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Voir la version complète : Success-story de Rizzo Pack en Algérie par son PDG


morjane
23/07/2008, 14h42
M. Ait Adjadjou, jeune entrepreneur et actuel P-DG de Rizzo Pack nous livre dans cette entretien, les différentes étapes pour aboutir à l’installation de son usine, son parcours, les avantages d’un tel projet, mais aussi les problèmes quotidien qu’il rencontre.

La Dépêche de Kabylie :Parlez-nous du début de l’aventure ?

Kamel Aït Adjadjou : C’était en 2005 à Marseille, comme je connais Zinedine Zidane qui savait que je suis un chauvin de l’Olympique de Marseille, il m’a alors invité à voir un match entre le Réal de Madrid contre mon équipe favorite Marseille ; à la sortie du match on est sortis ensemble nous sommes partis dans un restaurant accompagné de banquiers. Ces derniers ont parlé du groupe LVMH qui cherchait à trouver des fabricants de coffrets au Maghreb, le Maroc ou la Tunisie, et là je suis intervenu : j’ai lancé pourquoi pas en Algérie ? On est partis sur ça et ensuite on monté l’usine.

Vous n’avez aucune connaissance dans le domaine, comment vous vous-êtes débrouillés pour le faire ?

Oui, mais l’usine s’est faite avec des associés français, une société qui s’appelle Horizon qui est installée à Marseille.

Donc, vous avez eu un support technique conséquent ?

Horizon fait de l’impression simple, pas de luxe, alors que nous on fait de l’impression de luxe, notre impression est faite par des imprimeurs spécialisés dans le luxe, autrement dit pour les grandes marques du marché mondial.

Pourquoi ne faites-vous pas l’impression à Rouiba ?

C’est notre souhait et objectifs d’ici plus tard. On compte bien faire de l’impression de luxe ici en Algérie. mais au préalable, il va falloir faire venir du matériel de l’étranger.

Après avoir mis l’usine sur pied, vous avez certainement eu des problèmes ?

Tous les jours. C’est plutôt difficile, parce qu’aujourd’hui, malheureusement, les Algérien n’ont aucune culture d’exportation que ce soit l’administration ou les entreprises.

Justement par rapport à l’administration ?

L’administration c’est encore plus difficile qu’on l’imagine, vous avez les douanes, les ministères des finances c’est un parcours de combattant qu’il faut faire. D’un côté, on nous encourage à exporter davantage, de l’autre côté, ce sont d’énormes entraves qu’on rencontre. C’est un encouragement verbal, mais administrativement c’est toute une autre histoire.

Et les banques dans tout cela ?

Les banques sont comme les Douanes, elles vous encouragent, elles te déroulent le tapis rouge à l’entrée, mais à la sortie débrouillez-vous seuls, il n’y a aucun suivi. On parle de mise à niveau des entreprises, moi personnellement je pense qu’il faut mettre à niveau les administrations, car les entreprises sont mises à niveau, puisqu’on exporte, donc c’est la preuve concrète qu’on est mis à niveau et puis vous l’avez bien constaté chez nous.

Toute ces tracasseries quotidiennes n'ajustent pas Rizzo Pack, notamment envers vos clients étrangers ?

Bien sûr, on a des problèmes tout les matins, avec les clients on a souvent du retard dans la livraison et quand ce retard est flagrant le client refuse le produit, chose qui est très négative pour la santé financière et même en terme de crédibilité de l’entreprise. Alors que ça nous dépasse ! Mais quelle est cette porte sur laquelle vous allez taper pour demander ou revendiquer ? On se bat tous les jours. maintenant s’ils veulent qu’on ferme et bien on va fermer. Se battre est devenue notre second métier.

Pour ce qui est de vos capacités de production où en êtes-vous ?

On a de grosse capacités de production, sachez que pour le restant de cette année et pour 2009 les machines sont déjà pleines, et puis on attend d’autres groupes qui vont venir au mois d’octobre prochain à l’image de l’Oreal. Mais on s’organise en fonction des commandes. En termes de chiffres ce sont pas moins de 12 à 15 000 coffrets par jour.

Vous avez évoqué Noël, la Fête des pères, la Fête des mères, il est à supposer que durant le reste de l’année l’usine ferme ?

On a comme toutes les industries des périodes creuses, pour nous c’est janvier, février et mars, mais on essaye de trouver des produits qui rempliront les machines durant ce trimestre.

Les clients locaux, qui sont-ils ?

On a pas beaucoup de clients locaux, parce que les gens ne sont encore au fait de faire des coffrets de hautes gammes, c’est des coffrets qui coûtent très chers, et quand vous mettez un parfum qui coûte 5000 ou 85 000 DA. Oui, mettez un parfum d’une valeur de 400 DA dans une simple boite qui avoisinent les 300 DA, sans parler de coffrets, vous ne trouverez pas preneur sur le marché algérien.

Financièrement Rizzo Pack est à l’aise non ?

Disons que oui. On se porte plutôt bien, si les machines sont remplies, cela va de soi que les poches seront remplies et même la Banque. On arrive à combler le trimètre mort donc ça va et puis c’est encore une société très jeune, en 2 ans et demi c’est un énorme défit par rapport au travail qu’on effectue et notre place sur la scène internationale.

Puisque vous parlez de renom international, quelle est la place de Rizzo Pack ?

Vous savez le marché mondial fabrique environ 200 ou 300 millions de coffrets par an, et 80% proviennent de Chine, et les 20% restants on les a, on fabrique 1700 000 par an, on récupère des marchés de Chine et c’est ça l’intérêt de l’opération.

Comment voyez-vous Rizzo Pack à l’avenir ?

L’avenir, on verra bien ! Maintenant si l’Etat accepte d’aider les exportateurs on reste, si non on va délocaliser ailleurs, et l’intérêt est pour moi parce qu’ailleurs on aide les exportations. On partira peut-être pour une autre destination : la Tunisie.

Par La Dépêche de Kabylie

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