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DZmes Bond
19/04/2008, 03h22
Y a-t-il un candidat dans l’avion ? (1ière partie)

Il ne reste pas beaucoup de temps dans l’attente. Le décollage est imminent. Moins d’une année. Y a-t-il cependant un pilote dans l’avion ?

Jusqu’à présent, tous les commentaires à ce sujet se sont tus. Pas même un flash audible du commandant de bord annonçant ou le décollage ou le retard pour des considérations techniques en dehors de sa volonté. Aucune déclaration au ton officiel n’est venue briser ce silence qui commence à faire enfanter le doute sur une probable continuité. Aucun indice fort et politiquement lisible, petit soit-il, n’est mis en valeur officielle. A une année de ces élections présidentielles, les candidats sont inexistants. Ils ne se bousculent pas devant le portillon des commandes nationales. Cette vacance de prétentions au pouvoir par absence de candidatures semble vraisemblablement indiquer une chose. Laisser le passage. Ne pas faire de l’ombre. Ne rien dire mais soutenir c’est tout.

Le président du parti Ahd 54, Monsieur Faouzi Rebaine a annoncé le premier sa candidature. Timidement, Monsieur Moussa Touati du FNA l’aurait chuchotée également. Ils croyaient engendrer dans leur sillage toute une flotte d’intentions du même genre.

Il n’en est pas cas. Francois Hollande du parti socialiste français s’est déclaré vouloir se porter candidat en 2012. Bien en avance de l’échéance qui déjà s’est mise en route, les politiciens de là-bas valorisent le temps. Ceux de chez nous temporisent et craignent toute anticipation. Mais à une année d’intervalle, l’on ne peut parler d’anticipation ni de décision à qualifier par certains d’encore prématurée et non opportune.

Nos différents leaders de partis sont sur leurs gardes. Victimes d’un excès de prudence à la limite du zèle, et arborant une mine de vigilance, ils épient et scrutent l’horizon politique au moment où c’est à eux de le concevoir et le définir. Attendre voir venir semble faire partie de la planification politiquement stratégique. Mais en fait, attendre quoi ? Et voir venir qui ? Un ordre ou une candidature. Si l’ordre de se porter candidat n’est pas encore mûri, la candidature tant attendue quant à elle, est aussi en phase de mûrissement. Autrement dit, l’un attend les autres, au même moment où tous les autres attendent la candidature de cet un. Le cercle devient problématique. L’alternative complexe et vicieuse. Mais le jeu est connu.

L’habitude a fait que durant l’étape préélectorale, la société intéressée par la scène présidentielle s’agite et se débat. Elle crée des événements et des personnages. Elle suscite le commentaire quand elle ne le fait pas arracher à coups médiatiques. Un simple voyage d’un ex-Premier ministre est assimilé à une intention de candidature. Autrement dit, ce voyage est pris pour une offre d’accord à une candidature choisie. Le voyage de Monsieur Ouyahia, en qualité de représentant personnel du président de la République quelque part en Inde a créé, devant le vide d’indicateurs ou de signes précurseurs de potentielles candidatures, une information à creuser, triturer, analyser afin d’y déceler un tangible retour aux affaires de l’homme chéri du système. Ceci avait mis tant ses partisans que ses « adversaires » alliés dans une situation d’inquiétude. Pour ses militants, la lecture n’était que positive, car l’homme a toujours nourri en son sein cette puissante ambition de succéder à tous ses géniteurs. Son jeune âge, sa carte de visite et ses ex-charges l’ont enivré. Tout est possible dans ce pays, dirait-il. Pour les autres, cette façon d’agir d’El Mouradia, le recevoir et l’envoyer comme émissaire, n’est qu’un ballon de sondage. Rien, se disent-ils, ne semble prédire cet homme, certes redoutable mais honni par ses pairs à une destinée nationale. Il manque d’encadrement extérieur, de puissances étrangères nonobstant son adoption présomptive par l’armée. Ainsi, les commentaires divers et diversifiés, favorables et défavorables vont bon train. On lance et on verra. L’essentiel est que l’enregistrement des noms présidentiables et la collecte des demandes sont ouverts. Peut-être pas aux intéressés eux-mêmes, mais surtout à ceux qui sont chargés de les booster et les recruter.

A ce jour, le silence remplit amplement les états-majors des cercles faiseurs de miracles politiques. Il n’y a pas l’ombre de l’ombre de quelqu’un parmi le sérail utile qui serait apte à casser cette bâche de l’omerta. Le temps ne serait-il pas propice aux déclarations fracassantes de quelques anciens du pouvoir que l’on désirerait voir se porter candidats ? Messieurs les ex-Premiers ministres de Hamrouche à Benbitour, passant par Ghozali à Benflis, en omettant au passage Smail Hamdani, Sifi ou Belaid Abdesselam ne sont pas du reste aptes à s’investir dans la course. L’aigreur systémique et la résignation fatale seraient la pire maladie pour des volontés demeurées inachevées. Face au mauvais jeu, à la falsification qu’ils font du fonctionnement de l’Etat, ils auraient préféré le retrait que la retraite tout en y étant. Malheur y est, que le leur n’est pas d’ordre stratégique. Il est fatidique. Tous seraient des hadjs en multiple, donc pacifistes à outrance, ils ruminent à leurs dépens la sentence disant : « quiconque d’entre vous verra un désordre (monkor), qu’il le change ! De sa main, de son verbe, par son coeur et ce sera la moindre et faible foi ». L’on prêche tous par le cœur.

Pour ce qui est des intentions de Bouteflika, personne n’est capable de juger juste, vrai et probable s’il sera ou non candidat à sa propre succession. Ceci d’une façon solennelle. Car en filigrane et par déduction psycho-politique, tout s’articule autour d’une vérité d’analyse que Bouteflika continuera encore d’être président de la République. Tellement que l’homme est connu pour son don d’envelopper ses projets par une chape de doutes et d’ombrage, il conserve toujours cet art de laisser les autres forcer leur imagination les amenant droitement vers ou l’erreur ou l’approximation. Jamais au sein de la justesse et la raison. Le silence pour lui est déjà une décision de prise dans l’approche électorale. Par bienséance, il ne peut, comme ça, tout simplement ou le plus normalement du monde, dire qu’il aimerait briguer un autre mandat. La Constitution ne le lui permet pas. Légaliste qu’il tend à se faire valoir, il lui faudrait faire apporter quelques agencements constitutionnels. Réviser la Constitution dans ce sens serait d’emblée un acte de dépôt de candidature. Sauf si l’homme, voulant s’inscrire dans le registre d’or de la postérité nationale, ou faire office d’esprit gentlemen et chevaleresque, arrivait à amender la Constitution, mais ne se présenterait pas. Là, pour qui l’aurait-il fait donc ? Et si la Constitution dans sa phase de révision bouteflikienne ne s’étalerait pas à la durée des mandats présidentiels et ne connaîtrait point de modifications ? Ainsi, tout est possible dans les deux sens. Si amendement adéquat y est, Bouteflika sera président. Sinon, c’est clair il ne pourra l’être.

DZmes Bond
19/04/2008, 03h23
Y a-t-il un candidat dans l’avion ? (2ième partie)

Tous les anciens présidents ont eu le droit régalien d’avoir touché à la loi fondamentale. Cela s’est fait dans des conditions données, sans pour autant qu’il leur eut été pour un quelconque intérêt restreint ou intuitu-personæ. Ce fut ou pour l’équilibre des pouvoirs ou pour l’ouverture du champ politique. Evidemment, avec toujours cette petite touche personnelle arrangeant quelque part son initiateur. Maintenant où nous en sommes, avec la bonne gouvernance, la gouvernance électronique, l’impératif de promouvoir davantage les outils de développement démocratique, de permettre plus de droits citoyens, d’accepter les autres religions et de garantir leur pratique, d’extraire les incohérences en termes de responsabilité gouvernementale, il serait, pourquoi pas, judicieux d’offrir à dame constitution une toilette de marque.

Cet avis reste partagé par de nombreux spécialistes même s’ils ne sentent pas en bonne haleine le fonctionnement du régime.(1) Il faudrait, par ailleurs, modifier, dans un sens d’approfondissement des libertés politiques, la vision que l’on se fait de l’exercice du pouvoir. Il suffirait, pour les candidats à la présidence, d’être en harmonie et en totale adhésion avec leurs partisans.

La notion de candidat indépendant est à bannir. Pour une raison simple que nul ne l’est. Et puis cette indépendance signe bel et bien un défaut d’ancrage idéologique, voire une liberté cosmique dans un monde politique qui exige la présence de règles stables, résolues et transparentes. Un président indépendant est comme un électron libre. Il n’a point d’attache. Pas de pression que celle qui fut à l’origine de son élection. Les lobbys, les officines et les cabinets noirs. C’est aux partis de produire les présidents. A la société de valider la production. La Tunisie vient d’innover, pour mettre en oeuvre, façade démocratique oblige, un nouvel accès à la fonction présidentielle. Seuls les chefs de partis, sans collecte de signatures ni soutien équivoque de quiconque, peuvent se présenter à la magistrature suprême. Pourvu que leur candidature soit validée par des assises organiques sous forme de congrès. Même ainsi le jeu demeure biaisé. L’infiltration, le putsch et le redressement seront là, vifs et vigilants, comme des sentinelles attentives, prêtes à intervenir dès péril en la demeure. En l’état, qu’il y ait révision ou non, aucun leurre n’est à écarter. L’on ne verra pas les Saïd Saadi, Louisa Hanoune, Bouguerra Soltani ou ceux qui bondissent aux premiers ordres sur la scelle du pré-pouvoir se déclarer décidés pour ces joutes. Eux aussi savent semer le suspens et le justifier par une présumée dextérité tactique. Ils ne sauront, en toute évidence être des présidents, mais seront de potentiels candidats pour justement ne pas l’être. Ces éternels candidats, omniprésents leaders politiques, n’ont pas encore permis aux avisés de déchiffrer leur tendance à se lancer vers la chevauchée de 2009.

Celle en fait de demain. Ils attendent et avec, tout le monde attend. Pour se poser, tous en choeur la question : y a-t-il un candidat dans l’avion ?




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1-Docteur Ammar Koroghli avocat au barreau de Paris : « A mon sens, la révision constitutionnelle peut se révéler efficace, dès lors qu’elle établit une responsabilisation effective du gouvernement devant l’Assemblée, ledit gouvernement ayant à sa tête un Premier ministre désigné au vu de la majorité parlementaire.

A moins d’opter pour un régime politique présidentiel, où le chef de l’Etat conserve cette prérogative, c’est-à-dire celle d’être la seule tête de l’Exécutif, avec désignation éventuelle d’un vice-président (auquel pourraient être confiées certaines missions, mais également pour pallier les cas de vacance de pouvoir en cas de maladie notamment).

C’est sans doute, l’un des moyens pour débarrasser le constitutionnalisme algérien de ses scories, face au déficit chronique en matière d’équilibre des pouvoirs et favoriser, ainsi, l’émergence de citoyens qui se gouvernent ».

Le 08 avril 2008 in Setif-info.

Bachi
19/04/2008, 14h26
héhéhé DzBond
Tout semble indiquer que tant que Boutef n'ait pas décidé de son futur, personne ne se pointera pour contester sa place.
Le jour où il`la cèdera, mille rats vont accourir se bomber le torse.

Boutef, pourrait-on dire, n'a qu'à rien dire et le remporterait par défaut de concurrent et n'aura même pas besoin d'élection héhéhé

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