Annonce

Réduire
Aucune annonce.

Les évangiliques(istes)

Réduire
Cette discussion est fermée.
X
X
 
  • Filtre
  • Heure
  • Afficher
Tout nettoyer
nouveaux messages

  • Les évangiliques(istes)

    vu le nombre d'article et de commentaires sur les évangélisations!? ou sur évangélistes (plus juste de parler d'évangélique) en Algérie et la réaction des autorités face à ce phénomène, il est utile de connaitre certains aspects de cette religion, mouvement, idéologie ou chacun comme il pense la définir!
    Basé sur l’article du sociologue Sébastien Fath publié dans le Historia thématique sur les Protestants paru en septembre 2007.


    1. Définition

    Tout d’abord, une petite définition. Les chapelles évangéliques foisonnent, mais pour Fath on peut identifier quatre caractéristiques que toutes partagent :
    - Le biblicisme : autorité absolue de la Bible, reçue comme Parole de Dieu
    - La conversion : réorientation radicale de la vie suite à la rencontre avec le Christ
    - La centralité de la Croix : c’est le seul chemin pour gagner le Salut
    - Le militantisme.

    Niveau chiffre, on évalue le nombre total de Protestants évangéliques à 500 millions dans le monde. Le principal réseau évangélique, l’Alliance évangélique mondiale créée en 1846, en regroupe plus de 400 millions. En France, ils représentent un gros tiers des Protestants, soit 400 000 fidèles.


    2. Les sources européennes du mouvement

    Au XVI° siècle, à côté de la Réforme officielle menée par Luther, Calvin ou Zwingli se développent des mouvements plus radicaux :

    - Les Anabaptistes : littéralement les rebaptiseurs, ce sont de fervents partisans de la conversion personnelle et de communautés locales séparées du politique. Un de leurs textes fondateurs est la Confession de Schleitheim, publiée le 24 févier 1527.

    - Les Puritains
    : d’abord séparatistes puis baptistes, ils s’opposent aux compromis de l’Eglise anglicane au nom d’un protestantisme plus intransigeant appelé à faire le tri entre les convertis et les autres.

    - Les Piétistes : courant de réforme interne au luthérianisme à la fin du XVII° siècle, ils insistent sur la piété personnelle, la conversion au sein de petits groupes fervents rythmés par la prière et la lecture quotidienne de la Bible.

    On retrouve dans tous ces mouvements l’importance de l’engagement individuel, l’accent sur une norme biblique stricte et l’investissement communautaire.


    3. Le Grand Réveil américain

    En 1733 débute ce que l’on appelle le Great Awakening dans les colonies américaines. La prédication enflammée de Jonathan Edwards (1703-1758) et de George Whitefield (1714-1770) secoue la torpeur religieuse des colons, fait surgir de nouvelles communautés, et appelle tous les Protestants à la nouvelle naissance. Cette thématique du born-again fait référence à un texte des Evangiles (Jean, chapitre 3) où Jésus invite Nicodème à « naître de nouveau » pour entrer dans le Royaume de Dieu.
    A partir de 1739, les tournées du charismatique Whitefield, soigneusement dramatisées, créent une mobilisation populaire sans précédent dans les colonies : le courant évangélique va dès lors emporter sur son passage le christianisme d’antan qui liait tradition, identité et territoire au profit d’un christianisme où l’identité s’opère par conversion individuelle, Bible en main.


    4. Le prosélytisme colonial du XIX° siècle

    En 1817, l’Europe est atteinte par le phénomène.C’est le début du Réveil de Genève, sous l’impulsion de Robert Haldane. Les Evangéliques vont donner le ton dans l’exportation mondiale du protestantisme à la faveur de la constitution des grands empires coloniaux.

    La progression du modernisme protestant, à la fin du XIX° siècle, paraît un temps freiner son essor. Comment rester évangélique si les dogmes d’autrefois se lézardent sous l’effet de la science des textes ? Néanmoins, la pause sera de courte durée.


    5. Fondamentalisme et Pentecôtisme au XX° siècle

    La première réaction s’incarne dans le fondamentalisme, branche la plus rigoriste du mouvement, qui accuse le modernisme d’un déficit d’orthodoxie et surinvestit l’enjeu de la Bible comme Parole de Dieu sans erreurs. Les fondamentalistes gagnent une visibilité politique très conservatrice à partir de la fin des années 70.

    La seconde réaction naît le 14 avril 1906 dans l’église méthodiste africaine d’Azusa Street à Los Angeles. Il s’agit du Pentecôtisme. Au déficit d’expérience du libéralisme théologique, il oppose le Dieu vécu, ressenti, thérapeute, un dieu des miracles dont la force agissante passe avant tout par le Saint-Esprit. La souplesse de forme du pentecôtisme, son offre spirituelle et thérapeutique lui assure un essor mondial prodigieux.
Chargement...
X