chicanos
01/08/2005, 19h00
Voici un article qui montre l'islamophobie "italienne"..O. FALLACHI AND CO... :redface:
Elle apprend à tout le monde à être racistes "avec fierté" : sans avoir honte. Quant à "que faire?", ce n’est pas un hasard si Oriana Fallaci n’en parle jamais, malgré le flot de paroles dont elle nous inonde périodiquement. A ce que faire? Eugenio Scalfari a consacré une rapide allusion polémique, presque comme s’il s’agissait d’un paradoxe : "arrêter tous les musulmans résidents en Italie et les jeter à la mer."
Islamophobie : A l’ouest d’Oriana Fallaci
Je n’ai pas lu la succession toute entière des écrits d’Oriana Fallaci contre l’Islam et en défense de la civilisation occidentale désormais déchue (trop, c’est trop) et je suis d’accord avec Piero Ottone qui, avant même le dernier essai (Il nemico che trattiamo da amico (L’ennemi que nous traitons en ami, NdT), Il Corriere della Sera, 16.07.2005) avait soutenu que ces écrits ne peuvent pas être commentés - ils ne méritent pas de commentaires - parce qu’ils ne contiennent pas d’argumentations, mais seulement des invectives.
Mais ils suscitent au moins deux questions : la première concerne leur succès, aussi bien auprès du grand public qu’auprès d’un groupe nourri et sans cesse grandissant d’intellectuels, de politiques et de journalistes. La deuxième concerne le "non dit" de ces écrits.
C’est-à-dire : que propose Oriana Fallaci? Les deux questions sont liées : le succès de ces écrits dépend beaucoup du fait qu’ils s’arrêtent avant de tirer les conséquences. Oriana Fallaci donne une voix et une forme - certainement pas une "dignité" - littéraire à des humeurs répandues dans une partie consistante du public italien, européen, "occidental" ; des humeurs que - en cela elle a raison - beaucoup auraient eu honte de manifester avant ses interventions. Lesquelles? Avant tout la peur du différent et de "l’étranger", aiguisée par les dimensions planétaires des migrations que la globalisation du marché du travail, la misère et les guerres ont mis en mouvement.
Deuxièmement la nostalgie d’une identité perdue ; une identité dévastée par la multiplication de l’offre de biens de consommation et par la vacuité des messages véhiculés par les médias. Et puis, la "rage" - c’est la maladie des chiens hydrophobes - par laquelle Oriana Fallaci a voulu marquer la tonalité émotive de ses invectives et qui répond aux frustrations quotidiennes d’une vie de plus en plus dure, imposée aussi bien à ceux qui manquent de tout qu’à ceux qui gardent encore des privilèges. Enfin "l’orgueil". De quoi est orgueilleuse Oriana Fallaci, qui a honte de la mollesse de presque tous les gouvernants et les gouvernés de la civilisation à laquelle elle se sent appartenir?
Ce n’est pas clair. Mais l’orgueil est le secret de son succès : moins on se sent considéré - et depuis longtemps la considération et le respect destinés aux citoyens communs sont de plus en plus voisins de zéro - et plus on poursuit une revanche, à la recherche de quelqu’un qui "vaille" moins que nous. C’est le mécanisme fondamental du racisme : celui qui, pendant des années, a poussé les "Blancs pauvres" des Etats-Unis à tenir lieu de fer de lance de la discrimination raciale. Oriana Fallaci a repéré ce "quelqu’un" dans un "monde islamique" construit pour son usage personnel ; et elle ne lui lésine ni son mépris ni des manifestations ouvertes de dégoût.
Ainsi, elle apprend à tout le monde à être racistes "avec fierté" : sans avoir honte. Quant à "que faire?", ce n’est pas un hasard si Oriana Fallaci n’en parle jamais, malgré le flot de paroles dont elle nous inonde périodiquement. A ce que faire? Eugenio Scalfari a consacré une rapide allusion polémique, presque comme s’il s’agissait d’un paradoxe : "arrêter tous les musulmans résidents en Italie et les jeter à la mer. Ou bien, en alternative, les enfermer dans des ghettos gigantesques d’où il ne pourraient sortir que sous escorte pour aller travailler. Probablement Oriana Fallaci et certains de ses associés applaudiraient à une politique de ce genre" (La Repubblica, 17.07.05). Mais c’est un argument qui mérite une plus grande attention.
Le dernier ouvrage d’Oriana Fallaci peut être résumé dans ces termes :
1) nous sommes (qui?) en guerre ;
2) la guerre est contre l’Islam : dans toutes ses manifestations ;
3) il n’y a pas d’islamistes "modérés", c’est-à-dire pacifiques (tôt ou tard ils deviendront tous des terroristes) ;
4) cela dépend du Coran, qui prêche la haine (pas un traître mot sur les exterminations ordonnées par le dieu de la Bible contre les ennemis d’Israël ; il y a bien eu des croisades et des bûchers de sorcières et d’hérétiques, mais cela, c’est le passé. Et le pope qui bénissait les bouchers de Srebrenica?) ;
5) l’Islam est en train d’envahir l’Europe (ses gouvernants sont consentants) ;
6) l’objectif de cette invasion est la domination du monde (ici on effleure, ou on dépasse, les Protocoles des sages de Sion) ;
7) il faut se battre. Mais comment?
Contre l’Islam, il n’y a aucun problème dans les pays d’origine. Bush a donné l’exemple et il faut continuer à le soutenir : aujourd’hui en Afghanistan et en Irak, demain en Iran, en Syrie et ainsi de suite ; même si les résultats de ces guerres se sont avérés de vrais désastres pour tout le monde : l’Irak a été transformé en une concentration et en un point de rayonnement planétaire du terrorisme. Mais que faire contre l’Islam qui essaye de défoncer nos frontières par les permis de travail ou les boat-people?
Ici, "les jeter à la mer" signifie : ramener les flux à zéro (ainsi l’économie et la société européennes coulent définitivement : qui voudra travailler à la place des immigrés?) et tirer sur les embarcations des clandestins qui essayent de débarquer sur nos côtes. Et puis, multiplication des Centres de rétention, qu’Oriana Fallaci voudrait voir transformés en véritables prisons (mais que leur manque-t-il pour l’être?) et déportations, individuelles, comme celles de la Cia vers les pays qui torturent et font disparaître leurs opposants ; et de masse, comme celles du ministre Pisanu vers les pays qui abandonnent dans le désert les immigrés refoulés : toutes solutions dont l’inefficacité n’a d’égal que leur cruauté.
Et enfin que faire des dix millions d’islamistes déjà présents sur le sol européen, nombre desquels sont des citoyens des Etats respectifs? Eh oui : en faire quoi? On ne peut pas les renvoyer dans les pays d’origine : ils ne les reprendraient pas. On ne peut pas les "assimiler" : rien ne va plus ; moins que jamais aujourd’hui, face à une société qui ne promet rien de bon même à ses membres de longue date. Et on ne peut pas les convertir non plus, au nom des "racines chrétiennes" de l’Europe ; ils ont eux aussi des racines, qui ne sont pas chrétiennes.
Le leur rappeler ne fait que fomenter les hostilités. Mais il faut les empêcher de nuire, en les gardant sous contrôle, parce que chacun d’eux est un terroriste potentiel. Une méthode - mais je n’en vois pas d’autres - pourrait être, comme l’envisage Eugenio Scalfari, celle de les enfermer dans leurs quartiers, en limitant leur possibilité de circuler librement parmi "nous". Ou alors les marquer, éventuellement en leur cousant dessus une demi-lune verte. On a déjà entendu quelque chose dans le genre,pas vrai, Oriana? Mais, à la longue, pouvons-nous continuer à cohabiter avec une nation toute entière d’ennemis, nichés dans nos villes, nombre desquels tellement semblables à nous qu’il atteignent des positions importantes?
Ne deviendra-t-il pas indispensable de trouver pour eux aussi une "solution finale"? Ce n’est pas une hyperbole ni un paradoxe. Même s’ils évitent de la nommer, les écrits d’Oriana Fallaci et leur succès nous posent face à une issue possible des processus de globalisation. Certainement nous devons amener ceux qui suivent les idées d’Oriana Fallaci à se mesurer à ces questions. Mais nous devons faire les comptes avec des perspectives de ce genre et définir les alternatives possibles. Les réponses de facilité ne sont pas admises.
Guido Viale - 27 juillet 2005 -http://bellaciao.org/fr/article.php3?id_article=17528
N.B : Là je comprend mieux les déclarations du maffiosi berlusconi qui a déclaré l'année dernière sans ambages " la civilisation musulmane est inférieure à celle occidentale "....Pauvre de toi ,petit ......
Elle apprend à tout le monde à être racistes "avec fierté" : sans avoir honte. Quant à "que faire?", ce n’est pas un hasard si Oriana Fallaci n’en parle jamais, malgré le flot de paroles dont elle nous inonde périodiquement. A ce que faire? Eugenio Scalfari a consacré une rapide allusion polémique, presque comme s’il s’agissait d’un paradoxe : "arrêter tous les musulmans résidents en Italie et les jeter à la mer."
Islamophobie : A l’ouest d’Oriana Fallaci
Je n’ai pas lu la succession toute entière des écrits d’Oriana Fallaci contre l’Islam et en défense de la civilisation occidentale désormais déchue (trop, c’est trop) et je suis d’accord avec Piero Ottone qui, avant même le dernier essai (Il nemico che trattiamo da amico (L’ennemi que nous traitons en ami, NdT), Il Corriere della Sera, 16.07.2005) avait soutenu que ces écrits ne peuvent pas être commentés - ils ne méritent pas de commentaires - parce qu’ils ne contiennent pas d’argumentations, mais seulement des invectives.
Mais ils suscitent au moins deux questions : la première concerne leur succès, aussi bien auprès du grand public qu’auprès d’un groupe nourri et sans cesse grandissant d’intellectuels, de politiques et de journalistes. La deuxième concerne le "non dit" de ces écrits.
C’est-à-dire : que propose Oriana Fallaci? Les deux questions sont liées : le succès de ces écrits dépend beaucoup du fait qu’ils s’arrêtent avant de tirer les conséquences. Oriana Fallaci donne une voix et une forme - certainement pas une "dignité" - littéraire à des humeurs répandues dans une partie consistante du public italien, européen, "occidental" ; des humeurs que - en cela elle a raison - beaucoup auraient eu honte de manifester avant ses interventions. Lesquelles? Avant tout la peur du différent et de "l’étranger", aiguisée par les dimensions planétaires des migrations que la globalisation du marché du travail, la misère et les guerres ont mis en mouvement.
Deuxièmement la nostalgie d’une identité perdue ; une identité dévastée par la multiplication de l’offre de biens de consommation et par la vacuité des messages véhiculés par les médias. Et puis, la "rage" - c’est la maladie des chiens hydrophobes - par laquelle Oriana Fallaci a voulu marquer la tonalité émotive de ses invectives et qui répond aux frustrations quotidiennes d’une vie de plus en plus dure, imposée aussi bien à ceux qui manquent de tout qu’à ceux qui gardent encore des privilèges. Enfin "l’orgueil". De quoi est orgueilleuse Oriana Fallaci, qui a honte de la mollesse de presque tous les gouvernants et les gouvernés de la civilisation à laquelle elle se sent appartenir?
Ce n’est pas clair. Mais l’orgueil est le secret de son succès : moins on se sent considéré - et depuis longtemps la considération et le respect destinés aux citoyens communs sont de plus en plus voisins de zéro - et plus on poursuit une revanche, à la recherche de quelqu’un qui "vaille" moins que nous. C’est le mécanisme fondamental du racisme : celui qui, pendant des années, a poussé les "Blancs pauvres" des Etats-Unis à tenir lieu de fer de lance de la discrimination raciale. Oriana Fallaci a repéré ce "quelqu’un" dans un "monde islamique" construit pour son usage personnel ; et elle ne lui lésine ni son mépris ni des manifestations ouvertes de dégoût.
Ainsi, elle apprend à tout le monde à être racistes "avec fierté" : sans avoir honte. Quant à "que faire?", ce n’est pas un hasard si Oriana Fallaci n’en parle jamais, malgré le flot de paroles dont elle nous inonde périodiquement. A ce que faire? Eugenio Scalfari a consacré une rapide allusion polémique, presque comme s’il s’agissait d’un paradoxe : "arrêter tous les musulmans résidents en Italie et les jeter à la mer. Ou bien, en alternative, les enfermer dans des ghettos gigantesques d’où il ne pourraient sortir que sous escorte pour aller travailler. Probablement Oriana Fallaci et certains de ses associés applaudiraient à une politique de ce genre" (La Repubblica, 17.07.05). Mais c’est un argument qui mérite une plus grande attention.
Le dernier ouvrage d’Oriana Fallaci peut être résumé dans ces termes :
1) nous sommes (qui?) en guerre ;
2) la guerre est contre l’Islam : dans toutes ses manifestations ;
3) il n’y a pas d’islamistes "modérés", c’est-à-dire pacifiques (tôt ou tard ils deviendront tous des terroristes) ;
4) cela dépend du Coran, qui prêche la haine (pas un traître mot sur les exterminations ordonnées par le dieu de la Bible contre les ennemis d’Israël ; il y a bien eu des croisades et des bûchers de sorcières et d’hérétiques, mais cela, c’est le passé. Et le pope qui bénissait les bouchers de Srebrenica?) ;
5) l’Islam est en train d’envahir l’Europe (ses gouvernants sont consentants) ;
6) l’objectif de cette invasion est la domination du monde (ici on effleure, ou on dépasse, les Protocoles des sages de Sion) ;
7) il faut se battre. Mais comment?
Contre l’Islam, il n’y a aucun problème dans les pays d’origine. Bush a donné l’exemple et il faut continuer à le soutenir : aujourd’hui en Afghanistan et en Irak, demain en Iran, en Syrie et ainsi de suite ; même si les résultats de ces guerres se sont avérés de vrais désastres pour tout le monde : l’Irak a été transformé en une concentration et en un point de rayonnement planétaire du terrorisme. Mais que faire contre l’Islam qui essaye de défoncer nos frontières par les permis de travail ou les boat-people?
Ici, "les jeter à la mer" signifie : ramener les flux à zéro (ainsi l’économie et la société européennes coulent définitivement : qui voudra travailler à la place des immigrés?) et tirer sur les embarcations des clandestins qui essayent de débarquer sur nos côtes. Et puis, multiplication des Centres de rétention, qu’Oriana Fallaci voudrait voir transformés en véritables prisons (mais que leur manque-t-il pour l’être?) et déportations, individuelles, comme celles de la Cia vers les pays qui torturent et font disparaître leurs opposants ; et de masse, comme celles du ministre Pisanu vers les pays qui abandonnent dans le désert les immigrés refoulés : toutes solutions dont l’inefficacité n’a d’égal que leur cruauté.
Et enfin que faire des dix millions d’islamistes déjà présents sur le sol européen, nombre desquels sont des citoyens des Etats respectifs? Eh oui : en faire quoi? On ne peut pas les renvoyer dans les pays d’origine : ils ne les reprendraient pas. On ne peut pas les "assimiler" : rien ne va plus ; moins que jamais aujourd’hui, face à une société qui ne promet rien de bon même à ses membres de longue date. Et on ne peut pas les convertir non plus, au nom des "racines chrétiennes" de l’Europe ; ils ont eux aussi des racines, qui ne sont pas chrétiennes.
Le leur rappeler ne fait que fomenter les hostilités. Mais il faut les empêcher de nuire, en les gardant sous contrôle, parce que chacun d’eux est un terroriste potentiel. Une méthode - mais je n’en vois pas d’autres - pourrait être, comme l’envisage Eugenio Scalfari, celle de les enfermer dans leurs quartiers, en limitant leur possibilité de circuler librement parmi "nous". Ou alors les marquer, éventuellement en leur cousant dessus une demi-lune verte. On a déjà entendu quelque chose dans le genre,pas vrai, Oriana? Mais, à la longue, pouvons-nous continuer à cohabiter avec une nation toute entière d’ennemis, nichés dans nos villes, nombre desquels tellement semblables à nous qu’il atteignent des positions importantes?
Ne deviendra-t-il pas indispensable de trouver pour eux aussi une "solution finale"? Ce n’est pas une hyperbole ni un paradoxe. Même s’ils évitent de la nommer, les écrits d’Oriana Fallaci et leur succès nous posent face à une issue possible des processus de globalisation. Certainement nous devons amener ceux qui suivent les idées d’Oriana Fallaci à se mesurer à ces questions. Mais nous devons faire les comptes avec des perspectives de ce genre et définir les alternatives possibles. Les réponses de facilité ne sont pas admises.
Guido Viale - 27 juillet 2005 -http://bellaciao.org/fr/article.php3?id_article=17528
N.B : Là je comprend mieux les déclarations du maffiosi berlusconi qui a déclaré l'année dernière sans ambages " la civilisation musulmane est inférieure à celle occidentale "....Pauvre de toi ,petit ......