète : Un phénomène nommé Côte d’Ivoire


nassim
05/02/2008, 00h03
Avec sa constellation d’étoiles venues briller dans le ciel ghanéen, la Côte d’Ivoire reste une sélection à part. Un cas bien particulier dans les annales du football du continent noir. Arriver à produire cette masse de footballeurs de génie, cette génération pétrie de talent et faiseurs des beaux jours des plus grands clubs européens est loin d’être une sinécure. Finaliste de la CAN 2006 après avoir été la meilleure équipe du tournoi égyptien, les «Eléphant» de Côte d’Ivoire semblent définitivement avoir annoncé l’entame de leur prééminence sur le football continental. Le Nigeria d’Okocha et le Cameroun de M’boma ont eu leur période charnière. Indubitablement, l’heure est au déclin. Dimanche soir face à une équipe guinéenne qui n’était que l’ombre d’elle-même, la machine ivoirienne s’est tout simplement promenée. Un battage physique impressionnant.

Une virtuosité technique hors pair. Une occupation du terrain phénoménale. Il est vrai que les capés de Nouzaret ont paru frêles. Leur chef d’orchestre, Feindounou, ruminant son absence, constatait les dégâts depuis les gradins. Les maîtres ivoiriens imposaient leur partition. Un régal. Drogba le magnifique est un footballeur venu d’ailleurs. Un pur plaisir pour les yeux des férus de la balle ronde. Kader Keita, qui n’est pas sans nous rappeler un certain génie ivoirien des années 80 nommé Fofana, est une perle rare. On avait jusqu’au ressassement expliqué la débâcle du football algérien par la situation difficile sur le plan politique, sécuritaire et économique vécue par notre pays durant la dernière décennie. On ne peut pas être compétitif alors que tout va mal chez soi. On ne peut posséder une équipe nationale qui peut rivaliser avec les meilleures au moment où notre championnat national de football est de piètre qualité, expliquait-on. La Côte d’Ivoire vient nous contredire avec force détails. Le pays de Laurent Gbagbo vit une crise politique dantesque. Une situation économique à la limite du désastre. Une crise ethnique et religieuse menaçant l’intégrité même du pays. Le cocktail idéal pour être bon dernier en matière sportive et, par ricochet, en matière footballistique. Mais surprise. Malgré cette carte de visite peu reluisante, la Côte d’Ivoire est dans la cour des grands. Elle rivalise avec les nations les mieux loties sur le plan de la stabilité. Les camarades de Salomon Kalou sont même partis pour être les dignes représentants de l’Afrique dans le premier Mondial que s’apprête à accueillir le continent noir en 2010. L’organisation d’une Coupe du monde sur le sol africain ne se reproduira pas de sitôt. Avec la suppression du système de rotation par la FIFA, la Coupe du monde sud-africaine devient une occasion à ne pas rater. Et il est plus que probable qu’un phénomène nommé Côte d’Ivoire nous fera plus que rêver. Et ébranler les certitudes établies et les dérobades des médiocres.

source : la Tribune

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