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Zacmako
25/09/2008, 10h43
CRISE FINANCIÈRE
La débâcle du capitalisme mondial
L'expression

Le monde de la finance est en train de s´écrouler. Le 11 septembre a vu une panique généralisée, le dépôt de bilan de Lehman Brothers, le sauvetage de "Freddie", la nationalisation de l´assureur AIG et en définitive l´annonce en catastrophe d´un Plan de sauvetage par M.Paulson secrétaire d´Etat au Trésor, de 700 milliards de dollars, certains parlent de 1300 milliards de dollars. Pour les démocrates, le plan de sauvetage présenté "n´est pas acceptable" en l´état, a déclaré mardi 23 septembre le président de la commission bancaire du Sénat, le démocrate Chris Dodd. "Ce qu´ils (le gouvernement) nous ont envoyé n´est pas acceptable. Cela ne va pas marcher", a dit Chris Dodd à la presse après avoir auditionné M.Paulson et le président de la Réserve fédérale américaine Ben Bernanke. "Ils vont devoir revenir et travailler avec nous", a affirmé M. Dodd. "700 milliards de dollars, c´est beaucoup d´argent pour moi, c´est beaucoup d´argent pour les contribuables", a-t-il ajouté. Les plus hauts dirigeants américains ont imploré, mardi, le Congrès d´adopter rapidement un plan de sauvetage du système bancaire, alors que les places financières mondiales restaient dominées par l´inquiétude après 10 jours d´une crise sans précédent. Devant l´ONU, le président George W.Bush a assuré que le Congrès allait approuver le plan de sauvetage "avec la rapidité requise". Le président brésilien Luiz Inacio "Lula" da Silva a appelé à "rebâtir" les institutions financières internationales afin qu´elles puissent prévenir les crises à l´avenir. Malgré son ampleur, le plan de sauvetage américain ne lève pas les incertitudes. A l´ONU le 23 septembre, Nicolas Sarkozy a invité les dirigeants des pays "les plus directement concernés" à se réunir avant la fin de l´année pour tirer "leçon (...) de la crise financière la plus grave qu´ait connue le monde depuis celle des années 1930".(1)

Réactions en chaîne
Le G7 soutient "fortement" le plan de sauvetage américain. Bruxelles s´est également félicité de la mise en place par Washington de ce plan à 700 milliards de dollars. George W.Bush a défendu une approche "audacieuse", qui va cependant faire passer la dette américaine à environ 11.300 milliards de dollars. La faillite de Lehman Brothers, quatrième banque d´affaires américaine, fragilise un peu plus un secteur en crise depuis plus d´un an. Chacun craint une réaction en chaîne. Par définition, les sociétés financières reposent sur la confiance. Une fois celle-ci ébranlée, les clients deviennent méfiants, exigent des garanties ou placent leur argent ailleurs, accélérant la chute. C´est ce qui s´est passé avec Bear Stearns, Fannie Mae et Freddie Mac, AIG, Washington Mutual, Lehman, Merrill Lynch...Les rumeurs négatives, de ce fait, accélèrent la descente aux enfers. Difficile à ce jour de cerner l´ampleur des dégâts. Tant que les banques créancières ne communiqueront pas sur le sujet, les seules informations disponibles sont consignées dans le document remis, dimanche soir par les dirigeants de Lehman Brothers, aux autorités américaines lors de sa procédure de suspension provisoire de poursuites.(2)
D´une façon synchrone à la Fed, les banques anglaises, japonaises et la BCE ont injecté des sommes énormes pour donner confiance aux investisseurs. Ainsi, mardi 16 septembre 2008: la Banque centrale européenne a injecté 165 milliards d´euros pour sauver les banques. Depuis 8 jours, le montant des injections réalisées par elle a, lui, atteint environ 178 milliards d´euros et quelque 117 milliards pour la Fed. La Banque d´Angleterre n´est, de son côté, intervenue sur les marchés qu´à hauteur de 86 milliards d´euros, comme la Boj, et la Banque nationale suisse de 7 milliards.
Le montant des injections réalisées par l´ensemble des banques centrales atteint ainsi plus de 470 milliards depuis la mise en faillite de Lehman Brothers, au début de la semaine dernière.
Bref retour en arrière pour parler de la précédente crise qui, de l´avis des spécialistes, est moins brutale que celle déclenchée aux Etats-Unis un certain 11 septembre 1929, décidément ce chiffre porte la poisse, " Impossible écrit Thomas Wieder; d´y échapper. A chaque grande secousse de l´économie mondiale, la question revient sur toutes les lèvres: "Sommes-nous en 1929?" Ceux qui la posent ont, en tête, les mêmes images: hommes attroupés devant Wall Street lors du fameux Jeudi noir; familles en haillons rassemblées autour d´une soupe populaire; et puis, bien sûr, ces fermiers de l´Oklahoma chassés de leurs terres et jetés sur les routes, dont Steinbeck a raconté la triste odyssée dans Les Raisins de la colère...Comme le remarquait l´économiste John Kenneth Galbraith (1908-2006), 1929 est l´une des rares années, aux Etats-Unis, dont "chacun se souvient". Au point, ajoutait-il, que la mémoire des Américains s´est longtemps structurée autour de ce sombre millésime ("On est allés en faculté avant 1929, on s´est mariés après 1929, on n´était même pas nés en 1929"). Rien, a priori, ne devait faire de 1929 une année noire. Dans le dernier discours sur l´état de l´Union qu´il prononça avant de quitter la Maison-Blanche, le 4 décembre 1928, le président Calvin Coolidge avait déclaré aux membres du Congrès qu´ils pouvaient "considérer le présent avec satisfaction et l´avenir avec optimisme""(3)
"Au cours des années 1920 poursuit Thomas Wieder, les Etats-Unis se sont en effet considérablement enrichis. Malgré quelques à-coups en 1924 et en 1927, la production industrielle s´est envolée. Or la croissance entretient la confiance. Et celle-ci s´accompagne d´une véritable frénésie spéculative. En 1927, 577 millions d´actions sont échangées à la Bourse de New York; en 1928, 920 millions.
Dans le même temps, les cours grimpent en flèche. Au cours de l´été 1929, certaines valeurs gagnent plus de 25%. Courant septembre, cependant, le marché commence à s´essouffler. "L´envolée des cours était telle qu´un rien pouvait suffire à inverser la tendance. La faillite de Clarence Hatry, un homme d´affaires londonien à l´honnêteté douteuse, semble avoir joué un rôle déclenchant dans cette époque où la hausse se fragilisait à mesure qu´elle se confirmait", explique Bernard Gazier, professeur d´économie à la Sorbonne. Tout bascule le 24 octobre. Ce jeudi, six millions d´actions sont mises en vente. Du jamais vu. Tout au long de la matinée, les prix s´effondrent. La foule se presse autour de Wall Street. Selon un journaliste, on lit sur les regards "une espèce d´incrédulité horrifiée". A midi, on compte déjà onze suicides de spéculateurs ruinés".(3)
"Au même moment, dans les locaux de la banque J.P.Morgan, en face de la Bourse, une réunion de crise est improvisée en présence d´une demi-douzaine de grands banquiers. Ils décident de soutenir le marché en rachetant massivement des titres stratégiques. L´effet est immédiat.

Zacmako
25/09/2008, 10h44
Jeudi noir
A la fin de la journée, certaines actions sont même en hausse par rapport à la veille. Mais le sursaut n´est qu´éphémère. Le Jeudi noir a définitivement rompu la confiance. Lundi 28 octobre, neuf millions de titres sont vendus; mardi 29, seize millions. Cette fois, les banquiers n´interviennent pas. Plus rien ne peut enrayer le krach. Mi-novembre, l´indice Dow Jones a perdu 51% de sa valeur depuis septembre.
L´effondrement des cours se poursuivra, de façon presque linéaire, pendant plus de trois ans. Le krach de 1929 est donc, avant tout, lié à l´éclatement d´une bulle spéculative. Celle-ci s´est notamment constituée grâce à l´engouement spectaculaire pour les call loans (prêts au jour le jour).".(3)
"Aucune muraille de Chine ne sépare le fiduciaire du réel, souligne John K.Galbraith dans son étude classique sur La Crise économique de 1929 (Payot, 1970). Le rôle de la catastrophe boursière dans la grande tragédie des années 1930 (...) fut d´une importance indiscutable." La spirale est infernale. La ruine des courtiers accule les banques, dont ils sont les débiteurs, à la faillite - 4300 établissements ferment entre 1929 et 1931. Des millions d´épargnants perdent leurs économies en un jour.
L´effondrement du pouvoir d´achat entraîne une chute de la demande et une contraction de l´activité. Quatre millions d´Américains sont au chômage en 1930, douze millions en 1932. Mais l´ampleur qu´elle prend aux Etats-Unis n´est pas la seule originalité de cette crise. Celle-ci, souligne Bernard Gazier, "se caractérise surtout par sa propagation fulgurante à travers le reste du monde". L´économiste insiste sur "l´effet domino" du krach de Wall Street dans l´épanouissement de la Grande Dépression à partir de 1930-1931. Avec une double conséquence. D´une part, l´abandon progressif de l´étalon-or aboutit à la désintégration du système monétaire mondial. D´autre part les pays industrialisés recourent à des méthodes protectionnistes (hausse des barrières douanières, quotas, etc.). Pour Bernard Gazier, ce "verrouillage protectionniste" constitue la première différence entre la crise de 1929 et la crise actuelle.
La seconde différence, majeure, tient, selon lui, à la place des Etats dans le règlement de la crise. "En 1929, l´Etat n´avait absolument pas les moyens d´intervenir comme il le fait aujourd´hui en injectant des liquidités quand le système menace de s´effondrer. Roosevelt, qui était à la tête d´un Etat fédéral pesant 10% du PIB, n´a jamais imaginé mener une vraie politique de relance de type keynésien. Aujourd´hui que l´Etat pèse 40% du PIB, il peut intervenir beaucoup plus facilement. L´Etat doit en effet à la fois punir des spéculateurs et sauver le système. Pour le grand public, c´est incompréhensible."(3)
Plus dure est la chute après la gloire. Bear Stearns, Lehman Brothers, Goldman Sachs, Merrill Lynch, Morgan Stanley. Depuis vingt ans, ces cinq banques d´affaires américaines faisaient rêver les financiers du monde entier. En raison des profits exceptionnels qu´elles dégageaient et en raison des bonus mirifiques que touchaient les salariés. En 2006, année record, leurs 170.000 employés s´étaient partagés 36 milliards de dollars de primes de fin d´année. Avec des pointes à plus de cent millions de dollars pour quelques-uns des traders-stars. Leur puissance et leur opulence se doublaient d´une arrogance sans limites. Mais voilà, en quelques mois, la bande des cinq a disparu, victime de la crise des subprimes et plus généralement des marchés de crédit. Cette déconfiture s´explique facilement lorsqu´on sait que ces banques tiraient l´essentiel de leurs profits des activités de marchés. Avec la paralysie observée sur les marchés du crédit à la suite de la crise des subprimes, c´est une bonne partie de leur fonds de commerce qu´elles ont perdue. Fragilisées, elles ont ensuite été victimes de l´action de certains hedge-funds qui, en vendant massivement les titres, leur ont fait rendre gorge.
Aujourd´hui, tous les ingrédients d´une récession sont réunis, en particulier aux Etats-Unis. En 2000, l´éclatement de la bulle technologique a provoqué une récession relativement légère. Mais rien ne garantit qu´il en sera de même pour la prochaine récession. En économie, le passé n´est pas un guide pour l´avenir.
La crise actuelle des marchés monétaires renforce la perspective d´une récession affectant l´ensemble de l´économie. L´économie n´est pas une science exacte. La morale de cette débâcle est: "Contribuables: Payez!" «Quand les banques privées européennes jouent à l´économie-casino, elles gagnent toujours.»
L´Etat vient au secours de leur gabegie en puisant dans les fonds publics. Par contre,quand tout va bien pour elles, ce sont une minorité, les actionnaires qui empochent la mise! Joseph Stieglitz, prix Nobel d´économie a bien raison de parler de "socialisation des pertes", mais pas des profits...Pour nous, il faudrait savoir si les 120 milliards de dollars ne vont pas fondre dans cette tourmente.
L'expression

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