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Voir la version complète : Tunisie : Plus de 21 milliards DT en 20 ans des TRE et 385 MDT en projets. par : H. T


Churikan
08/10/2008, 21h59
La Tunisie compte aujourd’hui, jusqu’à la fin de décembre 2007, une communauté de 1.018.173 résidente à l’étranger. 7700 des Tunisiens résidant à l’étranger (TRE) sont en fait des compétences dans les pays d’accueil. Les pays européens accueillent 83.2% de toute cette communauté dont 54.5% en France. Des 376 milliards de dollars qui représentent les transferts des immigrés du monde entier, la communauté tunisienne a contribué, durant les vingt dernières années (1987-2007), avec 21.825 Millions de dinars, dont 76%, soit 16660 Millions en numéraire et 24%, soit 5165 Millions de dinars en nature. Mais, si ces montants sont dans la majorité des cas transférés aux profits des familles dans l’objectif de les aider dans leurs nécessités quotidiennes, une importante part de ces transferts est aussi consacrée à la création de projets. La participation des résidents tunisiens à l’étranger dans la vie économique dans leur pays d’origine, ne cesse de prendre de l’ampleur, mais reste tout de même relative. Chiffres à l’appui, 10.303 projets avec un montant d’investissement de l’ordre de 385 Millions de dinars, ont été déclarés durant la période 1987-2007, ces projets ont contribué à la création de 43.912 postes d’emplois.

Des chiffres en baisse, d’un plan de développement à un autre !

Dans cette manne d’investissements, le secteur des services occupe une position de leadership. Il représente la plus importante part avec 6614 nouveaux projets crées, soit 64% des projets créés. La valeur totale des investissements dans le secteur est passée de 2.150 Millions de dinars vers la fin de 1988, à 167.308 millions de dinars en 2007, un montant qui a contribué à la création de quelques 19.802 postes d’emploi. Le secteur des services est suivi par celui des industries, un secteur qui a attiré prés de 154 Millions de dinars, à travers la création de 2.703 nouveaux projets qui offrent 22.228 postes d’emploi. Le secteur agricole et avec 10%, a quant à lui attiré 64 Millions de dinars qui ont été investis dans 986 projets qui ont généré 1822 postes d’emploi. La suprématie du secteur des services provient notamment de la facilité de réalisation et de gestion des projets ainsi que grâce à leurs rentabilités et la faiblesse des risques qui se présentent. Bien que le montant de ces investissements ne représente que 1.8% des transferts de revenus au cours de la période 1987-2007, cette part est montée, dans une première phase, en crescendo d’un plan de développement à un autre. Elle a représenté 3.2% au cours du VIIème plan, et a pu arracher autres 0.5% durant le VIIIème plan pour se situer à 3.7%. Depuis, elle a chuté à seulement 1.4% durant le IXème plan, pour ne pas dépasser 1% durant le Xème plan.

Les relations avec l’administration et les banquiers, talon d’Achilles, même pour les immigrés !

Les faits qui expliquent cette chute, sont bien multiples qu’incompréhensibles, toujours du point de vue logique. Les investissements des tunisiens résidents à l’étranger se sont heurtés au fait à un nombre d’handicapes. Commençant par l’éternelle lenteur des prestations et des procédures administratives, la liste des empêchements que rencontrent les immigrés se prolonge. L’on y dénote la faiblesse de la continuité et de la globalité de l’information économique destinée à la communauté, la longueur des mesures nécessaires à l’octroi de prêts bancaires et l’inexistence de lots fonciers dans certaines zones. Les immigrés tunisiens, avec leurs intentions d’investissements dans leur pays d’origine, souffrent aussi d’une certaine faiblesse de la capacité d’intégration à la réalité locale ainsi qu’une certaine difficulté d’adhésion aux nouvelles propriétés de développement.

Depuis 1995, les investissements des immigrés sont en une étrange stagnation

Les statistiques relatives à l’évolution des projets agrées au profit des tunisiens à l’étranger au cours de la période 1987-2007 relèvent que le nombre de projets agréés a connu une évolution continue durant la période 1987-1995. Cette évolution a enregistré un volume record durant la période 1991-1995, en allant de 34.129 millions de dinars (grâce à 1220 projets lancés et 2930 postes d’emplois crées) en 1991, à 37.757 Millions de dinars investis, créant 5709 nouveaux postes d’emplois via 1101 nouveaux projets. Cette période a été marquée par l’évolution des projets dans le secteur des services qui s’est distingué par un rythme soutenu au cours de la période 1987-1995 par rapport aux autres secteurs. A partir de 1996, une baisse imprévue dans le nombre des projets dans le secteur des services a été sentie, elle a affecté concrètement l’ensemble des projets agréés au profit des tunisiens à l’étranger. Par contre, l’évolution des projets agricoles et industriels a conservé une certaine stabilité durant les années 19912007.

Les hauts et bas que connaissent les investissements des tunisiens à l’étrangers souffrent de certains empêchements, le manque de culture de l’investissement auprès des épargnants et la non conciliation entre les engagements à l’étranger et la gestion du projet en Tunisie, demeurent parmi les principaux maux, ajoutons à cela l’orientation vers des projets faciles et à rentabilité économique pas plus que modérée.

africanmanager

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