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Voir la version complète : question sur kahina


miss-felton
22/07/2005, 21h11
kahina : qui etait elle ?? connaissez des livres sur elle a me conseiller??

jilla
22/07/2005, 21h17
POUR MISS FELTON


c'est une reine berbere , D'origine juive qui a fait une embusquade aux
conquérents musulmans mené par sidi okba ben nafaa .
ou il est tombé en chahid prés de biskra.

kahina veut en arabe : sorciere. OU PRETRESSE.

absent
22/07/2005, 21h21
Une chef berbère ayant résisté à l'invasion arabe. Comme c'est souvent le cas dans la tradition berbère, elle a demandé à ses fils de rejoindre le camp ennemi, si elle venait à mourrir.
Nous n'avons pas beaucoup de sources sérieuses sur sa vie.

absent
22/07/2005, 21h22
...elle a pratiqué à un moment donné, quand elle s'est senti perdue, la politique de la terre brulée, ravageant des contrées pour que les Arabes ne puissent pas se ravitailler.
Il est fort possible que ce soit la raison pour laquelle, elle ait perdu le soutien de plusieurs tribus berbères.

hakkimm
22/07/2005, 21h32
J'ai entendu dire que "Khenchla" etait à l'origine le nom de l'un(e) de ses filles/fils? quelqu'un a des informations la dessus?

ALGERIANA
22/07/2005, 21h39
@Jilla, tu sors avec un avatar d´un guerrier ghir el khir enchallah!:-)

@miss-felton: LA KAHINA

Reine berbère ( décédée en 704/05 )

Au commencement du Maghreb arabisé était LA KAHINA. Une femme berbère, dite reine, polarise la résistance à l'envahisseur arabe après la mort de Kusayla en 686, qui avait, le premier, tenu tête aux orientaux déferlant sur " le lointain perfide ", selon l'image attribuée au calife Omar. Toute les dates sont incertaines, sauf celle de 697 (reprise de Carthage par les Byzantins avant de perdre la ville en 698, définitivement), comme le note Charles Diehl. En outre, nous sommes aussi bien dans l'histoire que dans le mythe. Très nombreux sont ceux qui ont écrit sur l'héroïne berbère. On a parlé d'elle comme de la Déborah berbère, de la Jeanne d'arc du Maghreb. Les écrivains arabes, eux, ont voulu montrer que Berbères et Arabes se sont vite mis d'accord et que l'union est parfaite; mais la vérité est tout autre. Tandis que, dans l'Algérie occidentale, se reconstituaient de grandes confédérations berbères, les Arabes venus d'Égypte pénétrèrent, dès 647, dans le Maghreb. Mais ce fut seulement en 683 que la grande armée de Sidi 'Oqba en entreprit la conquête. Byzantins et Berbères, souvent alliés, résistèrent de leur mieux. L'histoire a conservé le nom de deux de leurs chefs : Kosayla qui reprit même aux Arabes la citadelle de Kairouan et la Kahina qui défendit l'Aurès.

Vainqueurs, les Arabes réussirent à installer leur autorité sur l'ensemble du pays et se constituèrent en caste aristocratique dominante. En outre, ils surent détourner l'ardeur belliqueuse des Berbères en les entraînant à la conquête de l'Espagne. Une vigoureuse campagne de propagande religieuse provoqua l'adhésion des populations à l'islam, mais les conversions ne furent pas toujours très sincères : un texte célèbre d'Ibn Khaldoun n'affirme-t-il pas que les Berbères apostasièrent douze fois ? Il est vrai que, même convertis, ils étaient traités par leurs vainqueurs comme des infidèles : à partir du VIIIe siècle ils furent assujettis aux mêmes impôts que ceux-ci. Les Berbères s'opposèrent à cette domination étrangère, et recoururent notamment à la protestation religieuse. Ils se jetèrent d'abord dans le kharijisme, hérésie musulmane à tendance puritaine et égalitariste qui prétendait faire désigner par le peuple le chef de la Communauté islamique.

Les kharijites expulsèrent les Arabes du Maghreb central et constituèrent de véritables théocraties indépendantes. Tel fut le petit royaume ibadite de Tahert (Tagdempt près de Tiaret) fondé par Ibn Roustem à la fin du VIIIe siècle et qui ne fut détruit qu'en 911 par l'armée fatimide, alors maîtresse de Kairouan. (LA KAHINA) Surnom de la "reine des Aurès" signifiant "la Prophétesse". Al-Kahina régna sur plusieurs tribus de Berbères de l'Aurès, dont la sienne propre, celle des Djarawa, de 685 environ à 704 ou 705. À la fin du VIIe siècle, l'Afrique du Nord voit s'affronter trois forces : les Byzantins d'abord, solidement implantés sur les côtes, avec Carthage surtout et Septem (Ceuta) comme points d'appui, les Arabes, ensuite, qui arrivent de l'est et tentent de pénétrer en Ifriqiyya (actuelle Tunisie) et, de là, dans tout le Maghreb (Occident) ; les Berbères habitants des lieux, groupe homogène du point de vue ethnique mais profondément divisé selon qu'ils sont nomades ou sédentaires, agriculteurs ou citadins commerçants. Carthage tombe (695) devant Hasan ibn al-Nu'man al-Ghassani, nouveau gouverneur de l'Ifriqiyya. L'empereur Léontios réussit à reprendre la ville, mais seulement pour trois ans.

De son côté la Kahina parvient à refaire l'unité berbère autour de sa personne et de sa tribu. Elle écrase l'armée d'Ibn al-Nu'mân, sur les bords de la Miskiyâna (près de Tébessa) dans le Constantinois et la repousse en Tripolitaine. En 798, Ibn al-Nu'man reporte ses efforts sur Carthage qu'il enlève, mettant les Byzantins en déroute : la maîtrise des mers dans le bassin occidental de la Méditerranée passe aux Arabes. Ibn al-Nu'man fonde Tunis.

Un seul obstacle se dresse encore devant l'avance des Arabes vers l'ouest: la Kahina et le royaume qu'elle a constitué au Maghreb. Âme d'une résistance intransigeante, elle aurait pratiqué la politique désespérée de la terre brûlée, saccageant le pays, détruisant les villes et brûlant les plantations pour en détourner les Arabes et les décourager. Cette politique lui aliène la population sédentaire, tant citadine (grecque et berbère) que campagnarde.
Ibn al-Nu'man tire parti de cette situation, réclame et reçoit des renforts armés que le calife 'Abd al-Malik vient de lui envoyer (702) et reprend l'offensive, Certaines sources le prétendent. La bataille eut lieu à Tabarqa.
La Kahina y fut vaincue et décapitée (en 704/05) au lieu dit depuis Bir al-Kahina (le puits de la Kahina). La voie vers l'Atlantique était ouverte aux Arabes. L'histoire de cette femme fougueuse et indomptable (la "Déborah berbère") est en grande partie légendaire: les romanciers s'en sont emparés.

Source (http://danoun.chez.tiscali.fr/femme/KAHINA.htm)

Voila toute une liste pour lire sur cette femme guerriere:

Aouner, D, "El Kahina", progrès (Alger), no 5, février 1954.
Bataille, R et J, "L'Epopée berbère, El Kahina", Bruxelles, édit. de Belgique.
Beauguitte, G, "La Kahina, reine des Aurès", Paris, édit. des Auteurs, 1959.
Benabdessadok, C, "El Kahina reine des Aurès", El Djazairia (Alger), no 73, 1979
Benichou-Aboulker, B, "La Kahéna, reine berbère", Alger, Soubiron, 1933.
Boisnard, Magali, "Le roman de la Kahéna, d'apres les anciens textes arabes" Paris, édition d'art, H. Piazza, 1925
Boulanger, J, "Une reine berbère", Bulletin de la Société de Géographie d'Alger, no 91, 4e trimestre. 1922.
Cardinal, P, "La Kahéna", Paris, Julliard, 1975.
Castano, J, "La Princesse berbère (La Kahéna)", Montpellier, Imp. Dehan, 1984.
Dejeux, Jean, "Femmes d'Algérie. Légendes, Traditions, Histoire, Littérature", La Boîte à Documents, 1987.
Djelloul, A, "Al Kahena", Paris Debresse, 1957.
Dufourcq, Ch-E, "Kahina ou divine Damnienne?", l'Algérianiste, no 13, 15 mars 1981; "La coexistance des chrétiens et des musulmans dans Al-Andalus et dans le Maghreb au Xe siecle", in Occident et Orient, Paris, Société des Belles Lettres, 1979; "Berbérie et Ibérie médiévale; un problème de rupture" Revue historique, t CCXI, 1968.
Grandjean, G, "La Kahéna, par l'or, par le fer, par le sang", Paris, édit. du Monde moderne, 1926.
Guiramand, S, "Kahéna", Tunis, MTE, 1977.
Hilaire, J, "La Kahéna", Rouen, H. Defontaines, 1918.
Ikor, Roger, "La Kahina", Paris : Encre, 1979.
Kateb, Yacine, "La Kahina", Dérives (Montréal), no 31-32, 1982.
Magdinier, M, "La Kahéna", Paris, Calmann-Lévy, 1953.
Ouadih, M, "Bir al-Kahina", Alger, SNED, 1973
Roth, N., "The Kahina: Legendary material in the accounts of the 'Jewish Berber Queen'", The Maghreb Review, Vol 7. 5-6, 1982
Roudie, E., "La Kahéna", Paris, Libr. théatrale, 1923.
Slousch, N, "La race d'El-Cahina (les nomades juifs)", La Revue Indigène, no 44, décembre 1909; Judéo-Héllènes et Judéo-Berbères, Paris 1909.
Stora-Sudaka, H, "Premières immigrations juives en Berbérie. Une Debora berbère: La Kahéna", Société des Conférences juives d'Alger, Bulletin no 3, 1928-1929.
Talbi, M, "Un nouveau fragment de l'histoire de l'Occident musulman (62-196/682-812): l'épopée d'al-Kahina",
Les Cahiers de Tunisie, t XIX, 1er et 2e trim. 1971 et Encyclopédie de l'Islam nouvelle édition t IV: Kahina.
Une Jeanne d'Arc africaine, Épisode de l'invasion des arabes en Afrique: La Kahina", Paris, J. André, sd.

absent
22/07/2005, 21h43
Très bon résumé Irène.
Je voudrais ajouter que la Kahina n'a pas été la seule femme dans l'histoire de l'Afrique du Nord à prendre la tête d'une révolte.
Plus proche de nous, Lala Fatma N'Soumer, révoltée contre les Français dans les années 1850. Lalla Gouraya contre les Espagnols de Bougie au XVIe siècle. Et une femme que j'ai découvert dans les sources françaises comme portant le nom d'Elgie, révoltée contre les Turcs. En fait, il s'agissait de Aljia bent Bouaziz, chef des Hannencha, une tribu de l'est algérien.
Comme vous le remarquez, ces femmes sont de Kabylie ou des Aurès.

absent
22/07/2005, 21h44
...Aljia Bent Bouaziz a vécu au XVIIIe siècle

jilla
22/07/2005, 21h45
@ALGERIANNA /
Jilla, tu sors avec un avatar d´un guerrier ghir el khir enchallah!:-)
C'etait pour zwina et sa danse du ventre!
pour le souffre de son topic que j'ai utilisé n'importe avatar !
par respect a mon ainé : ben mdidi. ALLAH YARHAMOU!

jilla
22/07/2005, 21h46
arrette des allusions mesquines!
Comme vous le remarquez, ces femmes sont de Kabylie ou des Aurès

ALGERIANA
22/07/2005, 21h49
Je te prefére avec Al arbi ben mehidi te va bien, garde le!

jilla
22/07/2005, 21h53
merçi !
pour lui bien sur!

et c'est un vrai compliment ; venant de toi ma cher patriote algérianna!
je vais le garder pour toujours !
malgré que le mien c'est l'emir abdelkader.

absent
23/07/2005, 18h38
La Kahina et Aljia bent Bouziz (beaucoup moins importante) sont des Aurès.
Lalla Fatma N'Soumeur est du Djurdjura. Lalla Gouraya est de Bougie.
Ce sont à ma connaissance les seules femmes (mais c'est déjà pas mal, en France ils ont que Jeanne d'Arc) qui ont dirigé des révoltes contre des envahisseurs.

ALGERIANA
23/07/2005, 19h19
La Kahina et Aljia bent Bouziz (beaucoup moins importante) sont des Aurès.
Lalla Fatma N'Soumeur est du Djurdjura. Lalla Gouraya est de Bougie.
Ce sont à ma connaissance les seules femmes (mais c'est déjà pas mal, en France ils ont que Jeanne d'Arc) qui ont dirigé des révoltes contre des envahisseurs.

Quels envahisseurs? Peux tu expliquer un peu le sens plus precis?

absent
23/07/2005, 19h35
La Kahina contre les cavaliers arabes. Aljia, en fait, une révolte anti-turque. Fatma N'Soumeur contre les Français. Lalla Gouraya contre les Espagnols à Bougie (mais cette fois avec l'aide des Turcs)

hakkimm
23/07/2005, 19h50
@Ismet,
Je crois que dans ton équation, t'as oublié d'ajouter les femmes de la révolution algérienne comme Hassiba Ben Bouali. (http://awg.faithweb.com/fr/history/personalite/hassiba.html)

Dortoise
23/07/2005, 19h52
La Kahina, de son vrai nom Dihya ou Dahya, symbolise l'âme de la résistance amazighe face aux musulmans. Reine des Aurès, et probablement de religion chrétienne, elle montre un courage remarquable contre l'invasion musulmane, d'autant qu'elle est déjà âgée lors de la lutte. Elle parvient à rassembler les tribus imazighen. Lorsque qu'Hassan Ibn en Nu'man attaque le pays en 697 son armée est écrasée, et les musulmans chassés. Après s'être débarrassé des Byzantins, qui occupent encore une partie de la région, Hassan Ibn en Nu'man livre une guerre systématique aux Imazighen, dévastant le Nord du pays.
En 701, ayant obtenu des renforts du Calife Ibn Marwan, Hassan Ibn en Nu'man reprend tous les territoires perdus. Il finit par vaincre les Imazighen, lors de la dure bataille de Tabarqa, et capture Dihya, qu'il fait décapiter. Cependant, Hassan Ibn en Nu'man n'est pas cruel. Non seulement, il ne fait pas de prisonniers, mais il donne le commandement de ses armées aux deux fils de Dihya, qui se convertissent à l'Islam. Il ne commet pas d'exactions, et fait preuve de bienveillance à l'égard du peuple.
Jamais sans doute un personnage historique n'a fait l'objet de tant d'interprétations. La reine Dihya est en effet plus qu'une reine au comportement exemplaire et héroïque. Elle est un symbole de résistance, et habite l'imaginaire des Imazighen.

Son nom n'est même pas bien établi : elle s'appelait peut-être Dahya, Damya ou Kahia.

Bien des interprétations la concernant ne sont pas sans arrière-pensées idéologiques. Pour les occidentaux, il s'agit d'une reine mythique, comme s'il fallait minimiser son combat. On la dit chrétienne dans le même but, comme si elle présageait de la domination coloniale, alors qu'elle fut au contraire l'exemple du refus de la soumission. Les historiens arabes la surnommèrent Kahina, ce qui veut dire la prophétesse mais aussi péjorativement la devineresse, la sorcière. Ils la déclarèrent de religion juive pour montrer qu'elle était une ennemie de la foi musulmane, ce qu'elle fut effectivement, mais certainement pas en termes religieux. Quant au juifs, ils l'admirèrent, faisant un parallèle avec Déborah, la princesse mythique qui réveille le peuple(1). Les Imazighen eux-mêmes ont sans doute exagéré le personnage, puisqu'on lui prête parfois l'âge, de toute évidence très exagéré, de 127 ans à sa mort !
Dans cette page nous avons voulu avant tout faire la part de la réalité historique si difficile soit-elle à connaître. Dihya est effectivement un exemple de courage hors du commun. Chef politique hors pair, c'était aussi une femme qui su protéger ses enfants.

On ne sait presque rien de son origine. Nous ignorons sa date de naissance. On ne sait pas précisément sa religion. Peut-être fut-elle chrétienne ou juive, mais elle a pu être également animiste(2). Ce qui est certain, c'est qu'elle originaire de la tribu Djawara ou Jeroua donc une tribu Zénata, dont le mode de vie était pastoral et semi-nomade. On ignore comme elle parvint à la royauté. Il semble que son pouvoir lui fut donné par un conseil de tribus, mais il très abusif d'évoquer un sénat amazigh, qui sans doute n'exista pas. Ce conseil reconnut sans doute son intelligence remarquable et la mit à la tête d'une confédération, regroupement de tribus qui était courant face à un péril grave. La légende dit aussi qu'elle était d'une beauté éblouissante. Il est fort probable qu'elle succéda à Kouceila dans la lutte contre les musulmans, et c'est à un âge avancé qu'elle est amenée à lutter contre ces derniers.

A cette époque, une guerre oppose les musulmans, dirigés par Hassan d'Ibn en Nu'man, les chrétiens byzantins, qui tentent de préserver leurs possessions dans cette région, et les Imazighen, habitants des lieux. Ces derniers sont d'abord divisés sur la conduite à tenir. La Reine Dihya parvient à les rassembler, par son pouvoir de conviction et sa grande intelligence pour lutter contre l'invasion musulmane. Le résultat ne se fait pas attendre, puisqu'en 697, sous son commandement, ils écrasent l'armée d'Ibn en Nu'man. Celui-ci doit livrer bataille près de l'Oued Nini, à 16 km d'Aïn al Bayda. Les troupes imazighen font tant de victimes que les Arabes appelèrent le lieu "Nahr Al Bala", ce qui se traduit par "la rivière des souffrances". On dit que la rivière était rouge du sang des combattants arabes. Après cette victoire les Imazighen poursuivent les musulmans, et leur imposent une seconde défaite. Le calife Malik rappelle ses troupes en Tripolitaine (l'actuel nord de la Libye).

Les musulmans décident alors de concentrer leur effort de guerre contre les chrétiens byzantins. En 695, les Byzantins reprennent Carthage aux musulmans. Ils y restent seulement trois ans, avant d'en être définitivement chassés en 698. La même année, Ibn en Nu'man fonde Tunis. En fait, les Byzantins sont obligés de lâcher prise, préoccupés par des tensions au nord de leur empire. La montée en puissance des royaumes chrétiens européens constituent en effet une menace pour eux encore plus grave que l'invasion musulmane.

Le royaume de Dihya reste alors le seul obstacle contre la progression des musulmans à l'ouest et Hassan Ibn en Nu'man reprend l'offensive contre les Imazighen. Conscient de la forte résistance qu'il va rencontrer, il entreprend une conquête systématique du pays. Possédant Carthage et la nouvelle ville de Tunis, il dispose enfin de solides bases arrières. Dihya se trouve alors forcée d'appliquer une politique de terres brûlées. Devant eux, les musulmans ne trouvent qu'un pays détruit. Une partie de la population n'apprécie semble-t-il pas cette politique, encore que ceci ne soit pas historiquement prouvé. Ibn Al Nu'man en tire partie : il obtient des renforts du calife Abd al-Malik en 702. Son armée compte alors probablement plus de 50 000 combattants. Face à une telle force, Dihya n'avait d'autre choix que cette politique désespérée.

Après deux ans de guerre, la bataille finale a lieu en 704, à Tabarqa. Dihya envoie auparavant ses deux fils rejoindre le camp musulman, afin de préserver les intérêts de sa famille. Ceci signifie que, loin de se renier, elle se place au contraire comme un chef de guerre, qui privilégie son combat et se libère ainsi de toute attache familiale. Il est probable qu'elle savait son combat perdu mais loin de plier, elle accepte la mort avec un courage qui force l'admiration.

La bataille de Tabarqa est finalement gagnée par les musulmans, mais ce n'est pas victoire facile pour eux. Les Imazighen, bien que très inférieurs en nombre, opposent une farouche résistance. Finalement, la Reine Dihya est capturée et décapitée au lieu-dit Bïr El Kähina (Le puits de la Kahina). Sa tête est envoyée au calife Malik selon certains, jetée dans le puits selon d'autres(3).

Hassan Ibn en N'uman fait preuve d'un grand respect pour le peuple amazigh après sa victoire. Il ne fait pas de prisonniers et ne commet aucun pillage. Sa grande tolérance en fait d'ailleurs l'un des artisans de l'islamisation des Imazighen.

Les deux fils de Dihya (Ifran et Yezdia) avaient rejoint le camp musulman avant la bataille. Certains auteurs ont vu là une trahison de leur part. C'est à notre avis une erreur, puisqu'il est clairement établi qu'ils rejoignirent le camp adverse sur ordre de Dihya, et qu'ils ne participèrent pas à la bataille de Tabarqa. Ils ne se convertirent à l'Islam et n'obtinrent un commandement militaire qu'ensuite, lorsque Hassan Ibn en N'uman se décida à conquérir le Maroc.

Selon certains auteurs, Dihya avait également un fils adoptif du nom de Khaled, un jeune arabe fait prisonnier lors de la bataille de l'Oued Nini, qu'elle aurait adopté. Même si on ne peut totalement exclure cette adoption, cette thèse nous semble douteuse. On a en effet affirmé qu'elle partagea le lait de son sein entre Khaled et ses deux enfants légitimes, ce qui semble impossible pour une femme âgée. On ne sait d'ailleurs rien sur l'homme qui lui donna ses deux fils (il devait sans doute être de haut rang) mais si on tient compte du fait qu'ils obtinrent un commandement dans l'armée musulmane rapidement, il n'étaient certainement pas de jeunes enfants à la mort de la reine.

Longtemps encore, Dihya et ses fils susciteront des légendes. Ceci est sans doute dû autant à sa détermination de femme, insoumise jusqu'au sacrifice d'elle-même qu'à la protection qu'elle donna jusqu'au bout à ses fils, en mère exemplaire. Symbole des femmes imazighen, elle est aussi le symbole de toute une culture, à l'égal de Massinissa et de Jugurtha.

ALGERIANA
23/07/2005, 19h55
Ismet, je préfere lire les noms et les adjectifs correctes!

absent
23/07/2005, 20h13
Hakkimm, je parlais des femmes qui ont dirigé des guerres pas de celles qui ont participé. Je parlais des femmes chefs.

jilla
23/07/2005, 20h25
@ismet:
Je parlais des femmes chefs.

la kahina n'est pas une femme chef?
MON VIEUX !
mais c'est une pretresse (kahina) comme son pseudo l'indique .
Maintenant ! on veus noyer les appelations : dahia; kahia; dihia etc etc
car le sens en arabe prete à confusion .


et elle tenait le pouvoir de sa famille d'origine juive qui etaient soit des pretres ou à défaut de lignée masculine de pretresseS.
C' EST UNE VIELLLE TRADITION depuis l'egypte des pharaons :chaque pharaon avait ses pretres qui le conseillaient pour les affaires terrestres et celestes.

absent
23/07/2005, 20h38
Jilla regarde les liens d'Irène, message 7 de ce sujet et le bon résumé d'Algeriana avec une abondante bibliographie, message 8.
Ils indiquent clairement que la Kahina a dirigé des armées, qu'elle soit prêtresse en bonus, pourquoi pas mais ce n'est pas le sujet.
La question était: a t-elle dirigé des armées ou pas? Et la réponse est clairement: oui.

jilla
23/07/2005, 21h47
@ismet:
La question était: a t-elle dirigé des armées ou pas? Et la réponse est clairement: oui.

error!
la question est et sera dans le topic: qui est la kahina?
PAR MISS felton:
miss-feltonkahina : qui etait elle ?? connaissez des livres sur elle a me conseiller??

donc! il faut commencer pâr le nom generique de La pretresse berbere d'origine juive.

absent
23/07/2005, 23h09
On tourne en rond, Jilla. Qu'elle soit prêtresse juive, d'abord on en sait rien et on ne peut pas l'inventer. Mais ce qu'on sait et qu'on peut tirer de l'étude des textes qui parlent d'elle, c'est qu'elle a dirigé les armées berbères; ça, c'est ce qui est sûr. Son origine juive ne l'est pas.

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