PDA

Voir la version complète : Tunisie – Consultation Nationale sur l'emploi:Un défis national multidimensionnel


Churikan
08/10/2008, 22h13
Les travaux de la conférence nationale sur l'emploi ont débuté mardi 7 octobre 2008 à Gammarth.

Ont pris part à cette manifestation, Mr Afif Chelbi ministre de l'industrie, de l'énergie et des PME, ministre du Développement et de la coopération internationale, Mr Ali Chaouch, ministre des Affaires sociales, de la Solidarité et des Tunisiens à l'étranger, Mr Monser Rouissi, président du Comité supérieur des droits de l'Homme et des libertés fondamentales, Mr Slim Tletli, Ministre de l'Emploi et de l'Insertion professionnelle des Jeunes, ainsi qu'un nombre de représentants des associations nationales, des établissements d'enseignement et de formation et des journalistes.

A cette occasion, Mr Mohamed Ghannouchi, Premier ministre, ayant présidé ces travaux, a insisté sur l'importance majeure de l'emploi dans l'amélioration de la croissance économique du pays.

Il a souligné que c'est dans ce cadre que s'inscrit la décision du président de la république d'organiser une consultation nationale sur l'emploi, permettant ainsi au pays d'entrer dans une étape cruciale de son développement.

D'autres parts, le Premier ministre a précisé qu'en dépit des grands efforts consentis par l'Etat en vue de répondre aux demandes additionnelles d'emploi et de maîtriser la croissance démographique (dont le taux a diminué de 1,4%), le problème se pose encore.

Les demandes additionnelles d'emploi sont passées de 70 mille à 88 mille durant la période qui sépare le neuvième et le onzième plan, 55% de ce nombre sont des diplômés de l'enseignement supérieur.

Ce résultat, a-t-il ajouté, est dû en partie à l'afflux des femmes sur le marché de l'emploi.

Dans ce contexte, Mr Ghannouchi a déclaré « il faut suivre l'exemple des pays qui ont réussi leur politique d'embauche en diminuant en 15 ans le taux de chômage de 16 à 5%, tel que l'Irlande. »

Il a indiqué par la suite que le gouvernement est parvenu à gérer cette pression grâce à une politique volontariste multidimensionnelle qui prend en considération la nécessité d'assurer l'adéquation entre les systèmes de l'enseignement et de la formation, d'une part, et les besoins des entreprises et les exigences du marché du travail, d'autre part, l'objectif étant de promouvoir l'investissement, d'accélérer le rythme de croissance, et d'en diversifier la base.

Le premier ministre a mis en exergue la réussite de la Tunisie, en dépit des exigences inhérentes au processus de mise à niveau économique, de la restructuration des unités de production et d'une conjoncture internationale défavorable.

Cette réussite se conjugue en une diminution du taux de chômage entre 1999 et 2007 de 1,5%, et en la création de 600 mille nouveaux postes d'emploi durant la période 2000-2007.

Il a, également, mis l'accent sur la volonté du gouvernement, à travers les réformes, mesures et législations décidées, de rationaliser davantage la politique adoptée pour augmenter le rythme de croissance, renforcer l'investissement et valoriser davantage les ressources humaines, en ciblant, en particulier, les spécialités porteuses, de manière à consolider davantage la plateforme nécessaire à l'accélération du rythme des créations d'emploi, dans toutes les régions du pays, et à réduire le taux du chômage.

Il a aussi rappelé la loi sur l'enseignement supérieur qui a institué le système "L.M.D." dans l'objectif de hisser les établissements d'enseignement supérieur au niveau des normes internationales, d'améliorer la qualité de leur enseignement et de faciliter l'équivalence entre les diplômes nationaux et les diplômes étrangers.

Mr Ghannouchi a aussi cité la loi sur la formation professionnelle qui a favorisé la complémentarité entre ce secteur et celui de l'éducation et de l'enseignement supérieur, à travers, notamment, la création d'un baccalauréat professionnel.

Une autre partie du discours du premier ministre été consacré à l'investissement en 2008. Dans cette partie, il a communiqué quelques chiffres pour démontrer l'accélération remarquable qu'a connue le rythme de l'investissement (23,9% du PIB en 2007 et 25,1% en 2008), dépassant les prévisions du XIe plan de développement.

Cette évolution est due en grande partie aux investissements dans le secteur de l'énergie et aux investissements privés qui représentent 60% du total des investissements.

Le Premier ministre a fait remarquer que des efforts sont entrepris pour améliorer l'environnement des affaires, s'agissant en particulier de la révision des législations et des réglementations et de la promotion de la qualité des ressources humaines et de l'infrastructure.

En parallèle, a-t-il indiqué, la Tunisie œuvre aussi à mettre en place des stratégies sectorielles dans les activités porteuses telles que les technologies de la communication, les services de santé, les services financiers, l'agriculture biologique, les industries agroalimentaires et l'industrie aéronautique. Ces stratégies, a-t-il poursuivi, sont, actuellement, en cours de préparation, avec la coopération de bureaux d'études étrangers spécialisés.

Il a expliqué que cette orientation entre dans le cadre du souci d'impulser davantage l'investissement, dans les secteurs à haute valeur ajoutée, grands pourvoyeurs de main d'œuvre, notamment les diplômés de l'enseignement supérieur, et d'accélérer le rythme de croissance pour favoriser la multiplication des créations d'emploi.

En conclusion, Mr Mohammed Ghannouchi a déclaré que 4 commissions ont été créées. La première est chargée des questions relatives à l'entreprise, au développement et à l'emploi. La deuxième commission sera concentrée sur les problématiques en relations avec l'enseignement, la formation et l'emploi. La troisième assurera le suivi du marché de l'emploi, des relations interprofessionnelles et de leur rapport avec l'emploi.

La quatrième commission sera consacrée à la relation entre l'emploi et la région.



investir-en-tunisie

Cookies