PDA

Voir la version complète : Rien n'arrete la chute des bourses : 12 400 milliards de $ parties en fumée !


mendz
08/10/2008, 18h09
Les baisses de taux coordonnées ne rassurent pas les marchés

PARIS (Reuters) - Les grandes banques centrales ont procédé mercredi à une baisse simultanée de leurs taux directeurs sans parvenir à stabiliser les marchés boursiers et à normaliser les marchés interbancaires désorientés par une crise sans précédent depuis la Grande dépression des années 30.

La Réserve fédérale américaine, la banque centrale chinoise, la Banque centrale européenne (BCE), les banques centrales britannique, canadienne, suisse et suédoise ont annoncé une baisse d'un demi-point de leurs taux directeurs.

Ces initiatives sont intervenues après la baisse d'un point des taux directeurs en Australie et à Hong Kong. La Banque du Japon, sans participer au mouvement, a dit qu'elle restait en contact étroit avec les autres banques centrales.

"Les banques centrales ont finalement pris la mesure de la gravité de la situation", a déclaré Charles Diebel, responsable de la stratégie sur les taux d'intérêt de Nomura. "C'est une étape décisive pour convaincre les marchés de leur détermination à les stabiliser."

En forte baisse dans la matinée, les Bourses européennes se sont reprises après ces annonces sans pour autant parvenir à effacer leurs pertes après une ouverture en baisse de Wall Street. Elles ont ensuite rechuté avec les marchés américains.

A 17h10, l'indice Eurofirst 300 des Bourses européennes cédait 6,81% et l'indice Dow Jones 1,60%.

Le "Ted spread" qui mesure l'écart entre les taux interbancaires à trois mois en dollar et le rendement des bons du Trésor américain de même échéance et constitue une mesure des tensions sur le marché interbancaire s'est quant à lui élargi à plus de 400 points de base.

Alors que l'intervention spectaculaire des banques centrales ne parvenait pas à stabiliser les marchés, le premier ministre britannique Gordon Brown a appelé le G7 à soutenir les marchés interbancaires en garantissant les prêts interbancaires.

Les ministres des Finances et les gouverneurs des banques centrales du G7 doivent se réunir vendredi à Washington.

Auparavant, la Grande-Bretagne avait annoncé un paquet de mesures très attendues, axées sur le renflouement du secteur bancaire.

Elles englobent un plan de recapitalisation des banques de 50 milliards de livres (64 milliards d'euros) et un apport de liquidités de la Banque d'Angleterre de 200 milliards de livres (259 milliards d'euros) au moins.
Les établissements éligibles, sept plus une grande société de crédit immobilier, se sont engagés à augmenter globalement leur capital de première catégorie (Tier 1) de 25 milliards de dollars (34,2 milliards d'euros).

La Banque d'Angleterre, qui mettra les 200 milliards de livres à la disposition des banques, doit en outre dévoiler la semaine prochaine un nouveau dispositif de prêt aux banques, comportant également le recours à l'escompte mais dans des conditions moins dures qu'actuellement.

FMI : NETTE RÉVISION EN BAISSE DES PRÉVISIONS DE CROISSANCE

En Italie, un conseil des ministres est convoqué en début de soirée pour évoquer des "mesures urgentes" de stabilisation du secteur bancaire qui, dit-on, seraient assez similaires à ce qui s'est fait en Grande-Bretagne.
L'Espagne a quant à elle annoncé mardi la constitution d'un fonds de 30 milliards d'euros pour racheter des actifs bancaires et maintenir le financement de l'économie.

Confrontée à la déconfiture de son système bancaire, l'Islande, en négociation avec la Russie pour un prêt de quatre milliards d'euros, a dû nationaliser deux de ses plus grandes banques, Landsbanki et Glitnir. Reykjavik a toutefois renoncé aux mesures adoptées pour soutenir sa monnaie alors que la banque centrale suédoise a accordé un prêt d'urgence de 5 milliards de couronnes (513 millions d'euros) à la première banque islandaise Kaupthing.

Prenant acte de la crise financière, le Fonds monétaire international (FMI) a annoncé avoir nettement abaissé ses prévisions de croissance mondiales.

L'organisation internationale ne prévoit plus que 3% de croissance mondiale l'année prochaine alors qu'elle anticipait en juillet un chiffre de 3,9%. Pour 2008, sa prévision est ramenée de 4,1% à 3,9%.
A 3% en 2009, la croissance mondiale tomberait à son plus bas niveau depuis 2002.

Pour les Etats-Unis, le FMI attend 1,6% de croissance du produit intérieur brut (PIB) en 2008 mais seulement 0,1% en 2009. Pour la zone euro, il anticipe également une quasi-stagnation (+0,2%) l'année prochaine après +1,3% cette année.

Quelque 4.600 milliards de dollars de capitalisation boursière sont partis en fumée avec le plongeon des Bourses au cours des trois dernières semaines sur la base de la valorisation des composantes de l'indice MSCI Monde. Sur les douze derniers mois, la capitalisation boursière de l'indice a chuté de 12.400 milliards de dollars, dont 7.000 milliards de dollars pour les seules actions américaines.

Wilfrid Exbrayat et Marc Joanny, édité par Jean-Michel Bélot

Cookies