Pour ta question... peux-tu me dire quelle est la source du droit des pays occidentaux (ou du monde dit "judéo-chrétien...) ? Je veux dire, son origine, je ne te demande pas (d'avance) de me parler des ses développements.Je l'ignore. Le droit romain je présume.
Pour la Judée, je pense que sous Hérode, c'était un Etat-Client.
Virginie
18/03/2008, 14h49
Bien, une des sources !
1. Les autres ?
2. Ensuite :
- leur fondements (idéologie, dogmes etc)
- les apports des uns et des autres
- leurs interractions, etc.
- leurs évolutions historiques
sans chercher la petite bête ou la faille, qu'on ait des bases de comparaison et de projection valables.
Je ne vois pas ou vous voulez en venir.
Virginie
18/03/2008, 14h56
que tous les chemins mènent à Rome.
A faire le tour de la question, y compris la face cachée, des fondements du droit, de l'état de droit, des rapports de force auquel le droit est censé donner un cadre, si ce n'est les annihiler... des évolutions passées, attendues, à attendre, à créer !... J'aurais presque envie d'écrire : à créationner. Comprenne qui... de droit ?
Virginie
18/03/2008, 21h25
Rappelons-nous que, dans tous les pays (...) la religion et l'Etat étaient inséparables, et plus encore à...
Ce lien entre l'Etat et la religion donnait évidemment une légitimité supplémentaire aux souverains. L'union du pouvoir temporel et du pouvoir spirituel leur permettait d'exercer un contrôle complet sur l'existence physique et spirituelle de leurs sujets. (Nous verrons plus loin l'Eglise se comporter de la même manière dans l'Europe médiévale.) (ça ressemble à une "théocratie")
J'ai trouvé gentiment ironique le texte dont est extrait ce passage et je te laisse le découvrir ici (http://www.lamed.fr/judaisme/Histoire/62.asp).
NB : le titre de l'article est sans rapport avec le discussion. De même que l'article initial.
PS : la participation d'Alain pose une carte assez claire des écueils qui vont inévitablement se présenter. En regard des "mythes" qu'évoque Marok1 ci-dessous, des légitimations oscillant entre scientisme et fascisme (les délires à propos de l'ADN), du droit et de la justice (notion communément admises par plus ou moins 7 milliards d'être humains) dont le volet international n'est encore qu'un enfant en bas âge... il va falloir naviguer serré et s'il y a lieu de s'inquiéter, l'évolution prévisible ou à inventer de ces dernières notions ouvrent d'autres perspectives que de regresser vers des rapports de force, guerres, massacres, expropriations etc... A quoi s'ajouteront les conjonctures qui s'annoncent complexes. Et en modèle, le collectivisme des kiboutz et son extraordinaire efficacité, déjà reniée et pourtant...
Il ya eu des mythes fondateurs de la création d'un foyer national juif. Et si des juifs y ont adhéré, c'est qu'on peut parler de nation, donc automatiquement de peuple...
Salut Virgine
Je ne vois pas bien l'axe de ton argumentation.
Sinon, le droit et le force, certes, d'ailleurs qui nie que la force prime ici ? La non interruption de l'usage de la force, c'est ça qui empêche tout "règlement". Reglement qui ne signifie pas qu'il n'y aura pas de mécontents.
En même temps, cette relation entre le droit et la force me parait cruciale et mérite de justes et précis développement
Pour Israel, pays est né récemment par la force, personne n'en discute, c'est une (petite en km²) colonie de peuplement basique. Restait à entériner cette acte de force par le droit à l'ONU. Le der des der des pays conquis en somme. Mais au même moment la décolonisation était dans les tuyaux. D'où le problème, ce se serait passé 50 ans avant, ça passait dans le package colonial qui a fixé un tas de frontières (et parfois de mouvement de population). C'est l'Europe qui a fixé, dans divers traités, la plupart des frontières actuelles en Afrique, au MO et même certaines en Asie.
La plupart des peuples, peut être tous, se sont fait une place au soleil par la guerre. Si on remonte à Herode, on croise des milliers de guerres et de conquêtes au passage, toutes dénuées du moindre "droit" à conquérir et à s'installer.
Bye
@ Virginie:
des légitimations oscillant entre scientisme et fascisme
La seule légitimité que j'ai évoqué, c'est le droit du plus fort.
à inventer de ces dernières notions ouvrent d'autres perspectives que de regresser vers des rapports de force, guerres, massacres, expropriations etcPourquoi ne pas changer la nature de l'être humain tant qu'on y est.
Les royaumes d'Israël et de Juda étaient des théocraties, personne n'a jamais dit le contraire. Sauf que l'Israël moderne ne l'est pas. En Israël, on peut très bien manger du porc, prendre sa voiture pour Shabbat, ne pas être marié par un rabbin, les non-juifs ont les mêmes droits politiques que les juifs...etc
Qui plus est, les orthodoxes juifs ne veulent pas soumettre toute la planète à la loi juive, juste Israël.
Je le répète, aujourd'hui (je ne parle ni du Moyen-Age, ni de l'antiquité) je ne vois pas d'autre idéologie universelle et théocratique que l'islamisme.
@ Marock1:
C'est exactement ce que j'ai voulu dire dès mon premier message. Du moment que des millions d'individus considèrent qu'il font partie d'un certain peuple, alors ils constituent une nation.
Virginie
19/03/2008, 13h41
c'est le droit du plus fort.
le droit du plus fort... pas mal celle-là. Donc faire sauter des gosses par surprise dans des lieux publics, c'est le droit du moins fort...?
Dans le monde d'aujourd'hui (je ne parle pas de celui en majeure partie couverte de forêt à transformer en terres arables, pas arabes hein...), même le plus fort est soumis à quelques obligations... L'histoire dans notre sujet est intéressante, non plus pour se justifier (on fait pareil), mais pour comprendre les évolutions et essayer de leur donner une direction comment dire..., constructive, humaniste, humaine, salvatrice ?
Pourquoi ne pas changer la nature de l'être humain tant qu'on y est
Scientisme.
La science, elle, tend plutôt à ce jour (au vue de la dernière étude en date) à prouver le contraire et à donner raison à Rousseau : le petit d'homme est attiré par le bien et repoussé par les attitudes agressives...
Intéressante question que de comprendre par quel "miracle" ou complexité, on peut devenir un être adulte aspirant plutôt à la paix et prêt à y travailler ou un va t'en guerre jusqu'au boutiste ? Et je n'ai pas dit qu'on allait changer la "condition" humaine en claquant des doigts... On a déjà eu du mal avec notre milieu et on n'a pas fini... ce qui n'empêche pas de s'attaquer à nous-même... Enfin, attaquer est usurpé... disons s'ajouter à la longue liste de ceux qui s'y sont attelé, à l'instar par exemple des f-maçons (dans leurs statuts d'origine).
Ensuite, fonde t'on la politique sur des mythes, de la science, la loi de la jungle, le droit et la justice, la nature ou la culture ? Ou un peu de tout (100g de mythes, une cuillère à soupe d'histoire, une pincée d'adn...) mais surtout n'importe quoi tout en prétendant faire passer la pillule par une soupe d'arguments dont la recette change avec le sens du vent ?
Toutes ces notions autour desquelles on blablate (sans baygon) sont-elles coulées dans le bronze ou potentiellement sujettes à "évolution" ?
les orthodoxes juifs ne veulent pas soumettre toute la planète à la loi juive
à exemple à la c** réponse idoine : les orthodoxes doivent être les mieux placés pour savoir que leur père fondateur Abraham pour ne pas le citer les rend héritiers de cette parole de Dieu qui dit qu'à travers lui (donc eux) il béni toutes les tribus de la terre... Alors à moins que spolier, enfermer une de ces tribus (une tribu "soeur" qui plus est, si on revient sur le terrain plus ou moins scientifique et rationnel) dans un ghetto et de l'y laisser pourrir en la soumettant à toutes sortes d'actes de violence et d'humiliation soit une bénédiction, je ne vois pas ce qu'il y a de très "orthodoxe" là-dedans.
A côté de ça, quand on entend les discours des neocons, cheney en tête qui semble disposé à raser l'Iran, on se demande si ces père-fouettard limite pervers psychopates ne se sont pas pour de bon persuadés que c'est de "l'éducation".
Mais la bénédiction d'Abraham n'a pas attendu d'être comprise. Elle s'est bel et bien répandue et la majorité est "armée" face à l'iniquité... Qui est un des points important par lequel je voulais passer. Se "tenir en respect" ne va pas être très agréable, mais j'espère que ça évolue dans ce sens voir que ça se resserre un peu plus car nos moyens de destruction sont bien trop importants pour continuer à en jouer impunément, et ils ne disparaîtront pas d'un coup de baguette magique. Et ça vaut pour tout le monde. Et Israël, peuple ou nation ou état, moi j'en ai rien à cirer, a tout de même mieux que ça à apporter à la table commune, ça j'en suis certaine.
La plupart des peuples, peut être tous, se sont fait une place au soleil par la guerre.
Justement... Et ont tellement bien "réussi" qu'on risque de s'y griller sous peu... D'où l'intérêt d'inventer d'autres méthodes plutôt que de pérenniser les existentes pour des raisons qui n'en sont pas. D'essayer de sauver les meubles, ne serait-ce que parce qu'on les aime bien...
Pour en revenir au sujet même de l'article... le titre est bien sûr aussi débile qu'il est provocateur. Par contre, vus certains délires justificatifs qui ont suivi, ça reste compréhensible puisqu'il ne s'agit en fait que d'une course au plus débile. Et là je pousse un ouf de soulagement ; ce n'est qu'une compétition sportive... et moi qui croyais que c'était sérieux.
Un article publié par libé ces derniers temps est intéressant, même s'il n'est pas central, dans notre sujet : il vulgarise une étude scientifique qui semble démontrer que toutes les personnes aux yeux clairs sont issus d'une même ascendance, soit, peu ou proue de la même famille. C'est dire la pureté de nos tribus respectives (ou toutes les caractéristiques sont représentées...). Alors se baser sur l'ascendance pour justifier que l'un est bon et l'autre par nature dangeureux n'a aucun sens, pas plus pour les juifs que pour quiconque... Et je tiendrais le même discours de tous côtés (enfin plus ordonné et réfléchi si possible).
Qui plus est, les orthodoxes juifs ne veulent pas soumettre toute la planète à la loi juive, juste Israël.
c pas pire que:
l'appellation de "Peuple" au sens de parenté, et pas sur un plan uniquement religieux ou culturel, n'est pas innocente ni anodine, on va jusqu'à essayer de prouver cette parenté par le sang, et ainsi par ces pseudo % de gènes commun que partageraient les juifs!, notion utile et nécessaire pour pouvoir ensuite parler de "peuple élu", et ainsi rejoindre et légitimer la bible sur certains points précis, et certains juifs orthodoxe ou ultra orthodoxe, à leur manière ne se gênent pas pour déclarer implicitement une certaine suprématie de ce peuple à part, sur le reste des peuples , et pour cause, un peuple choisie par dieu, sauvé par lui, et préféré etc etc et cela n'est ni plus ni moins qu'une forme de fascisme aussi pour ce qui en découle
@ Virginie:
Concernant les juifs orthodoxes, je suis d'accord avec vous, ils pensent que parce que dieu aurait promis la terre sainte aux enfants d'Israël, elle leur revient de droit, un peu comme les islamistes pensent que parce que la Palestine a été conquise par les musulmans au Moyen-Age, elle doit rester musulmane jusqu'à la fin des temps (c'est ce qui est écrit dans la Charte du Hamas). Mais ça ne remet pas en cause ce que j'ai écrit, l'islamisme reste la seule idéologie universelle et théocratique.
Ensuite, fonde t'on la politique sur des mythes, de la science, la loi de la jungle, le droit et la justice, la nature ou la culture ?
Si des millions de personnes adhèrent à un mythe, les politiques sont obligés d'en tenir compte s'ils veulent rester à leur place. Sinon, la politique n'est motivée que par les intérêts, les intérêts de l'homme politique d'abord, de l'état ensuite.
Alors se baser sur l'ascendance pour justifier que l'un est bon et l'autre par nature dangeureux n'a aucun sens, pas plus pour les juifs que pour quiconque...
Je suis totalement d'accord, et je n'ai jamais écrit le contraire.
l'appellation de "Peuple" au sens de parenté
Mais il n'a jamais été question de lien de parenté, est-ce que quand on parle de "peuple français" ou de "peuple arabe", on sous-entend que les français ou les arabes partagent un lien de parenté? Non.
on sous-entend que les français ou les arabes partagent un lien de parenté? Non.
mà tu fais ton ignorant là:rolleyes:
je parle de parenté ethnique car peuple c'est bien au sens ethnique qu'on l'utilise, ni nation, ni population, et c pour celà qu'on parle de population algérienne, française et de populations arabes.. pas de peuple français car varié et divers, comme dans tous les pays du monde, de même qu'on parle de peuple kurde, peuple slaves, peuple indiens etc etc c'est à dire groupe d'individu qui ont partagé sur une très langue période donnée et partage en gros une culture commune, une langue commune, une terre commune, même si en réalité comme je te l'ai déjà dit peuple au sens purement ethnique ça n'existe pas vraiment, étant données que tous les groupes finissent par s'acculturer au contacte d'autres cultures à moins d'être isolé géographiquement comme l'ont été dans le passé les indiens d'Amérique, ou certains tributs africaines comme les Les Massaïs.. et qui évidemment ont une "parenté ethnique" évidemment plus grande entre eux, puisque ne se reproduisent qu'entre eux
Je viens d'apprendre que le peuple français n'existe pas. Il faudrait peut-etre se mettre d'accord sur le sens qu'on attribue au mot "peuple" avant de continuer, c'est peut-être la source de nos malentendus.
Je viens d'apprendre que le peuple français n'existe pas. Il faudrait peut-etre se mettre d'accord sur le sens qu'on attribue au mot "peuple"
:15:
ben non pas de peuple français qui tienne, c comme ça..
Et puis:39: :39: je viens de te donner ce que veut dire peuple et ce que moi j'entends par peuple, sinon on parlerait pas de "peuple juif" mais de peuple israélien, si peuple français existe, or pareil y a pas de peuple israélien qui tienne car composé de différentes cultures, de différentes ethnies évidemment
Etre français ne signifie ni être blanc et catholique, ni être descendant de Clovis ou de Charlemagne. Ma définition de la Nation est subjective. Un communauté humaine constitue une nation si et seulement si ses membres se sentent liés les uns aux autres, et ont une vision commune du passé. Ca n'a rien d'ethnique, de linguistique ou de religieux.
Etre français ne signifie ni être blanc et catholique, ni être descendant de Clovis ou de Charlemagne. Ma définition de la Nation est subjective
Qui parle d'être français?, ben tous les français et bien ils sont français oui:22: , mais qu'est ce être français à avoir avec le fait que les français ne constituent pas un peuple:67:
Ca n'a rien d'ethnique, de linguistique ou de religieux.
t'as tout compris, et c pour cela qu'on dit population dans la majorité des cas et pour tous les pays plutôt que peuple. ainsi tu comprendras que peuple juifs, ça marche pas, car c une communauté religieuses uniquement, avec diversité culturelle, linguistiquement, territoriale, et même historique:mrgreen:
Etre français signifie faire partie du peuple français.
Tel que le mot "peuple" ou "nation" est défini par Renan ou Rousseau, les juifs constituent bien une nation puisqu'ils se sentent liés les uns aux autres et qu'ils partagent un ensemble de mythes communs. Tout comme les français, les allemands, les algériens ou les indiens. Un peuple, ce n'est pas une ethnie ou une communauté religieuse, ce n'est parce qu'il existe une diversité linguistique ou ethnique au sein d'un groupe humain que ce groupe ne constitue pas une nation.
@ Aanis
Un communauté humaine constitue une nation si et seulement si ses membres se sentent liés les uns aux autres, et ont une vision commune du passé. Ca n'a rien d'ethnique, de linguistique ou de religieux.
Si t'arrives, a faire accepter ça...
Aller, soyant gentil et fou en même temps,(je suis joueur ce soir...:mrgreen: ) à 50 % du forum.
Je t'attend avec un magnum, quand tu veux... :mrgreen:
Ce n'est pas la définition courante du mot "peuple", je le sais. Mais c'est la définition officielle en France depuis la révolution. C'est la définition qu'on trouve sur les livres d'histoire.
peuple" ou "nation
toi pas comprendre:evil:
nous parler de peuple pas nation
Peuple --différent-- nation
juifs non peuple car cultures plusieurs
juif non nation car partout y a des juifs
israel, pour faire plaisir à toi, plus possible être nation que pour juif:mrgreen:
Rica, ton ironie n'a pas lieu d'être. D'une part ce n'est pas gentil, d'autre part le peuple est une notion des plus compliquée qui soit.
http://www.cndp.fr/magphilo/philo18/interview.htm
Les 3 sens classique de peuple :
Peuple, c’est une banalité de la philosophie politique, s’entend de trois manières.
1) « Peuple » renvoie d’abord au peuple ethnique (à l’ethnos des Grecs).
2) « Peuple » renvoie aussi à l’ensemble des citoyens, organisés sous l’autorité d’un État, et que personnellement je n’appellerai pas peuple politique, mais que je préfère appeler peuple du droit ou juridique.
3) Et « peuple » s’entend enfin au sens de plebs, de peuple social, disons pour aller vite à l’ensemble des dominés.
Gérad Bras aborde ensuite des sens plus souterrains à "peuple" mais encore claire, le peuple comme "opposé à" quelque chose
Chacune de ces trois acceptions de « peuple » peut être opposée à une autre.
1) Le peuple ethnique est opposé à un autre ethnos, à une culture étrangère
2) le peuple juridique est opposé aux autres peuples étrangers, dirigés par des États étrangers, avec lesquels – comme le dit la philosophie hobbesienne – il est dans l’état de nature, et par conséquent potentiellement en guerre.
3) Le peuple social est opposé aux Grands (aux bourgeois, aux nobles, etc., la catégorie générique de « Grands » chez Machiavel me semblant tout à fait explicite).
Dans chacun de ces cas, on distingue un peuple comme étant un groupe d’hommes assez clairement circonscrit, et qui s’oppose à un autre groupe qui lui est extérieur.
Il explique comment ensuite comment ce 2ème sens en quelque sorte pré-conscient "d'opposé à", a une fonction de camouflage d'une représentation inconsciente mais très prégnante dans un 3ème sens.
Cette opposition massive, visible, évidente masque en fait l’opposition interne qui est beaucoup plus profonde et constitue un schème de représentations beaucoup plus vivace, beaucoup plus prégnant, et qui est en quelque sorte dérobé ou/et dénié par la première opposition.
Si je reprends la liste, je dirai que
1) le peuple ethnique est opposé en un sens moderne du terme aux barbares (pas au sens grec du terme évidemment), si vous préférez aux sauvages ou aux « sauvageons ». On a là la figure du non-civilisé, dont on est prêt à reconnaître qu’on en provient, mais qu’on l’a quittée, pour être effectivement un peuple. Non-civilisé qui menace de l’intérieur, danger contre lequel le « vrai peuple » doit se prémunir, par exemple en développant un système d’éducation.
2) Le peuple juridique est opposé à son autre comme étant la multitude. La multitude, c’est l’état du peuple avant le peuple, avant le pacte social, mais le pacte étant un artifice, c’est un état contre lequel là aussi il faut toujours se prémunir. […]. La figure biologique et médicale du cancer serait assez pertinente pour rendre compte de cette opposition, et l’usage actuel du mot « populisme » me semble assez clairement renvoyer à cette thématique.
3) Quant au peuple social, on retrouve exactement la même chose, y compris chez un théoricien comme Marx, sous la notion de Lumpenprolétariat, et plus clairement chez Hegel quand il évoque le Pöbel (la populace). Il y aurait en quelque sorte un peuple sous le peuple, un peuple en état de décomposition, plus miséreux que le peuple. Pour Hegel, il s’agit d’une masse informe sans cesse en train de contester la légitimité même de l’État, dont on ne sait pas quoi faire, que Hegel propose d’envoyer dans des colonies !
Si l’on généralise, on peut donc soutenir que « peuple » est une notion qui ne prend sens que par ce double jeu d’opposition, 1) explicite et externe, 2) implicite et interne. C’est la seconde qui me paraît la plus importante, et qui explique pourquoi l’ambiguïté est constitutive du concept, en même temps qu’elle permet de percevoir l’articulation entre les usages théoriques, en philosophie politique, de ce concept, et sa fonction dans les discours politiques.
Politiquement maintenant : le "Peuple" à pris encore un autre sens dans l'histoire moderne, ceux qui s'en reconnaissent par leur actes et non par un attribut X ou Y.
[…] Pour résumer, je dirai que, pour les trois concepts initiaux, juridique, social et ethnique, ce qui fait un peuple, c’est une propriété commune à tous les éléments qui appartiennent au peuple ainsi défini. Les frontières sont, en principe, clairement délimitées. C’est en ce sens qu’on parle de « peuple français », de « peuple juif », de « peuple aborigène », voire du « peuple de gauche » ou « des gens du peuple ». Le peuple est alors conçu comme une substance, ce qui permet aussi de le présenter éventuellement comme une entité transhistorique.
= > Politiquement, au contraire, le peuple n’existe que dans l’acte par lequel un groupe d’hommes s’affirme et se fait reconnaître comme valant pour tous, c’est-à-dire comme ayant une portée universelle. « Acte par lequel un peuple est un peuple » dit Rousseau : c’est par un acte que le peuple se détermine politiquement, pas par un comptage.
Enfin comment le colonisé a réuni en un seul toutes les oppositions du 2ème sens de peuple (supra).
Un philosophe algérien, Sidi Mohammed Barkat10, qui a travaillé sur le statut juridique des Algériens et des indigènes algériens […]. Au regard des principes de 1789, le dispositif du sénatus consulte, de juillet 1865, est éminemment problématique : il fait que le colonisé est véritablement inclus comme national non citoyen, comme national de seconde zone, en raison de sa nature.
Même quand on va arriver au statut de droit personnel, la citoyenneté – bien compliquée à obtenir pour un indigène algérien – va être acquise par la personne sans pouvoir être transmise à sa descendance. Le système juridique constitue et se fonde sur une représentation du colonisé, en tout cas du colonisé algérien, comme celui qui ne pourra jamais véritablement être éduqué et civilisé et pour cela est assigné à un statut juridique inférieur. Il se trouve donc posé comme la figure de l’inassimilable, de l’inintégrable, confortant de façon imaginaire l’identité ethnique du Français.
Il y a là une contradiction entre d’une part l’ambition idéologique affichée de coloniser pour civiliser, et d’autre part une population de jure et non seulement de facto jugée inéducable, et ce par filiation, ascendante et descendante. D’où la conservation du droit musulman pour la communauté des colonisés, des indigènes, alors même qu’ils sont intégrés à l’ensemble national, mais avec un statut juridique inégalitaire.
Cette contradiction ne peut s’expliquer que parce que la notion de peuple est ambiguë, que l’État, l’État républicain comme tout autre, fonctionne à l’oubli du peuple politique au profit du peuple juridique, et faisant fond sur l’imaginaire ethnique.
C’est toujours la même chose dès qu’on veut traiter le « peuple » comme une réalité substantielle. Je crois que la colonisation a contribué à créer et à renforcer ce schème de l’inclus / exclu, le colonisé ayant cette caractéristique un peu rare d’être à la fois 1) d’une autre ethnie, 2) d’une autre nation juridique (d’un autre peuple, juridiquement parlant), 3) d’être considéré comme multitude, et en plus d’être pauvre.
Le colonisé concentre sur sa tête les trois principes d’opposition et d’exclusion interne : c’est le barbare qui se comporte comme une turba (http://fr.wiktionary.org/wiki/turba) et a le statut de la populace, en tout cas majoritairement. Un tel schème de représentations a la vie dure, et j’ai trouvé le film Indigènes assez fin de ce point de vue.
Rica, ton ironie n'a pas lieu d'être. D'une part ce n'est pas gentil,
Mais dis donc
c peut être pas gentille:evil: mais c surement pas méchant, à moins qu'on soit entre gamins de 6 ans, et c pas de l'ironie c du 2²²ème degré qu'aanis comprend :mrgreen:
Tu es sérieux là : je te laisse apprécier l la possibilité que ce soit par rapport à ces 2 définition:2) et 3)
2) « Peuple » renvoie aussi à l’ensemble des citoyens, organisés sous l’autorité d’un État, et que personnellement je n’appellerai pas peuple politique, mais que je préfère appeler peuple du droit ou juridique.: ça colle pas puisque quand on parle de peuple on inclus et on sous entend tous les juifs du monde, donc des juifs vivant sous plusieurs autres autorités et dans plusieurs état
3) Et « peuple » s’entend enfin au sens de plebs, de peuple social, disons pour aller vite à l’ensemble des dominés.: pareil c surement pas relativement à cette définition qu'on fait référence au peuple juifs::redface: , puisqu'en israel y a pas que des juifs, même si c le but depuis 48, idem et en plus il y a les juifs dans le monde entier, donc ils ne constituent point "un peuple social", d'ailleurs sinon on parlerais et on parle bien de peuple social israélien au sens société, et encore moins au sens des dominés:22: .
1) « Peuple » renvoie d’abord au peuple ethnique (à l’ethnos des Grecs).
Enfin c bien de celle ci dont il est question, puisqu'elle reprend la vieille notion du peuple hébreux dont le patriarche est Abaraham et dont les descendants, furent libérés par moise..: le peuple élu et dont tous les juifs y seraient "affiliés" d'où la volonté de marquer "la judaïté" par la transmission héréditaire par la mère( plus prudent par la mère, on est jamais sûr pour le père:11: )
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