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Voir la version complète : Quand Tunis profite des pétrodollars


zek
08/10/2008, 07h58
Pétrodollars et rêves de croissance clés en main: les groupes des Emirats font fleurir les chantiers en Tunisie, petit pays du Maghreb promis à un essor immobilier sans précédent, avec droit de propriété garanti aux étrangers. Les pelleteuses sont à l'oeuvre dans le Grand Tunis qui connaîtra une transformation radicale avec une série de projets urbains. Le plus monumental baptisé "Porte de la Méditerranée" a été lancé le 11 septembre pour abriter la plus haute tour d'Afrique, assure Farhan Faraïdouni, président exécutif de Sama Dubaï, la société promotrice, filiale de Dubaï Holding.
Cette cité fait partie d'une "nouvelle génération" de méga-projets destinés à capter les investissements et générer plus de croissance pour résorber le chômage devenu problématique en Tunisie, peu nantie en ressources naturelles.

La nouvelle ville jaillira sur mille hectares lotis sur les bords du Lac Sud de Tunis pour un coût annoncé de 25 milliards USD, le plus fort investissement immobilier jamais réalisé en Tunisie.

Sama Dubaï a démarré le chantier avec un milliard de dollars sur fonds propres pour une première tranche de 16 bâtiments commercialisés dès octobre.

Les étrangers sont habilités à devenir propriétaires sans devoir passer par les autorisations administratives préalables, assure encore M. Faraïdouni.

"Un résultat logique du boom de l’immobilier", soulignait la presse, qui se faisait l'écho d'une légalisation prochaine de la propriété aux étrangers.

Le projet Porte de la Méditerranée sera achevé d'ici 15 ans mais fait déjà rêver avec des kilomètres de façade maritime sur la baie de Tunis, panorama et soleil garantis, complexes de loisirs et commerces, habitations, bureaux, hôtels de luxe, golfs et spas agencés autour d'une marina et un port de plaisance.

Le site aura une capacité de 300.000 à 500.000 résidents et accueillerait jusqu'à 100.000 visiteurs par jour, selon les promoteurs, qui souhaitent en faire un "carrefour" d'affaires et d'opportunités off-shore pour investisseurs et touristes nantis.

Eblouis, les Tunisiens rêvent surtout d'embauche et d'un quotidien meilleur.

"Quand le bâtiment va, tout va!", lance un analyste.

Les promoteurs affirment miser sur la proximité du marché européen, une stabilité historique et un potentiel touristique. Les autorités, qui ont mis les bouchées doubles pour capter ces projets, tablent elles, sur 0,6% de croissance annuelle additionnelle sur les 5 ans à venir et 350.000 emplois.

Une aubaine: la Tunisie doit créer un million d'emplois d'ici 2018 pour résorber le chômage endémique (14,3%) et celui des diplômés de l'université (88.000 par an).

"Le rêve est permis, si l'on écarte le risque de voir les nouvelles cités fonctionner en enclaves, ignorer le marché local ou provoquer la frustration", note le même analyste.

Avant la "Porte de la Méditerranée", emblème des projets à la Dubaï, "Tunis Sports City" était lancé en mai par le groupe Aboukhater: habitations de luxe et équipements de loisirs tournés vers le sport avec académies, stades et parcours de golf.

Dans la même lignée, "Bled Al-Ward" (pays des roses) couvrira 50.000 hectares gagnés sur des marécages dans le nord Tunis, où le groupe Al-Maabar International a prévu une ville lacustre vouée au tourisme de santé.

Première destination mondiale de thalassothérapie après la France, la Tunisie connaît un essor du tourisme médical privé et soins esthétiques.

Non loin, à Raoued, toujours en front de mer, la Gulf Finance House bâtira d'ici 2010 le "premier centre financier offshore d'Afrique du Nord", selon le promoteur.

Ces pôles en chantiers émergeant dans le nord et le sud de Tunis seront reliés par un pont suspendu de 260 mètres sur la mer, pièce maîtresse d'un réseau rénové pour assurer des accès directs au vieux Tunis et à son aéroport.

Inside the Gulf

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