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24/06/2008, 12h15
PARIS (Reuters) - De nombreuses voix s'élèvent pour dénoncer le projet du directeur de l'Union nationale des caisses d'assurance maladie (Uncam) Frédéric van Roekeghem de ne plus rembourser à 100% les médicaments traitant les affections de longue durée (ALD).

Cette hypothèse a été repoussée par le ministre du Budget. Le gouvernement ne prévoit "aucune remise en cause du remboursement à 100% des affections longue durée", a assuré Eric Woerth sur France Culture. "Ce n'est pas un plan, mais des propositions de l'assurance-maladie", a-t-il précisé.
Dans un entretien aux Echos, Frédéric Van Roekeghem juge nécessaire un plan de redressement de l'assurance-maladie destiné à économiser plus de trois milliards d'euros en 2009.
Selon lui, la prise en charge à 100% des affections de longue durée (ALD) comme le cancer ou le diabète, dont bénéficient actuellement 8 millions de malades devrait être réservée "aux pathologies qui sont véritablement longues et coûteuses", ce qui n'est notamment pas le cas des personnes souffrant d'hypertension artérielle ou de certains diabètes.
Ces dernières ne seraient plus remboursées qu'à 35% par la Sécu et le reste serait pris en charge par des mutuelles complémentaires.
Le démenti d'Eric Woerth n'a pas empêché de nombreuses voix de s'élever pour défendre les malades.
Pour le Parti socialiste, "les franchises médicales imposées le 1er janvier dernier étaient bien un préambule au démantèlement de notre système de santé".
Les mesures de déremboursement envisagées "s'attaquent directement au principe de solidarité", déplorent dans un communiqué commun Pascal Terrasse, secrétaire national à la Santé, et Claude Pigement, responsable national à la Santé.
Pour le député socialiste Jack Lang, envisager de ne plus prendre en charge à 100% les médicaments des personnes en ALD est "inimaginable".
"Le gouvernement est-il capable d'aller jusqu'à cette ultime mesure, qui serait une véritable décapitation de notre système de santé et qui serait pour les familles concernées (...) une source de désespérance et parfois même de ruine ?", s'est-il interrogé sur LCI.
"INACCEPTABLE"
"Je ne peux pas concevoir que dans un pays qui s'appelle la France, dont la colonne vertébrale est ses services publics, on puisse s'attaquer avec cette violence à notre système de protection sociale", a ajouté l'ancien ministre.
"On n'a pas le droit" de faire des économies de la santé, a renchéri sur Canal+ le porte-parole de la Ligue communiste révolutionnaire, Olivier Besancenot, pour qui "le trou de la Sécu ne tombe pas du ciel, il est créé politiquement".
Pour résorber le déficit de l'assurance-maladie, la LCR (http://fr.news.yahoo.com/fc/lcr.html) propose d'arrêter d'exonérer les grands groupes de cotisations sociales.
"Chaque année, il y a 25 milliards d'euros en exonération de cotisations sociales", a dit Olivier Besancenot qui voit dans cette somme "largement de quoi" financer le déficit de la sécurité sociale et la création de 130.000 emplois dans l'hôpital public.
La CGT dénonce pour sa part des propositions "inacceptables", qui s'inscrivent "dans la logique anti-sociale des franchises médicales qui imposent à des malades de payer plus cher leur santé pour financer la recherche pour d'autres malades".
Selon Les Echos, l'assurance-maladie proposera jeudi un plan de redressement de 3,2 milliards d'euros en 2009. L'objectif est ramener le déficit de 4,1 milliards d'euros cette année à 2,8 milliards en 2009, alors que la "croissance naturelle" des dépenses conduirait à un déficit de 6 milliards.
Selon Frédéric Van Roekeghem, l'essentiel des économies (deux milliards d'euros) devra provenir de la maîtrise des prescriptions de la baisse des prix des médicaments.
L'Uncam propose de n'appliquer cette règle qu'aux nouvelles demandes afin d'en amortir l'impopularité.
L'assurance-maladie avance aussi des mesures visant à améliorer la productivité des hôpitaux avec des plans de redressement "pour les 100 établissements les plus mal en point".
Henri-Pierre André et Elizabeth Pineau

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