Thirga.ounevdhou
29/03/2008, 19h17
La ville de Växjö sera "verte" ou ne sera pas. Telle est la devise de cette commune du Sud de la Suède qui s'est érigée au rang de modèle international de protection de l'environnement, et dont les objectifs pour l'avenir sont plus qu'ambitieux.
A l'heure où l'Union européenne (UE) prévoit de porter à 20% la part de sa consommation d'énergie provenant de sources renouvelables, Växjö, un trou de verdure entre forêts et lacs qui compte 80.000 habitants, peut se targuer d'avoir déjà atteint les 50%. Et 90% lorsqu'il s'agit du chauffage.
Les émissions de CO2 par habitant ont diminué de 30% entre 1993 et 2006.
"C'est beaucoup mais nous ne sommes pas satisfaits, nous voulons les diminuer encore", indique Henrik Johansson, spécialiste environnement à la mairie.
En effet, Växjö, qui a décidé en 1996 de réduire à néant sa consommation d'énergies fossiles (sans se fixer une date précise), veut diminuer de 50% ses émissions de CO2 d'ici à 2010 et de 70% d'ici à 2050. Des objectifs qui battent de loin ceux de l'UE qui vise -20% d'ici à 2020, par rapport à 1990.
Les efforts de Växjö ont été loués par la Commission européenne qui a décerné à la ville le prix Energie durable pour l'Europe, en 2007.
"Nous essayons d'influencer le comportement des gens, cela n'est pas facile, à vrai dire c'est assez difficile", poursuit M. Johansson. Mais cela marche. A coup de nouvelles pistes cyclables, de primes à l'achat de voitures "propres" et de parkings gratuits pour ces dernières ou encore de calendriers remplis de conseils pratiques pour protéger l'environnement.
Depuis l'obtention du prix de la Commission européenne, Växjö voit défiler les délégations étrangères, Chine en tête, qui viennent observer et s'inspirer de ce modèle.
Selon le maire, le conservateur Bo Frank, la ville doit son succès écologique à un engagement précoce pour l'environnement et à une tradition de consensus entre les hommes politiques de tous bords dans ce domaine.
Tout a démarré au début des années 1970, lorsque la commune entreprit de nettoyer ses lacs fortement pollués. "Aujourd'hui on peut s'y baigner, pêcher et en consommer les poissons", se réjouit M. Johansson.
Puis, en 1980, du fait du deuxième choc pétrolier, l'usine de chauffage urbain qui carburait jusqu'alors au pétrole, a introduit un combustible fabriqué à partir de bois, une matière première abondante dans les environs de Växjö qui pouvait assurer à la ville une indépendance énergétique.
Aujourd'hui, ce biocombustible compte pour 98,7% du carburant alimentant la centrale qui chauffe 50.000 des habitants de Växjö et dont le réseau ne cesse de s'étendre, explique Lars Ehrlén, responsable du département Energie de l'usine.
Pour ce qui est de convaincre les habitants de faire des efforts pour lutter contre le réchauffement de la planète, le maire croit "au bâton et à la carotte". Evoquant certaines mesures qui font grincer des dents, M. Frank résume: "Rien n'est jamais populaire au début mais on s'habitue à tout".
Ainsi, lorsque la commune a annoncé il y a environ six mois qu'elle ne tiendrait plus ses conférences que dans des cafés ou restaurants ayant obtenu un certificat écologique, Mats Pettersson, copropriétaire d'une chaîne de restaurants à Växjö, a fait grise mine.
"J'ai trouvé cela très embêtant au début (...) mais maintenant je trouve ça bien. Le problème (...) c'est qu'il était difficile de trouver des produits écologiques (...) Mais les fournisseurs ont désormais de plus en plus ce qu'il nous faut", remarque-t-il.
Face aux critiques, le maire reste philosophe et sûr de ses choix. "Nul n'est prophète en son pays", sourit cet écologiste de la première heure.
"Il est de la responsabilité de Växjö de montrer l'exemple", estime l'élu qui va au bureau à pied, possède une voiture écologique et éclaire sa maison avec des ampoules à basse consommation d'énergie.
(©AFP / 29 mars 2008 )
A l'heure où l'Union européenne (UE) prévoit de porter à 20% la part de sa consommation d'énergie provenant de sources renouvelables, Växjö, un trou de verdure entre forêts et lacs qui compte 80.000 habitants, peut se targuer d'avoir déjà atteint les 50%. Et 90% lorsqu'il s'agit du chauffage.
Les émissions de CO2 par habitant ont diminué de 30% entre 1993 et 2006.
"C'est beaucoup mais nous ne sommes pas satisfaits, nous voulons les diminuer encore", indique Henrik Johansson, spécialiste environnement à la mairie.
En effet, Växjö, qui a décidé en 1996 de réduire à néant sa consommation d'énergies fossiles (sans se fixer une date précise), veut diminuer de 50% ses émissions de CO2 d'ici à 2010 et de 70% d'ici à 2050. Des objectifs qui battent de loin ceux de l'UE qui vise -20% d'ici à 2020, par rapport à 1990.
Les efforts de Växjö ont été loués par la Commission européenne qui a décerné à la ville le prix Energie durable pour l'Europe, en 2007.
"Nous essayons d'influencer le comportement des gens, cela n'est pas facile, à vrai dire c'est assez difficile", poursuit M. Johansson. Mais cela marche. A coup de nouvelles pistes cyclables, de primes à l'achat de voitures "propres" et de parkings gratuits pour ces dernières ou encore de calendriers remplis de conseils pratiques pour protéger l'environnement.
Depuis l'obtention du prix de la Commission européenne, Växjö voit défiler les délégations étrangères, Chine en tête, qui viennent observer et s'inspirer de ce modèle.
Selon le maire, le conservateur Bo Frank, la ville doit son succès écologique à un engagement précoce pour l'environnement et à une tradition de consensus entre les hommes politiques de tous bords dans ce domaine.
Tout a démarré au début des années 1970, lorsque la commune entreprit de nettoyer ses lacs fortement pollués. "Aujourd'hui on peut s'y baigner, pêcher et en consommer les poissons", se réjouit M. Johansson.
Puis, en 1980, du fait du deuxième choc pétrolier, l'usine de chauffage urbain qui carburait jusqu'alors au pétrole, a introduit un combustible fabriqué à partir de bois, une matière première abondante dans les environs de Växjö qui pouvait assurer à la ville une indépendance énergétique.
Aujourd'hui, ce biocombustible compte pour 98,7% du carburant alimentant la centrale qui chauffe 50.000 des habitants de Växjö et dont le réseau ne cesse de s'étendre, explique Lars Ehrlén, responsable du département Energie de l'usine.
Pour ce qui est de convaincre les habitants de faire des efforts pour lutter contre le réchauffement de la planète, le maire croit "au bâton et à la carotte". Evoquant certaines mesures qui font grincer des dents, M. Frank résume: "Rien n'est jamais populaire au début mais on s'habitue à tout".
Ainsi, lorsque la commune a annoncé il y a environ six mois qu'elle ne tiendrait plus ses conférences que dans des cafés ou restaurants ayant obtenu un certificat écologique, Mats Pettersson, copropriétaire d'une chaîne de restaurants à Växjö, a fait grise mine.
"J'ai trouvé cela très embêtant au début (...) mais maintenant je trouve ça bien. Le problème (...) c'est qu'il était difficile de trouver des produits écologiques (...) Mais les fournisseurs ont désormais de plus en plus ce qu'il nous faut", remarque-t-il.
Face aux critiques, le maire reste philosophe et sûr de ses choix. "Nul n'est prophète en son pays", sourit cet écologiste de la première heure.
"Il est de la responsabilité de Växjö de montrer l'exemple", estime l'élu qui va au bureau à pied, possède une voiture écologique et éclaire sa maison avec des ampoules à basse consommation d'énergie.
(©AFP / 29 mars 2008 )