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Voir la version complète : Zouheir, apprenti kamikaze


zek
21/05/2008, 11h37
Ou comment le rêve de Djihad irakien rebondit en cauchemar en Algérie.
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Les djihadistes de l’ex-GSPC semblent privilégier désormais l’attentat-suicide comme mode opératoire. CommentAl-Qaïda au Maghreb recrute-t-elle et forme-t-elle les candidats au martyre ? Enquête.

Zouheïr Abzar, 26 ans, rêvait de partir en Irak pour y mourir en martyr. Au début de 2007, après six mois d’endoctrinement, il rejoint les maquis d’Al-Qaïda au Maghreb, en Kabylie. Très vite, le jeune homme déchante. La vie dans le maquis est un enfer. Surtout, Zouheïr prend conscience qu’il n’ira jamais à Bagdad et qu’il mourra en Algérie. Déception, panique ou remords, toujours est-il que quelques semaines après son ralliement à Al-Qaïda, le jeune homme prend la poudre d’escampette. Si Zouheïr a pu échapper à une mort certaine - selon les services de sécurité algériens, l’espérance de vie d’un apprenti terroriste ne dépasse guère un an -, d’autres jeunes recrues n’ont pas eu la même chance. Certains sont morts dans des attentats spectaculaires à Alger, Dellys ou Batna, alors que d’autres attendent le feu vert pour se sacrifier « dans le chemin de Dieu ».
À l’instar de Marwane Boudina, 27 ans, qui s’est fait exploser devant le palais du gouvernement, le 11 avril 2007, à Alger (12 morts), ou de Nabil Belkacemi, 17 ans, qui l’a imité dans une caserne de gardes-côtes, le 8 septembre, à Delly (30 morts), Zouheïr Abzar a subi un endoctrinement poussé pour devenir djihadiste. De la banlieue d’Alger aux maquis d’Al-Qaïda au Maghreb, en passant par la mosquée de Kouba, son itinéraire d’apprenti kamikaze éclaire d’un jour nouveau la manière dont cette organisation recrute des jeunes pour les transformer en bombes humaines.
Natif de Mohammedia, un quartier populaire à l’est d’Alger, Zouheïr est issu d’une famille aisée. Un père commerçant, une mère au foyer, sept frères et sœurs. Poli mais introverti, ce jeune homme sans histoire suivait une formation pour devenir électricien. Ses proches assurent que ce mordu de foot ne s’adonnait à aucun vice connu. Alors que la religion ne faisait pas partie de ses centres d’intérêt, Zouheïr se met brusquement à faire la prière au début de l’été 2006. Il fréquente assidûment la mosquée du coin, se lève aux aurores pour la prière de l’aube et ne rentre jamais à la maison avant d’accomplir celle du soir. Un regain de religiosité qui n’éveille guère les soupçons de son entourage. Bien sûr, depuis l’invasion de l’Irak par les troupes américaines, en 2003, Zouheïr parle souvent de ce conflit, avec son lot de victimes civiles, de la chute de Saddam Hussein, des « exploits » de la guérilla, mais personne ne prête attention aux états d’âme du jeune homme.

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