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irijda
25/06/2005, 22h11
De l'apparentement linguistique à l'apparentement génétique: hypothèses récentes.

Extraits de l'article de M. A HADDADOU,
Docteur en linguiqtique, maître de conférences à l'université.


L'hypothèse de l'apparentement du berbère avec le basque a été formulée pour la première fois par le français L. de Gèzeen 1885.

L'allemand G. Von der Gabelenz reprend cette hypothèse quelques années après, en lui consacrant un mémoire( 1894).

L'apparentement est presque toujours établi sur la foi des ressemblances lexicales entre les deux langues. Il suffit que deux mots présentent une structure phonique et une signification proches pour qu'on les déclare communs.

Ainsi, le mot basque :ALCONDORA:" tunique, robe " est considéré comme apparenté au mot berbère: (TA) KANDUR (T), alors qu'il s'agit certainement d'un emprunt fait à l'arabe par l'intermédiaire de l'espagnol. Le mot est peut-être d'origine berbère pais il figure aussi dans les dialectes maghrébins ce qui explique sa présence dans la péninsule ibérique.

L'apparentement basque-berbère est aujourd'hui battu en brèche mais certains auterus continuent à la soutenir. HANS G. MUkarovsky lui a donné un second souffle, en publiant à partir de 1965, une série d'articles sur le sujet.
Il commence par poser l'existence d'une langue prèberbère appelée MAURITANIEN, parlée principalement au Sahara puis tranportée en Europe où elle survit à l'état de trace, dans les dialectes basques.

Cette hypothèse est partiellement reprise par un autre auteur H. Stumfohl qui préfère parler à propos du berbère et du basque d'un substrat commun qui expliquerait les ressemblances linguistiques.

Un autre domaine de comparaison entre le berbère et le basque a éte l'écriture. On ne dispose pas encore d'une étude comparative complète des systèmes lybiques et ibériques, mais il est aisé de relever des similitudes qui existent entre eux.

Pas moins de quinze caractères ibériques se retrouvent en lybique!
Il est vrai que là aussi, les emprunts, les interférences ou tout simplement le hasard peuvent expliquer les analogies, mais quand la ressemblance atteint plus de la moitié des caractères, c'est l'indice d'un certain contact prolongé entre les deux langues.

Aujourd'hui, le nouveau dans les études basques et berbères, c'est incontestablment la découverte en 1995, de l'existence d'une forte similitude génétique entre les populations berbères et basques.

Une étude menée par des savants espagnols, dirigée par le professeur Antonio Arnaiz, a démontrer, au terme d'une enquête sur un échantillon de basques espagnols et d'algériens, un fond génétique commun entre les deux populations.

Les résultats des travaux ont été exposés les 9 et 10 novembre 1995 au congrès sur les gènes humains qui s'est tenu à Barcelone, en Espagne


On ne peut manquer, à la lecture des ces travaux, de se poser la question des origines des populations berbères et basques : est ce les basques ( ou les ibères d'une façon générale) qui ont traversé la mer et se sont fixés, à l'époque préhistorique, au Maghreb, ou est ce les berbères qui ont passé le Détroit de Gibraltar et ont colonisé la pénisule ibérique?

La deuxième supposition est sans doute la plus probable, à cause des changements climatiques qui ont affecté, au début des temps historiques, le Maghreb, notamment la désertification du Sahara et qui ont poussé les populations berbères à émigrer vers le Nord.


L'autre question est de savoir si l'apparentement génétique des berbères et des basques peut-être corroboré par un éventuel apparentement linguistique. Il est légitime de penser que deux populations qui ont la même origine ethnique aient parlé la même langue.

IN TIMMUZGHA,
publication du Haut Commissariat à l'Amazighité
numèro 10 octobre 2004.

tamerlan
26/06/2005, 17h50
chat(francais)=cat(anglais)=gatte(arabe)dialectal) =kitte (arabe classique)=gatto(italien)=katze(allemand)=gato(esp agnol).........................

Harrachi78
26/06/2005, 19h39
Salut,

Je ne crois pas que l'analogie de certains mots suffisent a relier deux langues entre elles, surtout quand il s'agit de langues trés anciennes.

zwina
26/06/2005, 20h06
chat en berbère= amchiche, on est les seuls ?????

el_moumou
26/06/2005, 20h23
non en arabe marocain on dit "mouche" qui vient de amchiche...donc vous etes pas les seuls ;)

zwina
26/06/2005, 20h31
c'est du chleurh pas de l'arabe ça :lol:

el_moumou
26/06/2005, 22h57
meme en arabe darija du maroc on dit mouche..on peut dire qett ou guett...mais le plus souvent c'est "mouche"

Harrachi78
27/06/2005, 13h05
Pour affirmer que telle ou telle langue appartient plutôt a telle famille qu’à une autre on a besoin de beaucoup plus que l’analogie de quelques mots, surtout que le vocabulaire a tendance a « migrer » assez facilement entre les langues qui se côtoient, quelles que soient leurs groupes respectifs.
Le Berbère, aussi spécifique qu’il soit à cause de sa situation géographique, fait partie du groupe dit Chamito-Sémitique. Ce terme par lequel on désigne une des plus vieilles famille de langues d'Asie et d'Afrique est plutôt conventionnelle puisque elle renvoie au chapitre X de la Genèse où se trouve énumérée la postérité des fils de Noé. Cette correspondance n’est pas parfaite entre les descendants de Cham et de Sem, selon la Bible, et les peuples qui parlent les langues chamito-sémitiques selon la classification moderne, mais le terme reste le seul utilisé dans ce domaine. La documentation remontant au IVe millénaire, le chamito-sémitique est la famille la plus anciennement attestée et connue. Et depuis toujours cette famille de langue s’étend à travers un domaine géographique pratiquement inchangé : Nord de l'Afrique, l'Égypte, Corne de l’Afrique et Proche-Orient avec la presqu'île arabique.
Il est très difficile de situer, dans le temps, le stade commun ou de « langue originale » à partir duquel se sont différenciés les idiomes connus de ce groupe ; ce qui est sur c’est que dès le IIIe millénaire, les branches attestées, le sémitique (akkadien, phénicien, araméen, hébreu, arabe …) et le chamitique (égyptien ancien , copte, berbère, couchitique …) sont déjà très différenciés alors que tout permet de penser que l'évolution de ces langues est relativement lente puisque entre l'akkadien (le plus ancien connu) et les langues sémitiques parlées aujourd'hui (arabe, hébreu et araméen) les ressemblances sont encore assez importantes pour que leur parenté apparaisse immédiatement. Cela indique clairement que la séparation du Sémitique et du Chamitique doit avoir été déjà fort ancienne pour avoir abouti, dès le IIIe millénaire, à des différences aussi considérables. Elie Cohen, Diakonoff, Gardiner, Galand, Vernus, Perrot, Basset et d’autres encore, estiment que cette séparation qui mit fin au stade commun doit remonter au Ve millénaire av. J-C tout en précisant que les grandes différences nées de ces longues périodes n'ont pas éliminé un certain nombre de traits communs, profondément caractéristiques, qui permettent encore de définir une structure d'ensemble commune.

Harrachi78
27/06/2005, 13h48
Elie Cohen a publié un petit article que j’ai trouvé le plus simple, ou du moins le moins technique possible, et qui illustre en gros les principaux points que partage l’ensemble des langues du groupe chamito-sémitique dans leur structure linguistique et qui prouve l’origine commune de ces langues dont fait partie le berbère. Il articule cela autour de trois points essentiels : le système phonique, l’énoncé et la structure du mot. En voici un abrégé.

1/ Système Phonique :
Le consonantisme est d'une grande richesse. L'état le plus ancien auquel la grammaire comparée permet d'accéder semble avoir comporté vingt-sept phonèmes. Une partie de ces phonèmes est réalisée à des points postérieurs extrêmes de l'appareil phonatoire : voile du palais, pharynx et larynx. Ainsi, toutes les langues chamito-sémitiques attestent l'existence de deux consonnes vélaires, deux pharyngales, deux laryngales. Ces consonnes d'arrière se présentent par paires, avec une sonore (comportant des vibrations des cordes vocales) et une sourde (sans vibrations). Mais pour d'autres consonnes, celles qui s'articulent dans la région comprise entre les dents et la voûte palatine, le système comporte un troisième phonème avec des traits spécifiques, pour chaque point d'articulation. En berbère ou en arabe, la réalisation de ce troisième phonème s'accompagne d'un mouvement de l'arrière-bouche et d'une constriction du pharynx. Dans les langues éthiopiennes, ces phonèmes de la troisième série mettent en jeu une occlusion glottale concomitante à l'articulation propre.
Le système vocalique est quant a lui assez pauvre. En tout trois timbres : a, i, u, réalisés sous des quantités longues ou brèves. De très nombreux dialectes arabes, par exemple, fonctionnent avec quatre ou cinq voyelles, tandis que le berbère (à l'exception du parler des Touareg) n'en connaît que trois.

2/ Enoncé :
On peut répartir l'ensemble des formes de ce groupe de langues en trois classes : les verbes, les nominaux, les particules. Dans un énoncé complet (sujet-prédicat), un nominal peut être sujet ou prédicat. Un verbe peut être prédicat d'un sujet nominal ou constituer par lui-même un énoncé complet. Un énoncé a donc toujours l'un des schèmes suivants : N + N ; V + N ; V (N = nominal + expansions, V= verbe + expansions).
Un verbe chamito-sémitique est toujours constitué par un ensemble de thèmes différents fondés sur un même radical. Au thème fondamental, le radical apparaît sous sa forme la plus simple. Mais des augments divers, internes ou externes au radical, permettent de former des thèmes dérivés qui modifient la notion de base. Ces procédés de dérivation sont de deux sortes principales :
- Augmentation interne du radical, en particulier par répétition ou gémination d'un de ses éléments (égyptien h'g, « être joyeux » ; h'g'g, « exulter » ; arabe qatala, « il a tué », qattala, « il a massacré ») ou par insertion d'un â long après la première consonne radicale (arabe kataba, « il a écrit » ; kâtaba, « il a correspondu avec »).
- Affixation de morphème : par exemple, l'affixation d'un morphème, s, s, k ou ' selon les langues, au thème verbal lui confère une valeur « causative » ou « factitive » : akkadien kanâsu, « se soumettre », suknûsu, « soumettre » ; égyptien nfr, « être beau », snfr, « rendre beau » ; berbère (kabyle) ban, « paraître », sban, « manifester » ; bedja kem, « voir », skem, « montrer ». D'autres affixes, t et n, déterminent une valeur « interne » qui permet des emplois de réfléchi ou de passif.
Chacun de ces thèmes, simple ou dérivé, se conjugue selon un double paradigme par lequel s'exprime l'opposition d'aspect. L'expression du temps situé (présent, passé, futur) est en effet secondaire dans le verbe chamito-sémitique. Celui-ci est fondé, dans les états les plus archaïques connus, sur l'aspect intrinsèque de la notion, selon que l'attention doit être attirée sur le déroulement du procès ou au contraire sur le contenu verbal considéré comme un état durable. En akkadien, par exemple, du verbe balâtu, « guérir », on tire une forme stative, balit, qui signifie « il était, est, sera sain », et deux formes processives qui envisagent la guérison comme déjà accomplie : iblut, « il a guéri », ou bien non encore accomplie : iballut, « il entre en guérison, il guérira, il sera guéri ». Dans la majorité des langues, cependant, c'est l'opposition, historiquement secondaire, d'un aspect accompli à un aspect inaccompli qui est seule représentée. Ainsi, en arabe, on ne dispose que d'une forme, katab-ta, pour dire, selon le contexte, « tu as écrit, tu as fini d'écrire, tu avais écrit » et même « tu auras écrit », et d'une autre, ta-ktub-u, pour signifier « tu écris (en ce moment ou habituellement), tu écriras, tu écrivais ».
Dans ce dernier exemple, le trait principal par lequel se différencient les deux formes aspectives est constitué par la place de l'élément ta qui est une marque pronominale. Il en est ainsi dans toutes les langues sémitiques occidentales. En sémitique oriental comme en berbère, la marque pronominale est toujours préfixée au thème verbal, alors qu'en couchitique elle est toujours suffixée. L'opposition aspective est alors exprimée par la structure du thème, comme en akkadien : iblut/iballut, ou par la forme des éléments post-radicaux, comme en somali : ‘un-a, « je mange » ; ‘un-ay, « j'ai mangé ».

Outre les marques personnelles qui constituent les éléments flexionnels du verbe, il existe deux séries de pronoms personnels : une série de formes autonomes et une série de formes affixes. Affixé à un verbe, le pronom en constitue le complément direct, tandis que son annexion à un nom constitue l'expression normale de la relation de « possession ». Ainsi, en sidamo (couchitique), intanne-ho signifie « nous l'avons mangé » (littéralement : « nous avons mangé lui »), et umo-ho, « sa tête » (mot à mot : « tête lui »).
La flexion des nominaux connaît des distinctions de genre (masculin et féminin), de nombre (singulier, duel, pluriel) et de cas. Mais ces distinctions ne sont attestées entièrement que dans quelques langues.
Un trait remarquable de la syntaxe des nominaux est ce qu'on appelle l'« état construit », dans lequel une forme adjointe à une autre sans aucun terme de liaison constitue une sorte de composé occasionnel : ainsi, les termes coptes goobe, « feuille », et zoyit, « olivier », deviennent en état construit geb-zoyit, « feuille d'olivier ».

3/ Structure du Mot :
Toutes les langues chamito-sémitiques sont des langues à racines apparentes, i.e. à l'exception de quelques mots outils, dans toute forme, quelles qu'en soient la longueur et la complexité, on peut repérer immédiatement une « racine » ou une suite de phonèmes qui en définissent la base lexicale. Ainsi, par exemple en arabe, une série comme hamala, « il a porté », ihtamala, « il a supporté », hammâl, « portefaix », hawâmil, « jambes », mahmil, « matrice », etc., a pour base commune (ou racine) les trois consonnes HML qui s'y retrouvent partout dans le même ordre, même si elles sont séparées l'une de l'autre par un ou plusieurs autres phonèmes (par exemple, dans iHtaMaLa, HawâMiL). Cette racine exprime ici la notion de « porter » qui est présente dans le sens de chacune des formes. Les autres déterminations sémantiques sont fournies par les éléments qui viennent s'ajouter aux consonnes radicales. Ces éléments constituent des ensembles définis, des schèmes, qui peuvent avoir une valeur sémantique précise. L'ensemble ma--i-(= ma + consonne + consonne + i + consonne), par exemple, désigne le lieu où se déroule un procès quelconque. Si on le combine avec une racine comme HML, on obtient maHMiL, « lieu de la gestation, matrice » ; avec une racine NZL, « descendre, mettre pied à terre », on aura maNZiL, « lieu où on descend, auberge ».
Les faits ne sont pas rigoureusement semblables dans toutes les autres langues chamito-sémitiques ; mais les bases du fonctionnement sont partiellement communes à l'ensemble de la famille. Il faut juste noter que la racine est formée en berbère, en égyptien et en sémitique, généralement de trois, parfois de quatre ou deux consonnes. En couchitique, où les racines tri-consonantiques sont également fréquentes, le type dominant est celui qui est formé par la succession consonne + voyelle + consonne.

Thirga.ounevdhou
27/06/2005, 17h10
Bonjour,

Je ne suis pas très étonnée par le contenu de l’article, il est fort possible..il existe une bonne ressemblence.
C’est une possibilité, mais Ce n’est pas une certitude, du moment que la langue basque n'est pas issue du latin, qui a donné naissance à bien des langues européennes. On lui a trouvé des ressemblances avec beaucoup d’autres langues, des langues caucasiennes, sémitiques et ibériques

Quoi qu'il en soit, la langue basque est la langue d'un Peuple qui a toujours habité cette région. Elle a sans doute subi les influences des langues et dialectes environnant ou lointains comme peut-être le caucasien dont les habitants possédèrent tres tôt des échanges commerciaux avec la région.

Harrachi78
27/06/2005, 18h58
Bonjour THIRGA,

Des certitudes il y'en a jamais en cette matière. Et c'est tant mieux car si non on auras pas de si bons sujets de discussions. L'anthropologie et tout ce qui est sciences humaines on ne peut jamais affirmer a 100% qu'on a raison ... ou tort, mais bon l'essentiel c'est de faire travailler sa petite cervelle et au moins exposer les indices et les arguments qui font pencher la balance vers telle ou telle option.
Pour ce qui est du basque je sais que cette langue ne ressemble a aucune langue ni même a aucune famille connue actuellement. C'est trés intrigant car trés peu de langues sont restées si isolées dans l'espace méditérranéen, je connais juste le sumérien (trés ancien et totalement disparu) dont on ne connait ni l'origine ni même la moindre langue ressemblante !

el_moumou
28/06/2005, 16h55
ce qui est certain c'est que toutes ces langues sans familles apparentes ou d'origine inconnues sont placés a des endroits significatifs du points de vue geographique..cela suit plus ou moins le modele diffusioniste de l'evolution,ou tout les phenomenes les plus anciens se retrouvent par petits points dans des regions difficile alors que le nouveau phenomene s'est diffusé partout autour ou bien l'a englobé ou refermé aux extremités geographiques....par exemple le cas du berbere et de l'arabe illustre tres bien cela..les dialectes et populations berberes apparaissent par petits points sur la carte dans des regions separés alors que l'arabe est present tout autour..
les basques se sont repliés vers les cotes,les berberes dans les montagnes,les finlandais vers le nord,et les hongrois eux on miraculeusement echappé a toutes les vagues d'invasion ce trouvant par chance au milieu de l'europe et echappant de peu a tous les passages...