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jawzia
25/03/2008, 19h27
Tunisie: un candidat à la présidence dénonce une réforme visant à l'écarter

TUNIS - L'opposant tunisien Ahmed Néjib Chebbi, candidat du Parti démocratique progressiste (PDP, légal) à l'élection présidentielle de 2009, a dénoncé mardi une "manoeuvre" des autorités visant à empêcher la validation de sa candidature.

"La réforme constitutionnelle modifiant les conditions de candidature à la présidentielle est une manoeuvre visant à écarter le seul candidat opposant déclaré", a affirmé M. Chebbi lors d'une conférence de presse.

Le président tunisien Zine El Abidine Ben Ali avait annoncé vendredi un amendement de la constitution qui permet, à titre exceptionnel pour la prochaine présidentielle, aux premiers responsables des partis d'opposition légaux élus depuis deux ans au moins de déposer leurs candidatures à la présidence de la République.

La réforme est destinée à contourner le préalable du parrainage par un certain nombre d'élus. Elle ouvre la voie à tous les partis reconnus y compris le PDP sans pour autant s'appliquer à M. Chebbi, qui avait annoncé mi-février dernier sa candidature à la présidentielle.

Cet avocat âgé de 60 ans avait cédé la présidence de sa formation en décembre 2006 à Mme Maya Jribi et son statut actuel de simple membre du bureau politique ne lui permet pas de postuler légalement.

M. Chebbi a affirmé que le président tunisien s'était ainsi "arrogé péremptoirement le droit de choisir ses propres concurrents". Il a appelé l'opposition démocratique à rejeter la réforme constitutionnelle, en fustigeant une " tentative de priver le peuple tunisien du libre choix de ses dirigeants".

M. Chebbi avait postulé à la présidentielle de 2004, avant d'y renoncer à défaut de pouvoir contourner une contrainte juridique.

Le code électoral exigeait que le candidat à la présidentielle soit parrainé par trente élus au moins, une condition que M. Chebbi ne peut toujours pas remplir, sa formation n'ayant jamais siégé au parlement.

En 2004, trois candidats d'opposition s'étaient présentés face au président Zine El Abidine Ben Ali, qui avait été réélu avec 94,4% des voix.

Le Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD, au pouvoir) multiplie depuis plus d'un an ses appels à M. Ben Ali l'exhortant à être son candidat à la prochaine présidentielle.

(©AFP / 25 mars 2008 18h43)

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