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Voir la version complète : Goutte-à-goutte : 12 000 DH pour équiper un ha mais une économie en eau de 80%


alamirb
16/05/2008, 02h16
Les exploitants dans la région du Gharb se mettent de plus en plus au goutte-à-goutte n 1 300 hectares de vergers ont été renouvelés dans la zone cette année tous équipés n 36 m3 pour irriguer un hectare en gravitaire contre 7 m3 en goutte-à-goutte.

Inachevée. C’est le moins qu’on puisse dire de la politique du Maroc en matière de gestion des ressources en eau. Et pour cause, alors qu’on lui reconnaît, même auprès des organisations internationales, un rang de pionnier en matière de stockage d’eau, grâce à «la politique des barrages», il faut dire que pour ce qui est de l’utilisation rationnelle des ressources, tout reste à faire. En effet, sur les 14 à 15 milliards de m3 mobilisés effectivement, seulement 12% vont à l’eau potable et le reste, tout le reste, va à l’agriculture.

Or, justement, sur ces 88% d’eau qui vont au secteur agricole, 60% sont gaspillés. Avec des systèmes d’irrigation comme le gravitaire et l’aspersion utilisés respectivement à 83% et près de 13% dans les exploitations nationales, les pertes sont estimées à 60% pour le premier et 40% pour le second.

L’Etat a donc pris la bonne décision en portant la subvention à 80% pour les investissements dans le goutte-à-goutte contre 60% jusque-là. Cette décision sera effective dès que le texte sera publié au Bulletin officiel. Toutefois, la subvention ne prend pas en compte ni le branchement ni l’installation au réseau électrique. Présentée comme étant LA solution en matière d’économie de l’eau, le goutte-à-goutte, sur le terrain, requiert souvent, en plus des investissements, une organisation, une logistique et, au-delà, l’engagement et la conviction des exploitants. La Vie éco a visité quelques agriculteurs dans le Gharb pour comprendre cette réalité de plus près.

Dans le Gharb, 10% des exploitations sont équipés de goutte-à-goutte

Kamal Bennouna, représentant de l’Office régional de mise en valeur agricole (ORMVA) du Gharb, plante le décor. «Dans notre périmètre qui a une dotation d’eau de 2,7 milliards de m3 par an, nous avons 114 000 ha en grande hydraulique et 80 000 ha en pompage privé. Le gravitaire représente 70%, l’aspersion 20% et le reste est équipé en goutte-à-goutte.
L’arboriculture, les agrumes surtout, représentent 30% des cultures», explique-t-il. Selon M.Bennouna, la région attire les agriculteurs du Souss qui s’y installent de plus en plus et ce n’est pas un hasard que le taux de renouvellement du verger ait atteint cette année 1 300 ha, un record qui détrône le Souss qui n’a fait cette année que 900 ha. Et qui dit renouvellement du verger dit souvent équipement en goutte-à-goutte pour réduire les coûts d’exploitation et la consommation d’eau.

Aziz Hassan, propriétaire d’une exploitation moyenne de 27 ha vient d’achever la reconversion de 25 ha sur une période de 5 ans. Le coût moyen de l’équipement par hectare est de l’ordre de 12 000 DH. Il explique qu’il s’en est tenu au minimum : «J’ai mené cette opération avec les moyens de bord et j’ai opté pour le système le moins cher. Par exemple, j’ai choisi une seule rampe au lieu de deux. Mais je me suis dit que si je ne le fais pas dès le départ, je ne le ferais sûrement jamais. Mais chaque détail à son prix et comme c’est une jeune plantation, il faut avoir de quoi tenir jusqu’à la première récolte dans cinq ans».

Quand on entre dans les grandes exploitations de feu Ahmed Nejjaï et Abdellatif Hakam, on passe à la vitesse supérieure et les investissements se chiffrent en millions ou en dizaines de millions de DH.

Des investisseurs du Souss s’installent dans le Gharb

Anas Jamal gère les exploitations Hakam depuis des années et les comptes sont consignés avec une précision de fiduciaire. La première exploitation s’étend sur 270 ha et est déjà équipée d’un système goutte-à-goutte et le propriétaire vient d’acquérir d’un coup 100 nouveaux hectares en choisissant le goutte-à-goutte également. L’investissement est de 24 MDH, montant réparti entre le terrain payé 17 millions et le système hydro agricole dernier cri (électropompes, filtres à sable, filtres à tamis, injecteurs d’engrais, programmateurs...) qui a coûté la bagatelle de 5,2 millions. Le reste est allé aux bâtiments, aux canalisations (181 kilomètres dont 28 en PVC), à bien d’autres équipements. «Nous avons choisi deux densités : 333 et 500 arbres par hectare, selon la nature du terrain. En effet, dans une même exploitation, vous pouvez avoir des rendements allant de 20 à 60 tonnes par hectare, selon la manière dont vous travaillez mais aussi l’âge des arbres, la densité à l’hectare... Dans certaines on atteint 1 000 arbres», explique Jamal Anas.

En fait, dans le Gharb, avec des moyennes de productivité de 20 à 22 tonnes/ha, on est loin de 30 à 35 t/ha que réalise le Souss. Et c’est pour cela, commente le représentant de l’ORMVA, que l’engouement des Soussis pour la région est une bonne nouvelle. En effet, non seulement, ils savent produire, mais peuvent insuffler une nouvelle dynamique au Gharb dans le domaine du regroupement des agriculteurs en coopératives et associations.

Dans le domaine Najaï qui comprend deux exploitations de 150 ha chacune, on a aussi décidé de s’équiper en goutte-à-goutte l’année prochaine. Mais l’investissement ne concerne que l’une d’entre elles, dédiée aux agrumes et dans une petite proportion aux pommiers, fait comprendre Jawad Loudini, le directeur technique.

Avec le goutte-à-goutte, on peut irriguer 100 ha en 18 heures
La redevance annuelle de 500 000 DH versée habituellement à l’Office au titre de la consommation d’eau va beaucoup fondre. De 36 m3 par ha pour le gravitaire, la consommation va baisser à 7 m3/ha. A titre de comparaison, notons que pour l’aspersion, ce sont 15 m3 d’eau qui sont consommés pour chaque hectare.
Le coût de l’eau compte pour près de 40 % dans les charges de l’exploitation. Mais grâce au goutte-à-goutte, il peut être ramené à 13,75 %. Bien sûr, d’autres dépenses sont incompressibles, comme le phytosanitaire qui peut coûter 1 650 DH pour un hectare d’agrumes et plus de 4 000 DH pour un hectare de pommiers.

Autre donnée, Jamal Anas et Jawad Loudini expliquent qu’avec le goutte-à-goutte deux ouvriers sont en mesure d’irriguer 100 ha en 18 heures alors que pour le gravitaire, il faut six ouvriers pour chaque hectare, sachant que le système est déployé hectare par hectare. Bref, avec le procédé moderne, les exploitants gagnent non seulement en main-d’œuvre, mais aussi en temps.

Tout le monde chante les louanges du goutte-à-goutte et on peut être tenté de penser que ces agriculteurs n’ont pas de problèmes. Pas sûr. En fait, ils sont unanimes à pointer du doigt la pollution du Sebou et les rejets des déchets domestiques dans l’oued. Et ce n’est pas pour des soucis écologiques seulement car, au final, une eau polluée peut sérieusement endommager les installations, notamment les canalisations et les filtres. «J’ai été obligé de creuser trois grands bassins non pas pour stocker de l’eau mais bien pour la décanter. Et même avec cela, une fois arrivé dans le système hydro-agricole, les particules qu’elle contient bouchent les filtres. Ce qui fait qu’un cycle d’irrigation prend deux fois plus de temps qu’il ne faut car on doit nettoyer les filtres pour les rendre opérationnels de nouveau. Une perte de temps qui induit aussi des charges supplémentaires en termes de coûts de l’énergie», conclut Jamal Anas

La vie éco

jamaloup
16/05/2008, 18h33
le goutte à goutte est un systeme qui n'est pas la solution a lui seul, c'est vrai que ça economise l'eau mais il faut que son installation soit le fait de professionels, que la conduite du verger, le chois des varietés , et surtt des portes greffes , et d'une panoplie d'autres mesures soient prisent en compte , je releve le cas de cet agriculteur qui installe son systeme lui meme aved ce qu'il le moin cher sur le marché comme quits , c'esrt ce qu'on fait en algerie , bien qu'il existe des fermes su_r des dizaines d'hectares, rarement les centaines equipées d'un systeme complet fertirigation, filtres , doseurs , programation electroniques , souvent en partenaria avec des italiens ou espagnols , la majorité des cas ce sont des installations simples , le goute a goute s'est complettement generalisé .. mais le grand probleme c'est qu'il n'ya pas de suivi technique ,d'etudes d'impact, pour aider les petits paysans , et les moyens agriculteurs de resoudre les problemes techniques, exemple : en algerie et au maroc l'oranger est traditionellement greffé sur le bigaradier , le bigaradier est sensible a certaines maladies dont le redoutable tresteza, mais il est tres vigoureux et productif, en espagne , en israel, et ailleur on laisse tomber le bigaradier au profit du carizo, le carizo donne des arbres plus petit donc on peut planter plus d'arbres a l'ectare ,e et le goute àgoute lui concvient car ses racines sont moins pivtantes que le bigaradier ..question que se passe t'il qd on installe le goute a goute sur du bigaradier? comment doit on planter les nouveaux vergers? le sol algerien et marocain n'est pas comparable a celui d'israel où la fertiirigation est la regle ..
le goute a goute a ete developpé en 52 en israel pour repondre a demande politique coloniser le sinai avec tres peu d'eau.le systeme a été exporté en californie plus tard , puis au monde entier .

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