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nacer-eddine06
27/03/2008, 21h46
Et si l’Iran avait la bombe ?...
Les bruits de bottes américaines et la pression onusienne s’accentuent sur l’Iran sans que l’on sache réellement quels sont la nature du danger et les enjeux stratégiques d’une possession de la bombe atomique par l’Iran. S’impose alors une tentative de projection : que se passerait-il si l’Iran avait la bombe ?

L’affaire d’Iran qui chauffe les milieux diplomatiques, les états-majors et les scientifiques occidentaux depuis deux ans maintenant soulève tant d’éléments symboliques que le seul débat qui nous est proposé des très nombreux (et compétents) spécialistes reste dramatiquement primaire, caricatural.
Car si l’on résume les données du problème, sans caricaturer (ou presque), nous serions face à une crise tellement simple que quiconque remettrait en cause l’accusation générale des volontés bellicistes iraniennes ne pourrait être qu’un fondamentaliste ou son pendant laïc, un fasciste patent. Le symbole de destruction absolu (Hiroshima) représenté par l’atome ne tolère pas la moindre faille dans le dispositif d’interdiction de l’arme atomique (dispositif incarné par le TNP essentiellement). Que les Cinq du Conseil de sécurité de l’ONU aient été rejoints par Israël, le Pakistan, la Corée du Nord, l’Inde, et probablement d’autres, ne semble pas nécessiter une remise en question de l’idéologie de la non-prolifération. Que les Etats-Unis d’Amérique utilisent depuis dix ans (approximativement depuis la guerre de Yougoslavie) des armes à uranium appauvri (et probablement des engins atomiques à faible puissance sur le discret champ de bataille afghan) n’est pas non plus un problème, non plus que la montée en puissance des coopérations pour le nucléaire civile (l’entreprise Areva vend de l’atome comme une marchandise normale un peu partout dans le monde) due à l’enchérissement durable du pétrole.

En outre, il ne semble faire aucun doute pour personne que M. Ahmadinejad est un fou prêt à déclencher l’apocalypse nucléaire aussitôt qu’il en aura la capacité. Que les yeux de l’Oncle Sam soient techniquement capables d’anéantir tout missile avant même sa mise à feu depuis la Guerre Froide ne semble pas remettre en question le danger. Et que les innombrables groupuscules terroristes qui ont voué l’Amérique aux flammes de l’enfer puissent obtenir des "bombes sales" auprès de la Corée du Nord, du Pakistan et surtout du réservoir atomique russe n’est qu’un détail. Non, pour l’ensemble des géopolitologues, aussitôt que l’Iran aura la bombe, soit il s’en servira, soit il la vendra à des kamikazes. Et un fou ne tenant pas compte des risques d’anéantissement de son propre pays, possession entraînera utilisation. CQFD.

Il est étonnant qu’en France aucun analyste ne déroge à l’antienne catastrophiste. Ainsi, pour quelle raison M. El Baradeï, qui en son temps s’est battu seul contre la puissance américaine pour démontrer que l’Irak ne possédait pas d’"arme de destruction massive", est-il le premier sur le front des accusateurs ? Pourquoi les plus hauts dirigeants occidentaux feignent de présenter de façon simpliste le président iranien, comme un nouvel Hitler, Staline ou Ben Laden ? Pour quelle raison pas un seul commentateur ne relève l’évidente préservation de leur monopole par les puissances nucléaires officielles (et ce, quelle que soit la réalité du danger iranien) ? Comment des puissances qui ont quotidiennement tiré profit de la menace qu’ils représentaient pour assurer leur influence sur la marche du monde, pourraient-elles simplement accepter de voir ce monopole battu en brèche ?

Aussi il apparaît utile de se lancer dans quelque hypothèse afin de replacer le coeur du problème. Que se passerait-il donc si Téhéran parvenait à construire une arme atomique ? Premièrement, il s’agirait de toute évidence d’une arme de faible qualité, de faible puissance. Rien ne dit que les capacités militaires iraniennes (malgré la mise en service d’un nouveau missile Achoura d’une portée théorique de 2000 km) ne permettent d’équiper un missile d’une tête nucléaire. Surtout, l’armada américaine de satellites, de navires dans le Golfe Persique et de bases en Irak, Afghanistan et au Pakistan n’auraient aucune difficulté à empêcher le décollage d’un tel engin. Ils en étaient capables face aux Soviétiques et leurs milliers de têtes enterrées dans des silos...

Mais, surtout, toutes les gesticulations actuelles font fi du principe même de dissuasion nucléaire, qui veut que c’est plus la peur de l’arme que le danger réel qui prévaut. C’est la raison pour laquelle tous les programmes nucléaires sont entourés du plus grand secret. Si personne ne connaît exactement l’état des capacités nucléaires de l’Etat d’Israël, personne ne peut savoir s’il est réellement menaçant, en quel délai et sur quel périmètre. Tant que l’incertitude demeure l’adversaire s’abstient.

nacer-eddine06
27/03/2008, 21h47
Quelles sont donc les raisons qui poussent Téhéran à braver la communauté internationale et à se doter de la symbolique que représente l’arme atomique ? Il est important de souligner que ce concept de communauté internationale, sémantiquement très vague, est dans les faits souvent utilisé, soit comme synonyme d’Assemblée générale des Nations unies (avec l’incapacité que nous lui connaissons à parler d’une même voix et donc à condamner un "aventurisme nucléaire" comme celui de l’Iran), soit comme le regroupement des grandes puissances mondiales, à savoir un club de nations d’ascendance européenne et chrétienne (dont les Etats-Unis d’Amérique) dirigé par des gouvernements laïcs. Cela éclaircis une position d’insulaire pour des dirigeants chiites minoritaires en islam, cernés par des alliés (et des bases militaires) des Etats-Unis, et quasi seule théocratie dans un monde laïc dominé par une vision et des valeurs occidentales du monde. Non qu’il faille remettre en question ces valeurs majoritairement basées sur la démocratie et la séparation du temporel et du spirituel. Mais il est toujours nécessaire de comprendre la psychologie d’un "partenaire" lorsque celui-ci pose problème. Dans ce cas (comme dans celui de la Corée du Nord) le raidissement constaté du côté de Téhéran est tout ce qu’il y a de plus prévisible dans ce contexte. Mais quand la Corée du Nord sait pouvoir compter sur l’influence du voisin chinois pour la protéger de tout risque d’intervention militaire américaine, l’Iran est seul.

En somme il s’agit ici plus de rouler des mécaniques que d’une réelle volonté belliqueuse. L’histoire a montré que seules les bêtes traquées et acculées se livraient à des actes insensés. Ce n’est pas la situation de l’Iran malgré tout, qui jouit d’une forte croissance économique, d’un nationalisme solide et de la capacité d’obstruction très réelle de la Russie de Poutine. Car que faire d’une bombe atomique ? Raser Israël ? Outre la probable impossibilité technique, la capacité de riposte nucléaire de l’Etat hébreu (le fameux principe de dissuasion) et sa supériorité technologique (des avions porteurs notamment et l’assistance des satellites américains), quel en serait l’intérêt ? Aucun dirigeant au monde ne se lancerait dans un tel risque de destruction mutuelle pour le simple plaisir d’une image favorable auprès d’une partie du monde arabe. Cette histoire n’est donc qu’un énième rapport de force entre deux nations antagonistes, des bruits de bottes comme nous l’a montré l’exemple colombien début mars.

Pour quelles raisons alors un tel énervement, une telle escalade verbale dans les discours occidentaux ? Les spécialistes et dirigeants savent tout cela. Si l’on souhaite mettre de côté l’esprit de croisade plus ou moins atavique chez certaines franges politiques chrétiennes (notamment aux Etats-Unis) et la théorie du choc des civilisations (la transposition actuelle de la doctrine médiévale), l’on a du mal à comprendre un tel antagonisme. Reste la crainte de voir cette possible puissance passer à un statut d’égal qui obligerait à négocier avec un modèle qui nous fait peur et reste trop éloigné de nos valeurs. Aucun gouvernement n’avouera publiquement nier l’existence d’une théocratie telle que l’Iran. Pourtant ce principe de gouvernement semble sorti des pires cauchemars de l’histoire européenne et influe probablement sur l’inconscient de nos dirigeants. Si l’on exclue la menace réelle, le symbole politique et religieux que représente l’Iran, que reste-t-il ? L’Iran, malgré son rigorisme religieux, n’est pas une dictature, moins sans doute que la Russie, et la société civile soutient dans une certaine mesure son modèle de société.

Que cela nous plaise ou non c’est un fait, bien éloigné d’un chaos afghan qui avait entraîné l’unanimité d’une intervention militaire (sans doute pour de mauvaises raisons après des années de pouvoir taliban aucunement inquiété).

Reste enfin le risque, réel cette fois d’un aventurisme américain. Si les arguments favorisés semblent moins valables aujourd’hui qu’il y a un an, si l’état-major est extrêmement réticent à un tel projet, si l’artisan principal de l’invasion irakienne (Rumsfeld) est parti, n’en reste pas moins le risque de voir une administration américaine vouloir enterrer un probable mandat démocrate à venir sous une guerre intenable ou bien plus basiquement de vouloir se venger de l’affront incarné par M. Ahmadinejad. Une telle guerre serait longue, désastreuse pour les deux côtés et relancerait comme jamais le fondamentalisme musulman. Au final, la meilleure chance de la paix reste le bourbier irakien et la récession américaine qui interdiront probablement toute tentative autre qu’un bombardement stratégique inefficace des installations nucléaires iraniennes avant janvier 2009, date de prise de fonction du nouveau président à Washington. Cela laisse un an à Téhéran pour développer tranquillement son programme. Ensuite, l’état d’avancement de l’arme atomique et le résultat des élections américaines détermineront l’avenir de la région tout entière, de l’Inde à la Méditerranée en passant par le Caucase. Loin de représenter une terrible menace, la bombe iranienne pourrait induire une normalisation sans précédent des relations islamo-occidentales basée sur l’équilibre de la force, seule loi respectée en politique internationale.

agoravox

mansali06
27/03/2008, 22h55
si l’Iran avait la bombe ?...

Peut être qu'il a bénéficié de l' aide du Professeur KHAN
(Le Père de la bombe Atomique Pakistanaise)

http://www.lexpress.fr/info/monde/dossier/pakistan/dossier.asp?ida=428521

magog
28/03/2008, 01h20
Le Nucléaire Militaire est considéré par les grands de ce monde comme un privilège des puissances économiques et industrielles mais qu'un pays Musulman fasse comme le Pakistan parait l'Occident une très grave menace inacceptable......

Israël,avec la complicité de la France et de l'Agrique du Sud,dipose d'un arsenal estimé selon les experts à près de 800 engins nucléaires et personne ne trouve à redire :c'est curieux tout de même !
C'est même bizarre car c'est toujours israêl qui guette les pays Arabo-islamiques et se dit " inquète du nucléaire Algérien ".

L'Iran,depuis sa guerre avec l'Irak et sa destruction par la coalition Américaine cristallise toute les haine des Sionistes et par voie de conséquence l'Amérique qui se croit investie d'un droit de guerre préventive.

La région du Moyen Orient est en effervescence et gagne en instabilité de jour en jours néanmoins,l'Iran s'affiche comme étant l'ennemi juré des Etats Unis et d'Israël,ce qui est un défi assez grave quand on sait que l'Irak est passé par ce chemin qui mène à l'enfer....

Les Musulmans sont trop divisés avec des intérêts contradictoires dans la régions et c'est une situation qui pourrait être favorable à d'éventuelles frappes destructrices de l'Iran.Evidemment,Israêl serait dans ce cas,de la partie comme elle l'a déjà fait contre l'Irak et la Syrie...

C'est un scénario que j'imagine parfaitement plausible mais,en politique on n'est jamais sûr de rien tellement qu'il y a de paramètres qui échappent.

mouhcouscous
28/03/2008, 02h36
Bonjour Magogue , d'apres des experts avec la vulgarisation de téchnologie , d'ici cinquante ans la bombe à tomic sera à la portée de tout le monde , Israêl et apres la raclée qu'elle a subit de la part du Hizb ellah EN 2006 avait compris qu'elle n'est le maitre du jeu , et que ses ennemis sont capables de la menacer jusqu'à l'interieure de son térritoire malgré que ses frontières sont protégées par le systême de surveillance le plus sophistiqué dans le monde , l'Iran qui est un pays tres avancé dans le domaine militaire justement inquiétent Israêl , il posséde sa propre industrie militaire ,il fabrique des missles d'une portée de 1200 KLM , des bombes à guidage laser , est dérnierement ces ingenieur ont consu et réalisé un avion de combat équivalent au F18 A méricain , ces technologies de pointes pourtant réservées à un club tres restreint depays , les Américains qui sont embourbés en Irak , ne peuvent pas ouvrir un autre front contre l'Iran , donc les agitations d'israêl ne sont qu'un coup d'épée dans l'eau .

magog
28/03/2008, 12h02
Salut "mouhcouscous" !

Je suis tout a fait d'accord avec toi et c'est pour cela que l'Iran se permet le luxe de faire fi des sanctions nations unies en s'empressant dans le process de l'enrichissement des matériaux fissiles car,comme vous le savez,il lui faut d'atteindre le niveau de "charge critique"....et le reste,ce sera de la bidouille.


@+

El-NiNo
28/03/2008, 12h08
Et Alors ? Pourquoi les uns l'ont et les autres n'y ont pas droit ?

samirlechequier
28/03/2008, 12h26
L'explication de la crise actuelle ne peut se faire sont prendre en compte le coté religieux. Pour la première fois depuis 1979, les radicaux religieux des deux principaux adversaires, l'Iran et les états unis, sont au pouvoir au même temps. Il ne faut pas négliger la croyance profonde des dirigeants iraniens quant à la venue du Mahdi, le douzième imam des chiites, dans des conditions de guerre absolue, justement identifié par le régime iranien comme une guerre nucléaire, cette conviction existe aussi chez Bush, qui croit dure comme fer à l'aide divine, qui se présentera sous la forme de l'antéchrist. La droite religieuse, très profondément croyante est actuellement au commande des états unis, et cette croyance est justifié par une interprétation de la bible assez restreinte.

Le coté religieux est néanmoins un facteur aggravant, le vrai but d'une éventuelle guerre est la mise sous tutelle de la production iranienne de pétrole. Comme ça a été le cas lors de l'invasion de l'Irak, d'ailleurs, le seul édifice public protégé par les américains à leur entrée dans Bagdad est le ministère du pétrole.

Quant aux capacités militaires iraniennes, elles sont plutôt développées. L'un des effets de l'embargo sur les armes qu'a eu à subir l'Iran alors qu'elle était en pleine guerre, est le développement impressionnant d'une industrie militaire dans toutes ses composantes. Ainsi, les Iraniens ont réussi à construire des sous-marins ultra silencieux, ce qui pour une armée ennemie basée largement sur la marie et les portes avion est un réel problème stratégique. Un sous-marin silencieux peut s'approcher dangereusement d'un porte avions, comme l'a fait un sous marin russe il y a de cela quelques semaines, et provoquer en cas d'attaque une réduction importante du pouvoir de nuisance de ces bâtiments. Pour ce qui est de l'armée de l'air iranienne, elle représente sans doute la maillon faible des forces armées de ce pays, elle n'a pas de vrai avions performants, et les seule qui puisses mener des missions sont de vieux avions américains hérités de l'époque du chaah. Néanmoins, ce manque est comblé par le fait que le pays dispose d'une DCA très performante, notamment pour protéger les installations nucléaires. Ces dernières sont d'ailleurs protégées par des batteries de missiles russes de la dernière génération. Le fer de lance de l'armée iranienne reste ses capacités balistiques, l'Iran dispose actuellement d'un arsenal balistique très performant, ses missiles peuvent atteindre un rayon d'action de 2000 km, certaines informations font état du développement de missiles d'une capacité d'action de 3200 km. De plus, les missiles de courte portée passe pour être des plus rapides au monde, ce qui dans la perspective d'affrontement dans le golf persique pourraient entraîner de grandes pertes à la marine américaine. Voila pour ce qui est de la capacité de nuisance de l'armée iranienne.

D'un point de vue purement stratégique, une guerre contre l'Iran entraînerait la fermeture de détroit d'Hormuz pendant toute la durée des combats, ce qui aura pour conséquence une flambée sans précèdent des cours du brut. De plus, une attaque américaine sur l'Iran entraînera une flambée de violence dans le sud irakien, provoquée par des milices chiites amenées par des officiers iraniens, ce qui aura pour conséquence de couper les vivre au régiments américains stationnés en Irak, ces derniers ne pouvant plus se déplacer, en raison du manque de carburant, seront des cibles faciles pour les gardiens de la révolution iraniens, ils n'auront alors plus qu'a se replier vers le Kurdistan et la Turquie. Cette situation si elle venait à avoir lieu entraînerait une grande partie des soldats américains dans les camps de prisonniers iraniens. De plus, les bases américaines en Irak ne sont pas aussi bien protégées que les bâtiments de guerre contre les tires de missiles. Autre point stratégique, la présence du Hezbollah au sud Liban mettra la pression sur israélo, et équipés de missiles plus perfectionnés que ceux de la guerre de 2006 donnera au Hezbollah la possibilité de bombarder les aéroports militaires israéliens et empêcher ainsi le décollage des ces appareils. Le derniers point important, est la géographie iranienne, ce pays ne ressemble en rien à l'Irak, ce dernier est une pays plat, sans relief, alors que l'Iran à des chaînes montagneuses qui empêchent tout invasion terrestre par l'Irak, La Turquie quant à elle à déjà refusé que ces bases soit utilisés pour attaquer l'Iran. Reste alors l'Afghanistan, mais le pays est actuellement un véritable bourbier qui empêche tout projet de l'utiliser comme base arrière.

Au vue de tout cela, il est clair qu'une attaque américaine sur l'Iran sera une guerre longue, coûteuse en homme et en matériel, ce qui dans l'état actuel de l'économie mondial et américaine signifiera l'écroulement du système économique tout entier

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