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Voir la version complète : Primaires USA - Une gaffe de McCain sur l'Iran réjouit les démocrates


absent
20/03/2008, 11h24
Il est le vieux routard de la politique, l'ancien soldat, celui entre les mains duquel les Américains pourraient remettre leurs destinées dans quelques mois. A peine désigné candidat des républicains à la prochaine présidentielle, John McCain s'est rendu au Proche-Orient pour y redire son amitié pour Israël et à ses enfants, en particulier ceux vivant... aux Etats-Unis. Mais un peu trop sûr de son expérience, le sénateur de l'Arizona s'est lancé dans une analyse géopolitique pour le moins audacieuse.

"Tout le monde sait qu'Al-Qaïda se rend en Iran, y est entraîné, et revient en Irak. C'est bien connu", a-t-il affirmé depuis Amman. Soit l'homme se trompe, soit il est mieux informé que le Pentagone lui-même, car si les Etats-Unis estiment officiellement que l'Iran est la base arrière de groupes extrémistes sévissant en Irak, jamais Washington n'a fait état d'une collusion entre l'Etat chiite et Al-Qaïda, une organisation terroriste sunnite.

La leçon d'Obama

Après avoir répété plusieurs fois ces allégations, McCain a prêté l'oreille à ce que lui soufflait le sénateur indépendant Joe Lieberman, qui l'accompagne dans sa tournée. Et il a fait amende honorable : "Je suis désolé, les Iraniens entraînent des extrémistes, pas Al-Qaïda". Trop tard. Ses adversaires démocrates ne lui ont pas passé cette gaffe.

"Nous avons entendu le sénateur McCain confondre sunnites et chiites, l'Iran et Al-Qaïda. Peut-être que c'est pour cela qu'il a voté pour la guerre dans un pays qui n'avait pas de liens avec Al-Qaïda", a ironisé mercredi son adversaire Barack Obama. Et de faire la leçon : "La guerre en Irak a renforcé Al-Qaïda qui a augmenté ses militants et dont les chefs bénéficient d'un sanctuaire... au Pakistan, à des milliers de kilomètres de l'Irak". L'occasion était trop belle pour Obama à qui l'on reproche, jusque dans son propre camp politique, un manque d'expérience coupable en matière internationale.

"Bomb Iran"

"Après huit ans d'incompétence de l'administration Bush en Irak, les commentaires de M. McCain ne donnent pas aux Américains une raison de croire qu'ils pourraient lui faire confiance pour offrir une solution claire", a commenté la porte-parole du parti démocrate. "Il ignore les faits sur le terrain", a-t-elle insisté.

"Penser que je puisse manquer de connaissance au sujet des sunnites et des chiites après ma huitième visite et ma profonde implication sur cette question est un peu ridicule", a rétorqué John McCain mercredi soir. En avril dernier, interrogé pour savoir quand Washington adresserait "un message par avion" aux Iraniens, le sénateur avait chantonné cette réponse, sur un air des Beach Boys : "bomb, bomb, bomb,, bomb, bomb Iran". De simples fausses notes?

tf1.lci.fr

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