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l'imprevisible
26/02/2008, 18h57
Dérèglements

Comment rester insensibles, et les bras croisés, devant la multiplication des agressions contre les enfants, la toute dernière, portée à la connaissance de l’opinion publique, étant le viol d’une adolescente de dix-sept ans par une dizaine d’individus dans une banlieue d’Alger.

Ces agressions sont caractérisées par leur violence extrême, le recours à l’assassinat devenant de plus en plus fréquent. Diverses pratiques tendent à se répandre d’une manière alarmante, parmi elles le rapt d’enfants pour soutirer des rançons ou assouvir des pulsions pédophiles, l’inceste, l’infanticide, le parricide et l’abandon d’enfants.

Mais ces phénomènes restent très peu connus car reliés à une réalité pesante de la société algérienne : les tabous dont la fonction, en général, est de brouiller toute réalité jugée déshonorante ou vécue comme telle. L’Algérie charrie lourdement ces tabous, à l’image de tous les pays conservateurs.

Ils sont en permanence nourris par les dérèglements perpétuels subis par le pays : l’éclatement de la famille, la perte des valeurs anciennes, l’exode rural, la croissance démesurée et anarchique des villes, l’extension de la pauvreté et la misère sexuelle. Des dérèglements portés à leur paroxysme ces quinze dernières années sous les coups du terrorisme, du repli sur soi des Algériens et d’une mauvaise gouvernance de la chose publique.

La banalisation de la violence dans le pays frappe de plein fouet les catégories les plus fragiles, parmi elles l’enfance qui paye le prix le plus fort aux pulsions des adultes, à leur folie meurtrière ou à leur incapacité à construire un cadre d’épanouissement pour ceux appelés à assurer la relève.

Certes, depuis quelque temps, les tabous se sont quelque peu effrités du fait de l’aggravation des violences et en raison d’une certaine libération de la parole au sein de la société civile, ce qui a permis aux institutions de s’engager dans la lutte. Mais au plus haut niveau de l’Etat, le répondant n’est pas du niveau souhaité.

Le code la famille voté en 2004 a été plus soucieux de perpétuer le statu quo, pour des motifs idéologiques, que d’octroyer à la famille, particulièrement à la femme et à l’enfant, des instruments de leur défense. La persistance à large échelle du chômage et l’exclusion nourrissent puissamment les frustrations et conduisent à toutes sortes d’actes déviants.

Le dispositif juridique national de protection de l’enfance reste encore épars et souffre de l’absence d’une stratégie d’ensemble qu’accompagneraient des programmes de lutte sectoriels ambitieux. Le résultat est là, triste et dramatique, il s’étale régulièrement et atrocement sur les colonnes des journaux poussés à faire la chronique des enlèvements, des viols, des enfants jetés dans les puits ou sur les décharges publiques. Jusqu’à quand ?

Ali Bahmane.
El watan du 26 Fév 2008.

bledna
26/02/2008, 19h26
Le début d"année 2008 débute par beaucoup de crimes sur des mineurs. Rabi yaster

MedVal
26/02/2008, 20h42
Pour toute construction il faut des bases,la base de la société est la justice.
Si notre justice guérira alors tout va.

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