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Voir la version complète : La peur de Rougir !


Thirga.ounevdhou
07/07/2008, 19h52
Qui n'a jamais rougi en public? Impuissant, on sent le feu nous monter aux joues et aux oreilles. En quelques secondes, la peau prend une teinte rouge tomate, voire cramoisie.
Manifestation banale? Pas pour ceux qui souffrent d'éreuthophobie. La peur de rougir tourne alors à l'obsession. L'enfer.

Rouge de peur... de rougir

Âgé de 25 ans, Louan souffre d'éreuthophobie depuis son adolescence. «Cette maladie me pousse à me refermer sur moi-même. Je ne vais plus seul dans les magasins, j'évite les sorties au restaurant ainsi que les rendez-vous chez les amis. Toutes mes journées sont planifiées afin d'éviter les situations gênantes. Quand je rencontre quelqu'un dans un endroit public, c'est la catastrophe», raconte-t-il dans un forum de discussion.

Selon le psychiatre français Christophe André, auteur de plusieurs ouvrages sur la timidité et la phobie sociale, l'éreuthophobie est assez répandue. La Presse l'a joint à Paris. «On suppose que le rougissement excessif et handicapant touche de 1 à 2% de la population générale, mais il n'y a jamais eu d'études épidémiologiques spécifiques sur le rougissement», dit-il.

Le problème, déjà décrit par Hippocrate il y a plus de 2000 ans, touche deux fois plus de femmes que d'hommes et n'épargne pas les enfants, qui deviennent l'objet de railleries à l'école. Comme Christophe André l'écrit dans son livre La peur des autres: «De nos jours, le self-control est de rigueur.» C'est plus marqué chez l'homme. «Il n'a pas le droit de rougir.»

Qui n'a jamais rougi en trébuchant dans les marches de l'autobus, lors d'un exposé oral ou en entrant dans une salle pleine à craquer d'yeux qui vous fixent avec insistance?

«À peu près tout le monde peut rougir occasionnellement, lors d'un embarras ou quand on est le point de mire, explique le psychiatre. On sait qu'il y a des gens qui rougissent plus fréquemment que d'autres, ils sont plus émotifs. À la moindre blague sexuelle ou lors de la moindre pression sociale, ils rougissent. C'est embarrassant, mais tolérable.» Ce n'est pas de l'éreuthophobie.

Le fait de rougir devient pathologique quand il est accompagné d'un sentiment de honte obsédante, quand la peur de rougir suffit à déclencher le rougissement.

«Les éreuthophobes considèrent que c'est grave de rougir, dit le psychiatre. Ils se surveillent excessivement, ils perdent toute forme de spontanéité et font de l'évitement. Ils ne prennent pas la parole en public, ils préfèrent rester en retrait.»

Parce qu'ils ne peuvent pas fuir à tout coup, les éreuthophobes ont des trucs lors d'alertes rouges. Ils éternuent, se mouchent, toussent. «Je porte les cheveux longs pour cacher mon visage, raconte Caro sur l'internet. Je suis adepte du salon de bronzage pour diminuer le rougissement et je porte toujours du fond de teint. Quand les lumières sont tamisées, je suis un vrai boute-en-train!»

«La peur excessive de rougir est une forme de phobie sociale», indique Ariel Stravynski, professeur de psychologie clinique à l'Université de Montréal. En situation de stress, certains phobiques sociaux auront plutôt des tremblements, une sudation abondante, la voix chevrotante. Ou tout ça à la fois. «On craint ces manifestations lorsqu'on est observé par un groupe ou lors d'un face-à-face, précise-t-il. Rougir trahit un malaise et on se sent vulnérable. Ça devient une hantise.»

C'est le cas de cette étudiante qui témoigne dans un forum de discussion: «C'est horrible d'en arriver à un point où on n'a même pas envie d'aller à la caisse du magasin ou de demander de l'eau au restaurant parce qu'on sait qu'on va devenir rouge écarlate. Quand je sens la chaleur me monter à la tête, ça me stresse encore plus et, du coup, ça empire la situation.»

Imaginez l'enfer vécu lors de situations ambiguës! «Si je rougis, on va penser que j'ai volé ce portefeuille!» Ainsi raisonnent les éreuthophobes. Ils craignent d'ailleurs plus que les autres d'être soupçonnés à tort, ont révélé en 2005 des chercheurs néerlandais.

Ça s'attrape comment?

«Les psychologues pensent que la racine du mal réside dans une peur exagérée de présenter à autrui une mauvaise image de soi», écrit Katja Gaschler, journaliste scientifique et biologiste, dans le magazine Cerveau&Psycho.

Le numéro de mars-avril traite du rougissement. Certaines personnes sont aussi plus sensibles au regard des autres et veulent davantage plaire à autrui, nous apprend-elle. Une question de personnalité, déterminée par les gènes, l'éducation et l'environnement.

Timides, les éreuthophobes? Pas nécessairement. Souvent, un élément déclencheur a favorisé l'apparition du trouble: on a rougi devant la classe et tout le monde s'est esclaffé, par exemple.

Parce que le rougissement est plus visible chez elles, les personnes qui ont la peau claire ou fine sont plus vulnérables. Si, en plus, le nerf sympathique, responsable du rougissement, fonctionne mal: bingo! Chez l'éreuthophobe, le nerf sympathique mettrait plus de temps à revenir à la normale, ont révélé l'an dernier des chercheurs australiens.

«Cela a pour conséquence que l'effet de rougissement s'accumule au fil des secondes, ce qui rend la rougeur très visible, gênante, et donc source d'un nouveau rougissement», écrit la journaliste dans son article «Quand rougir devient une maladie». Un cercle vicieux, quoi!

- AFP

Thirga.ounevdhou
07/07/2008, 19h55
Alors, pourquoi rougit-on?

Mystère. «La question a été très peu étudiée.
C'est une des fonctions de la réaction émotionnelle qu'on explique le moins bien. On rougit lorsqu'on se sent en danger ou en infériorité face à des gens qui pourraient nous juger, nous punir ou nous rejeter», explique le psychiatre français Christophe André.

Pourquoi ne pas bouger les oreilles? En réponse de combat ou de fuite, le coeur bat plus vite, la transpiration augmente et, logiquement, on pâlit. Le rougissement, plus complexe, est le propre de l'homme.

«Il se pourrait que le fait de rougir soit un marqueur expressif de l'émotion, comme le sourire l'est de la joie. Il joue le rôle d'un signal destiné à être perçu et interprété par autrui. Cette hypothèse s'accorde avec le fait que le rougissement concerne uniquement les régions visibles du corps et qu'il s'observe dans toutes les sociétés étudiées à ce jour», lit-on dans Cerveau&Psycho (mars-avril), sous la plume de Gayannée Kedia, professeur de psychologie, et Sylvie Berthoz, psychologue et docteure en neurosciences.

«C'est aussi un rituel d'apaisement pour se protéger. Une personne qui rougit paraît plus douce», dit Ariel Sravynski, professeur à l'Université de Montréal. Une étude des Pays-Bas, citée dans Cerveau&Psycho, le confirme: la personne qui rougit est considérée comme plus sympathique et digne de confiance lorsqu'elle renverse un verre de vin rouge sur quelqu'un ou coupe une file d'attente!

- AFP

tina6
08/07/2008, 01h50
la rougeur n'est pas une une forme de contre attaque. comme le dindon il fait rougir sa face pour montrer qu'il va devenir méchant. c'est une reaction de defense prise comme avoir honte. enfin je le crois ainsi

Emy
08/07/2008, 02h23
Rougir = vasodilatation des vaisseux peripheriques
Palir = vasoconstriction des vaisseaux peripheriques!!