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Voir la version complète : Mohamed Lamari : Patriote ou truand ?


nassim
09/03/2004, 14h56
A la lecture de l'interview ci dessous, je suis étonné par l'amateurisme de Mohamed Lamari, le général de corps d'armée. Au vu de ses réponses, on se croirait lire un petit soldat qui n'a jamais mis les pieds dans un lycée!
Et le point le plus frappant, c'est lorsqu'il évoque la torture durant la bataille d'Alger. Il confirme avoir participé à la bataille en disant "J'ai personnellement vécu la bataille d'Alger et n'ai en aucun cas voulu que nous employions de telles méthodes.", mais de quel côté?
Parce que à ma connaissance, c'est l'armée française qui avait pratiqué la torture durant la bataille d'Alger. Doit-on conclure que Mohamed Lamari a participé à la bataille d'Alger du côté français?


LE POINT : De nouveaux attentats attribués au GIA (Groupe islamiste armé) et au GSPC (Groupe salafiste pour la prédication et le combat) ont fait 56 morts, le 4 janvier, dont 43 militaires. A ce jour, vous, leur chef, n'avez eu aucune réaction publique. Pourquoi ?

MOHAMED LAMARI : Parce que la seule réaction qui convient, c'est l'action. Dès que ces assassinats sont survenus, nous avons poursuivi ceux qui les ont commis. Les premiers assaillants ont été tués, d'autres ont été arrêtés.

LE POINT : Ces précisions sont un peu courtes...
M. LAMARI : Pourquoi en donnerais-je d'autres ? Pour satisfaire ces petits cercles d'opposants bien connus ? Non... Je n'entrerai pas dans des luttes partisanes visant l'institution militaire ou ses généraux, ceux qui ont sauvé le régime républicain. Lorsque cette lutte a commencé, nous avions 27 000 terroristes en armes. Il en reste un millier. Notre stratégie a consisté à sécuriser les localités en détruisant les terroristes ou en les repoussant vers les montagnes. Nous ne disons pas que nous avons gagné, mais nous avons brisé leur colonne vertébrale. Nous n'avons jamais dit qu'il n'y aurait plus d'assassinats. Il y en a eu, il y en a, il y en aura. Cette guerre a fait 52 000 morts...

LE POINT : Vos opposants évoquent une rupture de fait entre le président Bouteflika et l'armée que vous représentez. Est-ce exact ?

M. LAMARI : Les spéculations sur une prétendue rupture entre le président de la République et l'ANP sont fréquentes. On le dit aujourd'hui avec le président Bouteflika comme on le disait hier avec le président Zeroual. Un nouvel article dans Le Canard enchaîné a repris cette thèse, qui demeure fausse. Je vous le dis très nettement : il n'existe pas d'antagonisme entre le président Bouteflika et l'armée, institution de la République au fonctionnement régi par la Constitution. Dans ce cadre, nous faisons notre travail. Nous mettre en opposition avec le président, ça ne prend pas !

LE POINT : Cette proximité que vous affichez avec le président vous conduira-t-elle à le soutenir lors de la prochaine élection présidentielle, en 2004 ?

M. LAMARI : Ce n'est pas à l'ANP de faire les présidents. L'année prochaine, l'institution militaire reconnaîtra le président élu, même s'il est issu du courant islamiste. En 1992, nous étions face à un choix très simple : soit assister à l'instauration d'un régime théocratique totalitaire à l'image de celui qui s'est installé en Afghanistan quelques années plus tard ; soit sauver les institutions républicaines, ce que nous avons fait. Lorsque le général Liamine Zeroual a été élu, on a vu en lui l'officier, avant le président. Lorsqu'il a décidé que sa mission était terminée, il a passé le relais à un homme politique élu, M. Bouteflika. Depuis, nous sommes revenus à notre mission constitutionnelle, ni plus ni moins.

LE POINT : Nombreux sont pourtant ceux qui prétendent que ce sont les généraux - et vous êtes le premier d'entre eux - qui dirigent l'Algérie - et en tirent les ficelles...

M. LAMARI : J'oppose un démenti formel. Ce sont les terroristes du FIS qui ont, les premiers, parlé de « cabinet noir ». C'était de bonne guerre. Mais aujourd'hui ces accusations sont inacceptables. Je défie quelque chef de gouvernement, quelque ministre que ce soit d'affirmer publiquement qu'il aurait été sommé de faire telle ou telle chose. L'armée obéit aux élus du peuple ! Notre mission antiterroriste, dans le cadre de l'état d'urgence, se déroule sous la responsabilité du ministre de l'Intérieur.

LE POINT : On dit aussi que vous auriez manipulé certaines entités terroristes et seriez ainsi responsables de la mort de milliers d'Algériens. Que dites-vous de ces accusations ?

M. LAMARI : Vous évoquez là la fameuse question : « Qui tue qui ? » Il s'agit d'attaques insupportables, visant à toucher notre honneur d'officiers en prétendant que nous aurions massacré nos propres concitoyens pour accroître les tensions. On atteint le délire quand on dit qu'on m'aurait vu, avec mon adjoint, égorger des femmes et des enfants ! On prétend même engager des poursuites contre moi devant une juridiction internationale. Je m'en contrefous, l'essentiel étant que mon pays soit sauvé. Et advienne que pourra... Revenons sur ce qui s'est réellement passé. Au début des années 90, une frange de notre population a marché quand on lui a proposé d'instaurer un régime théocratique. Mais, grâce à nous, elle a finalement compris qu'il ne s'agissait que d'un moyen de conquête du pouvoir et a cessé de soutenir les terroristes. Quand on nous accuse d'avoir manipulé le GIA, je réponds que nous n'aurions pu le faire que pour conduire ses membres à se massacrer entre eux. Je vous rappelle que tous les chefs du GIA ont été abattus, sauf un. Comme les autres membres de ce groupe lorsqu'ils sont arrêtés, celui-ci a été jugé et se trouve en prison.

LE POINT : Un ancien cadre du DRS (1), Abdelkader Tigha, a affirmé dans Libération que les sept moines français de Tibehirine ont été tués dans le cadre d'une manipulation du pouvoir algérien. Qu'en dites-vous ?

M. LAMARI : Cela ne tient pas debout ! A quelle fin aurions-nous pu conduire les moines à la mort ?

LE POINT : Pour obtenir un meilleur soutien de la France dans la lutte contre le terrorisme.

M. LAMARI : Bien au contraire, nous avions mis toutes nos forces sur cette affaire et étions sur le point de libérer les moines quand leurs ravisseurs, acculés, les ont exécutés. Vos diplomates alors en poste à Alger savent parfaitement comment les choses se sont passées. Quant à l'homme qui nous accuse, il n'est pas le premier. Déjà, le livre « La sale guerre » (2) l'évoquait. Ce qui n'est pas un gage de véracité... Je souligne que celui que vous présentez comme un « cadre » est un sergent-chef déserteur, condamné à deux reprises et sur le coup d'une troisième affaire, plus sérieuse, de vol de véhicule militaire, pour laquelle il risquait gros. Il est parti...

LE POINT : Approuvez-vous la torture ?

M. LAMARI : J'y suis opposé. Notre génération en a souffert. J'ai personnellement vécu la bataille d'Alger et n'ai en aucun cas voulu que nous employions de telles méthodes. Je ne dis pas que la torture n'a pas été pratiquée, mais, chaque fois que cela s'est produit, nous avons ouvert une enquête... Pourquoi torturer quand, au bout de trente minutes d'interrogatoire, tous les terroristes se mettent à pleurer en disant « J'ai été trompé » ?

LE POINT : Quelles sont vos relations avec les services de renseignement français ?

M. LAMARI : Avec la DST et la DGSE, nous partageons une même analyse sur les menaces terroristes. Ce n'est pas de ce côté que nous avons un problème. Mais bien avec nos amis politiques, les dirigeants français. Ils nous soumettent à un embargo de fait sur tous les moyens de lutte antiterroriste. Nous n'avons même pas pu acquérir en France quelques milliers de cartouches de chasse pour nos gardes communaux ! Mais la lutte antiterroriste, ce n'est pas que les moyens de nos services. Seuls, nous ne réglerons pas le problème. Or la mobilisation internationale ne vient pas. Pis : lorsque nous avons voulu faire une loi antiterroriste vingt fois moins contraignante que celle mise en oeuvre aux Etats-Unis, nous avons eu le monde entier contre nous.

LE POINT : Avez-vous, avec d'autres généraux, accaparé les richesses de l'Algérie, notamment en prélevant des commissions occultes ?

M. LAMARI : Qu'on m'apporte seulement un semblant de preuves ! Nous ne sommes ni des voleurs, ni des tueurs ! Si des généraux en retraite ont du succès dans leurs affaires, c'est leur problème. Pour ce qui me concerne, je gagne à peine l'équivalent de 1 500 euros par mois, et cela me suffit... L'opposition politique accuse les généraux d'accaparer 90 % de la rente pétrolière. Mais, dans ce cas, comment mon pays aurait-il accumulé 24 milliards de dollars de réserves en quelques années ? Si on veut enquêter sur nos biens, notre Cour des comptes est là pour ça, tout est contrôlable, et nous avons à répondre de chacun de nos actes. Mais le problème est ailleurs, dans la marche de l'Algérie vers une organisation économique et sociale productrice de richesses, dans la transparence.

LE POINT : Que pensez-vous de la guerre en préparation contre l'Irak ?

M. LAMARI : Même si le régime de Saddam était haïssable, détruire l'Irak, quel que soit le résultat des inspections de l'Onu, serait injuste. C'est fabriquer les terroristes de l'avenir, en Irak comme en Palestine.

LE POINT : Accepteriez-vous que Saddam Hussein s'exile en Algérie ?

M. LAMARI : Si le président de la République le décide, on s'y résoudra -

*Chef d'état-major de l'Armée nationale populaire (ANP) algérienne1. Département du renseignement et de la sécurité, ex-Sécurité militaire.2. Habib Souaïdia, « La sale guerre », La Découverte, 2001.

© le point 17/01/03 - N°1583 - Page 44 - 1464 mots

zaratoustra
09/03/2004, 23h18
LE POINT : Approuvez-vous la torture ?

M. LAMARI : J'y suis opposé. Notre génération en a souffert. J'ai personnellement vécu la bataille d'Alger et n'ai en aucun cas voulu que nous employions de telles méthodes. Je ne dis pas que la torture n'a pas été pratiquée, mais, chaque fois que cela s'est produit, nous avons ouvert une enquête... Pourquoi torturer quand, au bout de trente minutes d'interrogatoire, tous les terroristes se mettent à pleurer en disant « J'ai été trompé » ?

Anakin, ne deforme pas les propos, il veut dire qu'il a été contre la pratique de la torture envers les français comme eux la pratiquaient sur nous...du moins c'est ce que je comprends.

Pour le reste, j'ai d'autres choses à dire, mais là j'ai pas trop le temps...demain peut-être...

nassim
09/03/2004, 23h57
Anakin, ne deforme pas les propos, il veut dire qu'il a été contre la pratique de la torture envers les français comme eux la pratiquaient sur nous...du moins c'est ce que je comprends.

Tu n'apportes rien de nouveau dans ton post. J'ai bien compris qu'il était contre la torture, mais il n'indique pas clairement de quel côté été pratiqué la torture dont il parle. D'après certaines sources, Lamari était sous officier de l'armée française à l'époque de la bataille d'Alger. Vrai ou faux?

matoub1
09/03/2004, 23h58
A mon avis il voulait dire qu'il sait c'est quoi torturer , pour l'avoir vécu quand les francais la pratiquait aux temps de la guerre , et il reconnait qu'il y'a eu torture vis à vis de ces imbéciles .Qui n'a pas fait son service national ? qui n'a pas un frère ou de cousin qui a passé ce service ? qui n'a pas eu la trouille devant les embuscades menés par ces malades? Personnellement j'ai vécu une scène ou des repentis de la concorde ont été tabassés à mort , et je le confirme qu'ils méritent cette torture pour avoir tué !
Ce que je lui reproche c'est la hogra qui sévit sur le peuple tout entier , ce n'est pas seulement les terroristes qui ont été torturés mais le peuple tout entier , l'argent du peuple a été confisqué au profit d'une bande de malfaiteurs qui continue au plein grés de mister Lamari à tirer des profits personnels alors que le pauvre peuple continue à s'enfoncer dans la misère .
Si la colonne vertibrale de ces malades a été brisée comme il le dit ,ìl faut rendre hommage aux simples appellés et engagés qui font leur devoir vis à vis de la nation , mais pas à cette bande de criminels qui décide les résultats du dépouillement !

nassim
10/03/2004, 00h13
D'après certaines sources, Lamari était sous officier de l'armée française à l'époque de la bataille d'Alger. Vrai ou faux?

D'un autre côté, si Lamari était au service de l'armée française en tant que sous officier durant la bataille d'Alger, n'aurait-on pas eu une confirmation de la part des historiens, des anciens de la bataille d'Alger ou encore de l'organisations des anciens moudjahidines?
Sinon, Lamari serait-il assez idiot pour avouer avoir pratiquer la torture côté français durant la bataille d'Alger alors qu'il est le grand patron de armée algérienne, héritière de la glorieuse ALN?
Je me pose ces questions car un certain Aboud a pu à partir de l'interview, conclure que Lamari combattait côté français durant la bataille d'Alger!

morjane
10/03/2004, 06h55
Azul Anakin,

Ton raisonnement était magistrale et désolée si cela pollue un peu mais
je ne résiste pas à te mettre cette photo de Lamari qui ne pouvait pas mieux tombée,voici sa réponse?
http://lematin-dz.com/images/key4press/une_copy72.jpg

nassim
10/03/2004, 11h54
Je te remercie morjane!
L'image est excellente dans la mesure où Lamari semble nous dire :" Je vous jure que je dis la vérité, rien que la vérité. Et si je mens, qu'Allah m'emporte en enfer!"

Juste un petit détail esthétique : Tu peux quand même te payer une salle de sport et "torturer" tes kilos en plus, hein, moh?! :green:

Doberman
10/03/2004, 12h31
Azul fellawen,


Si je comprends bien :roll: , Lamari n'a rien à se reprocher en temps que général de corps d'armée :shock:

Il faut croire que tous ceux qui dénoncent les manipulations faites par le DRS(sous le commandement de SMAIN et TOUFIK) sont tous atteints d'hallucinations, de névroses chroniques et que si notre pays et dans cette situation, c'est la faute à "PAS DE CHANCE"!!!!

Comment accorder du crédit à tous ce qui sort de sa bouche, quand le recoupements de plusieurs témoignages nous indique tout le contraire ????

Nous savons que l'armée a été instrumentalisée, il suffit de se rappeller les massacres de Bentahla et Cie pour savoir que l'Etat Major est trempé jusqu'au cou. Sinon comment justifier la proximité des casernes du lieu des massacres sans intervention de l'armée ??? Comment expliquer que des centaines de personnes se sont faites égorgées comme de vulgaire moutons pendant des heures sans que l'armée n'intervienne, et pire, qui a interdit toute aide apportés par les citoyens qui voulaient en découdre avec ses soi-disants terroristes islamistes qui agissaient en toute impunité!!!(Bentahla : Chronique d'un massacre annonce par Nesroula YOUS)

Franchement, est-ce que quelqu'un de sensé peut accorder le moindre crédit à ses déclarations ????

Pour ma part, ça et rien, c'est la même chose!!!

Il veut, zarma, nous faire croire qu'il est garant de la République!!!!!

c'est à mourir de rire(jaune!)!!! :27:


Doberman :shock:

nassim
10/03/2004, 14h27
Lamari n'a rien à se reprocher en temps que général de corps d'armée :shock:

Ton ami Aboud jure que Lamari était du côté français lors de la bataille d'Alger. Peux-tu nous éclairer un peu plus?

zek
26/08/2004, 16h59
7 janvier 1957: le général Jacques Massu est chargé du maintien de l'ordre à Alger, Aussaresses est son subordonné. L'usage de la torture se généralise.

La bataille d’Alger s’achèvera le 24 septembre avec l’arrestation de Yacef Saadi

juillet : extension des pouvoirs discrétionnaires aux Algériens vivant en France (loi du 26 juillet 1957)

Le général Lamari a quitté l’armée Française en 1961 quand tout le monde savait que l’Algérie allait devenir indépendante.

Avucic
27/08/2004, 22h56
.................................................. ........................................
"J'ai personnellement vécu la bataille d'Alger et n'ai en aucun cas voulu que nous employions de telles méthodes.",
.................................................. ........................................


Selon la biographie de Lamari:

Il est né en 1939 à la Casbah d'ALger.
Il a rejoins l'armée en 1959 (ce qui est normal à l'âge de 20 ans à l'époque).

Par extra polation, il est possible qu'il vivait à la casbah durant la période
mentionnée (Bataille d'Alger, 1957), donc avant la conscription en 1959.

A noter aussi qu'il a rejoint le FLN en Tunisie comme beaucoup d'autres
étudiants de l'époque.

Juste une hypothèse.

zek
27/08/2004, 23h08
LAMARI MOHAMED

Chef d'état-major de l'ANP


Né le 7 juin 1939, à Alger, dans une famille originaire de Biskra, dans le sud-est algérien, Mohamed Lamari est un homme massif au regard autoritaire et aux manières cassantes. Issu de l'armée française durant la guerre d'Algérie, il a été formé dans la cavalerie à l’Ecole de guerre de Saumur en France.

Il rejoint l’Armée de libération nationale (ALN) en 1961. Il suivra plus tard une formation d'artilleur à l'Académie militaire de Frounze (ex-URSS), puis d'officier d'état-major à l'Ecole de guerre de Paris.

Tour à tour officier d'instruction, directeur d'école, commandant d'unités opérationnelles, chef de région militaire, Mohamed Lamari se distingue tout particulièrement en janvier 1992 lors d'un conclave réunissant prés de 200 officiers, où il demande, de façon tonitruante, au président Chadli Bendjedid de démissionner. Il estimait, après la victoire du FIS aux législatives de décembre 1991, que la gestion du "péril islamiste" passait avant tout par le départ du président.

Écarté un moment par le président Boudiaf en 1992, il est chargé de la création d'une "task-force" anti-terroriste de 15 000 hommes. Le commandement de celle-ci lui vaudra de prendre la direction de l'état-major en juillet 1993 dans la foulée de la nomination du général Liamine Zeroual au poste de ministre de la Défense.

Depuis, il est au centre de toutes les promotions militaires. Il est promu au grade de général de corps d’armée et devient de fait le ministre de la Défense lorsque Liamine Zeroual est désigné à la présidence de la République.

zek
04/09/2004, 10h20
Lamari avoue sans être torturé

Prix Yakhihem : décerné à Lamari qui affirme, toute honte bue et tout méchoui dévoré, que "si des généraux en retraite ont du succès dans leurs affaires, c’est leur problème". Et les 17 millions d’algériens qui vivent sous le seuil de la misère par la grâce de la junte, c’est leur problème aussi?

Cela fait maintenant deux lustres que des paillassons de la junte, à l’image de M’hammed Yazid ou Sid Ahmed Ghozalhoum, poussent les plus criminels des généraux à communiquer "par eux-mêmes ", car, assurent-ils, pas même Salima Tlembouchou ne pourra le faire efficacement à leur place. Message enfin reçu 5 sur 5. La transmission du message a pris du temps, car il faut bien quelques années pour que les ondes hertziennes pénètrent les très épaisses parois de Lamari, général de corps (à ne pas confondre SVP avec un général d’esprit). Bref, Lamari et ses frères de crime communiquent enfin! Bonjour les aveux subliminaux!

Question (Le Point) : Approuvez-vous la torture? Lamari : J’y suis opposé. Notre génération en a souffert. J’ai personnellement vécu la Bataille d’Alger et n’ai en aucun cas voulu que nous employions de telles méthodes.

Que veut dire au juste Lamari par " personnellement " ? Raisonnons par l’absurde :Admettons qu’en 1957, durant la Bataille d’Alger, le grand moudjahid Mohamed Lamari, artificier du groupe de Ali la Pointe, fut embarqué par les paras et sauvagement torturé par le lieutenant Le Pen. Après quelques jours de supplices, Lamari arriva judicieusement à s’enfuir et a rejoindre le maquis des Aurès...Pourquoi alors le vaillant Lamari, témoin « personnel » des pratiques nazies de l’armée française, a-t-il choisi, un peu plus tard, de rejoindre cette même armée barbare, et d’y demeurer jusqu’en 1961? la seule conclusion qui coule de source autorisée est que Lamari a choisi son camp en parfaite connaissance de cause.Conclusion A : Lamari est un ennemi irréductible et éternel du peuple algérien…CQFD.Alternativement:"Personnellement " veut simplement dire que Lamari était déjà dans l’armée de Massu en 1957, et qu’il a été témoin ou même participé à la torture de "fellagas". Cela ne le dérangera pas outre mesure puisqu’il est resté dans cette armée jusqu’en 1961…

Conclusion B: Lamari est un ennemi irréductible et éternel du peuple algérien…CQFD.Question (Pas Très Junty): Lamari imagine-t-il qu’un officier vietnamien ayant "personnellement" collaboré avec les Américains serait un jour chef d’état major de l’armée vietnamienne?Lamari : Jamais! Question (Pas Très Junty): : Lamari imagine-t-il qu’un officier algérien ayant "personnellement" collaboré avec les Français serait un jour chef d’état major de l’armée algérienne?Lamari : pourquoi pas, si ses compétences pour mater les fellagas sont reconnues de tous?Question maintenant à la horde des intellectueurs, à Yazid, Ghozalhoum, Benchicouicoui, Reda Halek, etc… : tenez-vous toujours à ce que vos généraux continuent à "communiquer par eux-mêmes" ?

Mounir Sahraoui

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