PDA

Voir la version complète : "Une erreur humaine" à Carcassonne


arayzon
30/06/2008, 18h28
Nicolas Sarkozy s'est rendu lundi à l'hôpital de Carcassonne, puis à celui de Toulouse, au chevet des victimes de la fusillade survenue dimanche au 3e Régiment Parachutiste d’Infanterie de Marine à Carcassonne.


Dix-sept personnes, dont une majorité de civils, ont été blessées dans une caserne militaire au cours d'une démonstration d'assaut. Les coups de feu ont été tirés à balles réelles au lieu de balles à blanc. Le président estime qu'"il y a eu des négligences inacceptables" qui "devront être sanctionnées". Le drame est la conséquence d'une "erreur humaine", a déclaré le procureur de la République de Montpellier. L'auteur des coups de feu est toujours en garde à vue.

Il y a eu des négligences inacceptables" qui "devront être sanctionnées" : c'est ce qu'a estimé Nicolas Sarkozy, après s'être rendu lundi au chevet des victimes à l'hôpital de Carcassonne et à celui de Toulouse. "La réaction sera rapide et sévère", a-t-il promis. "Ce sont des professionnels, cela ne peut pas rester sans conséquence", a-t-il affirmé. "Je suis consterné par ce qui s'est passé", a ajouté Nicolas Sarkozy, rappelant qu'il s'exprimait en tant que président de la République mais aussi en tant que chef des armées.

Dimanche, lors d'une démonstration de libération d'otages du Groupe de commandos parachutistes du 3e Régiment Parachutiste d'Infanterie de Marine, dix-sept personnes, quinze civils et deux militaires, ont été blessées. Un militaire a tiré à balles réelles au lieu de balles à blanc. L'état des blessés est "encore préoccupant" mais il "évolue dans le bon sens", a déclaré Nicolas Sarkozy.

Comment un sergent a pu faire usage de balles réelles au lieu de balles à blanc ? C'est à cette question que tente de répondre les enquêteurs. Si aucune piste n'est exclue, ils privilégient toutefois la thèse de l'accident.

La justice dispose de films tournés lors de la fusillade et a esquissé lundi le scénario du drame. "Une erreur humaine", selon le procureur de la République de Montpellier, le sergent qui a tiré se trompant de chargeur.

Un des films saisis a été réalisé de "façon amateure" et en "temps réel" par un militaire présent. "Il avait sur lui plusieurs chargeurs, le malheur a voulu qu'il choisisse par réflexe un chargeur qui était dans une poche et qui malheureusement contenait des balles réelles", a ajouté le procureur qui a martelé que le militaire avait tiré "involontairement". "Il n'aurait jamais dû être en possession d'un chargeur à balles réelles", a-t-il précisé. Les balles que le sergent "avait avec lui sont des balles qui proviennent d'un résidu de tirs d'une opération qui remonte à fin juin". "Il n'était pas normal qu'il ait ces balles sur lui. C'est bien pour ça qu'il est actuellement en garde à vue", a poursuivi le procureur.

L'auteur présumé de la fusillade était un "militaire expérimenté et très bien noté", a déclaré lundi le ministre de la Défense Hervé Morin. Mais, a-t-il souligné, "il y a eu des fautes ou des manquements". "Un militaire qui a de l'expérience ne peut pas confondre" un chargeur à balles réelles et un chargeur de balles à blanc, a-t-il souligné, rappelant que les deux types de munitions sont de couleurs différentes et que les procédures veulent que les balles non utilisées soient rendues "après chaque exercice", ce qui n'avait pas été le cas. Onze militaires ont été entendus. L'auteur présumé des coups de feu reste seul en garde à vue tandis que les trois autres militaires ont été relâchés. Il devrait être présenté mardi devant un juge d'instruction à Montpellier pour être mis en examen "pour le délit de blessures involontaires ayant entraîné une incapacité totale supérieure à trois mois".


Sources : europe1.fr.

Cookies