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Voir la version complète : Le Gouvernement condamne le Parc Naturel d'El Kala


Sorros
07/05/2008, 22h29
Je suis scandalisé d'apprendre que notre gouvernement (une bande de bédoins incultes) vient de décider de faire passer l'autoroute Est-Ouest par le Parc National d'El Kala assurant de la sorte une mort certaine à cet éco-système unique en son genre dans le pays.

Par la faute de ces dirigeants médiocres, qui piétinnent les lois de la République, nous allons perdre un joyau de notre patrimoine écologique. Qu'ils ne viennent plus jamais nous parler de protection de l'environnement ! Qu'ils ne viennent jamais plus nous parler d'état de droit ! ce ne sont que des slogans !!

Ces gens-là savent trouver de l'argent pour construire la plus grande mosquée d'Afrique qui va former les futurs terroristes, mais ne savent pas trouver les fonds nécessaires pour contourner un parc national protégé par la loi. Un scandale !

Lisez-donc cet article de Liberté :

Le Chef du gouvernement a confirmé la culture du fait du prince énoncée par son ministre des Travaux publics. “C’est une décision de l’État algérien”, avait déclaré Ghoul à l’intention des défenseurs du Parc national d’El-Kala ; “la référence obstinée à ce texte de loi (décret relatif au statut des Parcs nationaux et loi n°03-10 du 9 juillet 2003 sur l’environnement)” est “tendancieuse”, a surenchéri Belkhadem à l’adresse des délégués du Comité de sauvegarde du même parc.

Ce n’est donc pas parce qu’une loi est votée qu’il faut la respecter. La démarche correspond bien à l’esprit du pouvoir : les textes sont des instruments au service de son autorité ; s’il incommode son arbitraire, il peut soit les ignorer, comme c’est le cas en matière de développement durable, soit les changer comme il souhaite le faire pour la Constitution.

La solution de contournement du parc a été évacuée pour des raisons financières dans une logique qui fait primer la facilité sur la durabilité. Avant même d’évaluer l’impact d’un évitement sur le projet global d’autoroute Est-Ouest, le préjudice écologique à long terme est justifié par une économie budgétaire toute relative à court terme. C’est là l’expression franche d’une attitude antiécologique.

C’est dans ce même esprit de facilité que la loi du 4 août 2005 a été par deux fois suspendue dans son article 14 qui prohibe l’extraction de sable des oueds et des plages. Pour ne pas dépenser de l’argent à développer la production industrielle de sable et de gravillon, et peut-être pour ne pas menacer les rentes des trafiquants de sable, il faudrait continuer à sacrifier les fonds limoneux et à menacer les nappes aquifères.

De la même manière, la loi du 5 février 2002 sur le littoral oblige les agglomérations côtières de plus de cent mille habitants à se doter d’installations d’épuration des eaux usées, mais se garde bien de leur fixer un délai pour s’y conformer.

L’État, loin de se considérer comme un justiciable, est conçu comme au-dessus de la loi, parce qu’il est le lieu de production de cette loi. Il y a, chez nos autorités, comme une sincère conviction de légitimité de l’État de non-droit. La loi est confrontée aux limites culturelles de la classe politique.

C’est tellement commode de se donner ainsi un arsenal juridique qui fait croire à une volonté politique quand on a la latitude de désarmer l’état et la société en faisant valoir le principe du fait du prince ! Le dispositif législatif prend alors un statut cosmétique qui donne des allures d’État de droit à un régime qui s’autorise tous les abus.

Les prochaines générations risquent de ne pas comprendre et de trouver déraisonnable le comportement d’aïeux qui auront amassé des fortunes par l’exploitation du sous-sol national, employé cet argent à détériorer le sol et les rives du pays, mais qui l’auront économisé quand il se serait agi de réduire l’impact destructeur de leur action sur l’environnement.

En privilégiant, dans les secteurs, les modes de construction à courte vue, notre régime aura inventé, en pleine époque de durabilité, la stratégie du développement éphémère. C’est le comble du paradoxe pour un pouvoir qui développe tant de génie à chercher le moyen de durer.

l'imprevisible
07/05/2008, 23h01
Bonsoir.

Je partage ton coup de gueule, mais je crois que le sors du Parc d'El Kala était scellé depuis le 1er jour, toutes les bonnes intentions au monde n'auront pas suffis à venir a bout des idées machiavéliques et destructrices des sans scrupules de la mafia qui tient le pays en otage, depuis bien trop longtemps.

Par soucis, d'économie de quelques sous, en préfère amputer l'un des seuls membres sains de la carcasse léthargique qu'est nôtre écosystème!

Les années a venir nous le diront.

Une chose est certaine, la nature à des droits qu'elle reprends tôt où tard, de grès ou de force.

Nous ne serons pas là pour voir, mais elle le fera.

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